




Charles Aznavour


Les paroles de 262 chansons



A contre-amour

Paroles: Charles Aznavour. Musique: J. Revaux

		De contretemps en contretemps
		On ne se voit qu'&#224; contre-jour
		Et vivons &#224; contre-courant
		&#192; contre-amour

		Jouant ensemble &#224; contrec&#339;ur
		Au vu des autres sans d&#233;tour
		La contrefa&#231;on du bonheur
		&#192; contre-amour

		En contrepoint de nos sourires
		Au chapitre des illusions
		De plus en plus nous ressemblons
		&#192; de fats mannequins de cire
		En vitrine pour d&#233;rision

		De contre-pied en contre-pas
		Notre vie a chang&#233; de cours
		Et tu te contrefous qu'on soit
		&#192; contre-amour

		Je sais, de l'amour &#224; la haine
		Il n'y a qu'un pas &#224; franchir
		Et que l'on fait sans r&#233;fl&#233;chir
		Du bonheur on passe &#224; la peine
		Et me voil&#224; avec les cha&#238;nes
		Forg&#233;es par trop de souvenirs

		&#192; contre-voie de nos serments
		Le contre faisant place au pour
		Je n'entends plus le contre-chant
		De mon amour
		&#192; contre-amour

		De contretemps en contretemps
		On se se voit qu'&#224; contre-jour
		Et vivons &#224; contre-courant
		&#192; contre-amour

		Jouant ensemble &#224; contrec&#339;ur
		Au vu des autres sans d&#233;tour
		La contrefa&#231;on du bonheur
		&#192; contre-amour

		Ent contrepoint de nos sourires
		Au chapitre des illusions
		De plus en plus nous ressemblons
		&#192; de fats mannequins de cire
		En vitrine pour d&#233;rision

		De contre-pied en contre-pas
		Notre vie a chang&#233; de cours
		Et tu te contrefous qu'on soit
		&#192; contresens de nos beaux jours
		Moi contre toi, toi contre moi
		&#192; contre-amour



A ma femme

		Quand le soc de roc des saisons
		Sur nos visages et sur nos fronts
		Aura creus&#233; de lourds sillons
		De rides
		Quand nos enfants ayant grandi
		Auront abandonn&#233; le nid
		Laissant nos c&#339;urs affaiblis
		Le vide
		Quand nos gestes seront plus lents
		Que nous verrons passer le temps
		Avec un air &#233;trangement
		Lucide
		Quand nous n'aurons plus d'avenir
		Nous remuerons des souvenirs
		Terre qui ne peut devenir
		Aride

		Quand &#224; pas lents et incertains
		Nous visiterons des jardins
		Qui comme nos fronts seront peints
		De givre
		Quand au prix de milliers d'efforts
		Nous chercherons sans doute encore
		A tuer le temps d&#233;j&#224; mort
		De vivre
		Quand nous ne serons d&#233;sormais
		Que deux vies li&#233;es sans projet
		Nous ouvrirons avec regret
		Le livre
		Que nous aurons au fil des ans
		&#201;crit sur les pages du temps
		O&#249; deux mots manqueront pourtant:
		A suivre

		Quand enfin la vie parcourue
		Pr&#234;t &#224; entrer dans l'inconnu
		Je te regarderai perdue
		Et bl&#234;me
		Quand dans ton regard je verrai
		Que sans notre amour d&#233;sormais
		Tes jours ne seront plus jamais
		Les m&#234;mes
		Quand mes yeux ne verront plus rien
		Que ma main cherchera ta main
		A l'heure o&#249; parler sera un
		Probl&#232;me
		Apr&#232;s avoir accept&#233; Dieu
		Juste avant de fermer les yeux
		Encore une fois si je peux
		Je te dirai comme un adieu:

		"Je t'aime"



A ma fille

		Je sais qu'un jour viendra car la vie le commande
		Ce jour que j'appr&#233;hende o&#249; tu nous quitteras
		Je sais qu'un jour viendra o&#249; triste et solitaire
		En soutenant ta m&#232;re et en tra&#238;nant mes pas
		Je rentrerai chez nous dans un "chez nous" d&#233;sert
		Je rentrerai chez nous o&#249; tu ne seras pas.

		Toi tu ne verras rien des choses de mon c&#339;ur
		Tes yeux seront crev&#233;s de joie et de bonheur
		Et j'aurai un rictus que tu ne connais pas
		Qui semble &#234;tre un sourire &#233;mu mais ne l'est pas
		En taisant ma douleur &#224; ton bras fi&#232;rement
		Je guiderai tes pas quoique j'en pense ou dise
		Dans le recueillement d'une paisible &#233;glise
		Pour aller te donner &#224; l'homme de ton choix
		Qui te d&#233;v&#234;tira du nom qui est le n&#244;tre
		Pour t'en donner un autre que je ne connais pas.

		Je sais qu'un jour viendra tu atteindras cet &#226;ge
		O&#249; l'on force les cages ayant trouv&#233; sa voie
		Je sais qu'un jour viendra, l'&#226;ge t'aura fleurie
		Et l'aube de ta vie ailleurs se l&#232;vera
		Et seul avec ta m&#232;re le jour comme la nuit
		L'&#233;t&#233; comme l'hiver nous aurons un peu froid.

		Et lui qui ne sait rien du mal qu'on s'est donn&#233;
		Lui qui n'aura rien fait pour m&#251;rir tes ann&#233;es
		Lui qui viendra voler ce dont j'ai le plus peur
		Notre part de pass&#233;, notre part de bonheur
		Cet &#233;tranger sans nom, sans visage
		Oh! Combien je le hais
		Et pourtant s'il doit te rendre heureuse
		Je n'aurai envers lui nulle pens&#233;e haineuse
		Mais je lui offrirai mon c&#339;ur avec ta main
		Je ferai tout cela en sachant que tu l'aimes
		Simplement car je t'aime
		Le jour, o&#249; il viendra.



A ma mani&#232;re

Paroles et Musique: Charles Aznavour, Arrgt: Herv&#233; Roy 1994 "Toi t moi"

		Le jour
		Qui pour toujours
		Verra le lourd
		Rideau de sc&#232;ne
		Tomber sur moi,
		Je dirai &#224;
		Dieu d'une voix
		Tr&#232;s peu chr&#233;tienne:
		J'ai fait,
		Bon ou mauvais,
		Ce que j'aimais
		Sur cette terre,
		En histrion,
		&#192; ma fa&#231;on,
		&#192; ma mani&#232;re

		La vie
		M'a assagi
		De mes folies,
		Et je d&#233;clare:
		Si j'ai connu
		Des coups tordus,
		J'ai quand m&#234;me eu
		Mes jours de gloire.
		&#192; ceux,
		Faux vertueux,
		Qui veulent me
		Jeter la pierre
		Je dis: j'ai vu
		Et tout v&#233;cu
		&#192; ma mani&#232;re

		Un jour tyran, l'autre martyr
		J'en ai bav&#233;, j'ai fait souffrir
		Jeune femme, ou sur le retour
		Pute au grand c&#339;ur, j'ai plein d'amour
		Surpris vos corps, sans commentaire,
		&#192; ma mani&#232;re

		Braillard
		J'ai pris le quart
		Sous l'&#233;tendard
		De bien des causes.
		Si l'&#226;ge aidant,
		Avec le temps
		On prend du champ,
		On s'ankylose,
		Moi rien,
		Non vraiment rien,
		N'a mis un frein
		&#192; mes col&#232;res
		J'ai protest&#233;
		Et accus&#233;
		&#192; ma mani&#232;re

		Je n'ai jamais pu, je l'avoue
		Vivre sans voix et &#224; genoux
		De coups de gueule en cris du c&#339;ur
		J'ai su d&#233;fendre mes valeurs
		Pour m'assumer, j'ai fait la guerre
		&#192; ma mani&#232;re

		La foi
		&#199;a vient, &#231;a va
		Le diable en moi
		A fait son &#339;uvre.
		J'ai d&#233;rouill&#233;
		J'ai d&#233;raill&#233;,
		Et aval&#233;
		Quelques couleuvres.
		Depuis
		Je n'ai commis
		Qu'un seul d&#233;lit,
		Celui de faire
		Chanter mes jours
		Et mes amours
		&#192; ma mani&#232;re



A propos de pommier

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Hubert Giraud 1957 " La Boh&#232;me "

		Un jour le bon Dieu
		Le front soucieux
		Se dit: "Mon vieux
		Ton grand ciel bleu
		N'a rien de rose
		Plus j'y r&#233;fl&#233;chis
		Plus je me dis
		Qu'il manque ici
		Un paradis
		Ou autre chose"
		Il fit tant et bien
		Avec ses mains
		Et presque rien
		En un peu moins
		D'une semaine
		Il avait cr&#233;&#233;
		Les champs, les pr&#233;s
		L'hiver, l'&#233;t&#233;
		Et aussi les
		Formes humaines
		Il les convoqua
		Leur dit: "Voil&#224;
		Avec tout &#231;a
		Vous n'avez qu'&#224;
		Vivre tranquilles
		Je vous en fais don
		Tout y est bon
		Mais attention
		A condition
		D'&#234;tre dociles
		Et de me faire la promesse
		De ne pas toucher au pommier
		Non, de ne pas toucher au pommier
		Non, de ne pas toucher au pommier"

		Le bon Dieu parti
		Adam se dit:
		"Ben mon ami
		T'es mieux ici
		Qu'dans une usine
		T'as une poup&#233;e
		Une beaut&#233;
		Qui est roul&#233;e
		Comme pour tourner
		A la Goldwyn
		Et ce brave Adam
		Passait le temps
		En souriant
		B&#233;atement
		Comme bien des hommes
		Sans avoir id&#233;e
		Que sa moiti&#233;
		Puisse flirter
		Avec un r'pr&#233;-
		sentant en pommes
		Eve trouvait charmant
		Et affolant
		Ce beau Tarzan
		Nomm&#233; Serpent
		Dit "&#224; sornettes"
		Qui sut l'envo&#251;ter
		La fasciner
		Lui faire croquer
		Dans la pomme et
		Perdre la t&#234;te
		Au point d'oublier sa promesse
		De ne pas toucher aux pommiers
		Non, de ne pas toucher aux pommiers
		Non, de ne pas toucher aux pommiers

		Tout commence ici
		Eve en folie
		Prit un beau fruit
		Et le tendit
		A son p'tit homme
		Et ce brave Adam
		Toujours confiant
		A belles dents
		Mordit dedans
		Comme une pomme
		Lorsque Dieu l'appris
		Avec m&#233;pris
		Il leur a dit:
		"Plus d'Paradis
		Je vous condamne
		A vivre et lutter
		A travailler
		Hiver, &#233;t&#233;"
		Et tout &#231;a c'est
		A cause d'une femme
		C'est ainsi depuis
		Que va la vie
		M&#234;me aujourd'hui
		L'homme est trahi
		Dans l'ignorance
		Et le vieux pommier
		Presque oubli&#233;
		Est remplac&#233;
		Par le p&#233;ch&#233;
		De complaisance
		Car les femmes tiennent leur promesse
		De ne pas toucher aux pommiers
		Non, de ne pas toucher aux pommiers
		Car, elles pr&#233;f&#232;rent go&#251;ter au p&#234;ch&#233;

		C'est si doux, c'est si doux
		De go&#251;ter au p&#234;ch&#233;
		C'est si doux, c'est si doux
		De go&#251;ter au p&#234;ch&#233;
		De go&#251;ter au p&#234;ch&#233;



A t'regarder

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jean Constantin 1955

		Tout le jour tu es loin de moi
		Mais lorsque tombe la nuit
		Que tu viens dormir pr&#232;s de moi
		J'oublie toute ma vie
		Quand se ferment sur notre amour
		Les portes de ton sommeil
		En moi que de tourments s'&#233;veillent

		A t'regarder
		J'ai le c&#339;ur qui soupire
		J'voudrais crier, sangloter ou bien rire
		A t'regarder
		Je sens comme une angoisse
		Si tu savais ce que tu tiens de place

		A t'regarder
		J'ai le c&#339;ur qui chavire
		Et mes pens&#233;es
		Me font mal, me d&#233;chirent
		Si tu devais r&#234;ver &#224; quelqu'un d autre
		Et partager ces joies qui sont les n&#244;tres

		A t'regarder
		Quand la peur me domine
		Pour lib&#233;rer ce cri de ma poitrine
		J'veux t'&#233;veiller, te voir devenir bl&#234;me
		Et m'effondrer en te criant "Je t'aime! "



A tout jamais

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1958

		Quand nous aurons ferm&#233; les yeux
		A tout jamais, &#224; tout jamais
		A l'instant du dernier adieu
		J'en aurai encore du regret
		J'en aurai encore du remords
		Et partirai avec ma peine
		Et pour peu que je me souvienne
		Ce mal n'en sera que plus fort
		Car nous avons ferm&#233; nos c&#339;urs
		A tout jamais, &#224; tout jamais
		Pour remplacer tant de bonheur
		Par du chagrin et des regrets

		Lorsque les si&#232;cles bout &#224; bout
		A tout jamais, &#224; tout jamais
		Auront mis le pass&#233; sur nous
		Et que l'oubli sera complet
		S'il reste encore une lueur
		S'il reste encore un rien de flamme
		Sous la cendre ti&#232;de de l'&#226;me
		Qui, para&#238;t-il, jamais ne meurt
		Pour trouver le calme infini
		A tout jamais, &#224; tout jamais
		Tout comme au temps de notre vie
		Mon amour je te chercherai
		T'appellerai
		Te trouverai
		Te garderai
		A tout jamais



Adieu

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Henry Byrs

		Adieu, tout ce qui fut nous
		Ce qui fut notre vie
		Adieu, ce monde un peu fou
		Que le bonheur nous avait b&#226;ti
		Adieu, il me faut partir
		Le destin s&#233;pare les &#234;tres
		Que Dieu voulait r&#233;unir
		Mais on se reverra peut-&#234;tre

		Ici ou ailleurs
		Demain ou jamais
		Avec dans nos coeurs
		Des remords, des regrets
		Tu veux retenir le temps
		Mais il est plus fort que tout
		Plus fort que nos coeurs d'enfant
		Le temps, ch&#233;rie, est contre nous

		Adieu, ils &#233;taient trop beaux
		Les printemps de nos rires
		Adieu, tout ce qui bient&#244;t
		Ne sera plus que souvenirs
		Adieu, il faut &#233;craser
		Les raisins verts de la jeunesse
		Pour mieux, au vin du pass&#233;
		Plus tard, en retrouver l'ivresse
		Que nous reste-t-il
		De nos jours heureux?

		Quelques mots futiles
		Et le temps d'un adieu
		Tes yeux seront noy&#233;s de pleurs
		Ta main reste dans ma main
		Ma mie, viens contre mon coeur
		Je ne partirai que demain.



Aime-moi

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1965 "Monsieur Carnaval"

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour (1966)

note: Titre tir&#233; de l'op&#233;rette "Monsieur Carnaval".

		Aime-moi
		Comme tu n'as jamais aim&#233;
		Aime-moi
		Aussi fort que je t'aime

		Et n'aie plus peur de rien
		Tu verras que tout ira bien
		Qui pourra lutter contre moi
		Si je me sens aim&#233; de toi?

		Ferme les yeux et aime-moi
		Comme j'ai r&#234;v&#233; d'&#234;tre aim&#233;
		Aime-moi
		Mais de toute ton &#226;me

		Je donnerai tu vois
		Je donnerai n'importe quoi
		Pour que tu sois la femme
		Qui n'aimera que moi

		Aime-moi
		Comme tu n'as jamais aim&#233;
		Aime-moi
		Aussi fort que je t'aime

		Je ne peux &#234;tre heureux
		Que si je ne me vois dans tes yeux
		Dans tes chagrins et dans tes joies
		Que si je fais partie de toi

		Ferme les yeux et donne-moi
		Ce que tu n'as jamais donn&#233;
		Et ce que moi
		Je te donne moi-m&#234;me

		Sois pr&#232;s de moi toujours
		Pour partager mes nuits mes jours
		Et nulle force au monde
		Pas m&#234;me une seconde
		Ne me prendra la blonde
		Qui m'aimera d'amour



Aimer

Paroles et Musique: Charles Aznavour, Arrgt: Roger Loubet 1994 "Toi et moi"

		Par un frisson l&#233;ger et presque imperceptible
		Le corps ressent soudain comme un mal ignor&#233;
		Qui le ronge et le rend vuln&#233;rable et sensible
		Au charme d'une voix ou d'un nom &#233;voqu&#233;, murmur&#233;
		Puis viennent les envies, les chaleurs, les vertiges
		Les raisons d'esp&#233;rer et celles d'avoir mal
		Les besoins de tendresse enfin qui nous obligent
		&#192; trouver merveilleux ce qui n'est que banal

		Aimer plus que soi-m&#234;me
		Aimer sans r&#233;fl&#233;chir
		Aimer plus qu'on nous aime
		Pour mieux se plaindre et mieux souffrir

		Le c&#339;ur n'est qu'un organe &#233;tranger &#224; ces choses
		Qui ne bat ni plus fort ni plus vite, et pourtant
		On lui offre une action, on lui donne une prose
		Et Dieu seul sait pourquoi on le jette en avant, en tremblant
		L'amour vient-il des yeux, de la peau ou du ventre?
		Pour le localiser, c'est difficile en soi
		C'est comme un tourbillon dont on se veut le centre
		Et on parle de lui pour mieux parler de soi

		Aimer plus que soi-m&#234;me
		Aimer sans r&#233;fl&#233;chir
		Aimer plus qu'on nous aime
		Pour mieux se plaindre et mieux souffrir

		Et bien que tous nos gestes au fond restent les m&#234;mes
		On les veut singulier, on les croit diff&#233;rents
		On se sent libre enfin de n'avoir qu'un probl&#232;me
		Que d'aucuns qualifient de simple mal de dent d'un moment
		Entre nous, l'&#234;tre aim&#233; n'a que ce qu'on lui pr&#234;te
		La gr&#226;ce qu'on lui loue, la beaut&#233; qu'on lui cr&#233;e
		Ses formes model&#233;es par nos pens&#233;es secr&#232;tes
		Deviennent &#339;uvre d'art qu'un subconscient a fait

		Aimer plus que soi-m&#234;me
		Aimer sans r&#233;fl&#233;chir
		Aimer plus qu'on nous aime
		Pour mieux se plaindre et mieux souffrir



All&#233;luia!

		La jeunesse est turbulente
		Insolente
		Mais souvenez-vous
		Vous les gens devenus sages
		Qu'&#224; votre &#226;ge
		Vous &#233;tiez comme nous
		Tout comme nous press&#233;s de vivre
		Et de suivre
		Le chemin de vos joies
		Alors pourquoi jeter la pierre
		Laissez faire
		Tout &#231;a se calmera

		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Nos vingt ans
		N'ont qu'un temps
		Laissons-les br&#251;ler
		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Le ciel donne
		Ce qu'il nous donne
		Pour en profiter

		Nous avons l'&#226;ge o&#249; l'on cr&#232;ve
		Pour des r&#234;ves
		Peut-&#234;tre insens&#233;s
		L'&#226;ge ou l'on refait le monde
		Que l'on fonde
		Sur de vagues id&#233;es
		On se voudrait invuln&#233;rable
		Intraitable
		Toujours le plus fort
		Faisant tout avec fr&#233;n&#233;sie
		Notre vie
		Devient un corps &#224; corps

		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Nos vingt ans
		N'ont qu'un temps
		Laissons-les br&#251;ler
		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Le ciel donne
		Ce qu'il nous donne
		Pour en profiter

		Le pass&#233; qui r&#232;gne encore
		On l'ignore
		Pour vivre au futur
		On se forge des idoles
		Et l'on colle
		Leurs photos sur nos murs
		C'est pour se prouver qu'on existe
		Qu'on r&#233;siste
		Aux lois &#233;tablies
		Et pour que l'on s'ext&#233;riorise
		On se grise
		De vitesse et de bruit

		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Nos vingt ans
		N'ont qu'un temps
		Laissons-les br&#251;ler
		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Le ciel donne
		Ce qu'il nous donne
		Pour en profiter

		Et nos passions sont de m&#234;me
		Quand on aime
		Tout est boulevers&#233;
		Nos sentiments nous d&#233;passent
		Et l'on passe
		Notre temps &#224; r&#234;ver
		La vie prend une autre tournure
		On murmure
		Des mots simples et doux
		Car au fond on est romantique
		&#199;a explique
		Que l'on soit un peu fou

		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Nos vingt ans
		N'ont qu'un temps
		Laissons-les br&#251;ler
		All&#233;luia! All&#233;luia!
		Le ciel donne
		Ce qu'il nous donne
		Pour en profiter



Alors je d&#233;rive

		La la la la la la
		Je suis bien
		&#201;cras&#233; contre ton c&#339;ur
		La la la la la la
		Ne dis rien
		Laisse parler le bonheur
		Car les mots que l'on dit en amour
		Sont sans importance
		La la la la la la
		Jusqu'au jour
		Gardons le silence

		Pour que je d&#233;rive
		Au cours de l'amour
		Et baigne en eau profonde
		Comme une algue
		Au fleuve du temps
		Je file au gr&#233; de l'onde
		Je d&#233;rive
		&#201;tant tour &#224; tour
		Lorsque nos deux c&#339;urs s'affolent
		Au creux de la vague
		A la proue du vent
		Sans dire une parole

		La la la la la la
		Dans la nuit
		Toi et moi ne ferons qu'un
		La la la la la la
		Loin du bruit
		Jusqu'aux lueurs du matin
		Les mots qu'en amour on dit nouveaux
		Sont toujours les m&#234;mes
		La la la la la la
		Quand ta peau
		Murmure: "je t'aime"
		Alors je d&#233;rive



Amour amer

		De l'amour &#224; la mort il n'y avait qu'un pas
		Et l'amour l'a franchi qui peut dire pourquoi
		Qui peut dire comment il a mis une proie
		Sur nos r&#234;ves d'amants d&#233;cr&#233;tant l'amour
		Hors la loi

		Plus le mal se r&#233;pand plus le diable est heureux
		Sur ces agissements Dieu a ferm&#233; les yeux
		Le destin et la mort ont pactis&#233; un jour
		Depuis le mal d&#233;vore et la vie et l'amour

		Amour amer
		Amants &#224; mort
		&#192; vos enfers
		Feu dans le corps
		Amour amer

		Et le coeur s'est gel&#233; le corps a pris peur
		Et le sang pollu&#233; a perdu sa couleur
		Les amoureux non plus de raison de r&#234;ver
		L'insouciance a v&#233;cu il faut toujours se pr&#233;server

		L'aventure d'un soir devient jeu dangereux
		Et nous fait entrevoir les lendemains de feu
		Le mal qui va et court rend les amants craintifs
		En ces temps o&#249; l'amour semble un acte fautif

		Amour amer
		Amants &#224; mort
		&#192; vos enfers
		Feu dans le corps
		Amour amer

		L'amour devait b&#226;tir pour nous des lendemains
		Et la science gu&#233;rir et nous tenir la main
		Tous deux nous ont trahi sans honte et sans raison
		Nous en payons le prix sans espoir et sans illusion

		Mon amour mon amour ne m'abandonne pas
		Je tremble nuit et jour la mort plane sur moi
		Je cr&#232;ve sans espoir ma jeunesse est foutue
		Car je suis damn&#233; par le sang que j'ai re&#231;u

		Amour amer
		Amants &#224; mort
		&#192; vos enfers
		Feu dans le corps
		Amour amer



Apr&#232;s l'amour

Paroles et Musique: Charles Aznavour "65"

		Nous nous sommes aim&#233;s, nos joies se sont offertes
		Et nos c&#339;urs ont battu pouss&#233;s par cet instinct
		Qui unit les amants en se fichant du reste

		Glisse tes doigts par ma chemise entrouverte
		Et pose sur ma peau la paume de ta main
		Et les yeux mi-clos nous restons sans dire un mot
		Sans faire un geste

		Apr&#232;s l'amour, quand nos corps se d&#233;tendent
		Apr&#232;s l'amour, quand nos souffles sont courts

		Nous restons &#233;tendus
		Toi et moi, presque nus
		Heureux, sans rien dire
		&#201;clair&#233;s d'un m&#234;me sourire

		Apr&#232;s l'amour, nous ne formons qu'un &#234;tre
		Apr&#232;s l'amour, quand nos membres sont lourds

		Au sein des draps froiss&#233;s
		Nous restons enlac&#233;s
		Apr&#232;s l'amour
		Au creux du jour
		Pour aimer



Au clair de mon &#226;me

		Au clair de mon &#226;me
		Au c&#339;ur de mon c&#339;ur
		Je cherche la flamme
		De notre bonheur
		Je sais que nos amours sont mortes
		Mais je ne veux pas
		Que le temps d&#233;porte
		Tout de toi et moi

		Au clair de mon &#226;me
		Tout comme un Pierrot
		Qu'un chagrin d&#233;sarme
		Je n'attends qu'un mot
		Un mot de tes l&#232;vres
		Un cri de ton c&#339;ur
		Pour chasser ma fi&#232;vre
		Et briser ma peur

		Au clair de mon &#226;me
		Cern&#233; de chagrin
		Et noy&#233; de larmes
		Je ne trouve rien
		Tu le vois, je me meurs, ma vie
		Rallume ton feu
		Et rends-moi la vie
		Pour l'amour de Dieu



Au creux de mon &#233;paule

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963 "Qui?"

		Si je t'ai bless&#233;e
		Si j'ai noirci ton pass&#233;
		Viens pleurer au creux de mon &#233;paule
		Viens tout contre moi
		Et si je fus maladroit
		Je t'en prie, ch&#233;rie, pardonne-moi

		Laisse ta pudeur
		Du plus profond de ton c&#339;ur
		Viens pleurer au creux de mon &#233;paule
		Oublie si tu peux
		Nos querelles d'amoureux
		Et, ch&#233;rie, nous pourrons &#234;tre heureux

		&#212;, mon amour
		Ne m'enl&#232;ve pas le souffle de ma vie
		Ni mes joies
		Pour ce qui ne fut qu'un instant de folie

		Ne dis pas adieu
		Nous serions trop malheureux
		Viens pleurer au creux de mon &#233;paule
		Car si tu partais
		Si mon bonheur se brisait
		Mon amour, c'est moi qui pleurerais

		&#212;, &#244; mon amour
		Ne m'enl&#232;ve pas le souffle de ma vie
		Ni mes joies
		Pour ce qui ne fut qu'un instant de folie

		Ne dis pas adieu
		Nous serions trop malheureux
		Viens pleurer au creux de mon &#233;paule
		Car si tu partais
		Si mon bonheur se brisait
		Mon amour, c'est moi qui pleurerais



Au nom de la jeunesse

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1968

		Au nom de la jeunesse
		Aux saisons des beaux jours
		Mes jeunes id&#233;es courent
		Etaler leurs faiblesses
		Au soleil de l'amour
		Au nom de la jeunesse
		Aux printemps tourment&#233;s
		De mes tendres ann&#233;es
		Se vautre ma paresse
		Dans la fra&#238;che ros&#233;e

		D'un autre id&#233;alisme
		Dans un nouveau d&#233;cor
		Le romantisme est mort
		Vive le romantisme
		Qui en rena&#238;t plus fort
		Et porte la tignasse
		Qu'il te pla&#238;t &#224; porter
		Car pr&#233;sent ou pass&#233;
		Le c&#339;ur reste &#224; sa place
		Mais il bat, syncop&#233;

		Au nom de la jeunesse
		Au jardin de ses fleurs
		Je n'ai pas de couleur
		Je n'ai que ma d&#233;tresse
		Que l'on prend pour fureur

		Au nom de la jeunesse
		Je cherche &#224; effacer
		Tout un monde empes&#233;
		Par besoin de tendresse
		Et par soif d'&#234;tre aim&#233;

		Et ce qui me diff&#232;re
		C'est qu'avec des chansons
		Je rythme mes passions
		Pour faire &#224; ma mani&#232;re
		Une r&#233;volution
		Et chante mes probl&#232;mes
		Et dors ici ou l&#224;
		Le monde est sous mes pas
		Et je vis comme j'aime
		Et l'amour est sans loi

		Au nom de la jeunesse
		Au cri de "Libert&#233;! "
		Je me laisse br&#251;ler
		A la tendre caresse
		Du feu de l'amiti&#233;

		Au nom de la jeunesse
		Je ressemble surtout
		A un jeune chien fou
		Qui sans ma&#238;tre et sans laisse
		Veut vivre comme un loup

		En condamnant la guerre
		Je deviens inqui&#233;tant
		Et surtout d&#233;routant
		Par mon vocabulaire
		Qu'est celui d'un enfant
		Je suis fait de souffrance
		Je veux garder encore
		Et toujours en mon corps
		La gr&#226;ce de l'enfance
		Jusqu'au jour de ma mort

		Au nom de la jeunesse
		Avant que disparaisse
		De ma vie l'&#226;ge d'or



Au piano bar

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1997 "Plus Bleu"

		Au piano bar
		Fr&#233;quent&#233; par des habitu&#233;s
		Quelque part &#224; l'&#233;cart
		A deux pas des Champs Elys&#233;e
		Dans le huiti&#232;me.
		De minuit &#224; cinq heures
		On re&#231;oit en plein coeur
		Irwing Berlin et Cole Porter
		Tout ce qu'on aime
		Et qu'un pianiste noir
		Calmement joue au piano bar.

		Au piano bar
		O&#249; mon coeur me tra&#238;ne parfois
		Pour noyer mon cafard
		Dans un fond de whisky soda
		Et de musique.
		Je m'installe en retrait
		L&#224; o&#249; elle m'aimait
		Et tendrement me fredonnait
		D'outre Atlantique
		Les merveilleux standards
		Accompagn&#233;s au piano bar.

		Au cin&#233;ma
		Elle aimait &#224;
		Voir en V.O.
		Les musicaux
		Des ann&#233;es trente et quarante.
		Puis dans ce bar
		On venait tard
		Pour qu' "in the mood"
		Tout hollywood
		Et nos amours en nos coeurs chantent.

		Au piano bar
		Accroch&#233; &#224; mes souvenirs
		Bless&#233; de part en part
		Je retourne pour m'&#233;tourdir
		Par habitude
		Et r&#234;ver qu'une nuit
		Je la retrouve assise
		A la place o&#249; depuis je vis
		Ma solitude
		Et recouvrer l'espoir
		Entre ses bras au piano bar.

		Au piano bar
		T&#233;moins de mes amours enfuies
		Bourreau de ma m&#233;moire
		Agripp&#233; &#224; des m&#233;lodies
		D&#233;vastatrices
		Qui font chanter les heures
		Allumant en mon coeur
		Des furieuses envies de bonheur
		Qui me meurtrissent
		Jusqu'&#224; l'aube o&#249; je pars
		D&#233;senchant&#233; du piano bar.

		O&#249; ce vieux complice
		De pianiste inspir&#233;
		A la voix embrum&#233;e
		Par l'alcool et par la fum&#233;e
		Fait que surgissent
		Ces pr&#233;cieux moments rares
		A jamais li&#233;s au piano bar
		Pr&#233;cieux moments rares
		Li&#233;s au piano bar.



Au printemps tu reviendras

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1964

		Le soleil a d&#233;sert&#233; notre village
		Et la neige est venue recouvrir nos toits
		Toi tu es partie pour suivre un vagabond volage
		Mon amour au printemps tu reviendras
		Tu avais pourtant cousu ta robe blanche
		Jour et nuit filait l'aiguille entre tes doigts
		Elle attend ton corps comme j'attends mon jour de chance
		Mon amour au printemps tu reviendras

		La la la la la la la la la la la la la
		La la la la la la la la la la la la la

		Je t'attends il n'y a que toi dans mon &#226;me
		Priant Dieu car je suis s&#251;r qu'il m'entendra
		Je ne pleure plus j'ai d&#233;j&#224; tant vers&#233; de larmes
		Mon amour au printemps tu reviendras
		Tu viendras l&#224; o&#249; les souvenirs t'appellent
		Tu viendras lorsque l'autre te quittera
		Pour chercher l'oubli contre mon c&#339;ur toujours fid&#232;le
		Mon amour au printemps tu reviendras

		La la la la la la la la la la la la la
		La la la la la la la la la la la la la

		Je saurai changer ta vie parc'que je t'aime
		Je r&#233;chaufferai ton c&#339;ur qui aura froid
		Puis l'oubli viendra et nous serons heureux quand m&#234;me
		Mon amour au printemps tu reviendras
		Mais si tu ne devais plus franchir la porte
		Je le sais mon c&#339;ur je ne survivrais pas
		Et l'&#233;t&#233; prochain je veux qu'en terre l'on me porte
		Mon amour si au printemps tu ne viens pas

		Je me m&#234;lerai aux cendres de nos amours mortes
		Mais au printemps je sais que tu reviendras

		La la la la la la la la la la la la la
		La la la la la la la la la la la la la

		Mon amour au printemps tu reviendras



Au rythme de mon c&#339;ur

Paroles: Charles Aznavour. Musique: L&#233;o Missir 1962

		Au rythme de mon coeur
		Au rythme de mon sang
		Au rythme de ma vie, mon amour,
		Chantent mes jours sans loi
		Et, chass&#233;es par le temps,
		Passent mes nuits en pleurs

		Au rythme de mon coeur
		Au rythme de mes joies
		Ma jeunesse en folie suit son cours
		Et mes r&#234;ves d'enfant
		Me font go&#251;ter le fond,
		Le fond de mon bonheur

		{x2:}
		Et je regarde au loin chaque jour
		L&#224;-bas, tout brille et m'attire
		Je veux des lendemains,
		Des lendemains pleins d'amour
		Et pour mes souvenirs
		J'emprisonne les jours
		J'emprisonne les nuits
		Que le monde d&#233;chire sans peur
		Et j'appelle l'amour
		Dans un &#233;clat de rire
		De rire et de douleur

		Au rythme de nos mains qui se donnent
		Au rythme de ces joies qui m'&#233;tonnent
		Au rythme de nos voix qui fredonnent
		Au rythme de mon sang qui bouillonne
		Comme au rythme de ma vie
		Et de mon coeur



Au voleur!

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1967 "Entre deux r&#234;ves"

		Mon front est moite
		Je tremble un peu
		Ma t&#234;te &#233;clate
		Je suis nerveux
		J'ai l'impression qu'on me regarde
		Et dans la nuit o&#249; na&#238;t la peur
		Que des doigts tendus me poignardent
		Au voleur!

		Rien n'est trop sombre
		Rien n'est trop s&#251;r
		Je ne suis qu'ombre
		Je me fais mur
		Comme un f&#233;lin je me d&#233;place
		Raflant les objets de valeur
		La gorge serr&#233;e par l'angoisse
		Au voleur!

		Parce qu'elle aime les fourrures
		La vie facile et les plaisirs
		Les robes de haute couture
		Que je ne pouvais lui offrir
		De peur qu'un jour elle me quitte
		Pour trouver tout cela ailleurs
		J'ai choisi pour garder son c&#339;ur
		De tenter gros, de jouer vite
		Au voleur!

		Chaque seconde
		Semble une ann&#233;e
		Les bruits du monde
		Sont amplifi&#233;s
		Au loin une horloge qui sonne
		Un craquement, une lueur
		Font que je me fige et frissonne
		Au voleur!

		Un vide immense
		Se fait en moi
		Puis le silence
		Reprend ses droits
		Je fais les choses quatre &#224; quatre
		Mais &#224; chaque bruit, chaque heurt
		J'ai le c&#339;ur qui cesse de battre
		Au voleur!

		A bout de nerfs lorsque je rentre
		Aux heures grises du matin
		Les traits tir&#233;s, la peur au ventre
		Elle contemple mon butin
		Puis en faisant son &#339;il de biche
		Elle murmure avec candeur
		Qu'au fond l'argent n'a pas d'odeur
		Et qu'apr&#232;s tout on prend qu'aux riches

		La nuit tandis que
		De plus en plus
		Je prends des risques
		Et m'&#233;vertue
		A lui faire une vie de r&#234;ve
		Je vois soudain doubler ma peur
		A l'id&#233;e qu'un autre m'enl&#232;ve
		Ce bonheur
		Qui est plus que ma vie
		Ne me laissant qu'un cri:
		Au voleur, au voleur, au voleur!



Autobiographie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1980

		J'ai ouvert les yeux sur un meubl&#233; triste
		Rue Monsieur-Le-Prince au Quartier Latin
		Dans un milieu de chanteurs et d'artistes
		Qu'avaient un pass&#233;, pas de lendemain
		Des gens merveilleux, un peu fantaisistes
		Qui parlaient le russe et puis l'arm&#233;nien

		Si mon p&#232;re &#233;tait chanteur d'op&#233;rette
		Nanti d'une voix que j'envie encore
		Ma m&#232;re tenait l'emploi de soubrette
		Et la troupe ne roulait pas sur l'or
		Mais ma s&#339;ur et moi &#233;tions &#224; la f&#234;te
		Blottis dans un coin derri&#232;re un d&#233;cor

		Tous ces com&#233;diens charg&#233;s de famille
		Mais dont le fran&#231;ais &#233;tait h&#233;sitant
		Devaient accepter pour gagner leur vie
		Le premier emploi qui &#233;tait vacant
		Conduire un taxi ou tirer l'aiguille
		&#199;a pouvait se faire avec un accent

		Apr&#232;s le travail les jours de semaine
		Ces acteurs frustr&#233;s r&#233;p&#233;taient longtemps
		Pour le seul plaisir un soir par quinzaine
		De s'offrir l'oubli des soucis d'argent
		Et crever de trac en entrant en sc&#232;ne
		Devant un public form&#233; d'&#233;migrants

		Quand les fins de mois &#233;taient difficiles
		Quand il faisait froid, que le pain manquait
		On allait souvent honteux et f&#233;brile
		Au Mont-de-pi&#233;t&#233; o&#249; l'on engageait
		Un vieux samovar, des choses futiles
		Objets du pass&#233;, auxquels on tenait

		On parlait de ceux morts pr&#232;s du Bosphore
		Buvait &#224; la vie, buvait aux copains
		Les femmes pleuraient et jusqu'aux aurores
		Les hommes chantaient quelques vieux refrains
		Qui venaient de loin, du fond d'un folklore
		O&#249; vivaient la mort, l'amour et le vin

		Nous avions toujours des amis &#224; table
		Le peu qu'on avait, on le partageait
		Mes parents disaient: "Ce serait le diable
		Si demain le ciel ne nous le rendait"
		Ce n'est pas l&#224; geste charitable:
		Ils aimaient les autres et Dieu nous aidait

		Tandis que devant po&#234;les et casseroles
		Mon p&#232;re cherchait sa situation
		Jour et nuit sous une lampe &#224; p&#233;trole
		Ma m&#232;re brodait pour grande maison
		Et nous avant que d'aller &#224; l'&#233;cole
		Faisions le m&#233;nage et les commissions

		Ainsi je grandis sans contrainte aucune
		Me so&#251;lant la nuit, travaillant le jour
		Ma vie a connu diverses fortunes
		J'ai fr&#244;l&#233; la mort, j'ai trouv&#233; l'amour
		J'ai eu des enfants qui m'ont vu plus d'une
		Fois me souvenir le c&#339;ur un peu lourd

		Rue Monsieur-Le-Prince au Quartier Latin
		Dans un milieu de chanteurs et d'artistes
		Qu'avaient un pass&#233;, pas de lendemain
		Des gens merveilleux un peu fantaisistes
		Qui parlaient le russe et puis l'arm&#233;nien



Avant de t'aimer

		Avant de t'aimer, je croyais que les femmes &#233;taient des &#233;glises
		Comme aux quatre coins de Venise et qu'on pouvait les visiter
		Avant de t'aimer, je disais qu'elles n'&#233;taient que gourmandise
		Comme le sont les friandises et qu'on pouvait les partager

		Avant de t'aimer, je croyais que les femmes &#233;taient des chapelles
		Enferm&#233;es dans les citadelles offertes au voeu de chastet&#233;
		Avant de t'aimer, je pensais que les femmes &#233;taient sans cervelle
		Qu'elles n'&#233;taient que des mod&#232;les pour un pinceau, pour un maillet

		Avant de t'aimer, je croyais que les femmes &#233;taient des paroisses
		Appartenant au garde-chasse qui pi&#232;ge et bague son gibier
		Avant de t'aimer, je doutais des femmes et de ce qu'elles apportent
		Quand elles referment la porte, sans un regard sans un regret

		Mais aujourd'hui, femmes, je sais que vous &#234;tes des cath&#233;drales
		Femmes fourmis, femmes cigales, femmes faites pour &#234;tre aim&#233;es
		Femme esp&#233;rance, soit lou&#233;e, toi, que j'imaginais na&#239;ve
		Tu m'as sauv&#233; de la d&#233;rive des larmes o&#249; mon coeur se noyait

		Avant de t'aimer, je croyais que les femmes &#233;taient des &#233;glises
		Comme aux quatre coins de Venise et qu'on pouvait les visiter
		Mais c'&#233;tait avant de t'aimer c'&#233;tait bien avant de t'aimer



Avant la guerre

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1978

		J'avais vingt ans une &#226;me tendre
		Toi seize tout &#224; apprendre
		Quand je t'&#233;crivais des po&#232;mes
		O&#249; tout rimait avec je t'aime
		Tu &#233;tais encore &#233;coli&#232;re
		C'&#233;tait un peu avant la guerre

		A l'or&#233;e de l'adolescence
		Le d&#233;sir bouscule l'enfance
		Dans l'herbe d'un printemps pr&#233;coce
		On s'est uni en simples noces
		Notre t&#233;moin fut Dieu le p&#232;re
		C'&#233;tait un peu avant la guerre

		Mais au vent des amours fautives
		Ce qui doit arriver arrive
		Ta taille prit de l'importance
		On nous maria de toute urgence
		Mais un jour les choses chang&#232;rent
		C'&#233;tait un peu avant la guerre

		Un uniforme sans retouche
		Un fusil et quatre cartouches
		Les champs br&#251;l&#233;s de la retraite
		Les barbel&#233;s de la d&#233;faite
		Quelque part en terre &#233;trang&#232;re
		Je nous revois avant la guerre

		O&#249; sont les seize ans de ta vie
		Et les printemps de nos folies
		Quand pour nous s'ouvraient sur la chance
		Les portes d'or de l'insouciance
		Et que tout brillait de lumi&#232;re
		Avant la nuit, avant la guerre
		Avant la guerre



Ave Maria

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1978

		Ave Maria
		Ave Maria
		Ceux qui souffrent viennent &#224; toi
		Toi qui as tant souffert
		Tu comprends leurs mis&#232;res
		Et les partages
		Marie courage
		Ave Maria
		Ave Maria
		Ceux qui pleurent sont tes enfants
		Toi qui donnas le tien
		Pour laver les humains
		De leurs souillures
		Marie la pure

		Ave Maria
		Ave Maria
		Ceux qui doutent sont dans la nuit
		Maria
		&#201;claire leur chemin
		Et prends-les par la main
		Ave Maria

		Ave Maria, Ave Maria
		Amen



Avec

		Avec ton sourire au coin de tes l&#232;vres
		Avec ton regard comme rempli de fi&#232;vre
		Tu sembles sortir des mains d'un orf&#232;vre
		Et je ne peux que t'aimer mon amour

		Avec dans ton c&#339;ur des points vuln&#233;rables
		Avec les fureurs dont tu es capable
		Tu es tour &#224; tour l'ange ou bien le diable
		Qui vient troubler mes nuits et mes jours

		Ceux qui disent des sottises
		Et pr&#233;disent notre &#233;chec
		Je les ignore et t'adore
		Plus encore avec

		Avec tes fa&#231;ons de fille &#224; la page
		Avec tes curieux &#233;carts de langage
		Le peu de printemps qui compte ton &#226;ge
		Je voudrais bien te garder toujours

		Avec dans ta t&#234;te un grain de folie
		Avec dans ton corps le go&#251;t de la vie
		J'ai trouv&#233; en toi toute une harmonie
		Et je ne peux que t'aimer mon amour

		Avec ta pudeur m&#234;l&#233;e d'ind&#233;cence
		Avec ta candeur fr&#244;lant l'inconscience
		Ta maturit&#233; si pr&#232;s de l'enfance
		Je voudrais bien te garder toujours

		Avec tes chagrins
		Tes &#233;clats de voix
		Ton rire enfantin
		Ta mani&#232;re &#224; toi
		De parler soudain
		De n'importe quoi
		Et qui vont si bien
		Avec toi



Avec ces yeux-l&#224;

		Avec ces yeux-l&#224;
		Et ce regard-l&#224;
		Tu as chang&#233; le courant de ma vie
		Avec ces yeux-l&#224;
		Oh! Qu'as-tu fait l&#224;?
		L&#224; dans mon coeur qui s'ennuie
		Et crie

		Pour toi
		Qui es mon pain de chaque jour
		Toi
		L'unique objet de mon amour
		Toi
		Qui marches en semant ton &#233;clat
		Tu ne vois pas
		Avec ces yeux-l&#224;
		Tout le bonheur
		Que tu pourrais verser dans mon coeur
		Que d'inconscience
		Que d'insouciance
		Il y a dans ces yeux-l&#224;

		Avec ces yeux-l&#224;
		Et ce regard-l&#224;
		Tu as chang&#233; le courant de ma vie
		Avec ces yeux-l&#224;
		Oh! Qu'as-tu fait l&#224;?
		L&#224; dans mon coeur qui s'ennuie
		Et crie
		Pour toi

		Avec un go&#251;t de d&#233;sespoir
		Toi
		En qui j'ai mis tous mes espoirs
		Toi
		Tu regardes et ne vois rien
		Mais je sais bien
		Qu'avec ces yeux-l&#224;
		Et ce regard-l&#224;
		Tu peux donner
		Plus d'amour qu'on en puisse esp&#233;rer
		Mais tu prom&#232;nes
		Quoi qu'il advienne
		Ta jeunesse et ne sais pas
		Que tu as pris mes joies
		Rien qu'avec ces yeux-l&#224;



Avec toi

1963 "La mamma"

		Je viens du fond des &#226;ges et viens du bout des choses
		J'ai v&#233;cu mille fois plus que n'importe qui
		J'ai &#233;t&#233; dans la lune avant qu'on ne s'y pose
		Par la magie du r&#234;ve et de la po&#233;sie
		J'ai fait le tour des &#234;tres et le tour de moi-m&#234;me
		Associant la jeunesse &#224; un sport dangereux
		J'ai dit cent fois "adieu", autant de fois "je t'aime"
		Avant que de partir sans d&#233;tourner les yeux

{}

		Mais avec toi, ma douce, ma tendre, ma mie
		Avec toi, il en est autrement
		Avec toi, je cherche, j'invente, j'apprends
		D'autres mots, d'autres gestes
		Avec toi, ma reine, ma belle, ma vie
		Avec toi, j'ai le coeur au printemps
		Avec toi, j'esp&#232;re, je r&#234;ve, j'oublie
		Tout le reste

		Je viens du fond des temps des plaisirs et du vice
		D'au-del&#224; du possible de l'imagination
		Je viens du bout du monde o&#249; dans des pr&#233;cipices
		Repose ma folie, avec mes illusions
		J'ai r&#233;colt&#233; du plomb dans des guerres insipides
		Et j'ai sem&#233; de l'or sur des tables de jeux
		J'ai vomi des alcools de tavernes sordides
		J'ai implor&#233; le ciel, et j'ai blasph&#233;m&#233; Dieu

{au Refrain}



Ay, mourir pour toi

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1957

autres interpr&#232;tes: Dalida, Amalia Rodriguez, Michel Louvain

		Ay, mourir pour toi
		A l'instant o&#249; ta main me fr&#244;le
		Laisser ma vie sur ton &#233;paule
		Berc&#233; par le son de ta voix

		Ay, mourir d'amour
		T'offrir ma derni&#232;re seconde
		Et sans regret quitter le monde
		En emportant mon plus beau jour

		Pour garder notre bonheur comme il est l&#224;
		Ne pas conna&#238;tre la douleur pour toi
		Et la terrible certitude
		De la solitude

		Ay, mourir pour toi
		Prendre le meilleur de nous-m&#234;mes
		Dans le souffle de ton "je t'aime"
		Et m'endormir avec mes joies

		Parle-moi, console-moi
		J'ai peur du jour qui va na&#238;tre
		Il sera le dernier peut-&#234;tre
		Que notre bonheur va conna&#238;tre

		Serre-moi, apaise-moi
		Quand j'ai l'angoisse du pire
		Ne ris pas quand tu m'entends dire
		Qu'au fond mourir pour mourir

		Ay, mourir pour toi
		A l'instant o&#249; ta main me fr&#244;le
		Laisser ma vie sur ton &#233;paule
		Berc&#233; par le son de ta voix

		Ay, mourir d'amour
		T'offrir ma derni&#232;re seconde
		Et sans regret quitter le monde
		En emportant mon plus beau jour

		Pour garder notre bonheur comme il est l&#224;
		Ne pas conna&#238;tre la douleur par toi
		Et la terrible certitude
		De la solitude

		Ay, mourir pour toi
		Prendre le meilleur de nous-m&#234;mes
		Dans le souffle de ton "je t'aime"
		Et m'endormir avec mes joies
		Mourir pour toi.



Bal du faubourg

		Bal du faubourg
		Valse d'amour
		Bonheur du jour
		Bal populaire
		Valse l&#233;g&#232;re
		Un brin de c&#339;ur
		Comme les gamins
		Les amoureux
		Main dans la main
		S'en vont par deux
		Et c'est le supr&#234;me aveu

		Bal du faubourg
		Valse d'amour
		Beaucoup trop court
		Bal populaire
		Joie de la terre
		Heureux parcours
		Baisers fi&#233;vreux
		Ou l'on se ment
		Mais pris au jeu
		On d'vient amants
		Au bal du faubourg

		Gai tourbillon
		Tournons, tournons
		Au coin de cette rue
		L'orchestre joue
		Et joue &#224; joue
		Les couples &#233;voluent
		Tout en valsant heureux et transport&#233;s
		Se donnant un baiser, puis se laissant griser
		Tendrement ils s'enfuient
		Dans la nuit
		Et l'on revient
		Au p'tit matin
		L'&#226;me est un peu chagrine
		On danse encore
		Le bal s'endort
		La f&#234;te se termine
		Il faut s'quitter, le c&#339;ur est chavir&#233;
		On se tient enlac&#233;s on veut encore valser
		Arr&#234;ter les instants
		Et le temps

		Bal du faubourg
		Valsez toujours
		Regrets d'amour
		Bal populaire
		R&#234;ve &#233;ph&#233;m&#232;re
		Le c&#339;ur est lourd
		Triste destin
		Pleurs dans les yeux
		Car au matin
		Finit le jeu
		Et c'est le supr&#234;me adieu

		Bal du faubourg
		O&#249; sans discours
		Finit l'amour
		Bal populaire
		Les c&#339;urs se serrent
		Le r&#234;ve est court
		On r'prend sa vie
		Plein de ranc&#339;ur
		Car on a laiss&#233;
		Son bonheur
		Au bal du faubourg



Belle, belle, dis

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1986 "Embrasse-moi"

		O&#249; irai-je, belle?
		O&#249; irai-je, dis?
		Quand tu m'auras chass&#233; de ton lit
		Quand tu ne m'ouvriras plus les bras
		Que je n'aurais plus place en tes draps
		Que ferai-je, belle?
		Que ferai-je, dis?
		Quand tu m'auras ray&#233; de ta vie
		Quand je ne saurai plus o&#249; aller
		Et contre quel sein me consoler

		Au pass&#233;, tu restes indiff&#233;rente
		Tu vis au pr&#233;sent
		Alors que je compte sur les rentes
		De mes sentiments,
		Demain te panique et te d&#233;range
		T'as peur des toujours
		Tandis qu'&#224; chaque instant, moi, j'engrange
		Des r&#234;ves d'amour

		O&#249; irai-je?
		Que ferai-je?
		Belle, belle, dis
		De folles id&#233;es m'assi&#232;gent
		Me troublent l'esprit
		Que serai-je?
		Que dirai-je?
		Belle, belle, dis

		J'en appelle &#224; ton humble avis

		Que serai-je, belle?
		Que serai-je, dis?
		Quand tous mes espoirs seront trahis
		Une &#233;pave de la soci&#233;t&#233;
		Ou quelqu'un pr&#234;t &#224; tout affronter?
		Que dirai-je, belle?
		Belle, belle, dis?
		Quand tout entre nous sera fini
		Des mots qui font mal, des mots odieux
		Ou bien tristement des mots d'adieu

		Tandis que je nage en plein d&#233;lire
		Toi, tu viens et vas
		Prenant les choses avec le sourire
		Qui vivra verra
		Tu dis simplement, je d&#233;borde
		D'imagination
		Et que parfois je te pousse au bord de
		L'exasp&#233;ration

		O&#249; irai-je?
		Que ferai-je?
		Belle, belle, dis
		De folles id&#233;es m'assi&#232;gent
		Me troublent l'esprit
		Que serai-je?
		Que dirai-je?
		Belle, belle dis

		J'en appelle &#224; ton humble avis



Bon anniversaire

		J'ai mis mon complet neuf, mes souliers qui me serrent
		Et je suis pr&#234;t d&#233;j&#224; depuis pas mal de temps
		Ce soir est important, car c'est l'anniversaire
		Du jour o&#249; le bonheur t'avait v&#234;tue de blanc
		Mais je te sens nerveuse au bord de la col&#232;re
		Alors je ne dis rien, mieux vaut &#234;tre prudent
		Si je disais un mot, ton fichu caract&#232;re
		M'enverrait sur les roses et l'on perdrait du temps
		Il est huit heures un quart et tu attends la robe
		Qu'on devait te livrer ce matin au plus tard
		Pour comble tes cheveux au peigne se d&#233;robent
		Tout semble se liguer pour qu'on soit en retard
		Si tout va de ce train la soir&#233;e au th&#233;&#226;tre
		Et l'auteur &#224; la mode, on s'en fera un deuil
		Adieu pi&#232;ce d'Anouilh, d'Anouilh ou bien de Sartre
		Je ne sais plus tr&#232;s bien, mais j'ai deux bons fauteuils
		Bon anniversaire! Bon anniversaire!

		Ta robe est arriv&#233;e, enfin tu respires
		Moi pour gagner du temps je t'aide de mon mieux
		Tout semble s'arranger mais soudain c'est le pire
		La fermeture arr&#234;te et coince au beau milieu
		On s'&#233;nerve tous deux, on pousse et puis l'on tire
		On se m&#234;le les doigts, on y met tant d'ardeur
		Que dans un bruit affreux le tissu se d&#233;chire
		Et je vois tes espoirs se transformer en pleurs
		Aux environs de onze heures enfin te voil&#224; pr&#234;te
		Mais le temps d'arriver, le th&#233;&#226;tre est ferm&#233;
		Viens, viens on ira souper tous deux en t&#234;te &#224; t&#234;te
		Non tu as le c&#339;ur gros, non tu pr&#233;f&#232;res rentrer
		Par les rues lentement nous marchons en silence
		Tu souris, je t'embrasse et tu souris encore
		La soir&#233;e est g&#226;ch&#233;e mais on a de la chance
		Puisque nous nous aimons l'amour est le plus fort
		Bon anniversaire! Bon anniversaire!
		Bon anniversaire!



C'est &#231;a

Paroles: Raymond Bernard. Musique: Charles Aznavour 1958

		Quand l'ennui d&#233;passe les bornes
		Que le temps tourne au ralenti
		Que tout nous semble triste et morne
		Pour rompre la monotonie
		Nous d&#233;pla&#231;ons la grande table
		Mettons un disque sur le pick-up
		Et la jazz &#233;clate, immuable
		D&#233;chirant l'air de ses syncopes

		C'est &#231;a, c'est bien &#231;a
		C'est ce qu'il faut pour toi et moi
		Un peu de rythme, un peu de joie
		Et pour la danse, beaucoup d'ambiance
		Et la musique pour scander nos pas
		C'est &#231;a, c'est bien &#231;a
		Frappant des pieds, claquant des doigts
		On virevolte, on vient et va
		On entre en crise
		On improvise
		Et l'on est, on est heureux comme &#231;a

		Pour tuer le temps qui nous tue
		A coups de secondes t&#234;tues
		Il faut, c'est un fait entendu, reconnu
		Que &#231;a chauffe, que &#231;a crie
		Que &#231;a claque, qu'&#231;a explose
		Mais qu'il se passe quelque chose
		Oui, qu'il se passe quelque chose
		Car la jeunesse aime le bruit

		C'est &#231;a, c'est bien &#231;a
		Je le sais, je le sens, je le vois
		Et quand on se d&#233;livre
		Nous sommes comme ivres
		C'est la joie de vivre qui veut &#231;a
		Chaque jour est ce qu'il faut pour crier notre amour
		Le rythme, y a qu'&#231;a, rien que &#231;a

		Il nous tient, il nous br&#251;le et nous broie
		Car il nous faut dans la vie
		Un vent de folie
		Pour que l'on oublie les jours sans joie
		Sa fureur fait jaillir des rumeurs
		Dans nos c&#339;urs

		Mais pour tuer le temps qui nous tue
		A coups de secondes t&#234;tues
		Il faut, c'est un fait entendu, entendu, reconnu
		Que &#231;a chauffe, que &#231;a crie
		Que &#231;a claque, qu'&#231;a explose
		Mais qu'il se passe quelque chose
		Oui, qu'il se passe quelque chose
		Car la jeunesse, la jeunesse, la jeunesse aime le bruit



C'est fini

		Je ne peux d&#233;tacher
		Mes yeux de ton visage
		Et ne peux m'emp&#234;cher
		De penser &#224; demain
		Qui s'annonce d&#233;j&#224;
		Comme un mauvais orage
		Qui lavera nos rires
		A l'eau de mon chagrin

		J'ai le c&#339;ur d&#233;chir&#233;
		Et j'ai mal de comprendre
		Que les mots que tu dis
		Veulent tous dire adieu
		Je regarde sans voir
		J'&#233;coute sans entendre
		Le chagrin me surprend
		Debout silencieux

		Je r&#234;ve de pass&#233;
		Quand le pr&#233;sent t'emporte
		Qu'il ne me reste plus
		Qu'&#224; te serrer la main
		Je voudrais la garder
		Mais nos amours sont mortes
		A deux pas de mon c&#339;ur
		Tu es d&#233;j&#224; si loin

		C'est fini fini fini fini fini fini fini

		Se peut-il qu'un bonheur
		Qui tenait tant de place
		Et donnait tant de joie
		Disparaisse &#224; jamais
		Effa&#231;ant de ta vie
		M&#234;me jusqu'&#224; la trace
		Du moindre souvenir
		Que l'amour nous a fait

		Je ne sais comment faire
		Et je ne sais que dire
		Je veux para&#238;tre fort
		Une derni&#232;re fois
		Les larmes au coin des yeux
		Je me force &#224; sourire
		D'un sourire forc&#233;
		Qui ne te trompe pas

		Trop l&#226;che pour mourir
		Bien qu'effray&#233; de vivre
		Je compte sur l'oubli
		Pour trouver le repos
		Il faudra m'habituer
		Dans les ann&#233;es &#224; suivre
		A des jours sans ta voix
		A des nuits sans ta peau

		C'est fini fini fini fini fini fini fini



C'est merveilleux l'amour

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Gilbert B&#233;caud 1957

autres interpr&#232;tes: Gilbert B&#233;caud

		C'est merveilleux l'amour
		C'est fantastique
		C'est trop compliqu&#233; pour
		Que &#231;a s'explique
		&#199;a va, &#231;a vient, &#231;a court
		C'est lunatique
		C'est merveilleux l'amour

		Heureux ou malheureux
		C'est un dilemme
		Qui pose aux amoureux
		Plus d'un probl&#232;me
		C'est un jeu dangereux
		Mais quand on aime
		C'est merveilleux l'amour

		&#199;a crie
		&#199;a m&#232;ne notre vie
		Sur terre
		&#199;a pleure
		Et &#231;a nous prend des heures
		Enti&#232;res
		Et l'on a beau dire
		Et l'on a beau faire

		Quand on est dans ses doigts
		Notre vie change
		Car on subit sa loi
		Qu'est un m&#233;lange
		De tourments et de joies
		Vraiment &#233;trange
		C'est merveilleux l'amour

		C'est merveilleux l'amour
		Qu'on se le dise
		Ces instants qu'on savoure
		Et qui nous grisent
		Dont d&#233;pendent nos jours
		Nous &#233;lectrisent
		C'est merveilleux l'amour

		&#199;a vient sans s'annoncer
		Sans crier gare
		Un regard, un baiser
		Hop! &#231;a d&#233;marre
		Le bonheur est l&#226;ch&#233;
		Dans la bagarre
		C'est merveilleux l'amour

		&#199;a vit
		De r&#234;ves et d'ennuis
		Qui passent
		C'est fier
		&#199;a fait un bruit d'enfer
		&#199;a casse
		Et quoi que l'on pense
		Et quoi que l'on fasse

		Quand dans son tourbillon
		Il nous entra&#238;ne
		&#199;a prend des proportions
		Surhumaines
		Et qu'on le veuille ou non
		C'est une cha&#238;ne
		Qui nous tient nuit et jour
		C'est merveilleux, merveilleux l'amour



C'est un gars

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1949

autres interpr&#232;tes: Lucienne Delyle, Charles Aznavour

		Sous mes pieds mes s'mell's se d&#233;robent
		On voit l'jour &#224; travers ma robe
		Mon corsage est tout rapi&#233;c&#233;
		Et mes effets tr&#232;s fatigu&#233;s
		Qu'import' ce qu'on dit &#224; la ronde
		Je me fous du reste du monde
		Car depuis hier je suis aim&#233;e
		C'est fou ce qui m'est arriv&#233;

		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		On m'l'avait jamais dit
		C'est un gars qui r'ssemblait &#224; un ange
		C'est un gars qui parlait comme un ange
		Tu es jolie, tu es jolie
		J'en suis tout &#233;tourdie

		Mon Dieu je ne suis plus la m&#234;me
		Quand il me murmure je t'aime
		Je trouve &#231;a si merveilleux
		Qu'il y a des larmes dans mes yeux
		C'est beau l'amour qui se prom&#232;ne
		Quand un beau gars en tient la cha&#238;ne
		On voudrait rester prisonnier
		Rien qu'pour contempler son ge&#244;lier

		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		On m'l'avait jamais dit
		C'est un gars qui r'ssemblait &#224; un ange
		C'est un gars qui parlait comme un ange
		Tu es jolie, tu es jolie
		J'en suis tout &#233;tourdie

		C'est merveilleux en moi la vie bourdonne
		L'amour jaillit d&#232;s que je m'abandonne
		Et quand il m'a so&#251;l&#233;e
		De mots et de baisers
		Et qu'il sourit, c'est dr&#244;le
		Je mords dans son &#233;paule
		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		Veux-tu d'moi pour la vie
		Oui.



&#199;a

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Gilbert B&#233;caud 1955

autres interpr&#232;tes: Gilbert B&#233;caud (1955)

		&#199;a, c'est une aubaine
		&#199;a, c'est merveilleux
		&#199;a, c'est un coup d'veine
		Du tonnerre de Dieu
		&#199;a, c'est formidable
		&#199;a, c'est mieux que bon
		&#199;a, c'est incroyable
		Une explosion
		Mais c'est autre chose aussi
		De plus doux, de plus tendre aussi
		Plus cruel et plus &#226;pre aussi
		Qu'on ne peut expliquer ainsi
		&#199;a, c'est une aubaine
		&#199;a, c'est merveilleux
		&#199;a, c'est un coup d'veine
		Je suis amoureux

		Y a du soleil sur son visage,
		De l'amour dans son c&#339;ur qui bat
		Comme, accroch&#233;e &#224; son corps sage,
		La vie qui veut rire aux &#233;clats
		Y a ses vingt ans qui vagabondent,
		Emportant mon c&#339;ur sur ses pas
		Et je raconte &#224; tout le monde
		Et je crie par-dessus les toits

		&#199;a, c'est une aubaine
		&#199;a, c'est merveilleux
		&#199;a, c'est un coup d'veine
		Du tonnerre de Dieu
		&#199;a, c'est formidable
		&#199;a, c'est mieux que bon
		&#199;a, c'est incroyable
		Une explosion
		Mais c'est autre chose aussi
		Autre chose de plus doux, de plus tendre aussi
		Autre chose de plus cruel, de plus &#226;pre aussi
		Qu'on ne peut expliquer ainsi
		&#199;a, c'est une aubaine
		&#199;a, c'est merveilleux
		&#199;a, c'est un coup d'veine
		Je suis, ch&#233;rie
		Je suis, mon doux
		Je suis amoureux, amoureux de vous



&#199;a passe

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1980

note: extrait du film "To scare, to scream"

		&#199;a passe
		Un jour ce mal dispara&#238;tra
		&#199;a passe
		Mon c&#339;ur peu &#224; peu oubliera
		La garce
		Qui m'a jou&#233;
		La farce
		La com&#233;die d'aimer
		La parodie d'aimer
		&#199;a passe
		Viendra l'heure o&#249; ne tenant plus
		En place
		Je remonterai tout &#233;mu
		La pente
		Pour arracher
		Vivante
		De mes pens&#233;es
		L'absente

		&#199;a passe
		Je conna&#238;trai d'autres saisons
		Vivaces
		R&#233;apprendrai d'autres chanson
		Et m&#234;me
		Mes l&#232;vres &#224; nouveau rediront
		Je t'aime je t'aime
		&#199;a passe
		Au fil du temps le feu br&#251;lant
		Se tasse
		Un amour meurt, un autre prend
		Sa place
		Qui d'un revers de main cassant
		Le chasse, l'efface
		&#199;a passe
		Et bl&#234;me
		Mes l&#232;vres &#224; nouveau rediront
		Je t'aime, je t'aime



&#199;a vient sans qu'on y pense

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1965

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour (1966)

note: Extrait de l'op&#233;rette "Monsieur Carnaval".

		La pluie
		Frappe &#224; la fen&#234;tre
		L'ennui
		Dans nos c&#339;urs p&#233;n&#232;tre
		Les nuits
		Sont plus longues que les jours

		O&#249; sont
		Nos jolies vacances
		Frissons
		De l'eau bleue qui danse
		Chansons
		Et soleil sur nos amours

		&#199;a vient sans qu'on y pense
		Soudain &#231;a recommence
		Et rien, rien n'est jamais perdu d'avance
		Sans bruit &#231;a se pr&#233;pare
		Et puis sans crier gare
		&#199;a vient quand on n'y croyait plus

		C'est vrai
		La saison est moche
		Je n'ai
		Plus un sou en poche
		Faudrait
		Un miracle du bon Dieu alleluia

		Mais toi
		&#199;a te fait sourire
		Je vois
		Que tu vas me dire
		Mais pourquoi
		Prends-tu l'argent au s&#233;rieux?

		&#199;a vient sans qu'on y pense
		Soudain &#231;a recommence
		Et rien, rien n'est jamais perdu d'avance
		Sans bruit &#231;a se pr&#233;pare
		Et puis sans crier gare
		&#199;a vient quand on n'y croyait plus

		Un jour
		Comme une tornade
		Au cours
		D'une promenade
		L'amour
		S'est abattu sur nous deux

		D'abord
		On n'y prend pas garde
		Le tort
		C'est qu'on se regarde
		D&#232;s lors
		Tout se passe dans nos yeux

		&#199;a vient sans qu'on y pense
		Soudain &#231;a recommence
		Et rien, rien n'est jamais perdu d'avance
		Sans bruit &#231;a se pr&#233;pare
		Et puis sans crier gare
		&#199;a vient quand on n'y croyait plus

		Des mots
		J'en ai dans ma t&#234;te
		Bien trop
		Pour ma chansonnette
		Un flot
		Qui n'a rime ni raison

		Souvent
		Je l'avoue je planche
		Devant
		Une page blanche
		Mais comment
		Vais-je &#233;crire ma chanson?

		&#199;a vient sans qu'on y pense
		Soudain &#231;a recommence
		Et rien, rien n'est jamais perdu d'avance
		Sans bruit &#231;a se pr&#233;pare
		Et puis sans crier gare
		&#199;a vient quand on n'y croyait plus



Camarade

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1977

		Camarade
		Tu &#233;tais mon seul ami, mon camarade
		Tous les deux nous avons fait des barricades
		Les maquis, les commandos, les embuscades
		Mon camarade

		Camarade
		Un dimanche en d&#233;filant &#224; la parade
		Je t'ai vu soudain l&#224;-bas sur une estrade
		Tu &#233;tais visiblement mont&#233; en grade
		Mon camarade

		Camarade
		Les plus grands venaient te donner l'accolade
		Ce n'&#233;tait que mains serr&#233;es et embrassades
		&#199;a donnait une impression de mascarade
		Mon camarade

		Camarade
		Moi ici j'ai pris mon parti des brimades
		Nous dormons tout habill&#233;s, les nuits sont froides
		L'important c'est de ne pas tomber malade
		Mon camarade

		Camarade
		Je ne vois qu'un petit coin de ciel maussade
		Et les murs qui d&#233;fieraient toute escalade
		Ce n'est pas une prison d'o&#249; l'on s'&#233;vade
		Mon camarade

		Camarade
		Le matin c'est la rel&#232;ve des brigades
		A midi c'est l'heure de la promenade
		Et la nuit on fait des r&#234;ves d'escapade
		Mon camarade

		Camarade
		J'ai appris qu'ils t'ont donn&#233; une ambassade
		Quelque part &#224; Caracas ou &#224; Belgrade
		Plus tu montes plus, tu vois, je r&#233;trograde
		Mon camarade

		Camarade
		C'est fini j'arr&#234;te ici mes j&#233;r&#233;miades
		&#192; bient&#244;t qui sait dans une ou deux d&#233;cades
		Et je signe comme au temps de nos gambades
		Ton Camarade

		Tu &#233;tais mon seul ami, mon camarade
		Tous les deux nous avons fait les barricades
		Les maquis, les commandos, les embuscades
		Mon camarade.



Caroline

		Dans le tumulte infernal
		D'un gigantesque bal
		De 14 juillet
		Ton c&#339;ur fit &#224; sa fa&#231;on
		Une r&#233;volution
		Mais seul ton corps dansait
		La carmagnole
		Tu acceptais ton destin
		Mais gardais n&#233;anmoins
		Malgr&#233; tes airs frivoles
		Ton c&#339;ur pour l'homme de ta vie
		Caroline ch&#233;rie

		Dans l'immense tourbillon
		Quand l'enfer des passions
		Enflammait les esprits
		Toi tout simplement arm&#233;e
		De ta seule beaut&#233;
		Tu as su &#224; tout prix
		Garder ta t&#234;te
		En faisant des concessions
		Car l'&#226;me a ses raisons
		Que la raison rejette
		L'amour vaut bien quelques folies
		Caroline ch&#233;rie

		Tu vivais de la folle moisson
		Des doux printemps de ta vie
		Et quand tu criais non
		Tout en toi semblait dire oui
		&#192; l'amour comme &#224; l'amour
		Tu as suivi le cours
		Trac&#233; par ton destin
		Et ta jeunesse en p&#233;ril
		Suspendue &#224; un fil
		N'appartenait &#224; rien, ni &#224; personne
		Mais r&#234;vait &#224; l'homme
		Qui allume de ses nuits
		Qui vous r&#233;volutionne
		T'apportant la joie par ce cri
		Caroline ch&#233;rie



Ce jour tant attendu

		Ce jour tant attendu
		S'&#233;tait lev&#233; pour nous
		Tu &#233;tais &#233;tendue
		Moi j'&#233;tais comme un fou
		Deux c&#339;urs battaient en toi
		Au rythme de mon c&#339;ur
		Et y avait tant de joie
		Dans tes cris de douleur
		Notre amour prenait corps
		Par ton corps tortur&#233;
		Et rien n'&#233;tait plus fort
		Que l'instant qu'on vivait
		Ce dont nous avions peur
		Nous unissait bien plus
		Que le plus grand bonheur
		Ce jour tant attendu

		Ce jour tant attendu
		S'&#233;tait lev&#233; enfin
		J'&#233;tais comme perdu
		Mais je ne pouvais rien
		Rien pour toi qui souffrais
		Luttais contre le temps
		Rien pour toi qui criais
		Tout en te d&#233;battant

		Tes yeux cherchaient mes yeux
		Qui regardaient les tiens
		Et tes ongles furieux
		Se plantaient dans mes mains
		Annon&#231;ant le bonheur
		Pour deux &#234;tres &#233;perdus
		Naissant dans la douleur
		Ce jour tant attendu
		Et ton corps d&#233;chir&#233;
		Soudain s'est apais&#233;
		En mettant au grand jour
		Le fruit de notre amour



Ce m&#233;tier

1997 "Plus bleu"

		De gal&#232;res en galas
		A Paris, en province
		De sc&#232;nes d'Op&#233;ra
		En spectacles de rue
		De fabuleux contrats
		En cachets plus que minces
		Pour nous, quoi qu'il en soit,
		Le r&#234;ve continue

		Ce m&#233;tier, c'est le pire et c'est le meilleur
		On a beau s'en d&#233;fendre, il nous tient et nous hante
		Que l'on soit com&#233;dien, danseur ou que l'on chante
		Ce m&#233;tier, il fait mal comme il fait r&#234;ver
		Et du "Temps des cerises" &#224; "Etre ou ne pas &#234;tre"
		Que l'on soit d&#233;butant ou d&#233;j&#224; pass&#233; ma&#238;tre
		Au plus haut de l'affiche ou &#224; peine cit&#233;

		Il est notre patrie et notre champ d'honneur
		Du vieux conservatoire ou enfant de la balle
		Notre seul horizon est au fond d'une salle
		Notre soleil jamais qu'un coup de projecteur

		Ce m&#233;tier qui tient tous nos sens en &#233;veil
		D'&#233;checs retentissants en triomphales routes
		Qui nous gonfle d'orgueil ou nous d&#233;truit de doutes
		Ce m&#233;tier est le seul jardin de nos merveilles
		De nuits de d&#233;pression
		Apr&#232;s que la critique

		A tort ou &#224; raison
		Nous tra&#238;ne dans la boue
		De moments d'&#233;motion
		En instants de panique
		On entre en religion
		A l'heure o&#249; tout se joue

		Ce m&#233;tier de cr&#232;ve-faim, de va-nu-pieds
		Que ce soit &#224; l'&#233;cran, sur sc&#232;ne ou bien en piste
		Il faut, pour le tenter, &#234;tre un rien utopiste
		Car il fait peu d'&#233;lus pour beaucoup d'appel&#233;s

		Ce m&#233;tier qui peut nous abolir parfois
		Commandeur de Paris ou Sir en Angleterre
		Les Sept d'or, les C&#233;sar, les triomphes ou Moli&#232;re
		C'est toujours le public, au fond, qui les octroie

		Fiers sous les quolibets, humbles sous les bravos
		Faussement prot&#233;g&#233;s par le mot de Cambronne
		&#201;mouvants, hilarants, en forme ou bien aphones
		Mais d&#233;chir&#233;s de trac au lever de rideau

		Ce m&#233;tier n'est pas facile &#224; assumer
		B&#226;ti sur le succ&#232;s, il rend tout vuln&#233;rable
		Mais bien que sans m&#233;moire et bien qu'impitoyable
		Il reste le plus beau car c'est notre m&#233;tier

		Il reste le plus beau, car c'est notre m&#233;tier



Ce monde t'attend

		Ton esprit troubl&#233; virevolte
		Entre le doute et la r&#233;volte
		Que sera demain ta r&#233;colte
		De printemps?
		Ne sachant pas ce que tu s&#232;mes
		T'as peur de tout et de toi-m&#234;me
		Mais n'en fais pas tout un probl&#232;me
		Viens ce monde t'attend

		Quand ton corps prendra la parole
		Ta couche sera d'herbes folles
		Ton ciel de lit une coupole
		Hors du temps
		O&#249; sous un ciel bleu sans nuage
		J'effeuillerai d'une main sage
		Tous les p&#233;tales de ton &#226;ge
		Viens ce monde t'attend

		Toutes les joies te sont promises
		Mais quitte ta mine ind&#233;cise
		Avant que les ann&#233;es ne brisent
		Tes &#233;lans
		Ferme les yeux sous des caresses
		Pour mieux go&#251;ter jusqu'&#224; l'ivresse
		Le vin clairet de la jeunesse
		Viens ce monde t'attend

		Quand l'amour pi&#233;tine &#224; ta porte
		Ivre de joie de toutes sortes
		Ouvre ton c&#339;ur pour qu'il t'emporte
		Triomphant
		Vers l'inconnu, vers mille choses
		D'un univers qui se propose
		A ta jeunesse &#224; peine &#233;close
		Viens ce monde t'attend



Ce n'est pas une vie

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1982 "Une premi&#232;re danse"

		Ce n'est pas une vie
		De passer tout son temps
		Dans les bains de vapeur
		Chez les masseurs sauvages
		En craignant sans r&#233;pit
		Qu'un fil de cheveux blanc
		Trahisse &#224; tout moment
		La teinture et ton &#226;ge

		Ce n'est pas une vie
		De te priver de tout
		Et de crever de faim
		Quand les autres d&#233;jeunent
		Comptant les calories
		Comme on compte ses sous
		Pour para&#238;tre plus fin
		Et te pr&#233;tendre jeune

		Ce n'est pas une vie
		De croire qu'il te faut
		Pour tromper les ann&#233;es
		Te confier &#224; l'adresse
		D'un as chirurgien
		Qui sait tirer les peaux
		Comme pour les tanner
		Et rendre la jeunesse

		Ce n'est pas une vie
		Courir les discoth&#232;ques
		Affubl&#233; d'un vieux jean
		Qui boudine et bedonne
		Et gaspiller tes nuits
		Et ton argent avec
		Pour bluffer des gamines
		Et ne duper personne

		Ce n'est pas une vie
		De donner &#224; ton coeur
		Qui est loin d'&#234;tre neuf
		Des fatigues abusives
		Par des acrobaties
		Pour prouver ta vigueur
		En soufflant comme un boeuf
		A chaque tentative

		Ce n'est pas une vie
		D'honorer la beaut&#233;
		Et de rater son but
		Notre amour propre flambe
		On reste sur le lit
		Fumant, l'air d&#233;tach&#233;
		Mais toute honte bue
		Et l'&#226;ge entre les jambes

		Ce n'est pas une vie
		Tout imbib&#233; d'alcool
		D'entrer au petit jour
		Chez toi &#224; quatre pattes
		Fouiller la pharmacie
		Le foie au vitriol
		Croyant trouver secours
		Dans le bicarbonate

		Ce n'est pas une vie
		Et &#231;a ne sert &#224; rien
		D'aller contre le temps
		Inconscient et frivole
		&#199;a va pour aujourd'hui
		Mais qui sait si demain
		Tu n'iras pas bavant
		Aux sorties des &#233;coles?
		Garde ta dignit&#233;
		Et dis-toi qu'apr&#232;s tout
		Chaque &#226;ge a ses tr&#233;sors
		Ses printemps, ses folies
		&#202;tre et avoir &#233;t&#233;
		N'est qu'un r&#234;ve de fou
		Mais, pass&#233; l'&#226;ge d'or,
		Le r&#234;ve, c'est la vie



Ce sacr&#233; piano

		Ce sacr&#233; piano
		Plac&#233; dans un coin
		Voudrait lib&#233;rer
		Sa voix qui d&#233;borde
		Mais reste accroch&#233;e
		Au long de ses cordes
		Et son vieux clavier
		Qu'aucun doigt n'aborde
		Esp&#232;re des mains
		Ce sacr&#233; piano
		Qui semble endormi
		Pour l'&#233;ternit&#233;
		Entre quatre planches
		Aimerait que ses
		Touches noires et blanches
		Fussent caress&#233;es
		Mais nul ne se penche
		Sur son corps vieilli
		Moi de temps en temps
		Quand j'ai de la peine
		Je vais doucement
		Consoler la sienne
		Et tout deux r&#234;vant
		De nos joies anciennes
		Nous pleurons nos jours anciens
		Ce sacr&#233; piano
		Me colle &#224; la peau
		Mais plus mes doigts courent
		Moins je me d&#233;livre
		De ce vieil amour
		Qui perd l'&#233;quilibre
		Et compte les jours
		Qui me restent &#224; vivre
		Sans repos
		Ce sacr&#233; piano
		est mon seul ami
		Il sait m'&#233;tourdir
		Sans trop de mani&#232;res
		Et m'aide &#224; franchir
		Toutes les barri&#232;res
		Gr&#226;ce aux souvenirs
		Plac&#233;s sur la terre
		Jalonnant la vie
		Ce sacr&#233; piano
		Attend jour et nuit
		Debout dans un coin
		Que je le caresse
		Comme un pauvre chien
		Tirant sur sa laisse
		Pour d'autres amours
		Et lorsque je mets
		Les doigts sur ses touches
		Sur lui d&#233;s que j'ai
		Les mains qui se couchent
		Le pass&#233; rena&#238;t
		Du fond de sa bouche
		&#201;voquant nos jours anciens
		Ce sacr&#233; piano
		Quand il parle trop
		Me remet souvent
		Des choses en m&#233;moire
		Et remue le temps
		Et fait des histoires
		Parfois tant et tant
		Que je me s&#233;pare
		De mon vieux piano



Celui que j'aime

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1967

		Celui que j'aime est un vaurien
		Qui chante du soir au matin
		Un artiste &#233;go&#239;ste
		Qui tient ma vie dans ses mains

		Celui que j'aime est un gar&#231;on
		Qui a de dr&#244;les de fa&#231;ons
		Un Boh&#232;me sans probl&#232;me
		Qui jongle avec mes illusions

		Il va sans but, court les rues tout le jour
		Moi, le c&#339;ur lourd, je l'attends
		En pleurant, mon amour

		Celui que j'aime est un menteur
		Il ment des l&#232;vres, il ment du c&#339;ur
		Il me blesse, puis me laisse
		Face &#224; face avec mon c&#339;ur

		Quand je suis seule avec mes craintes
		Dans ma chambrette sous les toits
		L'ennui s'accroche aux murs qui suintent
		Jusqu'&#224; son retour dans mes bras

		Celui que j'aime est un brigand
		Il me traite comme une enfant
		Il me charme, me d&#233;sarme
		Et se rit de mes tourments

		Celui que j'aime est merveilleux
		Quand l'amour brille dans ses yeux
		Qu'il m'attire dans un rire
		Contre son c&#339;ur pour m'aimer mieux

		Moi, je faiblis et rougis tout &#224; coup
		Et j'oublie tous mes malheurs
		Sur son c&#339;ur, dans son cou

		Celui que j'aime est un joueur
		Il joue mes r&#234;ves, il joue mes pleurs
		Et s'il triche, je m'en fiche
		Car il est tout mon bonheur

		Celui que j'aime est un voyou
		Qui ne poss&#232;de pas un sou
		Et prom&#232;ne ses rengaines
		Et sa guitare autour du cou
		Mais il m'aime et je l'aime
		Et du reste Je m'en fous!



Chanson souvenir

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1992

		Chanson souvenir
		Refrain de rires et de pleurs
		Chanson r&#233;tro
		Que la radio
		Chante en &#233;cho
		De notre histoire

		Chanson souvenir
		Qui rappelle &#224; nos c&#339;ur
		Que l'on s'&#233;tait jur&#233;
		Fi&#233;vreux, nous les enfants d'hier
		De ne vivre que pour s'aimer
		Enracin&#233;s dans le m&#234;me univers
		Mon amour
		Oh! mon amour
		Quand ta vie m'&#233;tait offerte
		Dans les champs
		De nos printemps
		L'herbe &#233;tait plus tendre et verte

		Chanson souvenir
		T&#233;moin de tant de bonheur
		Qui vient souvent
		Tirer &#224; blanc
		A bout portant
		Sur ma m&#233;moire

		Chanson souvenir
		Fredonn&#233;e joue contre joue
		Quand tourne rien que pour nous
		Un vieux disque en trente-trois tours
		Chanson de nos souvenir
		Hymne d&#233;di&#233; &#224; notre amour
		Plus beau, plus grand, jour apr&#232;s jour
		Qui tendrement dans nos c&#339;urs fait jaillir
		Nos souvenirs



C&#339;ur dessus, c&#339;ur dessous

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Louiguy 1972

		Emporte-moi au fil du temps
		Ton c&#339;ur dessus, mon c&#339;ur dessous
		R&#233;veille en moi des cris d'enfants
		Ton c&#339;ur dessus, mon c&#339;ur dessous

		Que ta tendresse sourde en moi
		Comme un ruisseau qui veut jaillir
		Que ton amour m'ouvre la voie
		M&#234;me s'il doit un jour mourir

		J'aurai connu des jours heureux
		Ton coeur dessus, mon coeur dessous
		Emporte-moi, c'est merveilleux
		Ton c&#339;ur dessus, mon c&#339;ur dessous

		Apporte-moi ce bonheur qui me grise
		Pour changer ma vie
		Forger ma vie
		Combler ma vie
		Dis-moi les mots que je veux que tu dises
		Pour trembler de joie
		Toi seule peut me donner
		Un peu d'&#233;ternit&#233;

		Enlace-moi, je veux r&#234;ver
		En fermant les yeux
		Emporte-moi, c'est merveilleux
		Ton c&#339;ur dessus, mon c&#339;ur dessous



Comme des &#233;trangers

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1960 "Je m'voyais d&#233;j&#224;"

		Un peu par l&#226;chet&#233;, un peu par lassitude
		Sur la terre br&#251;l&#233;e de tous nos jours heureux
		Un peu par vanit&#233;, un peu par habitude
		De peur de rester seuls, nous vivons tous les deux
		Comme des inconnus qui n'ont rien &#224; se dire
		Comme des gens press&#233;s qui se voient par hasard,
		&#201;changeant quelques mots dans un p&#226;le sourire
		Avec rien dans le c&#339;ur et rien dans le regard

{}

		Il ne nous reste rien que regrets et remords,
		Rien qu'un amour d&#233;j&#224; mort
		Nous ne sommes, quoi qu'on fasse,
		Que deux &#234;tres face &#224; face
		Qui vivent comme des &#233;trangers
		Mais qu'est-il advenu du couple qui s'aimait?
		Nous ne le saurons jamais
		Car nous restons c&#244;te &#224; c&#244;te
		En nous rejetant les fautes
		Et vivons comme des &#233;trangers

		Peut-&#234;tre par pudeur, peut-&#234;tre par faiblesse,
		Nous n'abordons jamais ce probl&#232;me important
		Et ridiculement fig&#233;s par la d&#233;tresse,
		Esp&#233;rant l'impossible, nous tuons le temps
		Le temps qui s&#251;rement nous d&#233;vore et ravage
		Ce rien de puret&#233; contenu dans nos c&#339;urs
		Et nous sommes deux fous qui, croyant &#234;tre sages,
		Se gorgent d'un pass&#233; qui lentement se meurt

{au Refrain}



Comme des roses

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1971 "Idiote, je t'aime"

		Tout est venu si vite
		Tout a &#233;t&#233; si grand, si beau, si fort, petite
		Ma vie s'est embras&#233;e d'une joie insolite
		La joie simple de se comprendre
		A travers des gestes et des mots tendres

		Tout nous a pris en flammes
		Illuminant nos yeux, nos coeurs, nos corps, nos &#226;mes
		En peu de jours, tu es devenue femme
		En peu de temps, tu as chang&#233; mon existence
		En insufflant en moi de ton adolescence

		Plus rien ne m'est hostile
		Moi qui n'&#233;tais sans toi qu'une forme immobile
		Je coule dans tes bras comme des eaux faciles,
		Dociles, des eaux tranquilles

		Tout me semble limpide
		J'&#233;tais cern&#233; d'ennui, de lois, de vide
		Le bonheur est venu pour me servir de guide
		Me tirer d'un pass&#233; qui sombre
		Et m'encourager &#224; sortir de l'ombre

		Tout est fait d'harmonie
		Notre ciel est plus haut, plus clair, plus pur, ma mie
		Moi qui ne savais plus que faire avec ma vie
		Moi qui vivais la nuit, moi qui dormais le jour

		Je reprends go&#251;t &#224; toutes choses
		Et veux mettre &#224; tes pieds
		Chacun de mes instants
		Comme des roses,
		Comme des roses, mon amour



Comme ils disent

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1973

		J'habite seul avec maman
		Dans un tr&#232;s vieil appartement
		Rue Sarasate
		J'ai pour me tenir compagnie
		Une tortue deux canaris
		Et une chatte
		Pour laisser maman reposer
		Tr&#232;s souvent je fais le march&#233;
		Et la cuisine
		Je range, je lave, j'essuie,
		A l'occasion je pique aussi
		A la machine
		Le travail ne me fait pas peur
		Je suis un peu d&#233;corateur
		Un peu styliste
		Mais mon vrai m&#233;tier c'est la nuit.
		Que je l'exerce en travesti:
		Je suis artiste
		Jai un num&#233;ro tr&#232;s sp&#233;cial
		Qui finit en nu int&#233;gral
		Apr&#232;s strip-tease
		Et dans la salle je vois que
		Les m&#226;les n'en croient pas leurs yeux.
		Je suis un homme, oh!
		Comme ils disent

		Vers les trois heures du matin
		On va manger entre copains
		De tous les sexes
		Dans un quelconque bar-tabac
		Et l&#224; on s'en donne &#224; c&#339;ur joie
		Et sans complexe
		On d&#233;balle des v&#233;rit&#233;s
		Sur des gens qu'on a dans le nez
		On les lapide
		Mais on fait &#231;a avec humour
		Enrob&#233; dans des calembours
		Mouill&#233;s d'acide
		On rencontre des attard&#233;s
		Qui pour &#233;pater leurs tabl&#233;es
		Marchent et ondulent
		Singeant ce qu'ils croient &#234;tre nous
		Et se couvrent, les pauvres fous
		De ridicule
		&#199;a gesticule et parle fort
		&#199;a joue les divas, les t&#233;nors
		De la b&#234;tise
		Moi les lazzi, les quolibets
		Me laissent froid puisque c'est vrai.
		Je suis un homme, oh!
		Comme ils disent

		A l'heure o&#249; na&#238;t un jour nouveau
		Je rentre retrouver mon lot
		De solitude
		J'&#244;te mes cils et mes cheveux
		Comme un pauvre clown malheureux
		De lassitude
		Je me couche mais ne dors pas
		Je pense &#224; mes amours sans joie
		Si d&#233;risoires
		A ce gar&#231;on beau comme un Dieu
		Qui sans rien faire a mis le feu
		A ma m&#233;moire
		Ma bouche n'osera jamais
		Lui avouer mon doux secret
		Mon tendre drame
		Car l'objet de tous mes tourments
		Passe le plus clair de son temps
		Au lit des femmes
		Nul n'a le droit en v&#233;rit&#233;
		De me bl&#226;mer de me juger
		Et je pr&#233;cise
		Que c'est bien la nature qui
		Est seule responsable si
		Je suis un homme, oh!
		Comme ils disent



Comme l'eau, le feu, le vent

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1969 "D&#233;sormais"

		J'ai l'&#226;me d&#233;bordante de joie
		Mais ces joies sont oppress&#233;es d'amour
		Quand tu es pr&#232;s de moi
		Car ton c&#339;ur est changeant et secret
		Et peut-&#234;tre jamais
		Ne saurai-je jamais qui tu es

		Fuyante comme l'eau
		Qui ruisselle un instant sur la peau
		Et soudain s'&#233;vapore et s'en va
		Fuyante comme l'eau
		Tu ricoches entre rires et sanglots
		Et sans cesse coule entre mes doigts

		Il me faut, malgr&#233; moi, t'avouer
		Qu'avec toi je ne sais comment faire
		Et sur quel pied danser
		Parfois, croyant tenir le bonheur
		Quand je ferme les yeux,
		Je ressens comme un vide en mon coeur

		Ivre comme le feu
		Qui danse en projetant ses couleurs
		Qui cr&#233;pite et fait parler le bois
		Ivre comme le feu
		Un instant, tu t'offres avec chaleur
		Et l'autre, tu te figes de froid

		Je n'ai plus de sommeil, de repos
		Je n'ai que mes d&#233;sirs
		Qui sans cesse s'accrochent &#224; ma peau
		Le soir libre, de tout sans compter
		Au matin, tu reprends
		Ce que la veille tu as donn&#233;

		Folle comme le vent
		Qui h&#233;risse la terre au printemps
		Qui effeuille et pi&#233;tine les fleurs
		Folle comme le vent
		Tu mutiles mes r&#234;ves et mon temps
		Et t'amuses &#224; retourner mon c&#339;ur

		Et dans ce tourbillon
		De folies, de rires et de pleurs
		Je me bats contre mes sentiments
		Je n'ai plus de raison
		Car tu cernes ma vie et mon c&#339;ur
		Comme l'eau et le feu et le vent



Comment c'est fait la neige

Paroles: Jacques Plante 1978

Titre original: "Snowball"

		Au coeur de la brousse africaine
		Saint Nicolas fait sa tourn&#233;e
		Quand ils ont vu sa hotte pleine
		Les petits noirs ont demand&#233;
		Avec de grands yeux &#233;tonn&#233;s

{}

		Dis, dis-nous comment c'est fait la neige
		Et comment la reconna&#238;trai-je
		Lorsque j'irai dans ton pays?
		Dis, un sapin &#224; quoi &#231;a ressemble?
		Est-ce vrai qu'ils ont sur leurs branches
		Tout plein de petites bougies?
		Est-ce aussi joli qu'on le dit
		Pourquoi n'en a-t-on pas ici?

		Saint Nicolas pose sa hotte
		Et cherche les petits souliers
		Oui mais voil&#224;, dans les paillotes
		Il n'y a pas de chemin&#233;e
		Et les petits noirs vont nu-pieds

{au Refrain}

		S'il &#233;tait n&#233; dans la savane
		On aurait vu J&#233;sus l'enfant
		Plut&#244;t qu'entre le boeuf et l'&#226;ne
		Venir au monde en souriant
		Entre le lion et l'&#233;l&#233;phant

		Dis, dis-nous comment c'est fait la neige
		Et comment la reconna&#238;trai-je
		Lorsque j'irai dans ton pays?
		Dis, dis-nous comment c'est fait un ange?
		Ont-ils vraiment les ailes blanches
		Les mains et la figure aussi?
		Les anges sont-ils tous ainsi?
		Pourquoi n'en a-t-on pas ici?

		Dis



Couch&#233;s dans le foin

Paroles: Jean Nohain. Musique: Mireille 1932

autres interpr&#232;tes: Andrex (1932), Jean Lumi&#232;re (1932), Patrice et Mario (1952), Charles Aznavour (1953), Mireille (1957), Petula Clark (1964), Lucienne Jeunesse (1978), Francis Lemarque (1988)

		Il ne faut pas que je vous cache
		Que j'eus toujours la sainte horreur des vaches.
		Dans ma famille, c'est un tort,
		H&#233;las! le m&#233;tier de tor&#233;ador
		N'a jamais &#233;t&#233; notre fort.
		J'aimerais mieux qu'on m'injurie,
		Qu'on me pende ou qu'on m'expatrie
		Plut&#244;t que de toucher un pis,
		Un pis de ma vie.
		Je suis ainsi, tant pis
		Et c'est dommage.
		La fille de la fermi&#232;re est charmante et on a le m&#234;me &#226;ge
		Par bonheur pour les amoureux,
		Il est au grand air d'autres jeux
		Des jeux que j'aime davantage.

{}

		Couch&#233;s dans le foin
		Avec le soleil pour t&#233;moin
		Un p'tit oiseau qui chante au loin
		On s'fait des aveux
		Et des grands serments et des v&#339;ux
		On a des brindill's plein les ch'veux
		On s'embrasse et l'on se tr&#233;mousse
		Ah! que la vie est douce, douce
		Couch&#233;s dans le foin avec le soleil pour t&#233;moin.

		Vous connaissez des femmes du monde
		Qui jusqu'&#224; quatre-vingts ans restent blondes
		Qui sont folles de leur corps.
		Pour leurs amours il leur faut des d&#233;cors
		Des tapis, des coussins en or
		De la lumi&#232;re tamis&#233;e
		Et des tentures iris&#233;es
		Estompant sous leurs baisers
		Des appas trop us&#233;s,
		Eh bien tant pis,
		Mais c'est dommage.
		Quand on est vigoureux, quand on aime et qu'on a mon &#226;ge
		Tous ces d&#233;cors sont superflus
		Les canap&#233;s je n'en veux plus
		Je ne fais plus l'amour en cage
		Gardez, gardez vos &#233;clairages.

{Refrain}



Dans tes bras

		Dans tes bras
		Je suis au bout du monde
		Dans tes bras
		Rien n'existe que toi
		Et le poids
		De mon corps qui t'&#233;crase
		Fait na&#238;tre en nous l'extase
		De la mort et l'amour

		Dans tes bras
		J'ai l'&#226;me vagabonde
		Dans tes bras
		Aux flammes de ton c&#339;ur
		Mon bonheur
		Me porte au bord du gouffre
		De ma joie qui ne souffre
		Que d'un trop plein d'amour

		Je plane plane et je m'enivre
		De te r&#234;ver les yeux mi-clos
		J'ai tant besoin de toi pour vivre
		J'ai temps d'amour &#224; fleur de peau

		Dans tes bras
		Quand le plaisir m'inonde
		Dans tes bras
		Je r&#234;ve et je fr&#233;mis
		Quand la nuit
		Tu me dis &#224; l'oreille
		Ces mots qui m'&#233;merveillent
		Et bousculent ma vie

		Dans tes bras
		Je m'accorde une tr&#234;ve



De d&#233;raison en d&#233;raison

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1997 "Plus Bleu"

		De d&#233;raison en d&#233;raison
		Tourne le bal de mes saisons
		Tourne le monde
		Quand d'insomnie en insomnie
		Je sens les matins de ma vie
		Qui se confondent
		Avec mes nuits

		Aveugl&#233; par le verbe aimer
		J'ai laiss&#233; l'amour s'essouffler
		Dans ses tumultes
		Et d'&#226;ge d'enfant &#224; vieillard
		J'ai occult&#233; sans le vouloir
		Mon &#226;ge adulte
		Quelque part

		De d&#233;raison en d&#233;raison
		Je vis sevr&#233; de mes passions
		En somnambule
		En &#233;quilibre malgr&#233; moi
		Tous mes &#233;mois vid&#233;s de toi
		Se coagulent
		Et prennent froid

		D&#232;s lors qu'il faut tirer un trait
		Sur le bonheur et ses attraits
		Ses joies terrestres
		En voyant son soleil p&#226;lir
		L' amour n'ayant plus d' avenir
		Se d&#233;fenestre
		Pour mourir

		De d&#233;raison en d&#233;raison
		Tout le lot de mes illusions
		Sur toutes choses
		Quand de nuits blanches en cauchemars
		Le souffle froid du d&#233;sespoir
		J'aime les roses
		De mes espoirs

		Que sont nos amours devenus?
		Je me retrouve las,
		Venu le regard vide
		Mes lendemains hypoth&#233;qu&#233;s
		Mes illusions d&#233;capit&#233;es
		Comme invalide
		De penser

		De d&#233;raison en d&#233;raison
		Loin de toi je cultive
		Mon champ d'amertume
		Et de mon pass&#233; disparu
		Mon c&#339;ur ne r&#233;colte vois-tu
		Qu'un peu d'&#233;cume
		Et rien de plus

		Moi je cherche encore et toujours
		L'ombre fuyante d' un amour
		Et de moi-m&#234;me
		Emportant le deuil d&#232;s hier
		Des printemps morts sur les hivers
		De nos "je t'aime "
		Mis en terre



De la sc&#232;ne &#224; la Seine

Paroles et Musique: Charles Aznavour 2000 "Aznavour 2000"

note: hommage &#224; Dalida

		De la sc&#232;ne &#224; la Seine
		Du n&#233;on au n&#233;ant
		Elle a couru, certaine
		De noyer ses tourments
		Et stopper la gangr&#232;ne
		Des outrages du temps
		Avant que ne surviennent
		L'&#226;ge et le poids des ans

		Sortie de la mis&#232;re
		Courageuse, elle avait
		Gravi comme un calvaire
		Les marches du succ&#232;s
		De triomphe en victoire
		C&#339;ur l&#233;ger ou c&#339;ur lourd
		Elle avait &#224; la gloire
		Sacrifi&#233; ses amours

		De la sc&#232;ne &#224; la Seine
		Elle a couru sans peur
		Pour laisser, souveraine,
		A ses admirateurs
		L'image d'une reine
		Le timbre d'une voix
		Comme un chant de sir&#232;ne
		Pour qu'on ne l'oublie pas

		Elle tra&#238;nait, livide,
		De miroir en miroir
		En d&#233;couvrant ses rides
		Camoufl&#233;es sous les fards
		Sa vie lui semblait vide
		Sous son air triomphal
		Car la gloire est perfide
		La gloire fait mal

		De la sc&#232;ne &#224; la Seine
		Elle a fait sa sortie
		Emportant ses migraines
		Et ses traits de g&#233;nie
		Telle une trag&#233;dienne
		Drap&#233;e dans sa folie
		Elle a franchi sans peine
		Les portes de la nuit

		De rengaine en rengaine
		Elle avait n&#233;glig&#233;,
		Autant qu'on s'en souvienne,
		Amour et vie priv&#233;e
		Mais &#224; l'&#226;ge, incertaine,
		O&#249; l'on compte les ans
		Les choses semblent vaines
		Sans homme et sans enfant

		En lettres de lumi&#232;re
		Son destin s'est &#233;crit
		Demain, la presse enti&#232;re
		Retouchera sa vie
		Trois colonnes &#224; la une
		Dix pages &#224; l'int&#233;rieur
		La mort est opportune
		En noir et en couleurs

		On la dira plus grande
		Et belle dans sa mort
		B&#226;tissant sa l&#233;gende
		On &#233;crira encore
		Elle a march&#233;, sereine,
		Suivant sa destin&#233;e
		De la sc&#232;ne &#224; la Seine
		Pour la post&#233;rit&#233;
		De la sc&#232;ne &#224; la Seine
		Pour la post&#233;rit&#233;



De moins en moins

Paroles et Musique: Charles Aznavour "Embrasse-moi"

		Sur mon visage
		Le temps cruel a imprim&#233; ses crocs
		Et au passage
		Dans mon c&#339;ur a fait bien plus d'un accroc
		Quand je m'affronte
		Devant mon miroir, le matin
		Je m'en rends compte
		Je me ressemble de moins en moins

		Et ma jeunesse
		Que l'amour devait tendrement orner
		Par maladresse
		N'a enfant&#233; que des r&#234;ves mort-n&#233;s
		Depuis, je triche
		Avec moi-m&#234;me, j'en conviens,
		Mais je m'en fiche
		Je me ressemble de moins en moins

		Au vent qui passe,
		Que sont mes espoirs devenus? Depuis
		Tout casse et lasse
		Ma v&#233;rit&#233; n'est pas sortie de son puits
		Dans ses eaux troubles
		Je ne peux plus, je le vois bien,
		Trouver mon double
		Je me ressemble de moins en moins

		Mes joies sont ternes
		La fleur de l'espoir en moi s'est fan&#233;e
		Mon c&#339;ur en berne
		Porte toujours le deuil de ces ann&#233;es
		L'adolescence
		Me semble si proche et si loin
		Lorsque j'y pense
		Je me ressemble de moins en moins

		De moins en moins



De t'avoir aim&#233;e

1966

		De t'avoir aim&#233;e, aim&#233;e comme un fou
		Aim&#233;e a genoux, bien plus que debout
		&#192; n'en plus dormir, &#224; n'en plus manger
		Que me reste-t-il, de t'avoir aim&#233;e?

		De t'avoir aim&#233;e, de l'&#226;me et des yeux
		&#192; en oublier, jusqu'au nom de Dieu
		Pour ne plus avoir, qu'un nom &#224; crier
		Que me reste-t-il, de t'avoir aim&#233;e?

		Reste que ma voix, sans &#233;cho soudain
		Restent que mes doigts, qui n'agrippent rien
		Reste que ma peau, qui cherche tes mains
		Et surtout la peur, de t'aimer encore
		Demain presque mort

		De t'avoir aim&#233;e, aim&#233;e de douleur
		&#192; m'en d&#233;chirer le ventre et le c&#339;ur
		Jusqu'&#224; en mourir, jusqu'&#224; m'en damner
		Que me reste-t-il, de t'avoir aim&#233;e?

		Ne me reste plus
		Qu'un amour que tu
		Viens d'&#233;carteler



De ville en ville

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1958 "De t'avoir aim&#233;e"

		De ville en ville, m'en suis all&#233;
		En enla&#231;ant les filles,
		Les filles que j'ai rencontr&#233;es
		Et j'ai trouv&#233;es gentilles
		Et j'ai promen&#233; mes vingt ans
		De par le vaste monde
		Et j'ai fan&#233; plus d'un printemps
		Qu'elles soient brunes ou blondes

		J'ai go&#251;t&#233; de chaque pays
		Le vin et les caresses
		Puis m'en suis venu &#224; Paris
		D&#233;penser ma jeunesse
		Le parfum de chaque carrefour
		M'a mis le c&#339;ur en f&#234;te
		Avec Paris, j'ai fait l'amour
		Qui m'a tourn&#233; la t&#234;te

		Alors j'ai perdu la raison
		Comme pour une ma&#238;tresse
		Paris m'a fait go&#251;ter le fond
		De nouvelles ivresses
		Dans les rues, j'allais en chantant
		Sans avoir un centime
		Et j'ai v&#233;cu de l'air du temps
		Que Paris offre en prime

		A ma mort, je veux, mes amis,
		Que l'on me porte en terre
		Dans les flancs m&#234;me de Paris
		Pour go&#251;ter &#224; sa chair
		Dans son c&#339;ur, je veux reposer
		Comme dans le lit d'une blonde
		Pour que Paris puisse me garder
		Jusqu'&#224; la fin du monde



D&#233;j&#224;

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1986 "Embrasse-moi"

		D&#233;j&#224;
		Deux jours, deux nuits pass&#233;s sans toi
		D&#233;j&#224;
		Et je suis dans tous mes &#233;tats
		Pourquoi
		Cette brisure, ce g&#226;chis
		Pourquoi, pour qui
		D&#233;j&#224;
		Je fume trop, je tourne en rond
		Je bois
		Donne des coups dans les cloisons
		Sans toi
		Je suis sans rime et sans raison
		De vivre

		D&#233;j&#224;
		Penser &#224; toi me fait souffrir
		D&#233;j&#224;
		Je m'accroche &#224; des souvenirs
		Un choix
		D'instantan&#233;s pris au mois d'ao&#251;t
		De toi, de nous
		Et &#231;&#224; et l&#224;
		En voyant un objet banal
		En soie
		Un mouchoir &#224; tes initiales
		Un bas
		Oubli&#233; l&#224;, me fait tr&#232;s mal
		D&#233;j&#224;

		D&#233;j&#224;
		Je parle seul &#224; haute voix
		D&#233;j&#224;
		Je me questionne et je me noie
		Cent fois
		Dans les mirages d'un parcours
		De joie, d'amour
		D&#233;j&#224;
		Ton image ancr&#233;e dans ma vie
		Me broie
		Et d'insomnie en insomnie
		Je crois
		Que la m&#233;moire est l'ennemie
		Des r&#234;ves

		D&#233;j&#224;
		Comme le fou qui r&#234;ve d'or
		D&#233;j&#224;
		Comme un marin qui cherche un port
		Mes doigts
		F&#233;brilement fouillent la nuit
		Le froid du lit
		Guettant ton pas
		Je suis inquiet au moindre bruit
		Pour moi
		L'heure tictaque au ralenti
		Le poids
		Des regrets p&#232;se sur ma vie

		D&#233;j&#224;
		J'ai mal de toi
		Mal de ta peau qui me renie
		Ma voix
		N'est plus ma voix mais rien qu'un cri
		Pourquoi
		As-tu bris&#233; ma vie
		D&#233;j&#224;?



Des mots

		Des mots pour parler de ces mots
		Pour parler fort pour parler haut
		Des mots prononc&#233;s pour l'histoire
		Des mots sortis de la m&#233;moire

		Des mots charmants
		Des mots d'enfants
		Des mots pour papa et maman

		Des mots nouveaux de dictionnaire
		Des mots en langues &#233;trang&#232;res
		Des mots &#233;crits des petits mots
		Des mots crach&#233;s qui font gros mots

		Des mots des mots toujours des mots
		Il faudrait se m&#233;fier des mots

		Des mots pour jouer avec les mots
		Des mots riches et des mots idiots
		Des mots pour mentir sans vergogne
		Des mots tendres et des mots qui cognent

		Des mots insens&#233;s ou abscons
		Des mots savants ou des mots cons
		Des mots chuchot&#233;s &#224; la messe
		Et des mots pour parler de fesses

		Des mots pour aider son prochain
		Des mots pour vendre son voisin
		Des mots des mots toujours des mots
		Il faudrait se m&#233;fier des mots

		Des mots pour rassurer parfois
		Des mots semant le d&#233;sarroi
		Des mots chantant des mots intimes
		Des mots cruels qui poussent au crime

		Des mots snobs et des mots d'argot
		Des mots tranchants comme un couteau
		Des mots auquel le coeur succombe
		Des mots prononc&#233;s sur les tombes

		Des mots vides et des mots ronflants
		Des mots qui d&#233;truisent les gens
		Des mots des mots toujours des mots
		Il faudrait se m&#233;fier des mots

		Des mots perfides et sentencieux
		Des mots pour s'adresser &#224; Dieu
		Des mots qui restent symboliques
		Des mots pour les nuits &#233;rotiques

		Des mots qu'on voudrait oublier
		Des mots tr&#232;s durs &#224; prononcer
		Des mots qui vous envoient vous battre
		Des mots prestigieux de th&#233;&#226;tre

		Des mots simples des mots d'amour
		Des mots rimant avec toujours
		Des mots des mots toujours des mots
		Il faudrait se m&#233;fier des mots



Desormais

Musique: Charles Aznavour

		D&#233;sormais
		On ne nous verra plus ensemble
		D&#233;sormais
		Mon c&#339;ur vivra sous les d&#233;combres
		De ce monde qui nous ressemble
		Et que le temps a d&#233;vast&#233;
		D&#233;sormais
		Ma voix ne dira plus je t'aime
		D&#233;sormais
		Moi qui voulais &#234;tre ton ombre
		Je serai l'ombre de moi-m&#234;me
		Ma main de ta main s&#233;par&#233;e

		Jamais plus
		Nous ne mordrons au m&#234;me fruit
		Ne dormirons au m&#234;me lit
		Ne referons les m&#234;mes gestes
		Jamais plus
		Ne conna&#238;trons la m&#234;me peur
		De voir s'enfuir notre bonheur
		Et du reste d&#233;sormais

		D&#233;sormais
		Les gens nous verrons l'un sans l'autre
		D&#233;sormais
		Nous changerons nos habitudes
		Et ces mots que je croyais n&#244;tres
		Tu les diras dans d'autres bras
		D&#233;sormais
		Je garderai ma porte close
		D&#233;sormais
		Enferm&#233; dans ma solitude
		Je tra&#238;nerai parmi les choses
		Qui parleront toujours de toi

		Jamais plus
		Nous ne mordrons au m&#234;me fruit
		Ne dormirons au m&#234;me lit
		Ne referons les m&#234;mes gestes
		Jamais plus
		Ne conna&#238;trons la m&#234;me peur
		De voir s'enfuir notre bonheur
		Et du reste d&#233;sormais



Destination inconnue (D&#233;part express)

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1948

		Un jour de mai o&#249; l'ennui me pesait
		Pour vivre ma vie laissant ce qui m'oppresse
		J'ai tout quitt&#233; sans chagrin sans regret
		Puisque les voyages forment la jeunesse
		Aux gens curieux j'ai r&#233;pondu:
		"Destination inconnue"

		J'ai pris le premier train
		Qui partait le matin
		Par hasard dans le train
		Y avait une femme tr&#232;s bien
		Comme le destin veille sur moi gentiment
		Elle &#233;tait justement dans mon compartiment
		L'train en roulant faisait un vacarme infernal
		Sur la banquette en bois on &#233;tait plut&#244;t mal
		Et quand j'ai pris sa main, parlant avec douceur
		Plus vite que le train allaient mes battements d'coeur
		D'un ton charmant un peu moqueur
		En un instant j'ai pris son coeur
		J'lui proposai fort galamment:
		"Venez avec moi au wagon-restaurant"
		Sous le premier tunnel tr&#232;s fort je l'ai serr&#233;e
		Sous le second tunnel un baiser fut vol&#233;
		Puis nous sommes descendus dans une gare inconnue
		Pour cacher notre amour dans un p'tit coin perdu

		Chose bizarre
		Un matin par hasard
		Elle avait d&#251; se lever du mauvais pied
		Elle m'a dit: "pars" et d'un seul coup, d'un seul
		J'ai bondi du lit, je me suis habill&#233;
		Je l'ai tout quitt&#233;e, j'ai rien perdu
		Destination inconnue

		J'ai pris le premier train qui partait le matin
		J'&#233;tais un peu pein&#233;, je n'me sentais pas bien
		Comme le destin veille sur moi gentiment
		Elle &#233;tait revenue dans mon compartiment
		L'train en roulant faisait un vacarme infernal
		Sur la banquette en bois on &#233;tait plut&#244;t mal
		Et quand elle prit ma main pour se faire pardonner
		Tout contre mon &#233;paule elle s'est appuy&#233;e
		J'&#233;tais si bien, je n'disais rien
		Int&#233;ress&#233; me laissant griser
		Je l'&#233;coutais et je go&#251;tais
		Les mots tr&#232;s doux que tout bas elle disait
		Sous le premier tunnel tr&#232;s fort je l'ai serr&#233;e
		Sous le second tunnel un baiser fut vol&#233;
		Puis nous sommes descendus dans une gare inconnue
		Pour cacher notre amour dans un p'tit coin perdu

		Sous le premier tunnel tr&#232;s fort je l'ai serr&#233;e
		Sous le second tunnel un baiser fut vol&#233;
		Puis nous sommes descendus dans une gare inconnue
		Pour cacher notre amour dans un p'tit coin perdu
		Depuis ce jour nous ne nous sommes plus quitt&#233;s
		Elle devint si gentille qu'elle a su me garder



Dis-moi que tu m'aimes

Paroles et Musique: Charles Aznavour

		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis-moi que tu m' aimes fort
		Et qu' aucun probl&#232;me
		Comme aucun dilemme
		Ne peut changer notre accord
		Dis-moi dans un r&#226;le
		Jusqu' aux aubes p&#226;les
		Quand mon corps brise ton corps
		Dis-moi, dis-moi
		Que tu m' aimes et qu' ivre
		Sous mon poids tu vibres
		Quand je te poss&#232;de encore

		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis-moi que tu m' aimes et viens
		Mettre le d&#233;sordre
		Dans mon &#226;me et mordre
		Ma chair et griffer mes reins
		A l' heure o&#249; mes l&#232;vres
		Te troublent et t' enfi&#232;vrent
		Que ton corps se livre au mien
		Dis-moi, dis-moi
		Que tu m' aimes et chaude
		Viens quand l' amour r&#244;de
		Pour jouer &#224; quatre mains

		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis-moi que tu m' aimes
		Moi je t' aime &#224; en mourrir
		Quand je te p&#233;n&#232;tre
		Je sens en mon &#234;tre
		Des joies que me font souffrir
		Je br&#251;le et m' enflamme
		Je suis corps et &#226;me
		Esclave de tes d&#233;sirs
		Dis-moi, dis-moi
		Que tu m' aimes et forte
		Viens fermer la porte
		Sur l' enfer de nos plaisirs

		Dis-moi que tu m' aimes
		Dis le moi si m&#234;me
		L' amour est sans avenir



Dix ans trop t&#244;t

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Nous n'avions pas encore
		Faits nos dents de sagesse
		A s'aimer &#224; plein corps
		Jusqu'&#224; mourir d'ivresse
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Comme on se jette &#224; l'eau

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Et dans le tourbillon
		Des erreurs de jeunesse
		Ignorants, nous avons
		Profan&#233; la tendresse
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Moins de c&#339;ur que de peau

		Je vis ma libert&#233; au fil des aventures
		Explorant le bonheur, en fl&#226;neur, en touriste
		Me cognant bien souvent le c&#339;ur contre les murs
		Lorsque ton souvenir me cueille &#224; l'improviste

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Et je pense souvent
		Avec m&#233;lancolie
		Que le premier serment
		Vous marque pour la vie
		Moi je reste marqu&#233;
		Au fer de ce fiasco
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Nous &#233;tions impatients
		De d&#233;vorer le monde
		L'amour est non-voyant
		Quand les plaisirs l'inondent
		Nous nous sommes aim&#233;s
		De c&#339;ur en porte&#224; faux

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Au temps des inconscients
		Et merveilleux tumultes
		Plus tout &#224; fait enfants
		Pas tout &#224; fait adultes
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Souvent qu'&#224; demi-mot

		Lorsque je te rencontre au cours d'une soir&#233;e
		Chez des amis communs, volubile et &#224; l'aise
		Sublime, &#233;panouie dans ta maturit&#233;
		Je te dis en blaguant comme entre parenth&#232;ses

		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t
		Dix ans qui t'ont p&#233;trie
		De corps, de c&#339;ur et d'&#226;me
		Et qui ont converti
		L'adolescente en femme
		Tu ris sans tu douter
		Que j'en ai le c&#339;ur gros
		Nous nous sommes aim&#233;s
		Dix ans trop t&#244;t



Dolor&#232;s

1962 "Il faut savoir"

		Sans doute je ne serais pas qui je suis
		Je ne serais pas o&#249; j'en suis
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Sans doute je n'aurais jamais r&#233;ussi
		Je n'habiterais pas Passy
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Sans doute, je n'avais rien d'un ambitieux
		En aurais-je &#233;t&#233; moins heureux
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Pour elle
		J'ai su ce que valaient les gens
		Pour elle
		J'ai su ce que pouvait l'argent
		Tout l'argent
		Sans doute
		Je n'aurais tant de millions
		Mais j'aurais quelques illusions
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Sans doute me serait-il m&#234;me arriv&#233;
		De passer mon temps &#224; r&#234;ver
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Sans doute j'aurais v&#233;cu simple et normal
		Je n'aurais pas fait tant de mal
		Si je n'avais jamais connu Dolor&#232;s

		Pour elle
		Je me suis durci jusqu'au c&#339;ur
		Jusqu'au c&#339;ur

		Ma route
		Va parfois se perdre un instant
		Dans quelque coin calme et charmant
		O&#249; je parviens &#224; oublier Dolor&#232;s

		J'&#233;coute
		Le chant des oiseaux dans les bois
		Et &#231;a me rappelle autrefois
		Les merveilleux printemps d'avant Dolor&#232;s

		Je l'aime
		Et depuis qu'elle m'a quitt&#233;e
		C'est d'elle, que je me venge en v&#233;rit&#233;
		Sans piti&#233;
		Personne
		Ne saura combien j'ai souffert
		Je ne suis plus qu'un homme amer
		Voil&#224; tout ce qu'a fait de moi Dolor&#232;s
		Mais si demain je retrouvais Dolor&#232;s
		Je sais bien que je reprendrais Dolor&#232;s.



Donne tes seize ans

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1963 "Qui?"

autres interpr&#232;tes: Danny Logan (1963)

		Viens, donne tes seize ans
		Au bonheur qui prend forme
		Pour que ton corps d'enfant
		Peu &#224; peu se transforme

		Viens, n'h&#233;site pas
		Mets ta main dans ma main
		Simplement, et donne tes seize ans

		Viens, donne tes seize ans
		Aux amours &#233;ternelles
		C'est le plus beau printemps
		De la vie qui t'appelle

		Viens, au creux de moi
		Mets ta joue sur ma joue
		Tendrement, et donne tes seize ans

		Un jour, lorsque la vie aura fan&#233; nos jours
		Un jour, nous penserons qu'il fut bien court
		Le printemps des amours

		Viens, donne tes seize ans
		&#192; ta fureur de vivre
		Le chemin des Amants
		Est le seul qu'il faut suivre

		Viens, donne ton c&#339;ur
		Mon amour &#224; l'amour
		Qui attend, pour prendre tes seize ans

		Donne tes seize ans
		Donne tes seize ans



Dormir avec vous, Madame

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1987 "Je bois"

		Dormir avec vous, Madame
		Dormir avec vous
		C'est un merveilleux programme
		Demandant surtout
		Un endroit discret, Madame
		Entre chien et loup
		Madame
		A l'&#233;cart des m&#233;lodrames
		Des "Ciel! mon &#233;poux!"

		Dormir avec vous, Madame
		Dormir avec vous
		Aux heures o&#249; Monsieur se p&#226;me
		A faire des sous
		Vous d&#233;shabiller, Madame
		Froisser vos dessous
		Madame
		Vous faire vibrer de l'&#226;me
		Du corps et de tout

		Dormir avec vous, Madame
		Dormir avec vous
		Mon Dieu, c'est, je le proclame,
		Mon v&#339;u le plus doux
		Et de votre peau, Madame
		Prendre un soin jaloux
		Madame
		En usant toute la gamme
		Des bisous, bisous

		Dormir avec vous, Madame
		Dormir avec vous
		Poss&#233;der ce corps de femme
		A m'en rendre fou
		Ignorant ce qui se trame
		En dehors de nous
		Madame
		Mettre tout vos sens, Madame
		Sens dessus dessous
		Et br&#251;ler de mille flammes
		En mille remous
		Madame
		Voil&#224; ce que je r&#233;clame

		Et un point, c'est tout.



Embrasse-moi

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1986

		Des lueurs on fond de tes yeux
		Un regard trouble et malicieux
		Qui veut me sugg&#233;rer des choses
		Embrasse-moi
		Un corps lascif et alangui
		Des gestes faits au ralenti
		Qui prennent d'affolantes poses
		Embrasse-moi
		Moi j'ai la gorge contract&#233;e
		Je reste comme hypnotis&#233;
		Tandis qu'en moi monte une fi&#232;vre
		Embrasse-moi
		Quand mon c&#339;ur sur &#233;cran g&#233;ant
		F&#233;brilement fait un gros plan
		Sur ta langue au bord de tes l&#232;vres

		Embrasse-moi
		Comme on mord dans un fruit
		Et partons dans la nuit
		De nos amours
		Embrasse-moi
		Jusqu'&#224; la d&#233;raison
		Quand nos l&#232;vres n'auront
		Plus de contour
		J'ai soif de toi, de tout
		Du confort de la bouche
		Du d&#233;sordre farouche
		De ton corps tendre et fou
		Embrasse-moi
		Je veux par tes baisers
		Trouver l'&#233;ternit&#233;
		Entre tes gras
		Embrasse-moi

		Dans un malaise merveilleux
		Tu me fais partager des jeux
		O&#249; tu te r&#233;v&#232;les g&#233;niale
		Embrasse-moi
		Entre deux battements de c&#339;ur
		J'entends ta voix qui de bonheur
		L'amour aidant devient un r&#226;le
		Embrasse-moi
		Pudique dans ta nudit&#233;
		De tes fantasmes lib&#233;r&#233;e
		Tu n'es plus tout &#224; fait la m&#234;me
		Embrasse-moi
		Quand pour moi dans un tourbillon
		De feu, de chair et de passion
		Tu r&#233;inventes tes "Je t'aime"

		Embrasse-moi
		Comme on mord dans un fruit
		Et partons dans la nuit
		De nos amours
		Embrasse-moi
		Jusqu'&#224; la d&#233;raison
		Quand nos l&#232;vres n'auront
		Plus de contour
		J'ai soif de toi, de tout
		Du confort de la bouche
		Du d&#233;sordre farouche
		De ton corps tendre et fou
		Embrasse-moi
		Je veux par tes baisers
		Trouver l'&#233;ternit&#233;
		Entre tes bras
		Embrasse-moi



Emmenez-moi

Musique: Georges Garvarentz

autres interpr&#232;tes: Les Croquants (1999)

note: Reprise dans l'album "Derni&#232;re &#233;dition avant l'an 2000" des Enfoir&#233;s.

		Vers les docks o&#249; le poids et l'ennui
		Me courbent le dos
		Ils arrivent le ventre alourdi
		De fruits les bateaux

		Ils viennent du bout du monde
		Apportant avec eux
		Des id&#233;es vagabondes
		Aux reflets de ciels bleus
		De mirages

		Tra&#238;nant un parfum poivr&#233;
		De pays inconnus
		Et d'&#233;ternels &#233;t&#233;s
		O&#249; l'on vit presque nus
		Sur les plages

		Moi qui n'ai connu toute ma vie
		Que le ciel du nord
		J'aimerais d&#233;barbouiller ce gris
		En virant de bord

		Emmenez-moi au bout de la terre
		Emmenez-moi au pays des merveilles
		Il me semble que la mis&#232;re
		Serait moins p&#233;nible au soleil

		Dans les bars &#224; la tomb&#233;e du jour
		Avec les marins
		Quand on parle de filles et d'amour
		Un verre &#224; la main

		Je perds la notion des choses
		Et soudain ma pens&#233;e
		M'enl&#232;ve et me d&#233;pose
		Un merveilleux &#233;t&#233;
		Sur la gr&#232;ve

		O&#249; je vois tendant les bras
		L'amour qui comme un fou
		Court au devant de moi
		Et je me pends au cou
		De mon r&#234;ve

		Quand les bars ferment, que les marins
		Rejoignent leur bord
		Moi je r&#234;ve encore jusqu'au matin
		Debout sur le port

		Emmenez-moi au bout de la terre
		Emmenez-moi au pays des merveilles
		Il me semble que la mis&#232;re
		Serait moins p&#233;nible au soleil

		Un beau jour sur un rafiot craquant
		De la coque au pont
		Pour partir je travaillerais dans
		La soute &#224; charbon

		Prenant la route qui m&#232;ne
		A mes r&#234;ves d'enfant
		Sur des &#238;les lointaines
		O&#249; rien n'est important
		Que de vivre

		O&#249; les filles alanguies
		Vous ravissent le c&#339;ur
		En tressant m'a t'on dit
		De ces colliers de fleurs
		Qui enivrent

		Je fuirais laissant l&#224; mon pass&#233;
		Sans aucun remords
		Sans bagage et le c&#339;ur lib&#233;r&#233;
		En chantant tr&#232;s fort

		Emmenez-moi au bout de la terre
		Emmenez-moi au pays des merveilles
		Il me semble que la mis&#232;re
		Serait moins p&#233;nible au soleil



En sc&#232;ne

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1999 "Annie Cordy chante Broadway"

		Je vais me retrouver devant le gouffre noir
		La peur de tout g&#226;cher par un trou de m&#233;moire
		Me met les nerfs &#224; vif, elle est longue l'attente,
		Il faudrait commencer, le public s'impatiente,
		Donnez-moi mon micro, l'orchestre est install&#233;
		Projos, rideau, intro et je fais mon entr&#233;e

		En sc&#232;ne
		D&#232;s l'instant que je suis en sc&#232;ne
		Je me lib&#232;re de mes cha&#238;nes
		De pudeur, de frayeurs
		Pour chanter mes rengaines

		En sc&#232;ne
		Un nouveau sang coule en mes veines
		Quand une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne,
		Tout &#224; coup, me secoue
		Envahissant mes g&#232;nes
		Seigneur, vois mon coeur
		Cogne d'un rythme sourd
		Bient&#244;t s'il me faut m'&#233;lancer &#224; mon tour
		Sur une sc&#232;ne majuscule
		J'y rentre comme un somnambule

		En sc&#232;ne
		Comme le temps roule dans l'ar&#232;ne,
		Je joue ma vie et me d&#233;m&#232;ne
		Quand l'envie de chanter
		Et l'amour du m&#233;tier
		Soudain me fait entrer
		En sc&#232;ne

		En sc&#232;ne
		D&#232;s l'instant que je suis en sc&#232;ne,
		Transfigur&#233;e, je me d&#233;cha&#238;ne
		C'est ma vie, mon pays,
		Ma fiert&#233;, mon domaine

		En sc&#232;ne
		Quelle est la force qui m'entra&#238;ne?
		J'oublie mes soucis, mes migraines,
		Mes douleurs, mes malheurs,
		Salut joie! Adieu peine!
		J'attaque et le trac peu &#224; peu dispara&#238;t
		Quand j'sais que le public
		Capte tous mes effets
		Soudain je nage en plein d&#233;lire
		Passant de l'&#233;motion au rire

		En sc&#232;ne
		Rien ne m'arr&#234;te, ne me freine,
		Comme un miracle tout s'encha&#238;ne
		Et quand &#224; priori, tout semble r&#233;ussi
		Je suis au Paradis
		En sc&#232;ne.



Entre nous

		Entre deux trains, entre deux portes,
		Entre deux avions qui m'emportent
		Entre New York et Singapour
		Ma pens&#233;e fait comme un d&#233;tour
		Pour me ramener sur les traces
		D'un pass&#233; que j'aimais tant
		D'un bonheur qui semblait pourtant
		De chaque jour, de chaque instant
		Et je ressens comme une angoisse
		Dans ma gorge qui se noue
		Car tout est sens dessus dessous
		Entre nous

		Entre deux bars, entre deux verres,
		Entre deux filles un peu vulgaires,
		Entre l'ivresse et le cafard
		Ma pens&#233;e revient t&#244;t ou tard
		Vers ce pass&#233; qui fut le n&#244;tre
		Dont j'entends toujours la voix
		Vers tout ce qui fut toi et moi
		Avant que ne meurent nos joies
		&#192; pr&#233;sent ton coeur est tout autre
		Il cherche &#224; oublier tout
		Faisant le vide tout &#224; coup
		Entre nous

		Entre deux draps, entre deux r&#234;ves,
		Entre deux fum&#233;es qui s'&#233;l&#232;vent
		Entre la nuit, le petit jour,
		Ma pens&#233;e vole vers l'amour
		Et fermant les yeux, j'imagine
		Que le pass&#233; vit encore
		Je reconstitue le d&#233;cor
		Et prends ta bouche et prends ton corps
		Et sur l'humble th&#233;&#226;tre en ruine
		De mon coeur l'amour rejoue
		Tout ce qu'il y eut d'un peu fou
		Entre nous.



Esperanza

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Ramon Cabrera 1962

autres interpr&#232;tes: Marie-Jos&#233;

note: Version espagnole par Los Machucambos, Nino de Murcia


{}

		Esperanza, Esperanza
		Le bonheur en nos c&#339;urs suit son cours
		Esperanza, Esperanza
		Et l'espoir est en nous mon amour

		L'amour est n&#233; de tous petits riens
		De gestes anodins
		Prenant forme malgr&#233; nous
		Et dans nos c&#339;urs il a fait son nid
		S'est &#233;panoui dans nos r&#234;ves un peu fous
		Et pourtant au lieu de louer la providence
		Et cette chance bien &#224; l'avance
		Tu veux savoir si plus tard je serai le m&#234;me
		Mais puisque je t'aime et que tu m'aimes
		Oublie tout pour aimer, vis le moment qui vient
		Et n'ait pas peur de tes lendemains
		Qu'adviendra-t-il de nous
		Qu'importe c'est la vie
		Je ne connais en tout que ce cri

{au Refrain}

		Cesse ch&#233;rie de te tourmenter
		De te torturer, tu t'inqui&#232;tes &#224; quoi bon
		Car ces pens&#233;es qui te font du mal
		Me semblent anormales
		Tu te ronges sans raisons
		Crois-moi, oublie pour toujours ce qui te tracasse
		Et tes angoisses car le temps passe
		Et ce qui est perdu jamais ne revient rire
		Mais sans rien dire il se retire
		Tu vois, moi, je prend jour aux lueurs de ton c&#339;ur
		Pourtant de notre amour le meilleur
		Ne sachant si demain peux donner du nouveau
		J'ai confi&#233; mon destin &#224; ce mot

{au Refrain}



Et b&#226;iller, et dormir

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jeff Davis 1953

autres interpr&#232;tes: Eddie Constantine (1953), Patrice et Mario (1953), Fran&#231;ois Deguelt (1963), Annie Cordy, Charles Aznavour

		Certains courent apr&#232;s la vie
		Moi la vie me cours apr&#232;s
		Bien des gens font des folies
		Moi c'est folie de m'avoir fait
		Je me fais pas de bile
		Et n'occupe aucun emploi
		Menant une vie facile
		Je ne fais rien de mes dix doigts
		Je vais p&#234;cher dans les ruisseaux
		Chasser dans les roseaux
		Ou cueillir les fruits m&#251;rs
		Que m'offre la nature
		On ne m'a pas mis sur terre
		Pour me tuer &#224; travailler
		Mais pour vivre &#224; ma mani&#232;re
		Et go&#251;ter &#224; la libert&#233;
		Et r&#234;ver, et sourire
		Et b&#226;iller, et dormir.

		Je dors &#224; m&#234;me la terre
		C'est plus simple et c'est plus sain
		Et si je meurs solitaire
		Je n'aurais pas &#224; aller loin
		Je me lave &#224; l'eau de pluie
		Et me s&#233;chant au soleil
		Je r&#234;ve &#224; ma tendre amie
		Et y a vraiment rien de pareil
		Et quand presqu'&#224; la nuit tomb&#233;e
		On peut se retrouver
		C'est un si grand plaisir
		Qu'on reste sans rien dire

		En regardant la nature
		On se tient tout pr&#232;s bien pr&#232;s
		L'un de l'autre et je vous jure
		Que l'on ne pense qu'&#224; s'aimer
		Et r&#234;ver, et sourire
		Et b&#226;iller, et dormir.

		J'ai fait mon paradis sur la terre
		Car la paix r&#232;gne au fond de mon c&#339;ur
		Et vraiment si c'&#233;tait &#224; refaire
		Je saurais pour garder mon bonheur
		Et r&#234;ver, et sourire
		Et b&#226;iller, et dormir.



Et moi dans mon coin

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1966

		Lui il t'observe
		Du coin de l'&#339;il
		Toi tu t'&#233;nerves
		Dans ton fauteuil
		Lui te caresse
		Du fond des yeux
		Toi tu te laisses
		Prendre &#224; son jeu

		Et moi dans mon coin
		Si je ne dis rien
		Je remarque toutes choses
		Et moi dans mon coin
		Je ronge mon frein
		En voyant venir la fin

		Lui il te couve
		Fi&#233;vreusement
		Toi tu l'approuves
		En souriant
		Lui il te guette
		Et je le vois
		Toi tu regrettes
		Que je sois l&#224;

		Et moi dans mon coin
		Si je ne dis rien
		Je vois bien votre man&#232;ge
		Et moi dans mon coin
		Je cache avec soin
		Cette angoisse qui m'&#233;treint

		Lui te regarde
		Furtivement
		Toi tu bavardes
		Trop librement
		Lui te courtise
		A travers moi
		Toi tu te grises
		Ris aux &#233;clats

		Et moi dans mon coin
		Si je ne dis rien
		J'ai le c&#339;ur au bord des larmes
		Et moi dans mon coin
		Je bois mon chagrin
		Car l'amour change de main



Et pourtant

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1963

		Un beau matin je sais que je m'&#233;veillerai
		Diff&#233;remment de tous les autres jours
		Et mon c&#339;ur d&#233;livr&#233; enfin de notre amour
		Et pourtant, et pourtant
		Sans un remords, sans un regret je partirai
		Droit devant moi sans espoir de retour
		Loin des yeux loin du c&#339;ur j'oublierai pour toujours
		Et ton c&#339;ur et tes bras
		Et ta voix
		Mon amour

		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant

		J'arracherai sans une larme, sans un cri
		Les liens secrets qui d&#233;chirent ma peau
		Me lib&#233;rant de toi pour trouver le repos
		Et pourtant, et pourtant
		Je marcherai vers d'autres cieux, d'autres pays
		En oubliant ta cruelle froideur
		Les mains pleines d'amour j'offrirai au bonheur
		Et les jour et les nuits
		Et la vie
		De mon c&#339;ur

		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant

		Il faudra bien que je retrouve ma raison
		Mon insouciance et mes &#233;lans de joie
		Que je parte &#224; jamais pour &#233;chapper &#224; toi
		Dans d'autres bras quand j'oublirai jusqu'&#224; ton nom
		Quand je pourrai repenser l'avenir
		Tu deviendras pour moi qu'un lointain souvenir

		Quand mon mal et ma peur
		Et mes pleurs
		Vont finir

		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Pourtant, pourtant, je n'aime que toi
		Pourtant, pourtant, je n'aime que toi



Et que je t'aime

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1981

note: du film "Qu'est-ce qui fait courir David?"

		J'ai vu mourir bien plus de gens
		Que j'en ai vu na&#238;tre,
		Et se d&#233;chirer plus d'amants
		Que n'en ai vu d'heureux
		Mais, peut-&#234;tre,
		Tout peut &#234;tre
		Toutefois diff&#233;rent pour nous deux
		J'ai vu plus d'&#233;checs en amour
		Que dans tout autre chose
		Et plus de crimes passionnels
		Que de crimes de fous

		Et si j'ose
		Et propose
		D'&#234;tre heureux avec toi malgr&#233; tout
		C'est que je sais ce que je veux
		Et que je t'aime
		C'est que je crois aux jours heureux
		Et que je t'aime
		C'est que j'ai mis toute ma foi,
		Tous mes espoirs, toutes mes joies
		En cet amour qui sourd en moi
		Et que je t'aime

		J'ai vu pleurer plus d'amoureux
		Que je n'en ai vu rire
		Et se d&#233;soler plus de c&#339;urs
		Que de merles chanter
		Mais que dire?
		Qu'en d&#233;duire?
		L'amour ne vivrait-il qu'au pass&#233;?
		J'ai vu plus d'espoirs saccag&#233;s
		Que de for&#234;ts en flammes,
		Plus de couples au bord de l'adieu
		Que de soldats partir

		Mais, mon &#226;me,
		Sur mon &#226;me,
		Avec toi si je vois l'avenir
		C'est que je sais ce que je veux
		Et que je t'aime
		C'est que je crois aux jours heureux
		Et que je t'aime
		C'est que j'ai mis toute ma foi,
		Tous mes espoirs, toutes mes joies
		En cet amour qui sourd en moi
		Et que je t'aime



Eteins la lumi&#232;re

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Viens contre mon coeur
		Que mes bras te serrent
		Prennent ta ti&#233;deur
		Que la nuit enti&#232;re
		Nous comble de joie
		&#201;teins la lumi&#232;re
		Rampe contre moi

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Tire les rideaux
		Coule sur la terre
		Faible de ma peau
		Deviens la rivi&#232;re
		La source d'amour
		Qui me d&#233;salt&#232;re
		Jusqu'au petit jour
		A l'heure o&#249; tout sombre
		Et devient murmure
		A l'heure o&#249; les ombres
		Se collent au mur
		Dans la chambre sombre
		Mordons dans le fruit
		De ces joies sans nombre
		Qui vivent la nuit

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Love-toi sur moi
		Que l'amour &#233;claire
		Nos tendres &#233;bats
		Et nous pourrons faire
		D&#233;tach&#233;s du temps
		Le doux inventaire
		De nos sentiments

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Dans l'obscurit&#233;
		Mes mains qui te serrent
		Vont remodeler
		Ton front, tes paupi&#232;res
		Tes l&#232;vres et ton cou
		&#201;teins la lumi&#232;re
		La nuit est &#224; nous

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Couvre nos folies
		D'un peu de myst&#232;re
		D'un peu de magie
		Laisse tes chim&#232;res
		Sombrer tendrement
		Dans l'aimable guerre
		Que font les amants

		A l'heure o&#249; les choses
		Semblent d&#233;laiss&#233;es
		A l'heure o&#249; la rose
		Attend la ros&#233;e
		Le bonheur propose
		Ses r&#234;ves pour deux
		Et l'amour s'impose
		Pour les amoureux

		&#201;teins la lumi&#232;re
		Pour dans la grandeur
		Extraordinaire
		De notre bonheur
		N'&#234;tre que mati&#232;re
		N'&#234;tre que pens&#233;e
		&#201;teins la lumi&#232;re
		Viens, on va s'aimer



&#202;tre

Musique: Charles Aznavour

		Etre, rena&#238;tre ma naissance
		Dans une aube de craie
		Sous la lune de sang
		Aux termes d'un hiver mourant
		Etre, &#233;merger du silence
		Voir briller au soleil
		Les givres de mon c&#339;ur
		Pr&#233;sage d'un printemps meilleur
		Etre le fruit et la semence
		Dans un sol &#233;puis&#233;
		Et fleurir en exil
		Comme un arbre &#233;clat&#233; d'avril
		Etre, apprendre &#224; me conna&#238;tre
		Garder les yeux ouverts
		Et n'&#234;tre rien qu'un &#234;tre
		De chair

		Pour aimer jusqu'&#224; la mort
		Et au-del&#224; peut-&#234;tre
		Etre l'&#226;me s&#233;par&#233;e du corps
		Pour aimer jusqu'&#224; la mort
		M&#234;me au-del&#224; encore

		Etre la voix de mes naufrages
		Le verbe retrouv&#233;
		Lav&#233; de tout d&#233;faut
		Epousant le chemin des mots
		Etre, &#233;chapper au chantage
		De tous les lieux communs
		Eteindre mes volcans
		Dompter et chevaucher mon temps
		Etre le geste qui engage
		L'avenir repens&#233;
		Artisan du retour
		Au simple rituel d'amour
		Etre, mourir pour mieux rena&#238;tre
		Des mensonges d'antan
		Et n'&#234;tre rien qu'un &#234;tre
		Vivant

		Pour aimer jusqu'&#224; la mort
		Et au-del&#224; peut-&#234;tre
		Etre l'&#226;me s&#233;par&#233;e du corps
		Pour aimer jusqu'&#224; la mort
		M&#234;me au-del&#224; encore



For me, formidable

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1964

		You are the one for me, for me, for me, formidable
		You are my love very, very, very, v&#233;ritable
		Et je voudrais pouvoir un jour enfin te le dire
		Te l' &#233;crire
		Dans la langue de Shakespeare
		My daisy, daisy, daisy, d&#233;sirable
		Je suis malheureux d' avoir si peu de mots
		&#192; t'offrir en cadeaux
		Darling I love you, love you, darling I want you
		Et puis c' est &#224; peu pr&#232;s tout
		You are the one for me, for me, for me, formidable

		You are the one for me, for me, for me, formidable
		But how can you
		See me, see me, see me, si minable
		Je ferais mieux d'aller choisir mon vocabulaire
		Pour te plaire
		Dans la langue de Moli&#232;re
		Toi, tes eyes, ton nose, tes lips adorables
		Tu n'as pas compris tant pis
		Ne t'en fais pas et viens-t-en dans mes bras
		Darling I love you, love you,
		Darling, I want you
		Et puis le reste on s'en fout
		You are the one for me, for me, for me, formidable
		Je me demande m&#234;me
		Pourquoi je t'aime
		Toi qui te moques de moi et de tout
		Avec ton air canaille, canaille, canaille
		How can I love you



Gitana, gitana

		Femme de feu, femme de flammes
		Couleur de sang d'un coeur ouvert
		Comme un poignard entrant dans l'&#226;me
		Ton regard transperce la chair
		A peine enfant et d&#233;j&#224; fille
		Et m&#251;re avant d'&#234;tre pub&#232;re
		Quand tu marches sous ta mantille
		Les hommes voient
		Na&#238;tre avec toi
		Tous les enfers

		Fille du vent et du soleil
		Lorsque tu chantes et que tu danses
		Avec une fleur &#224; l'oreille
		Tu assassines l'assistance
		Gitana, gitana, gitana
		Et quand les machos Espagnols
		Claquant des mains rythment tes jeux
		Des talons tu frappes le sol
		Gitana, gitana, gitana, gita ha va va va va na
		Et fais l'amour
		Et fais l'amour avec les yeux

		Cheveux noirs et regard de braise
		Le teint mat de vivre au grand air
		Roulant des hanches tr&#232;s &#224; l'aise
		Tu te fais vagues sur la mer
		Tes seins dansent sous ton corsage
		Et tout en toi devient charnel
		Et quand tu les fr&#244;les au passage
		Les hommes meurent
		De ton odeur
		De poivre et de miel

		Fille du vent et du soleil
		Lorsque tu chantes et que tu danses
		Avec une fleur &#224; l'oreille
		Tu assassines l'assistance
		Gitana, gitana, gitana
		Et quand les machos Espagnols
		Claquant des mains rythment tes jeux
		Des talons tu frappes le sol
		Gitana, gitana, gitana, gita ha va va va va na
		Et fais l'amour
		Et fais l'amour avec les yeux



Gosse de Paris

Paroles: Maurice Vidalin. Musique: Charles Aznavour 1959

autres interpr&#232;tes: Jean-Jacques Debout (1959)

		Gosse de Paris,
		Pour s'embrasser
		Nous n'avions pas de chambre
		Pas de sous
		Pas m&#234;me un lit
		M&#234;me cass&#233;
		Juste un coin d'herbe verte
		Loin de tout
		Mais c'&#233;tait l&#224; que dans la nuit
		Nous entendions crier les grands trains fous
		Courant vers l'inconnu, courant sans nous
		En emportant nos c&#339;urs jusqu'aux &#238;les

		Gosse de Paris,
		On a pleur&#233;
		Sur le quai d'une gare
		Mon amie,
		En d&#233;nouant
		Nos mains serr&#233;es
		Sur tout une romance
		De Paris

		J'aurais pas d&#251; m'en aller
		J'aurais pas d&#251; te laisser
		Il fallait nous contenter
		D'un bonheur de quatre sous

		Rien qu'&#224; toi
		Rien qu'&#224; moi
		Rien qu'&#224; nous
		Tu sais,
		Gosse de Paris,
		C'&#233;tait promis
		Ni mon c&#339;ur
		Ni mes l&#232;vres
		N'ont menti
		Si je ne t'ai jamais &#233;crit
		C'est que la bonne &#233;toile
		M'a trahi
		Crois-moi, j'ai fait ce que j'ai pu
		Mais nous ne verrons pas l'&#238;le au tr&#233;sor
		Bien trop d'ann&#233;es me sont tomb&#233;es dessus
		Trop de temps loin de toi mais qu'importe

		Gosse de Paris,
		Gosse de ma rue,
		Ombre parmi les ombres
		Du faubourg,
		Je t'aime encore
		Amie perdue
		De ma premi&#232;re enfance,
		Mon amour



Habillez-vous

Paroles et Musique: Charles Aznavour 2000 "Aznavour 2000"

		Habillez-vous
		Car je vous pr&#233;f&#232;re v&#234;tue
		Pour mieux imaginer de vous
		Tous les contours, les attributs,
		Avant de vous &#233;treindre nue

		Habillez-vous,
		Que pas un coin de votre chair
		Ne r&#233;v&#232;le, sous vos dessous,
		Ces jardins secrets dont j'esp&#232;re
		&#201;lucider tous les myst&#232;res

		De vos chevilles jusqu'au cou
		Restez couverte,
		Je veux faire, je vous l'avoue,
		Mains inexpertes
		De vos tr&#233;sors de vos atouts
		La d&#233;couverte,
		Habillez-vous
		Oh vous!

		Habillez-vous
		Car plus le ciel est interdit
		Plus on est loin du paradis
		Plus on veut en avoir des fruits
		Un avant-go&#251;t,
		Habillez-vous

		Habillez-vous,
		Explorateur de vos attraits
		Je veux parcourir vos frous-frous
		Pour en d&#233;couvrir sans d&#233;lai
		Les coins d'ombre les plus secrets
		Habillez-vous
		Pour que, malhabile et tremblant,
		Fou de l'amour que je vous voue,
		Avec ferveur et tendrement,
		Je vous effeuille tendrement

		Plus je me heurte &#224; des tabous
		De c&#339;ur et d'&#226;me,
		Plus je dois forcer de verrous,
		Plus je m'enflamme
		Car moins j'en vois, plus je suis fou
		D'un corps de femme
		Habillez-vous
		Oh vous!

		Habillez-vous,
		Je vous d&#233;sirerai plus fort
		Cachez-moi tout de votre corps
		Vous me donnerez plus encore
		Envie de vous,
		Habillez-vous

		Habillez-vous,

		Jusqu'au moment o&#249; plein d'&#233;moi
		Vous disant "tu", au lieu de "vous"
		Tu entendes soudain ma voix
		Te dire, au lieu d'habillez-vous,
		D&#233;shabille-toi
		D&#233;shabille-toi
		D&#233;shabille-toi



Heureux avec des riens

Paroles et Musique: Charles Aznavour 2005 "Moi j' fais mon rond"

		Le samedi, quand on a oubli&#233; l'heure,
		Que le m&#233;tro a cess&#233; son va-et-vient,
		Sans nous presser, en marchant vers ta demeure
		On est heureux avec des riens

		Chaque dix pas, sous une porte coch&#232;re
		On se blottit et nos deux corps n'en font qu'un
		Loin du regard malicieux des r&#233;verb&#232;res
		On est heureux avec des riens

		Le jour qui cherche &#224; se lever
		Nous dit "Allez
		Reprenez votre chemin"
		On ob&#233;it juste un instant
		&#201;videmment
		Pour s'arr&#234;ter un peu plus loin

		Notre parcours est sem&#233; de fantaisie
		De rires clairs s'&#233;lan&#231;ant vers le matin
		Rien ne sert de nous compliquer la vie
		On est heureux avec des riens

		Tout en marchant si, par hasard, je fredonne
		Ta voix se m&#234;le &#224; ma voix pour le refrain
		Rythm&#233; par le bruit de nos pas qui r&#233;sonnent
		On est heureux avec des riens

		Nous jouons &#224; nous rencontrer
		Et pour flirter
		C'est une occasion r&#234;v&#233;e
		Pour ce, j'appelle &#224; mon secours
		Les mots d'amour
		Que j'avais dits le premier jour

		Mais lentement, nous arrivons de la sorte
		Dans ton quartier, dans ta rue et c'est la fin
		Faut ce qu'il faut, quelques pas et c'est ta porte
		Ta main se crispe dans ma main

		Nous restons l&#224;, frissonnant de tout notre &#234;tre
		Quelques instants que l'on vole au lendemain
		Puis regardons tristement vers ta fen&#234;tre
		O&#249; tes parents veillent sans fin

		On se donne un dernier baiser
		Et puis &#231;a y est
		Jusqu'&#224; samedi prochain
		Une voix dit en mon c&#339;ur lourd
		"Encore huit jours
		Pour &#234;tre heureux avec des riens"

		Mais quand j'aurai trouv&#233; un meubl&#233;,
		Pour te garder
		J'irai demander ta main
		Et avec une augmentation
		De mon patron
		Nous serons heureux
		Heureux avec des riens



Hier encore

Paroles et Musique: Charles Aznavour

autres interpr&#232;tes: Dany Brillant ("Nouveau Jour",1999)

		Hier encore
		J'avais vingt ans
		Je caressais le temps
		Et jouais de la vie
		Comme on joue de l'amour
		Et je vivais la nuit
		Sans compter sur mes jours
		Qui fuyaient dans le temps

		J'ai fait tant de projets
		Qui sont rest&#233;s en l'air
		J'ai fond&#233; tant d'espoirs
		Qui se sont envol&#233;s
		Que je reste perdu
		Ne sachant o&#249; aller
		Les yeux cherchant le ciel
		Mais le c&#339;ur mis en terre

		Hier encore
		J'avais vingt ans
		Je gaspillais le temps
		En croyant l'arr&#234;ter
		Et pour le retenir
		M&#234;me le devancer
		Je n'ai fait que courir
		Et me suis essouffl&#233;

		Ignorant le pass&#233;
		Conjuguant au futur
		Je pr&#233;c&#233;dais de moi
		Toute conversation
		Et donnais mon avis
		Que je voulais le bon
		Pour critiquer le monde
		Avec d&#233;sinvolture

		Hier encore
		J'avais vingt ans
		Mais j'ai perdu mon temps
		A faire des folies
		Qui ne me laissent au fond
		Rien de vraiment pr&#233;cis
		Que quelques rides au front
		Et la peur de l'ennui

		Car mes amours sont mortes
		Avant que d'exister
		Mes amis sont partis
		Et ne reviendront pas
		Par ma faute j'ai fait
		Le vide autour de moi
		Et j'ai g&#226;ch&#233; ma vie
		Et mes jeunes ann&#233;es

		Du meilleur et du pire
		En jetant le meilleur
		J'ai fig&#233; mes sourires
		Et j'ai glac&#233; mes pleurs
		O&#249; sont-ils &#224; pr&#233;sent
		A pr&#233;sent mes vingt ans?



Idiote je t'aime

		J'ai toujours eu trop de pudeur
		Pour laisser courir sur mes l&#232;vres
		Ces expressions tr&#232;s souvent mi&#232;vres
		Inscrites au Littr&#233; du bonheur

		Je sais bien que tu aimerais
		Que mon souffle soit po&#233;tique
		Mais si j'&#233;tais plus romantique
		Dis-moi ce que &#231;a changerait

		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime

		A ma mani&#232;re, &#224; ma fa&#231;on
		Depuis le temps que nous vivons
		M&#234;me autour et m&#234;me boh&#232;me

		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime

		Et je t'interdis d'en douter
		Idiote je t'aime
		Comme je n'ai jamais aim&#233;

		Je n'ai jamais eu le talent
		D'utiliser je te l'accorde
		Ces mots us&#233;s jusqu'&#224; la corde
		Galvaud&#233;s par plus d'un amant

		Mais j'ai des phrases au bout des doigts
		Qui la nuit &#224; ton corps s'adressent
		Et quand ils parlent en caresses
		Ils le font bien mieux que ma voix

		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime

		A main tremblante, &#224; mots couverts
		Quand sur le v&#233;lin de ta chair
		Je grave mes plus beaux po&#232;mes
		Je t'aime, je t'aime, je t'aime

		Idiote je t'aime
		Idiote je t'aime

		Et bien que je sois maladroit
		Idiote je t'aime
		Et n'aimerai jamais que toi



Il fallait bien

Paroles: Charles Aznavour. Musique: A.Seggian

		Il fallait bien
		Que me vienne un jour
		Ce mal soudain
		Qu'on appelle l'amour
		Il fallait bien
		Que je croie en lui
		Pour qu'un matin
		Il me laisse meurtri

		L'amour s'en vient, l'amour se meurt
		A peine un rire et puis des pleurs
		Et le silence autour de moi
		Le souvenir qui na&#238;t d&#233;j&#224;
		L'amour &#233;tait si beau pr&#232;s de toi

		Il fallait bien
		Te serrer tr&#232;s fort
		Tenir tes mains
		Pour te garder encore

		Il fallait bien
		M'accrocher &#224; toi
		Lorsque plus rien
		Ne retenait mes pas
		Il fallait bien
		Sauver mon bonheur
		Par les moyens
		Que me laissait mon c&#339;ur

		Ils br&#251;lent les feux de l'enfer
		Et dans mon &#226;me et dans ma chair
		Tu ne m'as laiss&#233; que regrets
		Et le remords de n'avoir fait
		Peut-&#234;tre pas tout ce qu'il fallait

		Il fallait bien
		En payer le prix
		Et mon chagrin
		Vient de briser ma vie



Il faut savoir

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1961

		Il faut savoir encore sourire
		Quand le meilleur s'est retir&#233;
		Et qu'il ne reste que le pire
		Dans une vie b&#234;te &#224; pleurer

		Il faut savoir, co&#251;te que co&#251;te
		Garder toute sa dignit&#233;
		Et malgr&#233; ce qu'il nous en co&#251;te
		S'en aller sans se retourner

		Face au destin qui nous d&#233;sarme
		Et devant le bonheur perdu
		Il faut savoir cacher ses larmes
		Mais moi, mon c&#339;ur, je n'ai pas su

		Il faut savoir quitter la table
		Lorsque l'amour est desservi
		Sans s'accrocher l'air pitoyable
		Mais partir sans faire de bruit

		Il faut savoir cacher sa peine
		Sous le masque de tous les jours
		Et retenir les cris de haine
		Qui sont les derniers mots d'amour

		Il faut savoir rester de glace
		Et taire un c&#339;ur qui meurt d&#233;j&#224;
		Il faut savoir garder la face
		Mais moi, mon c&#339;ur, je t'aime trop

		Mais moi, je ne peux pas
		Il faut savoir mais moi
		Je ne sais pas



Il te faudra bien revenir

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1967

		Il te faudra bien revenir
		Un jour, du moins, je le suppose
		Afin de rassembler les choses
		Que tu as laiss&#233;es en partant

		Il te faudra bien revenir
		Un court moment sur les lieux m&#234;mes
		O&#249; vivent toujours nos "je t'aime"
		Et c'est ce moment que j'attends

		Que j'attends!
		Mes mains parlent de toi
		Comme en parlent mes r&#234;ves
		Comme en parle mon coeur
		Que le destin foudroie
		Comme en parlent mes joies
		Que ton absence enfi&#232;vre
		Car ton d&#233;part les s&#232;vre
		De tout ce qui n'est plus toi

		Il te faudra bien revenir
		Pour me conter ce que j'ignore
		Je ne sais si tu m'aimes encore
		Tu es partie sans m'expliquer

		Il te faudra bien revenir
		Et quand tu passeras la porte
		Le pass&#233; sera lettre morte
		Je ferai tout pour te garder

		Te garder!
		Ma peau pleure le frisson
		Comme pleure ma bouche
		Comme pleurent mes nuits
		Prises &#224; ton tourbillon,
		Pouss&#233;s par la passion
		Mes doigts froissent et touchent
		Le vide de ma couche
		Tandis que je crie ton nom

		Mon coeur meurtri de souvenirs
		Supporte mal la solitude,
		Pour le sauver de l'inqui&#233;tude
		Il te faudra bien revenir {x3}



Il te suffisait que je t'aime

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1964 "Hier encore"

		Nous avions vingt ans toi et moi
		Quand on a sous le m&#234;me toit
		Combattu la mis&#232;re ensemble
		Nous &#233;tions encore presqu'enfants
		Et l'on disait en nous voyant:
		"Regardez comme ils se ressemblent"

		Nous avons la main dans la main
		Surmont&#233; les coups du destin
		Et r&#233;solu bien des probl&#232;mes
		Le ventre vide en privation
		Tu te nourrissais d'illusions
		Il te suffisait que je t'aime

		Nous avons lutt&#233; tant d'ann&#233;es
		Que la fortune s'est donn&#233;e
		Mais l'&#226;ge a pris ton insouciance
		Tu te tra&#238;nes comme un fardeau
		Et ne ris plus &#224; tout propos
		Et pleures ton adolescence

		Et passes du matin au soir
		Des heures devant ton miroir
		Essayant des fards et des cr&#232;mes
		Et moi, je regrette parfois
		Le temps o&#249; pour forger tes joies
		Il te suffisait que je t'aime

		Si je le pouvais mon amour
		Pour toi j'arr&#234;terais le cours
		Des heures qui vont et s'&#233;teignent
		Mais je ne peux rien y changer
		Car je suis comme toi log&#233;
		Tu le sais &#224; la m&#234;me enseigne

		Ne cultive pas les regrets
		Car on ne r&#233;colte jamais
		Que les sentiments que l'on s&#232;me
		Fais comme au temps des ann&#233;es d'or
		Et souviens-toi qu'hier encore
		Il te suffisait que je t'aime

		Pour moi rien n'a vraiment chang&#233;
		Je n'ai pas cess&#233; de t'aimer
		Car tu as toujours tout le charme
		Que tu avais ce jour b&#233;ni
		O&#249; devant Dieu tu as dit: " oui "
		Avec des yeux baign&#233;s de larmes

		Le printemps passe, et puis l'&#233;t&#233;
		Mais l'automne a des joies cach&#233;es
		Qu'il te faut d&#233;couvrir toi-m&#234;me
		Oublie la cruaut&#233; du temps
		Et rappelle-toi qu'&#224; vingt ans
		Il te suffisait que je t'aime



Il viendra ce jour

Musique: Charles Aznavour

		Il viendra
		Ce jour o&#249; les amoureux
		Malheureux
		S&#233;cheront enfin leurs pleurs
		Il viendra
		Ce matin o&#249; les clairons
		Sonneront
		Leur appel du bonheur

		Les tromp&#233;s sortiront de leurs sanglots
		Pour conna&#238;tre le repos
		De leurs c&#339;urs
		Et les femmes abandonn&#233;es
		Comme les hommes bafou&#233;s
		Pourront se sentir vainqueurs

		Il viendra
		Ce jour o&#249; les tambours
		De l'amour
		Rouleront &#224; l'unisson
		Il viendra
		Pour effacer nos chagrins
		Mettant fin
		Aux guerres des passions

		Il viendra
		T&#244;t ou tard ce temps perdu
		R&#233;volu
		Que l'on pr&#233;tend sans retour
		Il viendra
		Faisant flotter l'&#233;tandard
		De l'espoir
		Pour nous porter secours

		Effa&#231;ant nos larmes et nos ranc&#339;urs
		Au cri de debout les c&#339;urs!
		Les plus lourds
		Et les amants s&#233;par&#233;s
		La foule des mal-aim&#233;s
		Seront unis pour toujours

		Il viendra
		Par les villes et par les champs
		Ecrasant
		Les mortes-saisons d'amour
		Il viendra
		Donner contre nos tourments
		L'&#233;clatant
		Soleil de ses beaux jours

		Il viendra
		Ce jour o&#249; les c&#339;urs bris&#233;s
		Vont marcher
		Au pas de leurs souvenirs
		Il viendra
		Avec toi qui reviendra
		Dans mes bras
		Pour ne plus repartir



Ils sont tomb&#233;s

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1976

		Ils sont tomb&#233;s sans trop savoir pourquoi
		Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre
		Avec des gestes lourds comme des hommes ivres
		Mutil&#233;s, massacr&#233;s les yeux ouverts d'effroi
		Ils sont tomb&#233;s en invoquant leur Dieu
		Au seuil de leur &#233;glise ou le pas de leur porte
		En troupeaux de d&#233;sert titubant en cohorte
		Terrass&#233;s par la soif, la faim, le fer, le feu

		Nul n'&#233;leva la voix dans un monde euphorique
		Tandis que croupissait un peuple dans son sang
		L' Europe d&#233;couvrait le jazz et sa musique
		Les plaintes de trompettes couvraient les cris d'enfants
		Ils sont tomb&#233;s pudiquement sans bruit
		Par milliers, par millions, sans que le monde bouge
		Devenant un instant minuscules fleurs rouges
		Recouverts par un vent de sable et puis d'oubli

		Ils sont tomb&#233;s les yeux pleins de soleil
		Comme un oiseau qu'en vol une balle fracasse
		Pour mourir n'importe o&#249; et sans laisser de traces
		Ignor&#233;s, oubli&#233;s dans leur dernier sommeil
		Ils sont tomb&#233;s en croyant ing&#233;nus
		Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance
		Qu'un jour ils fouleraient des terres d'esp&#233;rance
		Dans des pays ouverts d'hommes aux mains tendues

		Moi je suis de ce peuple qui dort sans s&#233;pulture
		Qu'a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
		Qui n'a jamais baiss&#233; la t&#234;te sous l'injure
		Qui survit malgr&#233; tout et qui ne se plaint pas
		Ils sont tomb&#233;s pour entrer dans la nuit
		&#201;ternelle des temps au bout de leur courage
		La mort les a frapp&#233;s sans demander leur &#226;ge
		Puisqu'ils &#233;taient fautifs d'&#234;tre enfants d'Arm&#233;nie



Inoubliable

Paroles: Pierre Delano&#235;. Musique: Charles Aznavour, Arrgt: Roger Loubet 1994 "Toi et moi"

		Inoubliable
		Jolie en diable
		Cr&#233;ature de Dieu
		Follement femme
		Eau et flamme
		L'amour pour toi n'est que
		Jeux

		Inoubliable
		Comme le sable
		Tu files entre les doigts
		J'ai beau me dire
		Que t'aimer c'est du d&#233;lire
		Oui mais ma vie, c'est toi
		On s'est aim&#233;s, engag&#233;s
		Encha&#238;n&#233;s, d&#233;sir&#233;s, d&#233;chir&#233;s
		Comme des amants
		Terribles et enrag&#233;s
		Mais hormis la mort
		Rien ne peut nous briser
		Unis &#233;ternellement
		Dans un pacte plus fort
		Que le sang

		Inoubliable
		Indispensable
		Lumi&#232;re de mon c&#339;ur
		Tu me fascines
		Nuit et jour tu illumines
		Par ta pr&#233;sence
		Mon existence
		Assoiff&#233;e de bonheur

		Inoubliable
		Incontr&#244;lable
		Mi-ange et mi-d&#233;mon
		Sous tous tes masques
		Tu restes belle et fantasque
		Toi, fille d'&#200;ve
		Quand je te r&#234;ve
		Au lit de mes passions



Intoxiqu&#233;

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963 "Jezebel"

		Tu m'as fait go&#251;ter au poison de ton amour
		Tout en toi m'a poss&#233;d&#233; nuit et jour
		Pourtant, quand j'ai cru toucher le paradis
		Sans espoir, tu es partie
		Tu &#233;tais toute ma chance et toute ma joie
		Tu &#233;tais mon esp&#233;rance et ma foi
		Mais d&#233;laissant mon amour et brisant ma vie
		Sans espoir, tu es partie

		Ah! Pourrais-je t'oublier?
		Je ne le crois pas, tu fais partie de moi-m&#234;me
		Comment cesser de t'aimer?
		Autant arracher ce c&#339;ur qui t'aime!
		Tu m'as fait go&#251;ter au poison de ton amour
		Tout en toi m'a poss&#233;d&#233; nuit et jour
		Pourtant j'ai cru toucher au paradis
		Sans rancoeur ni haine
		Sans remords ni peine
		Sans retour, tu es partie

		Et toutes mes nuits sont priv&#233;es de sommeil
		Et mes jours sont trop longs, sans espoir de soleil
		Je me sens perdu, entour&#233; de pass&#233;
		Car le monde entier semble m'abandonner
		C'est comme une drogue qui manque &#224; ma joie
		Car je suis intoxiqu&#233; de toi
		Toi toi toi toi!

		Tu m'as fait go&#251;ter au poison de ton amour
		Tout en toi m'a poss&#233;d&#233; nuit et jour
		Pourtant, quand j'ai cru toucher le paradis
		Sans espoir, tu es partie
		Tu &#233;tais toute ma chance et toute ma joie
		Tu &#233;tais mon esp&#233;rance et ma foi
		Mais d&#233;laissant mon amour et brisant ma vie
		Sans espoir, tu es partie

		Ah! Pourrais-je t'oublier?
		Je ne le crois pas, tu fais partie de moi-m&#234;me
		Comment cesser de t'aimer?
		Autant arracher ce c&#339;ur qui t'aime!
		Tu m'as fait go&#251;ter au poison de ton amour
		Tout en toi m'a poss&#233;d&#233; nuit et jour
		Pourtant j'ai cru toucher au paradis
		Sans rancoeur ni haine
		Sans remords ni peine
		Sans retour, tu es partie

		Ma t&#234;te est intoxiqu&#233;e
		Mes yeux sont intoxiqu&#233;s
		Ma bouche est intoxiqu&#233;e
		Mon c&#339;ur est intoxiqu&#233;
		Mes bras sont intoxiqu&#233;s
		Mon corps est intoxiqu&#233;
		Mon &#226;me est intoxiqu&#233;e
		Ma vie est intoxiqu&#233;e
		Tout en moi, tu vois,
		Est intoxiqu&#233; de toi!



Isabelle

Musique: Charles Aznavour

		Depuis longtemps mon c&#339;ur
		Etait &#224; la retraite
		Et ne pensait jamais
		Devoir se r&#233;veiller
		Mais au son de ta voix
		J'ai relev&#233; la t&#234;te
		Et l'amour m'a repris
		Avant que d'y penser

		Isabelle Isabelle Isabelle Isabelle
		Isabelle Isabelle Isabelle mon amour

		Comme on passe le doigt
		Entre l'arbre et l'&#233;corce
		L'amour s'est infiltr&#233;
		S'est gliss&#233; sous ma peau
		Avec tant d'insistance
		Et avec tant de force
		Que je n'ai plus depuis
		Ni calme ni repos

		Isabelle Isabelle Isabelle Isabelle
		Isabelle Isabelle Isabelle mon amour

		Les heures pr&#232;s de toi
		Fuient comme des secondes
		Les journ&#233;es loin de toi
		Ressemblent &#224; des ann&#233;es
		Qui donnent &#224; mon amour
		Un go&#251;t de fin du monde
		Elles troublent mon corps
		Autant que ma pens&#233;e

		Isabelle Isabelle Isabelle Isabelle
		Isabelle Isabelle Isabelle mon amour

		Tu vis dans la lumi&#232;re
		Et moi dans les coins sombres
		Car tu te meurs de vivre
		Et je me meurs d'amour
		Je me contenterais
		De caresser ton ombre
		Si tu voulais m'offrir
		Ton destin pour toujours

		Isabelle Isabelle Isabelle Isabelle
		Isabelle Isabelle Isabelle mon amour



J'ai bu

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1945

		J'ai bu
		J'ai jou&#233; et tout mis sur le tapis
		A la roulette de la vie
		T'as tout gagn&#233;, moi j'ai perdu
		Alors j'ai bu

		J'ai bu
		J'ai dit des mots qui passaient en mon &#226;me
		Mais toi dans ta petite t&#234;te de femme
		T'as pas compris que j'&#233;tais perdu
		Alors j'ai bu

		Et fou
		J'ai compris malgr&#233; tes caresses
		Dans la douceur de mon ivresse
		Que tu mentais

		J'ai bu
		Pourtant je t'aimais d'un amour sinc&#232;re
		Mais un jour malgr&#233; mes pri&#232;res
		Tu m'as quitt&#233;e n'en parlons plus
		Alors j'ai bu

		Fine, whisky, gin
		Tous les alcools me sont permis
		Ce qui me chagrine,
		Si des barmen je suis ami
		Des r&#233;verb&#232;res je suis l'ennemi

		Sur le palier
		Le trou de serrure joue &#224; cache-cache
		Avec ma clef
		Ma maison a une dr&#244;le de mine
		Tous les objets font philippine

		J'ai bu
		J'ai jou&#233; et j'ai tout mis sur le tapis
		A la roulette de la vie
		T'as tout gagn&#233;, moi j'ai perdu
		Alors j'ai bu

		J'ai bu
		J'ai dit des mots qui passaient en mon &#226;me
		Mais toi dans ta petite t&#234;te de femme
		T'as pas compris que j'&#233;tais perdu
		Alors j'ai bu

		Et sao&#251;l
		J'ai vite oubli&#233; tes caresses
		Je me plais bien mieux dans mon ivresse
		Et loin de toi

		Je bois
		Le trottoir n'est plus assez grand pour moi
		En titubant je crie &#224; pleine voix
		Les flics sont des petits potes pour moi
		Je bois

		J'ai bu
		J'ai jou&#233; et tout mis sur le tapis
		A la roulette de la vie
		T'as tout gagn&#233;, moi j'ai perdu
		Alors j'ai bu

		La radio joue un Ave Maria
		Elle est marrante cette chanson-l&#224;
		Les paroles sont en auvergnat
		J'ai bu

		Et mou
		Je me suis couch&#233; sur le parquet
		La chambre tournait sans arr&#234;t
		Ce que j'&#233;tais gai!
		J'ai bu

		J'ai bu
		Je suis heureux et ce qui fait ma joie
		Demain j'aurai la gueule de bois
		Et ne penserai plus &#224; toi
		Et c'est pourquoi
		Que je bois



J'ai perdu la t&#234;te

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1961

		Je n'avais connu que des passions
		Beaucoup trop sages
		En menant une vie de gar&#231;on
		Volage
		Tous les amoureux que je croisais
		Me semblaient dr&#244;les
		Et je croyais ma t&#234;te &#224; jamais
		Plant&#233;e sur mes &#233;paules

		J'ai perdu la t&#234;te
		Mon coeur est en f&#234;te
		J'ai perdu la t&#234;te
		Mais mon Dieu que j'aime &#231;a

		Jamais la vie ne m'avais parue
		Plus magnifique
		Et jamais mon coeur n'avait battu
		Si vite
		Que depuis que l'amour m'a frapp&#233;
		Avec violence
		Comme s'il voulait me r&#233;veiller
		Pour me donner ma chance

		J'ai perdu la t&#234;te
		Mon coeur est en f&#234;te
		J'ai perdu la t&#234;te
		Mais mon Dieu que j'aime &#231;a

		Je parle d'elle en toutes occasions
		C'est mon probl&#232;me
		Et je n'ai qu'une conversation
		Je l'aime
		Quand mes amis se moquent de moi
		C'est incroyable
		Leurs sarcasmes ne m'atteignent pas
		Je suis invuln&#233;rable

		J'ai perdu la t&#234;te
		Mon coeur est en f&#234;te
		J'ai perdu la t&#234;te
		Mais mon Dieu que j'aime &#231;a

		Moi qui croyais rester jusqu'au bout
		C&#233;libataire
		Je r&#234;ve d'avoir la corde au cou
		Et faire
		Des enfants qui viendraient &#233;gayer
		Mes derniers souffles
		Et passer ma vie &#224; leurs c&#244;t&#233;s
		Les pieds dans mes pantoufles

		J'ai perdu la t&#234;te
		Mon coeur est en f&#234;te
		J'ai perdu la t&#234;te
		Mais mon Dieu que j'aime &#231;a

		Elle a des cheveux d'un blond soyeux
		Qui vagabondent
		Elle a les yeux les plus lumineux
		Du monde
		Elle a les l&#232;vres les plus jolies
		Et les plus tendres
		Et une voix que l'on a envie
		D'entendre
		Elle a un cou long et majestueux
		Un port de reine
		La taille qui fait cinquante-deux
		A peine
		Un merveilleux corps de Tanagra
		Que je d&#233;sire
		Et bien d'autres choses croyez-moi
		Que je n'ose d&#233;crire

		J'ai perdu la t&#234;te
		Mon coeur est en f&#234;te
		J'ai perdu la t&#234;te
		Mais mon Dieu, mon Dieu
		Que j'aime &#231;a



J'ai v&#233;cu

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1971 "Idiote, je t'aime"

		Quand je prendrai, solitaire, l'aller simple sans retour
		Que tout homme de la Terre prend un jour
		Pour aller voir Dieu le P&#232;re et lui compter ses vertus
		Je lui dirai sans mani&#232;res J'ai v&#233;cu

		J'ai v&#233;cu la vie d'un &#234;tre, p&#233;tri de chair et de sang
		J'ai v&#233;cu chaque seconde de mon temps
		J'ai v&#233;cu pour tout conna&#238;tre de ce qui m'&#233;tait offert
		Sans souci d'aller au ciel ou en enfer
		Pensant que je n'avais rien de mieux &#224; faire

		Ni plus ni moins optimiste que le reste des humains
		J'ai men&#233; la vie d'artiste, pas de saint
		Et lorsque s'&#233;teint la piste, que le spectacle s'est tu
		Admettons qu'en &#233;go&#239;ste j'ai v&#233;cu

		J'ai v&#233;cu la vie d'un &#234;tre qui n'aspirait qu'au bonheur
		J'ai v&#233;cu jusqu'&#224; m'en d&#233;chirer le c&#339;ur
		J'ai v&#233;cu, mon Dieu, peut-&#234;tre sans penser &#224; mon salut
		Mais sur Terre, on m'avait affirm&#233; que tu
		Laissais venir &#224; toi les brebis perdues

		Si mes lettres de cr&#233;ance semblaient minces et sans effet
		Si, pour toucher sa cl&#233;mence, je devais
		Justifier mon existence en d&#233;tail, par le menu
		Je dirais pour ma d&#233;fense J'ai v&#233;cu

		J'ai v&#233;cu, le feu dans l'&#226;me pour les filles au c&#339;ur chaud
		J'ai v&#233;cu, le d&#233;sir plant&#233; dans la peau
		J'ai v&#233;cu, au nom des femmes pour l'amour et ses envies
		Croyant par moments toucher le paradis
		En br&#251;lant mes jours et consumant mes nuits
		J'ai v&#233;cu ma vie



J'ai vu Paris

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1977 "Je n'ai pas vu le temps passer"

		J'ai vu Paris se r&#233;veiller au croissant chaud, au caf&#233; cr&#232;me
		Paris pench&#233; sur ses probl&#232;mes
		Paris moutard, Paris certif
		J'ai vu Paris se d&#233;niaiser, Paris bistrot, Paris les potes
		Paris les filles qu'on b&#233;cote
		Et pelote sur les fortifs

		Paris gamberge
		Paris vingt berges
		Paris, je t'emm&#232;ne en goguette
		Sur mon cadre de bicyclette
		J'ai qu'ta peau &#224; d&#233;boutonner

		Paris les bouges
		Paris vin rouge
		Paris oisif, Paris d&#233;bauche
		Mais aussi Paris pas d'embauche
		Au seuil des usines gard&#233;es

		J'ai vu Paris le poing brandi et l'&#226;me r&#233;volutionnaire
		D&#233;couvrant son front populaire
		Paris descendre dans Paris
		J'ai vu Paris se passionner pour un roi lui rendant visite
		Un condamn&#233; qu'on d&#233;capite
		Une invention, un mot d'esprit
		J'ai vu Paris s'&#233;poumoner &#224; chanter un air &#224; la mode
		"Frou-frou", "Mon cul sur la commode"
		Mais, par malheur, j'ai vu aussi

		Paris la guerre
		Paris mis&#232;re
		Paris d&#233;compos&#233; qu'on viole
		Paris qui n'a plus la parole
		Vaincu, souffrant et humili&#233;

		Paris la gronde
		Paris la fronde
		Paris courage, Paris terne
		Paris gazog&#232;ne et en berne
		Paris Londres parachut&#233;s

		J'ai vu Paris jouer sa vie, Paris ras-le-bol des brimades
		Et juch&#233; sur ses barricades
		Paris redevenir Paris
		J'ai vu Paris se transformer, s'emballer pour l'automobile
		Paris se croire aux mille miles
		Paris chauffard, Paris r&#226;ler
		J'ai vu Paris se lib&#233;rer, Paris blue-jean, adieu complexes
		Paris &#233;galit&#233; des sexes
		Paris pilule, &#233;mancip&#233;

		Paris qui grogne
		Paris qui cogne
		Paris aux urnes proph&#233;tiques
		Paris qui parle politique
		Et s'enflamme pour une id&#233;e

		Paris en gr&#232;ve
		Et Paris qui r&#234;ve
		Paris assis cassant la cro&#251;te
		Ou pissant sur le bord des routes
		Arrosant les cong&#233;s pay&#233;s

		Paris d'hier et de toujours
		Paris vingt si&#232;cles de jeunesse
		Pour tous tes amants, tes ma&#238;tresses
		Tu restes le plus grand amour



J'aime Paris au mois de mai

Paroles: Pierre Roche. Musique: Charles Aznavour 1964 "La mama"

autres interpr&#232;tes: Isabelle Aubret, Jacqueline Fran&#231;ois, Francis Lemarque, Eddy Mitchell, Serge Uberti.

		J'aime Paris au mois de mai
		Quand les bourgeons renaissent
		Qu'une nouvelle jeunesse
		S'empare de la vieille cit&#233;
		Qui se met &#224; rayonner
		J'aime Paris au mois de mai
		Quand l'hiver le d&#233;laisse
		Que le soleil caresse
		Ses vieux toits &#224; peine &#233;veill&#233;s

		J'aime sentir sur les places
		Dans les rues o&#249; je passe
		Ce parfum de muguet que chasse
		Le vent qui passe
		Il me pla&#238;t &#224; me promener
		Par les rues qui s'faufilent
		A travers toute la ville
		J'aime, j'aime Paris au mois de mai

		J'aime Paris au mois de mai
		Lorsque le jour se l&#232;ve
		Les rues sortant du r&#234;ve
		Apr&#232;s un sommeil tr&#232;s l&#233;ger
		Coquettes se refont une beaut&#233;
		J'aime Paris au mois de mai
		Quand soudain tout s'anime
		Par un monde anonyme
		Heureux de voir le soleil briller

		J'aime quand le vent m'apporte
		Des bruits de toutes sortes
		Et les potins que l'on colporte
		De porte en porte
		Il me pla&#238;t &#224; me promener
		Dans les rues qui fourmillent
		Tout en draguant les filles
		J'aime, j'aime Paris au mois de mai

		J'aime Paris au mois de mai
		Avec ses bouquinistes
		Et ses aquarellistes
		Que le printemps a ramen&#233;s
		Comme chaque ann&#233;e le long des quais
		J'aime Paris au mois de mai
		La Seine qui l'arrose
		Et mille petites choses
		Que je ne pourrais expliquer

		J'aime quand la nuit s&#233;v&#232;re
		Etend la paix sur terre
		Et que la ville soudain s'&#233;claire
		De millions de lumi&#232;res
		Il me pla&#238;t &#224; me promener
		Contemplant les vitrines
		La nuit qui me fascine
		J'aime, j'aime Paris au mois de mai



J'en d&#233;duis que je t'aime

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1959

		Par la peur de te perdre et de ne plus te voir
		Par ce monde insens&#233; qui grouille dans ma t&#234;te
		Par ces nuits sans sommeil o&#249; la folie me guette
		Quand le doute m'effleure et tend mon c&#339;ur de noir
		J'en d&#233;duis que je t'aime
		J'en d&#233;duis que je t'aime

		Par le temps que je prends pour ne penser qu'&#224; toi
		Par mes r&#234;ves de jour o&#249; tu r&#232;gnes en idole
		Par ton corps d&#233;sir&#233; de mon corps qui s'affole
		Et l'angoisse &#224; l'id&#233;e que tu te joues de moi
		J'en d&#233;duis que je t'aime
		J'en d&#233;duis que je t'aime
		Par le froid qui m'&#233;treint lorsque je t'aper&#231;ois
		Par mon souffle coup&#233;, par mon sang qui se glace
		Par la d&#233;solation qui r&#233;duit mon espace
		Et le mal que souvent tu me fais malgr&#233; toi

		Par la contradiction de ma t&#234;te et mon c&#339;ur
		Par mes vingt ans perdus qu'en toi je r&#233;alise
		Par tes regards lointains qui parfois me suffisent
		Et me font esp&#233;rer en quelques jours meilleurs
		J'en d&#233;duis que je t'aime
		J'en d&#233;duis que je t'aime

		Par l'id&#233;e que la fin pourrait &#234;tre un d&#233;but
		Par mes joies &#233;ventr&#233;es par ton indiff&#233;rence
		Par tous les mots d'amour qui restent en souffrance
		Puisque de te les dire est pour moi d&#233;fendu
		J'en d&#233;duis que je t'aime
		J'en d&#233;duis mon amour.



Je bois

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1987

autres interpr&#232;tes: Les Croquants (1999)

		Je bois pour oublier mes ann&#233;es d'infortune
		Et cette vie commune
		Avec toi mais si seul
		Je bois pour me donner l'illusion que j'existe
		Puisque trop &#233;go&#239;ste
		Pour me p&#233;ter la gueule

		Et je l&#232;ve mon verre &#224; nos c&#339;urs en faillite
		Nos illusions d&#233;truites
		A ma fuite en avant
		Et je trinque &#224; l'enfer qui dans mon foie s'impose
		En bouquet de cirrhose
		Que j'arrose en buvant

		Je bois au jour le jour &#224; tes fautes, &#224; mes fautes
		Au temps que c&#244;te &#224; c&#244;te
		Il nous faut vivre encore
		Je bois &#224; nos amours ambigu&#235;s, diaboliques
		Souvent tragi-comiques
		Nos silences de mort

		A notre union rat&#233;es, mesquine et pitoyable
		A ton corps insatiable
		Roulant de lit en lit
		A ce serment, pr&#234;t&#233; la main sur l'Evangile
		A ton ventre st&#233;rile
		Qui n'eut jamais de fruit

		Je bois pour &#233;chapper &#224; ma vie insipide
		Je bois jusqu'au suicide
		Le d&#233;go&#251;t la torpeur
		Je bois pour m'enivrer et vomir mes principes
		Lib&#233;rant de mes tripes
		Ce que j'ai sur le c&#339;ur

		Au bonheur avort&#233;, &#224; moi et mes complexes
		A toi, tout feu, tout sexe
		A tes nombreux amants
		A ma peau boursoufl&#233;e, stri&#233;e de couperose
		Et &#224; la m&#233;nopause
		Qui te guette au tournant

		Je bois aux lois b&#233;nies de la vie conjugale
		Qui de peur de scandale
		Poussent &#224; faire semblant
		Je bois jusqu'&#224; la lie aux &#233;treintes sommaires
		Aux putes exemplaires
		Aux froids accouplements

		Au meilleur de la vie qui par lambeaux nous quitte
		A cette cellulite
		Dont ton corps se rempare
		Au devoir accompli comme deux automates
		Aux ennuis de prostate
		Que j'aurais t&#244;t ou tard

		Je bois &#224; en crever et peu &#224; peu j'en cr&#232;ve
		Comme ont crev&#233; mes r&#234;ves
		Quand l'amour m'a trahi
		Je bois &#224; m'en damner le foie comme une &#233;ponge
		Car le mal qui me ronge
		Est le mal de l'oubli

		Je m'enivre surtout pour mieux noyer ma peine
		Et conjurer la haine
		Dont nous sommes la proie
		Et le bois comme un trou qu'est en tout point semblable
		A celui que le diable
		Te fait creuser pour moi

		Je bois mon Dieu, je bois
		Un peu par habitude
		Beaucoup de solitude
		Et pour t'oublier toi
		Et pour t'emmerder toi
		Je bois, je bois



Je danse avec l'amour

2000 "Aznavour 2000"

2001 autres interpr&#232;tes: Mayra Andrade (duo avec Aznavour, 2006)

		Comme un vol de papillon
		Comme un air de chanson
		Sans paroles
		Sur l'aile de mes pens&#233;es
		Soudain d'un pied l&#233;ger
		Lib&#233;r&#233; je m'envole
		Sortant de l'obscurit&#233;
		Mes yeux comme aveugl&#233;s
		Par la chance
		D&#233;couvrent un monde irr&#233;el
		O&#249; sur un arc-en-ciel
		Je m'&#233;lance
		Pi&#233;tinant mes mauvais jours
		Et danse avec l'amour

		Tu danses avec l'amour
		En oubliant le monde et le temps
		Heureux comme peut l'&#234;tre un enfant
		Indiff&#233;rente aux regards des gens
		Je danse avec l'amour
		Sur la symphonie des sentiments
		Avec aisance
		Je danse, regardez, je danse

		Il flotte sous mon ciel clair
		Comme un parfum dans l'air
		Qui me grise
		Je souris &#224; tout venant
		Et cours comme un enfant
		De surprise en surprise

		Tout me semble neuf et beau
		Il coule un sang nouveau
		Dans mes veines
		Je vois les &#234;tres sans fard
		C'est un autre regard
		Que je tra&#238;ne
		Sur le monde qui m'entoure
		Et danse avec l'amour

		Je danse avec l'amour
		Recueilli comme un pr&#234;tre en pri&#232;re
		Ivre comme un marin sur la mer
		Libre comme l'oiseau dans les airs

		Je danse avec l'amour
		Je me sens ma&#238;tre de l'univers
		Dans cette ambiance
		Je danse, regardez, je danse

		Tournent, tournent les folies
		Du torrent de ma vie
		Que s'effacent
		Aux tourbillons de mon c&#339;ur
		Mes angoisses et mes peurs
		Et me fassent
		Jusqu'&#224; la fin de mes jours
		Danser avec l'amour



Je fantasme

Paroles: Robert Beauvais. Musique: Charles Aznavour 1980

		Dans le contexte hypersexu&#233;
		De notre convivialit&#233;
		Mon voyeurisme instinctuel
		T'offre un statut pr&#233;f&#233;rentiel
		Car le pouvoir &#233;rectog&#232;ne
		De tes milles zones &#233;rog&#232;nes
		A un effet d&#233;sali&#233;nant
		Sur mes blocages pertubants

		Je fantasme
		&#201;rotiquement, n&#233;vrotiquement
		Je fantasme
		Hormonalement, traumatiquement
		Je fantasme
		Schyzophr&#233;niquement

		En psychodrames paroxystiques
		A dominante phallocratique
		Ou en saga sado-maso
		S'objective ma libido
		Tes spasmes maximalis&#233;s
		Conf&#232;rent sa sp&#233;cificit&#233;
		A la dialectique g&#233;nitale
		De nos conjonctions co&#239;tales

		Je fantasme
		&#201;rotiquement, n&#233;vrotiquement
		Je fantasme
		Hormonalement, traumatiquement
		Je fantasme
		Schyzophr&#233;niquement

		Mais ce sch&#233;ma relationnel
		Reste au niveau conceptuel
		Et n'est jamais qu'un substitut
		Par rapport aux donn&#233;es v&#233;cues
		Et chaque fois que je m'&#233;xon&#232;re
		Sur quelques fixations mammaires
		Que je tenais pour motivantes
		C'est l'incompl&#233;tude frustrante
		Car je t'aime
		Possessivement, fanatiquement
		Car je t'aime
		Romantiquement, path&#233;tiquement
		Car je t'aime
		Obsessionnellement
		Je fantasme
		Romantiquement, path&#233;tiquement
		Et je t'aime
		Hormonalement, traumatiquement
		Je fantasme
		Obsessionnellement
		Car je t'aime
		Hormonalement, traumatiquement
		Et fantasme
		Romantiquement, path&#233;tiquement
		Et je t'aime
		Schyzophr&#233;niquement



Je l'aimerai toujours

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1966

		Je me croyais, moi, pauvre sot,
		De taille &#224; l'aimer comme il faut
		Mais trop d'amour, c'est souvent un d&#233;faut
		J'ai vu ses yeux se d&#233;tourner
		Son coeur &#224; jamais se glacer
		Et sans raison, effacer le pass&#233;

{}

		Je l'aimerai toujours,
		Je l'aimerai toujours,
		Je l'aimerai toujours,
		Je l'aimerai toujours,
		Dites-le-lui pour moi

		Moi qui croyais &#234;tre assez fort
		Pour vaincre la vie et la mort
		Et soulever le monde &#224; bras-le-corps,
		Je suis perdu et je me sens
		Plus faible encore qu'un enfant
		Car mon amour est parti dans le temps

{au Refrain}

		Qu'ai-je donc fait, qu'ai-je donc dit?
		Pour quel m&#233;fait suis-je puni?
		Je n'en sais rien, je n'ai jamais compris
		Et je suis l&#224;, pauvre orphelin,
		Avec un coeur sans lendemain
		Et un amour qui ne sert plus &#224; rien

{au Refrain, x2}

		Dites-le-lui pour moi
		Dites-le-lui pour moi
		Dites-le-lui pour moi



Je m'voyais d&#233;j&#224;

Paroles et Musique: Charles Aznavour

autres interpr&#232;tes: Les Croquants (1999)

		A dix-huit ans j'ai quitt&#233; ma province
		Bien d&#233;cid&#233; &#224; empoigner la vie
		Le c&#339;ur l&#233;ger et le bagage mince
		J'&#233;tais certain de conqu&#233;rir Paris

		Chez le tailleur le plus chic j'ai fait faire
		Ce complet bleu qu'&#233;tait du dernier cri
		Les photos, les chansons et les orchestrations
		Ont eu raison de mes &#233;conomies

		Je m'voyais d&#233;j&#224; en haut de l'affiche
		En dix fois plus gros que n'importe qui mon nom s'&#233;talait
		Je m'voyais d&#233;j&#224; adul&#233; et riche
		Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient

		J'&#233;tais le plus grand des grands fantaisistes
		Faisant un succ&#232;s si fort que les gens m'acclamaient debout
		Je m'voyais d&#233;j&#224; cherchant dans ma liste
		Celle qui le soir pourrait par faveur se pendre &#224; mon cou

		Mes traits ont vieilli, bien s&#251;r, sous mon maquillage
		Mais la voix est l&#224;, le geste est pr&#233;cis et j'ai du ressort
		Mon c&#339;ur s'est aigri un peu en prenant de l'&#226;ge
		Mais j'ai des id&#233;es, j'connais mon m&#233;tier et j'y crois encor

		Rien que sous mes pieds de sentir la sc&#232;ne
		De voir devant moi le public assis, j'ai le c&#339;ur battant
		On m'a pas aid&#233;, je n'ai pas eu d'veine
		Mais au fond de moi, je suis sur d'avoir du talent

		Ce complet bleu, y a trente ans que j'le porte
		Et mes chansons ne font rire que moi
		J'cours le cachet, j'fais du porte &#224; porte
		Pour subsister j'fais n'importe quoi

		Je n'ai connu que des succ&#232;s faciles
		Des trains de nuit et des filles &#224; soldats
		Les minables cachets, les valises &#224; porter
		Les p'tits meubl&#233;s et les maigres repas

		Je m'voyais d&#233;j&#224; en photographie
		Au bras d'une star l'hiver dans la neige, l'&#233;t&#233; au soleil
		Je m'voyais d&#233;j&#224; racontant ma vie
		L'air d&#233;sabus&#233; &#224; des d&#233;butants friands de conseils

		J'ouvrais calmement les soirs de premi&#232;re
		Mille t&#233;l&#233;grammes de ce Tout-Paris qui nous fait si peur
		Et mourant de trac devant ce parterre
		Entr&#233; sur la sc&#232;ne sous les ovations et les projecteurs

		J'ai tout essay&#233; pourtant pour sortir de l'ombre
		J'ai chant&#233; l'amour, j'ai fait du comique et d'la fantaisie
		Si tout a rat&#233; pour moi, si je suis dans l'ombre
		Ce n'est pas ma faut' mais cell' du public qui n'a rien compris

		On ne m'a jamais accord&#233; ma chance
		D'autres ont r&#233;ussi avec un peu de voix mais beaucoup d'argent
		Moi j'&#233;tais trop pur ou trop en avance
		Mais un jour viendra je leur montrerai que j'ai du talent



Je meurs de toi

		Une porte s' ouvre et tu sors de ma vie
		Et je prends peur chaque jour
		Je deviens murmure et deviens agonie
		A l' instant o&#249; tu pars
		Br&#251;l&#233; de d&#233;sespoir
		Je meurs de toi
		Et la porte claque et mon &#226;me se perd
		En des pour qui, des pour quoi?
		Je deviens une &#238;le perdue sur la mer
		Battue par tous les vents du d&#233;sarroi
		Sais-tu qu' &#224; tous moments
		Je meurs de toi
		Je ne peux vivre sur moi-m&#234;me
		Ne serait-ce qu' une heure ou deux
		Je prends forme en tes yeux
		Heureux ou malheureux
		Mon c&#339;ur ne vit que si tu veux
		Je ne suis moi que si tu m' aimes
		Et loin de toi, de peur
		Je meurs de toi, de nous, je meurs
		Une porte s' ouvre et tu es de retour
		Et quand tu m' emportes encore
		Je deviens faiblesse, je deviens amour
		D&#232;s que tu rentres au port
		De mes &#233;mois
		Nue et blottie tr&#232;s fort
		Entre mes bras
		Je meurs d' amour, je meurs de toi



Je n'ai pas vu le temps passer

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1973

		Plus je m'enfonce dans ma vie
		Plus je ne peux que constater
		Qu'au vent l&#233;ger de mes folies
		Je n'ai pas vu le temps passer
		Entre les draps de la jeunesse
		Quand je dormais &#224; poings ferm&#233;s
		A l'horloge de mes faiblesses
		Je n'ai pas vu le temps passer

		Je n'ai pas vu le temps courir
		Je n'ai pas entendu sonner
		Les heures de mon devenir
		Quand je fon&#231;ais t&#234;te baiss&#233;e
		Vers ce qu'&#233;tait un avenir
		Et qui est d&#233;j&#224; du pass&#233;

		Aux mille questions que se pose
		Mon esprit souvent perturb&#233;
		Seule une r&#233;ponse s'impose
		Je n'ai pas vu le temps passer

		A faire le tour de moi-m&#234;me
		Dans un rayon tr&#232;s limit&#233;
		Dans le miroir de mes "je t'aime"
		Je n'ai pas vu le temps passer

		Et d'ouverture en ouverture
		Au tempo des amours press&#233;es
		J'ai d&#251; sauter quelques mesures
		Je n'ai pas vu le temps passer

		Quand je r&#234;vais les yeux ouverts
		En pensant que j'avais le temps
		Je n'ai pas entrepris le tiers
		Des choses dont je parlais tant
		Et j'ai vu s'installer l'hiver
		Dans la folie de mes vingt-ans

		Et puis soudain la cinquantaine
		Le demi-si&#232;cle consomm&#233;
		A la table de mes fredaines
		Au moment o&#249; les jeux sont faits
		Que tous mes atouts sont jet&#233;s
		Je ne peux dire qu'&#224; regret

		Je n'ai pas vu le temps passer



Je n'attendais que toi

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Francis Lai 1982

note: Chanson du film "Edith et Marcel" de Claude Lelouch

		Je n'attendais que toi
		Moi cigale en amour
		Le coeur &#224; la d&#233;rive
		Aimant au jour le jour
		Je ne m'encha&#238;nais pas
		R&#234;vant que tu arrives

		Je n'attendais que toi
		Pour fleurir tes saisons
		De phrases &#233;ternelles
		Et dans un tourbillon
		Te dire mille fois
		Que tu es la plus belle

		Viens te serrer tr&#232;s fort
		Blottie entre mes bras
		Tu seras sur mon corps
		Comme un noyau qui craque
		Au printemps d&#233;couvert
		Mes rires en &#233;clats
		R&#233;sonneront dans l'air
		Comme un drapeau qui claque

		Je n'attendais que toi
		En cherchant dans l'espoir
		La force de survivre
		Quand mon coeur &#233;tait noir
		Que mon &#226;me avait froid
		Pour commencer &#224; vivre
		Je n'attendais que toi

		Je n'attendais que toi
		Moi r&#234;vant d'absolu
		De choses impossibles
		Sortant de l'inconnu
		Pour devenir ton roi
		Puissant et invincible

		Je n'attendais que toi
		Quand tu es arriv&#233;e
		Tu n'as eu qu'&#224; sourire
		Tout s'est illumin&#233;
		Et j'ai connu la joie
		D'aimer comme on respire

		Viens, lavons-nous d'hier
		Par mon coeur sur ton coeur
		Mes l&#232;vres sur ta chair
		Et mes mains sur tes hanches
		J'entrerai dans ta vie
		Une tendre douleur
		Fera jaillir tes cris
		Aux creux de nos nuits blanches

		Je n'attendais que toi
		Esp&#233;rant jour et nuit
		Puiser des joies nouvelles
		Aux sources de ta vie
		Pour trouver dans tes bras
		La jeunesse &#233;ternelle
		Je n'attendais que toi

		Je n'attendais que toi
		Je n'attendais que toi



Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1991

		Nous repr&#233;sentions pour beaucoup
		L'image d'un couple solide
		L'exemple &#224; d&#233;signer du doigt
		Jusqu'au jour o&#249; rentrant chez nous
		J'ai trouv&#233; l'appartement vide
		Cela ne te ressemblais pas
		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

		Placards b&#233;ants, tiroirs vid&#233;s
		C'est fou ce que le c&#339;ur encaisse
		Quand le bonheur vole en &#233;clats
		Hier encore tu jurais m'aimer
		Et tu pars sans laisser d'adresse
		Sans un mot griffonn&#233;, pourquoi?
		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi
		Moi pauvre fou qui pr&#233;tendais
		Que rien au monde ne pourrait
		Briser un couple, comme le n&#244;tre
		Et mur&#233; dans mon d&#233;sarroi
		Je comprends que ces chose-l&#224;
		H&#233;las! n'arrivent pas qu'aux autres

		On ne peux tomber de plus haut
		Tout ce brouille en moi quand je songe
		Que l'amour s'est jou&#233; de moi
		Tes serments n'&#233;tais que des mots
		Sous lesquels filtraient tes mensonges
		Que tu distillais de sang-froid
		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

		Trois jours sans dormir ni manger
		J'ai relanc&#233; crevant d'angoisse
		H&#244;pitaux et commissariats
		Et puis j'ai d&#251; me r&#233;signer
		A voir la v&#233;rit&#233; en face
		Tu m'avais ray&#233; d'une croix
		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

		Sans r&#233;fl&#233;chir j'ai allum&#233;
		Cigarette apr&#232;s cigarette
		Bien qu'ayant banni le tabac
		Mais que m'importe ma sant&#233;
		Le ciel me tombait sur la t&#234;te
		Le sol s'&#233;croulait sous mes pas
		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi

		Je n'aurais pas cru &#231;a de toi
		J'avais confiance et rien de plus
		Personne au monde n'aurait pu
		Semer le doute la dans mon &#226;me
		Ma t&#234;te sous le couperet
		J'aurais jur&#233; que tu &#233;tais
		Diff&#233;rentes des autre femmes

		Si par bonheur tu revenais
		Je n'en crois rien mais qui peut dire
		Je saurais &#233;touffer en moi
		Les voix du mal que tu m'as fait
		Mais dans mes yeux tu pourras lire
		Sur fond de d&#233;tresse et de joie
		Tu vois, je n'aurais pas cru &#231;a de toi



Je n'oublierai jamais

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1969

		Quand on a dix-huit ans
		Des amis merveilleux
		Fain&#233;ants
		Pique-assiette et que l'on est comme eux
		Pas b&#233;gueules
		On va dans les salons
		Snobinards et dor&#233;s
		Jouer
		Les anarchistes aigris, les r&#233;volt&#233;s
		Forts en gueules
		Je n'oublierai jamais
		Le troupeau de crevards
		Hirsutes et mal lav&#233;s
		Arrivant quelque part
		Assaillant le buffet
		Et jetant au hasard
		Les pattes dans les mets
		Sous de tristes regards
		De d&#233;tresse

		Je n'oublierai jamais
		Nos hurlement d'horreur
		En voyant des objets
		Des tableaux de valeur
		On se montrait expr&#232;s
		Goujats et monstrueux
		Et puis l'on d&#233;campait
		Sans merci, ni adieu
		A l'h&#244;tesse
		On se voulait cyniques
		Ex&#233;crables, et pourtant
		Nous &#233;tions romantiques
		faits de chair et de sang
		De faiblesse

		Je n'oublierai jamais
		Je n'ai pas de remords
		Et je recommencerai
		Si je tenais encore
		Ma jeunesse

		A l'&#233;poque on &#233;tait
		De joyeux rigolos
		Plus ou moins
		Attach&#233;s
		A de vagues journaux tr&#232;s obscurs
		Philosophes, &#233;crivains
		Po&#232;tes d'occasion
		Illustres inconnus
		N&#233;anmoins
		Nous avions la dent dure

		Je n'oublierai jamais
		Nos merveilleux festins
		Pr&#232;s des tonneaux perc&#233;s
		D'o&#249; pissait le bon vin
		Quand nous &#233;tions vautr&#233;s
		Dessus ou bien dessous
		Que le jus nous coulait
		Dans le nez, dans le cou
		Les entrailles

		Je n'oublierai jamais
		Nos cris et nos serments
		Nos discours enflamm&#233;s
		Sur le d&#233;sarmement
		Nos folles &#233;quip&#233;es
		Nos courses &#233;perdues
		A travers un quartier
		Qui nous crachait dessus
		Nos batailles
		Les filles &#224; la page
		Qui partageaient nos jours
		Et faisaient le m&#233;nage
		La cuisine, et l'amour
		Tendres cailles

		Je n'oublierai jamais
		Ce que j'ai vu s'enfuir
		Je n'ai pas de regrets
		Car j'ai des souvenirs
		En pagaille



Je rentre chez nous

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1987

		Tous mes d&#233;mons calmes tous mes volcans &#233;teins
		Rong&#233; par le cancer de ton corps et tes l&#232;vres
		Plus r&#233;fl&#233;chi qu'hier moins sage que demain
		Je rentre chez nous en fi&#232;vre
		J'&#233;tais parti jurant que c'&#233;tais pour toujours
		Je devrais me cracher cent fois &#224; la figure
		Et m'arracher le c&#339;ur pour l'offrir aux vautours
		Je rentre chez nous parjure
		Ma bouche &#233;tais salive et mon c&#339;ur &#233;tait sec
		Quand je faisais l'amour sans amour par r&#233;flexe
		Aux vierges effray&#233;es prises du bout du bec
		Comme on prend un caf&#233; sur le comptoir du sexe
		Et comme un roi d&#233;chu abdiquant par amour
		Avec encore aux l&#232;vres un &#226;pre go&#251;t de cendre
		Mon c&#339;ur au grand galop fait le compte &#224; rebours
		Je rentre chez nous me rendre

		Sorti de mes enfers en voulant voir les cieux
		J'ai eu des paradis artificiels et fades
		N'ayant ni vu le diable ni rencontr&#233; Dieu
		Je rentre chez nous malade
		&#201;touffant tout orgueil tout en me vomissant
		Aux sources de mes maux pour retrouver mes cha&#238;nes
		Et c&#233;l&#233;brer nos noces de larmes et de sang
		Je rentre chez nous sans haine
		Ouvertes ou ferm&#233;es mes prisons sont en moi
		Ma vie n'est pas ma vie si tu n'en es le centre
		Et crever pour crever autant crever sur toi
		Esclave de ton corps plant&#233; dans ton bas-ventre
		N'ayant rien r&#233;solu je reviens sur mes pas
		Pour toute honte bue rab&#226;cher mes  je t'aime 
		Sachant qu'&#224; petit feu tu me suicideras
		Le c&#339;ur &#224; genoux
		Revenu de tout
		Je rentre chez nous quand m&#234;me



Je reviendrai de loin

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1966

		Si le ciel veut que je revienne
		Si Dieu m'offre de retourner
		Du bout du monde et de mes peines
		Je reviendrai de loin
		Avec des id&#233;es plein la t&#234;te
		J'&#233;tais parti, pauvre insens&#233;,
		Et de d&#233;faites en d&#233;faites
		Je reviendrai de loin

		Au d&#233;part, quand on se sent fort
		Le chemin que l'on prend est court
		Mais charg&#233; du poids du remords
		Il semble sans fin celui du retour
		A semer des r&#234;ves de gloire
		On ne r&#233;colte jamais rien
		Moi, de d&#233;tresses en d&#233;boires,
		Je reviendrai de loin

		Pour l'homme qui rentre de guerre
		Solitaire et le coeur bless&#233;
		La route est longue et dure &#224; faire
		Je reviendrai de loin
		Je sais qu'en ce qui me concerne
		J'ai tout perdu et rien gagn&#233;
		Les poches vides et l'&#226;me en berne
		Je reviendrai de loin

		Loin de tout ce qui fut mes joies
		Je me tue &#224; compter les jours
		Et mourir pour mourir, ma foi,
		Je pr&#233;f&#233;rerais que ce soit d'amour

		Celui qui reste est le plus sage
		Il n'y a pas d'or en chemin
		Adieu fortune, adieu mirage
		Je reviendrai de loin



Je reviens Fanny

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1967

		J'avais des id&#233;es vagabondes
		Lorsque j'&#233;tais encore enfant
		Je voulais parcourir le monde
		Pour voir les &#238;les Sous-le-Vent
		La mer et toi  est-ce ma faute?
		&#201;taient ma&#238;tresses de ma vie
		J'ai suivi l'une et laiss&#233; l'autre
		Le vent me gifle
		Le vent me gifle
		Je reviens Fanny

		A courir apr&#232;s les mirages
		On passe &#224; c&#244;t&#233; du bonheur
		Les ports ont tous m&#234;me visage
		Dont un seul s'accroche &#224; mon c&#339;ur
		Il pleure derri&#232;re une porte
		Un gars qui emporte avec lui
		Ses joies bris&#233;es, ses amours mortes
		Le temps me griffe
		Le temps me griffe
		Je reviens Fanny

		Ton Marius est sur la vague
		Ton Marius est sur le pont
		Qui rentre de son escapade
		Avec toi pour seul horizon
		Il vient sans fortune et sans gloire
		Au gr&#233; du vent qui le conduit
		Pour se fondre avec sa m&#233;moire
		La voile claque
		La voile claque
		Je reviens Fanny

		Adieu mes r&#234;ves d'aventures
		Au diable ma route sans but
		Je voudrais panser mes blessures
		Et retrouver le temps perdu
		Pour remonter jusqu'&#224; la source
		De nos &#233;mois, de nos folies
		Et dans tes bras finir ma course
		L'aube se l&#232;ve
		L'aube se l&#232;ve
		Je reviens Fanny

		Le monde n'a plus de surprise
		&#195; m'offrir et depuis longtemps
		La mer a perdu son emprise
		Sur moi et je ne suis l'amant
		Que de souvenirs qui s'invitent
		A partager mes longues nuits
		Qui me d&#233;chirent et qui m'agitent
		Le c&#339;ur me saigne
		Le c&#339;ur me saigne
		Je reviens Fanny

		Ton Marius a soif de vivre
		Ton Marius a faim de toi
		Il se lib&#232;re, il se sent ivre
		Pr&#232;s du port o&#249; loin de tes bras
		Il s'est enfui cette nuit m&#234;me
		O&#249; tu lui offrais dans un cri
		Ta jeunesse contre un je t'aime
		L'amour me porte
		L'amour me porte
		Je reviens Fanny



Je t'aime

Paroles et Musique: Guy Bontempelli, Aznavour 1972

		Je t'aime, je t'aime, je t'aime

		Je t'aime
		C'est &#224; la fois b&#234;te et banal
		&#199;a tient du roman du journal
		Qu'on ach&#232;te par habitude
		C'est &#224; la fois peu et beaucoup
		Je t'aime  et &#231;a tient pas le coup
		C'est d&#233;sarmant de platitude
		&#199;a cr&#232;ve de banalit&#233;
		J'aurais pu dire: "Ma beaut&#233;"
		Voici des feuilles et des branches
		Quelqu'un d'autre l'a d&#233;j&#224; dit
		Je dis: "Je t'aime" vendredi
		Et le r&#233;p&#232;te le dimanche

		Je t'aime, je t'aime, je t'aime

		Je t'aime
		Comme un prestidigitateur
		Qui ne sortirait que l'as de coeur
		Je dis: "Je t'aime" et puis je flanche
		Je reste en rade et voil&#224; tout
		Je t'aime  et c'est mon seul atout
		Et je n'ai plus rien dans la manche
		&#199;a devrait &#234;tre suffisant
		Je t'aime  mais en le disant
		On sent qu'il faudrait autre chose
		Je t'aime &#231;a se joue plac&#233;
		Et quand Larousse l'a class&#233;
		C'&#233;tait pas dans les pages roses

		Je t'aime, je t'aime, je t'aime

		Je t'aime
		J'ai fouill&#233; les anthologies
		Et chaque soir &#224; la bougie
		Entre Hugo et Apollinaire
		Je cherche les combinaisons
		Pour inventer dans ma chanson
		Un "Je t'aime" extraordinaire
		Mais y a des imaginatifs
		Qui tirent les mots par les tifs
		Et pillent le vocabulaire
		Il ne me reste qu'un ch&#233;tif
		"Je t'aime" et c'est d&#233;finitif
		Y a plus rien dans mon dictionnaire

		On a beau faire tant et plus
		On n'a rien fait de plus cucul
		Et le monde tourne quand m&#234;me
		Tant pis, l&#224; je m'avoue vaincu
		Maintenant que tout est foutu
		Me reste qu'&#224; dire: "Je t'aime"

		Je t'aime, je t'aime, je t'aime
		Je t'aime
		Je t'aime, je t'aime, je t'aime
		Je t'aime



Je t'aime A.I.M.E.

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1994

		Je t'&#233;cris c'est plus romantique
		Comme un amant du temps jadis
		Sur un papier couleur de lys
		A l'encre bleue, et je m'applique
		Quand ma plume, manque de chance,
		Fait en sortant de l'encrier
		Une tache sur le papier
		Que je d&#233;chire et recommence

		Je t'aime A.I.M.E.
		T'aime le c&#339;ur en feu
		Faut-il un X &#224; feu?
		&#199;a me pose un probl&#232;me
		Allez je barre feu
		Mais je garde je t'aime
		Je t'aime A.I.M.E.
		Simplement j'y ajoute
		Ces mots "A la folie"
		Mais soudain j'ai un doute
		Folie avec un L
		Un seul L ou bien deux?
		Deux ailes serait mieux

		Tellement plus jolies
		Et bien s&#251;r plus vivant
		Vivant, comme une envie
		Que le bonheur agrafe
		Comme un papillon bleu
		Au c&#339;ur d'un amoureux
		Inquiet de l'orthographe

		A l'&#233;cole j'&#233;tais le cancre
		Dont on ne pouvait rien tirer
		Guettant l'heure de la r&#233;cr&#233;
		L'&#339;il fixe et les doigts tach&#233;s d'encre
		Aujourd'hui je me d&#233;sesp&#232;re
		J'ai des lacunes et je le sais
		Mais amoureux il me vient des
		Vell&#233;it&#233;s &#233;pistolaires

		Je t'aime A.I.M.E.
		Et je n'ai foi qu'en toi
		Comment &#233;crire foi
		Priv&#233; d'un dictionnaire
		Il y a tant de fois
		Dans le vocabulaire
		Je peine et je m'en veux
		Allez je place un S
		Mieux vaut peut-&#234;tre un E
		Franchement &#231;a me stresse
		Et mon foie fait des n&#339;uds
		Des heures d'affil&#233;e
		Pench&#233; sur le papier

		Je corrige et rature
		Puis j'envoie tout valser
		Maudissant l'&#233;criture
		Ec&#339;ur&#233; j'abandonne
		Au diable mon stylo
		Je dirais tous ces mots
		Tranquille au t&#233;l&#233;phone
		Je prends le combin&#233;
		Compose un num&#233;ro
		Je n'ai plus de probl&#232;mes
		Allo, amour, allo
		Oui oui c'est encore moi
		Pour la &#233;ni&#232;me fois
		Qui t'appelle, tu vois
		Pour te dire: "Je t'aime"



Je t'aime comme &#231;a

Musique: Charles Aznavour

		Tu es toute ma vie
		Je ne sais pas pourquoi
		Tu n'es pas tr&#232;s jolie
		Mais je t'aime comme &#231;a
		Tes joies sont enfantines
		Tes gestes maladroits
		T'as l'air d'une gamine
		Mais je t'aime comme &#231;a
		Tu cries sans raison
		Tu mens avec aplomb
		Et me donnes des noms
		Insens&#233;s
		Qui font rire mes amis
		Et lorsque je te dis
		Que tout cela un jour doit changer
		Tu te mets &#224; pleurer
		Moi pour te consoler

		Dans mes bras je t'emporte
		Et blottie contre moi
		C'est bien toi la plus forte
		Mais je t'aime comme &#231;a
		Mes yeux sont pleins de larmes
		Comment expliquer &#231;a
		Tout en toi me d&#233;sarme
		Mais je t'aime comme &#231;a
		Tu as des d&#233;fauts
		Souvent tu parles trop
		Et quand je suis par trop
		Exc&#233;d&#233;
		Je m'&#233;crie &#231;a suffit
		Mais lorsque tu souris
		Avec un regard d&#233;sempar&#233;
		Devant ton air perdu
		Je me sens tout &#233;mu

		Tu es toute ma vie
		Je ne sais pas pourquoi
		Tu n'es pas tr&#232;s jolie
		Mais je t'aime comme &#231;a



Je t'aime tant

1986

		Je t'aime tant
		Peut-&#234;tre maladroitement
		Mais sans d&#233;tour
		Comme peu aimer un enfant
		Tremblant d'amour

		Je t'aime tant
		d'un amour pu et merveilleux
		&#201;perdument
		Aveugl&#233;ment comme un croyant
		Peu aimer Dieu
		Je t'aime tant

		Ton amour est une &#238;le
		Inconnue et sauvage
		O&#249; mon c&#339;ur en p&#233;ril
		Chaque jour fait naufrage
		Terre
		O&#249; ton seul nom
		Est ma fronti&#232;re
		Et ma prison

		Je t'aime tant
		Et quand mes yeux plongent en tes yeux
		Tendres et profonds
		J'ai le vertige et je n'en peux
		Toucher le fond

		Je t'aime tant
		D'un amour pu et merveilleux
		&#201;perdument
		Aveugl&#233;ment comme un croyant
		Peu aimer Dieu
		Je t'aime tant

		Avec mes paradis
		Mes enfers dans ma t&#234;te
		Je chevauche les nuits
		Debout sur mes temp&#234;tes
		Ivre
		Pour &#224; tes pieds
		Mourir de vivre
		Vivre d'aimer

		Je t'aime tant
		Et je suis pr&#234;t &#224; affronter
		Dans ma folie
		Tous les hasards, tous les dangers
		Comme un d&#233;fi

		Je t'aime tant
		D'un amour pu et merveilleux
		&#201;perdument
		Aveugl&#233;ment comme un croyant
		Peu aimer Dieu
		Je t'aime tant

		Je t'aime tant
		D'un amour pu et merveilleux
		&#201;perdument
		Aveugl&#233;ment comme un croyant
		Peu aimer Dieu
		Je t'aime tant



Je t'attends

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Gilbert B&#233;caud 1963

		Mes jours passent mes nuits pleurent
		Et pleure le temps
		Ma raison sombre et se meurt
		Quand meurt le temps
		Ce temps mort que je regrette
		Tant et tant
		Car sans joie ma vie s'arr&#234;te
		Et je t'attends

		J'attends l'air que l'on respire
		Et le printemps
		J'attends mes &#233;clats de rire
		Et mes vingt ans
		Mes mers calmes et mes temp&#234;tes
		En m&#234;me temps
		Car sans joie ma vie s'arr&#234;te
		Et je t'attends

{}

		Je t'attends, viens ne tarde pas
		D'o&#249; que tu viennes, qui que tu sois
		Viens le temps est court
		Je t'attends, mon r&#234;ve inconnu
		Quel est ton nom, quel est ton but?
		Le mien c'est l'amour.

		Pour que mes jours se transforment
		Et que vraiment
		Ma vie par toi prenne forme
		&#192; chaque instant
		Parce que le vide me hante
		Avec mon sang
		Comme un peintre je t'invente
		Et je t'attends

		Mes doigts par petites touches
		Font tes dents
		Avant de croquer ta bouche
		&#201;perdument
		Mais ces r&#234;ves ne me laissent
		Que des tourments
		Car je tra&#238;ne ma d&#233;tresse
		Et je t'attends

{}

		Je t'attends, viens ne tarde pas
		D'o&#249; que tu viennes, qui que tu sois
		Viens le temps est court
		Je t'attends, mon r&#234;ve inconnu
		Quel est ton nom, quel est ton but?
		Le mien c'est l'amour.



Je te donnerai

1968

		Je te donnerai
		A chaque seconde
		Tout l' amour du monde
		Qui sommeille en moi
		Je te donnerai
		Toutes les richesses
		Que notre jeunesse
		Garde au fond de soi

		Cela simplement
		Pour avoir encore
		Ton &#226;me et ton corps
		Jusqu'au bout des temps
		Notre vie, je sais
		Fera sa fortune
		Des joies qu'une &#224; une
		Je te donnerai

		Je te donnerai
		Pour nos nuits de fi&#232;vre
		Des mots que tes l&#232;vres
		Me diront tout bas
		Je te donnerai
		Des instants de gloire
		Des cris de victoire
		Quand on s'aimera

		Pour que le bonheur
		Se colle &#224; ma vie
		J'aurai du g&#233;nie
		Pour combler ton coeur
		Notre amour parfait
		Sera magnifique
		Car c'est fantastique
		Ce que je te donnerai



Je te r&#233;chaufferai

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1965

		Le ciel tisse une couverture en laine
		L'&#233;t&#233; pr&#233;pare ses quartiers d'hiver
		Mais n'aie pas peur de la froidure, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai
		Allons r&#234;ver sur les bords de la Seine
		S'il reste encore quelques petits coins verts
		Et si le fond de l'air est frais, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai

		En passant mon bras autour de ton &#233;paule
		Et si malgr&#233; mon bras, la brise travaille
		A bien jouer son r&#244;le
		Tu prendras mon chandail

		Si le temps malgr&#233; mon chandail de laine
		Venait troubler le calme de ta chair
		En te serrant tout contre moi, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai

		Mais si le vent soufflait &#224; perdre haleine
		Nous irions vite abriter notre amour
		Et blottis dans notre grenier, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai

		Je fermerai fen&#234;tres et persiennes
		Je bouclerai la porte &#224; double tour
		Et en faisant une flamb&#233;e, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai

		En offrant au feu tout le bois qu'il r&#233;clame
		Et s'il manque du bois je mettrai aussi
		Nos meubles dans les flammes
		Ne gardant que le lit

		Mais si le froid contre nous se d&#233;cha&#238;ne
		Et que le feu ne t'est d'aucun secours
		Par la chaleur de mon amour, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai

		Le ciel tisse une couverture en laine
		L'&#233;t&#233; pr&#233;pare ses quartiers d'hiver
		Mais n'aie pas peur de la froidure, H&#233;l&#232;ne
		Je te r&#233;chaufferai, je te r&#233;chaufferai



Je te regarde

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1981

		Je te regarde
		T'es ma t&#233;l&#233;, t'es mon cin&#233;
		T'es mon th&#233;&#226;tre
		Tu ne cesses de m'&#233;tonner
		Je t'idol&#226;tre
		Moi, spectateur de tes pens&#233;es
		Les plus intimes

		Je te regarde
		Au saut du lit, c'est reparti
		De joies en peines
		Tu vas et viens et comme si
		T'entrais en sc&#232;ne
		Tu t'interpr&#232;tes et joue ta vie
		Tu es sublime

		Souvent je pense
		Qu'au lieu de t'&#233;pouser
		Sur les &#233;crans de France
		J'aurais pu t'admirer
		Mais grand Dieu quelle chance
		J'ai dans l'intimit&#233;
		Toutes tes performances
		En exclusivit&#233;

		Je te regarde
		Tu donnes aux rires et aux sanglots
		La m&#234;me flamme
		Tu fais des phrases et dis des mots
		Comme on d&#233;clame
		Et j'ai Corneille et j'ai Feydeau
		A mon programme

		Je te regarde
		Changer de voix, changer d'emploi
		Varier les r&#244;les
		Rien que pour nous, rien que pour moi
		Et trouve dr&#244;le
		Que ce talent vivant en toi
		Reste en coulisse

		Je te regarde
		A la lueur du projecteur
		De ma tendresse
		Et du regard comme du c&#339;ur
		Je te caresse
		Comme un fervent admirateur
		Croisant l'actrice

		Et quand, superbe
		Maquill&#233;e ou sans fard
		D&#233;lirante ou acerbe
		Tu maries avec art
		Et le geste et le verbe
		J'entonne des fanfares
		Et te tressant des gerbes
		Je t'accorde un oscar

		Je te regarde
		Parfois le doute me fait peur
		Cr&#233;e des probl&#232;mes
		Mais vient ce temps o&#249; par bonheur
		Tu es toi-m&#234;me
		Lorsque blottie contre mon c&#339;ur
		Tu cries je t'aime

		Je te regarde
		Je te regarde
		Comme je t'aime



Je veux te dire adieu

Paroles: Gilbert B&#233;caud. Musique: Charles Aznavour 1954

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour (1956), Patachou (1958)

		Et puisque d'autres mains sur ton corps impudique
		Sont venues prendre place o&#249; mes doigts ont couru
		Et puisqu'un autre coeur donne au tien la r&#233;plique
		Et que tes joies se fondent aux joies d'un inconnu
		Je veux te dire adieu

		Puisque tes reins se cambrent aux nouvelles &#233;treintes
		Et que ta peau fr&#233;mit sous un souffle nouveau
		Puisqu'un autre que moi peut arracher tes plaintes
		Faisant jaillir de toi des r&#226;les et des mots

		Et puisque sur sa couche tu nies mon existence
		En oubliant mon nom pour mieux crier le sien
		Et que tu mords dans sa vie pour tisser ta jouissance
		En lui disant ces mots que je croyais les miens

		Bless&#233; dans mon coeur m&#234;me
		Et parce que je t'aime
		Je veux te dire adieu.



Je voyage

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jean-Pierre Bourtayre 2003 "Je voyage"


[Katia]:

		Dis, que fais-tu l&#224; l'homme au soleil sur ce banc
		Le regard perdu sous tes cheveux d'argent

[Charles]:

		Je regarde fuir mes ultimes printemps
		Emport&#233;s par mille chevaux blancs

		Je voyage, je voyage,
		Vers les lieux b&#233;nis de ma vie
		De voyages en voyages
		A travers erreurs et acquis

		Sans bagage, par image
		Par le r&#234;ve et par la pens&#233;e
		De voyages en voyages
		Sur les vagues de mon pass&#233;

[Katia]:

		Ce voyage dans les limites
		De vos regrets, de vos remords
		Est-ce un refuge est-ce une fuite
		Ou bien une aventure encore

[Charles]:

		Sur l'eau calme de mon &#226;ge
		O&#249; l'orage ne tonne plus
		De mirages en mirages
		Vers mes plages de temps perdu
		Je voyage

		Et toi jeune fille aux sources de ta vie
		Fugueuse &#224; seize ans que fais-tu par ici

[Katia]:

		Je vais au devant du comprendre et savoir
		Voir la vie de l'envers des miroirs

		Je voyage, je voyage
		Et je cours pour aller de l'avant
		De voyages en voyages
		Sac au dos cheveux dans le vent

		Parfois folle, parfois sage
		Refusant les id&#233;es re&#231;ues
		De voyages en voyages
		Dans l'espoir de trouver un but

[Charles]:

		Tu es l'enfant d'entre deux guerres
		D'un monde cru au d&#233;sarroi
		D'hommes et de femmes de mis&#232;res
		Sous le joug du chacun pour soi

[Katia]:

		De rivages en rivages
		Pour des gr&#232;ves &#224; d&#233;couvrir
		De mirages en mirages
		Vers les rives de l'avenir

[Charles][Katia]:

		Je voyage, je voyage
		Un peu plus de jour et de nuit
		De voyages en voyages
		A travers r&#234;ves et insomnies

		Par temps clair ou d'orage
		D'un pied l&#233;ger ou d'un pas lourd
		De mirages en mirages
		Par la m&#233;moire et par amour
		Je voyage



Jezebel

Paroles: Charles Aznavour. Musique: W. Shanklin 1951

autres interpr&#232;tes: Les Chaussettes Noires (1963)

		Jezebel Jezebel
		Ce d&#233;mon qui br&#251;lait mon c&#339;ur
		Cet ange qui s&#233;chait mes pleurs
		C'&#233;tait toi, Jezebel, c'&#233;tait toi.
		Ces larmes transperc&#233;es de joie,
		Jezebel, c'&#233;tait toi Jezebel, c'&#233;tait toi

		Mais l'amour s'est an&#233;anti.
		Tout s'est &#233;croul&#233; sur ma vie,
		&#201;crasant, pi&#233;tinant, emportant mon c&#339;ur,
		Jezebel Mais pour toi,
		Je ferais le tour de la terre,
		J'irais jusqu'au fond des enfers.
		O&#249; es-tu? Jezebel, o&#249; es-tu?

		Les souvenirs que l'on croit fan&#233;s
		Sont des &#234;tres vivants
		Avec des yeux de morts vibrants encore de pass&#233;
		Mais mon c&#339;ur est crev&#233; d'obsession.
		Il bat en r&#233;p&#233;tant
		Tout au fond de moi-m&#234;me
		Ce mot que j'aime,
		Ton nom
		Jezebel Jezebel

		Mais l'amour s'est an&#233;anti.
		Tout s'est &#233;croul&#233; sur ma vie,
		&#201;crasant, pi&#233;tinant, emportant mon c&#339;ur
		Jezebel Mais pour toi,
		Je ferais le tour de la terre,
		J'irais jusqu'au fond des enfers
		En criant sans r&#233;pit,
		Jour et nuit,
		Jezebel Jezebel
		JEZEBEL



Jolies m&#244;mes de mon quartier

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963 "Qui?"

		M&#244;mes de mon quartier, tout mon pass&#233; s'&#233;veille quand je pense
		Aux folies des jours o&#249; nos amours comblaient mon existence
		Malgr&#233; les ann&#233;es, j'ai pr&#233;serv&#233; dans mon c&#339;ur, quoi qu'il fasse
		Comme un coin secret o&#249; nulle, jamais, n'a pris votre place

		M&#244;mes de mes vingt ans, M&#233;nilmontant, c'est loin mais c'est si proche
		Ces instants si doux qui laissent un go&#251;t aux l&#232;vres d'un gavroche
		Comme un go&#251;t sal&#233; qui fait r&#234;ver et leur go&#251;t me rapproche
		Jolies m&#244;mes de mon quartier

		M&#244;mes de mon quartier que j'ai serr&#233;es dans mes bras, plein d'ivresse
		Vous m'avez gris&#233; mais j'ai gard&#233; en moi votre jeunesse
		Les jours ont coul&#233; sans d&#233;florer, dans mon c&#339;ur et mon &#226;me,
		Les souvenirs purs, les aventures qu'on ne vit qu'&#224; Paname

		M&#244;mes de mes amours, de ces beaux jours, de ma tendre boh&#232;me
		Vous avez sem&#233; et le quartier, gr&#226;ce &#224; vous, est le m&#234;me
		Tout parle &#224; mon c&#339;ur et, plein d'ardeur, je sais que je vous aime
		Jolies m&#244;mes de mon quartier



L'&#226;ge d'aimer

Paroles et Musique: Charles Aznavour, Arrgt: Roger Loubet 1994 "Toi et moi"

		L'&#226;ge d'aimer, &#231;a n'a pas d'&#226;ge
		Quinze ans, quarante ou davantage
		Tant que le c&#339;ur bat dans sa cage
		On a l'&#226;ge d'aimer

		C'est l'&#226;ge des ann&#233;es frivoles
		O&#249; soudain la raison s'affole
		Lorsque le corps prend la parole
		On a l'&#226;ge d'aimer

		Si ta couleur n'est pas la mienne
		Si mon &#226;ge est distant du tien
		On s'aimera quoi qu'il advienne
		Nous avons l'&#226;ge de nos veines
		Et l'amour est notre destin

		Qui sait o&#249; commence, o&#249; s'arr&#234;te
		L'&#226;ge pu&#233;ril, l'&#226;ge un peu b&#234;te
		Grav&#233; dans nos c&#339;urs et nos t&#234;tes
		L'&#226;ge d'aimer
		L'&#226;ge d'aimer

		Lorsque, oubliant ses diff&#233;rences
		Le corps veut vivre ses violences,
		La peau souffrant ses impatiences,
		On a l'&#226;ge d'aimer

		&#192; l'&#226;ge o&#249; le d&#233;sir nous rive
		Quand la raison perd sa d&#233;rive
		Au cri d'un "qui m'aime me suive"
		On a l'&#226;ge d'aimer

		Vois notre sol devient nuage
		On a l'enfance au fond des yeux
		Quand on aime on a le m&#234;me &#226;ge
		Le c&#339;ur fomente des orages
		Et l'amour joue avec le feu

		Quinze ans, quarante ou davantage
		De voyage en vagabondage
		Quand je devrai, tournant la page
		&#201;migrer de l'&#226;ge d'aimer,
		Je n'aurai plus aucun courage
		Je serai plus vieux que le temps,
		Aussi c'est d&#233;sesp&#233;r&#233;ment
		Qu'avec toi je m'agrippe &#224; l'&#226;ge
		Mon amour, &#224; l'&#226;ge d'aimer



L'aiguille

		Mon enfant, mon air pur
		Mon sang, mon esp&#233;rance
		Mon ferment, mon futur
		Ma chair, ma survivance
		Tu ne perp&#233;tueras ni mon nom ni ma race
		Tout ce que j'ai b&#226;ti, je l'ai r&#234;v&#233; en vain
		Je quitterai ce monde sans laisser de trace
		Tes yeux ne s'ouvriront sur aucun lendemain

		L'aiguille dans ta veine &#233;clat&#233;e
		Ta peau d&#233;chir&#233;e
		L'aiguille dans ton corps mutil&#233;
		Crucifi&#233;
		L'aiguille de nos espoirs trahis
		Te clouant dans la nuit
		Sans vie

		Mon arbre, mon petit
		Qui peut dire &#224; l'avance
		Ou le bonheur finit
		Quand le malheur commence
		Le drame de la vie sans auteur ni dialogue
		Qui s"&#233;crit &#224; huis clos se joue &#224; notre insu
		Les plaisirs innocents n'en sont que le prologue
		Les paradis promis ont l'enfer pour issue

		L'aiguille dans ta veine &#233;clat&#233;e
		Ta peau d&#233;chir&#233;e
		L'aiguille dans ton corps mutil&#233;
		Crucifi&#233;
		L'aiguille de nos espoirs trahis
		Te clouant dans la nuit
		Sans vie

		En regardant fleurir
		Tes printemps pleins de gr&#226;ce
		Je n'ai pas sous tes rires
		&#201;vent&#233; tes angoisses
		Peut-&#234;tre pas non plus assez dit que je t'aime
		Ni suffisamment pris le temps d'&#234;tre avec toi
		Que tu as d&#251; souffrir en secret de probl&#232;mes
		A pr&#233;sent c'est mon tour perdu dans mes pourquoi

		L'aiguille dans ta veine &#233;clat&#233;e
		Ta peau d&#233;chir&#233;e
		L'aiguille dans ton corps mutil&#233;
		Crucifi&#233;
		L'aiguille de nos espoirs trahis
		Te clouant dans la nuit
		Sans vie
		L'aiguille



L'album de toi

		Quand je reste seul &#224; Paris
		Qu'avec les enfants tu as pris
		La route fleurie des vacances
		Gr&#226;ce &#224; Dieu et &#224; la magie
		De l'art de la photographie
		Je me sens moins seul que tu penses
		Je prends mon album et je l'ouvre
		Et l'instant suivant je re-d&#233;-cou-vre

		Toi joli b&#233;b&#233; joufflu
		Serrant sur son corps nu
		Un petit chiot fid&#232;le
		Toi en larmes qui ruissellent
		&#201;perdue
		A l'entr&#233;e de la maternelle

		Toi au jour de tes dix ans
		Soufflant les yeux brillants
		Les bougies de ton &#226;ge
		Toi &#224; quinze ans sur la plage
		Arborant
		Les fruits naissant de ton corsage

		Toi canotant sur un lac
		Toi sortant de la fac
		Toi faisant des grimaces
		Toi serr&#233;e contre quelqu'un
		Qu'un rasoir assassin
		A d&#233;coup&#233; la face

		Et me voil&#224;
		Pench&#233; tout attendri
		Sur ces photographies
		Mal cadr&#233;es, d&#233;su&#232;tes
		Quand &#233;mu je feuillette
		Du c&#339;ur comme du doigt
		L'album de toi

		Toi ravissante au printemps
		Les cheveux dans le vent
		Roulant &#224; mobylette
		Toi poussant la chansonnette
		Imitant
		Voix et gestes d'une vedette

		Toi pour un bal habill&#233;
		Dans un d&#233;collet&#233;
		Laissant peu de myst&#232;re
		Moi plut&#244;t con &#224; l'arri&#232;re
		Empot&#233;
		Dans mon costume militaire

		Toi au premier rendez-vous
		Si le clich&#233; est flou
		Ma main tremblait sans doute
		Toi dans l'&#233;glise &#224; Neuilly
		Le jour o&#249; sur un "oui"
		Dieu unissait nos routes

		All&#233;luia!
		B&#233;nis soient tes parents
		Qui ont pendant des ans
		Gr&#226;ce &#224; Nyc&#233;phore Niepce
		Eu le brillant r&#233;flexe
		De composer pour moi
		L'album de toi

		Toi f&#233;rue d'&#233;cologie
		D&#233;filant dans Paris
		Pour sauver la plan&#232;te
		Toi coquine, toi coquette
		Une nuit
		De quatorze juillet en f&#234;te

		Toi d&#233;barquant &#224; Roissy
		De vacances de ski
		La jambe dans le pl&#226;tre
		Toi r&#234;veuse devant l'&#226;tre
		Tr&#232;s diva
		Tr&#232;s h&#233;ro&#239;ne de th&#233;&#226;tre

		Toi dans de larges atours
		Posant avec humour
		Belle dans ta grossesse
		Toi serrant sur ton sein lourd
		Le fruit de notre amour
		Six livres de tendresse

		Et je suis l&#224;
		Qui colore en r&#234;vant
		Ces revues en noir et blanc
		D'un beau livre d'images
		Et que page apr&#232;s page
		Vient enrichir pour moi
		L'album de toi

		Toi que divers objectifs
		Ont saisi sur le vif
		Depuis ta prime enfance
		Au gr&#233;s des circonstances
		Pour porter jusqu'&#224; moi
		L'album de toi



L'amiral

		L'Amiral veut couler la flotte
		L'Amiral veut tout foutre &#224; l'eau
		Depuis qu'il sait que la culotte
		De sa femme est comme un drapeau
		Qui flotte au vent, qui flotte haut
		Au lit de bien des matelots
		Tandis qu'il r&#233;dige des notes
		Assis derri&#232;re un grand bureau

		Amiral o&#249; est la marine?
		Dans les dossiers de ton bureau
		Les bars du Cap et d'Indochine
		L'argent trich&#233; dans les tripots
		L'alcool de grain
		Tout &#231;a, c'est loin
		Mais c'&#233;tait beau
		Amiral o&#249; est ton bateau

		L'Amiral a perdu la t&#234;te
		L'Amiral a perdu le nord
		Il est loin le temps des conqu&#234;tes
		D'une fille dans chaque port
		A quelques n&#339;uds de la retraite
		Il a voulu lier son sort
		Au sort d'une tendre nymphette
		Qui h&#233;las! a le diable au corps

		Amiral la terre &#233;tait ronde
		La tienne est plate et sans grandeur
		Il y a tant de femme au monde
		Qui pourraient r&#233;chauffer ton c&#339;ur
		Et le remplir
		Et de d&#233;sirs
		Et de plaisirs
		Et de rumeurs
		Amiral o&#249; est ton bonheur

		L'Amiral a beaucoup de peine
		L'Amiral est comme un enfant
		Il fait soudain des gestes obsc&#232;nes
		Et dit des mot incoh&#233;rents
		Il rit et pleure &#224; tous moments
		Le minist&#232;re est sur les dents
		Faudrait pas que la presse apprenne
		Le sujet est trop important

		Amiral largue les amarres
		Et joue ta vie comme au poker
		Il vaut mieux mourir &#224; la barre
		Debout et face &#224; l'univers
		Comme un d&#233;fi
		Droit comme un I
		Que dans un lit
		Froid et d&#233;sert
		Amiral n'oublie pas la mer



L'amour

		Il est la r&#233;ponse aux questions
		De nos &#226;mes inqui&#232;tes
		Et le ma&#238;tre des sensations
		Qui blanchissent nos nuits
		Terre de force et de faiblesse
		Sem&#233;e de haine et de tendresse
		L'amour
		Il est le p&#244;le d'attraction
		Qui fait tourner les t&#234;tes
		Et parfois selon l'occasion
		Le chat et la souris
		Mais conscient de ses privil&#232;ges
		En fin de compte il est le pi&#232;ge
		L'amour, l'amour

		L'amour, l'amour, l'amour
		L'amour, l'amour
		Mon amour

		On ne sait comment il fleurit
		Ni soudain pourquoi il s'ach&#232;ve
		Souvent il prolonge les r&#234;ves
		Parfois il &#233;courte la vie
		Il est la folle incarnation
		De nos id&#233;es abstraites
		Le chef-d'&#339;uvre de perfection
		D'un auteur de g&#233;nie
		Il est fait d'ombre et de lumi&#232;re
		Ce mal qui nous est n&#233;cessaire
		L'amour, l'amour

		L'amour, l'amour, l'amour
		L'amour, l'amour
		Mon amour



L'amour &#224; fleur de coeur

		Quand la nuit se d&#233;laie dans l'aurore naissante
		Que le jour peu &#224; peu &#233;tale sa clart&#233;
		Je m'&#233;veille parfois pour mieux te contempler
		Quand tu reposes encore en des poses innocentes
		Bien souvent ind&#233;centes
		M&#234;l&#233;es de puret&#233;
		Mon c&#339;ur est fou de joie quand il peut te surprendre
		Etendue sans d&#233;fense, alanguie, sans pouvoir
		Tu ressembles &#224; l'enfant qui sourit sans savoir
		Et murmure les mots impossibles &#224; comprendre

		J'ai l'amour &#224; fleur de c&#339;ur
		Et mon c&#339;ur veille ta couche
		Vit sur ma bouche
		Qui veut crier
		Et r&#233;veiller
		Ton sommeil lourd
		Car j'ai le c&#339;ur &#224; fleur d'amour

		J'ai l'amour &#224; fleur de c&#339;ur
		Et des joies crev&#233;es d'angoisses
		Qui me surpassent
		Et c'est normal
		&#199;a me fait mal
		Quand vient le jour
		Car j'ai le c&#339;ur &#224; fleur d'amour

		Toi qui souris
		R&#234;vant &#224; je ne sais qui
		Au fond tu ne sais pas
		Tout ce qui se passe en moi

		J'ai l'amour &#224; fleur de c&#339;ur
		Qui me fait souffrir sans tr&#234;ve
		Lorsque tu r&#234;ves
		Paisiblement
		Toi mon tourment
		Toi ma douleur
		Quand j'ai l'amour &#224; fleur de c&#339;ur



L'amour c'est comme un jour

Paroles: Yves St&#233;phane. Musique: Charles Aznavour 1962

		Le soleil brille &#224; pleins feux
		Mais je ne vois que tes yeux
		La blancheur de ton corps nu
		Devant mes mains &#233;perdues
		Viens, ne laisse pas s'enfuir
		Les matins brod&#233;s d'amour
		Viens, ne laisse pas mourir
		Les printemps, nos plaisirs

		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va, &#231;a s'en va l'amour
		C'est comme un jour de soleil en ripaille
		Et de lune en chamaille
		Et de pluie en bataille
		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va, &#231;a s'en va l'amour

		C'est comme un jour d'un infini sourire
		Une infinie tendresse
		Une infinie caresse
		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va mon amour

		Notre &#233;t&#233; s'en est all&#233;
		Et tes yeux m'ont oubli&#233;
		Te souviens-tu de ces jours
		O&#249; nos c&#339;urs parlaient d'amour
		Nous n'avons pu retenir
		Que des lambeaux de bonheur
		S'il n'y a plus d'avenir
		Il nous reste un souvenir

		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va, &#231;a s'en va l'amour
		C'est comme un jour de soleil en ripaille
		Et de lune en chamaille
		Et de pluie en bataille
		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va, &#231;a s'en va l'amour

		C'est comme un jour d'un infini sourire
		Une infinie tendresse
		Une infinie caresse
		L'amour c'est comme un jour
		&#199;a s'en va mon amour



L'amour et la guerre

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1960 "Je m'voyais d&#233;j&#224;"

		Pourquoi donc irais-je encore &#224; la guerre
		Apr&#232;s ce que j'ai vu, avec ce que je sais?
		O&#249; sont-ils &#224; pr&#233;sent les h&#233;ros de nagu&#232;re?
		Ils sont all&#233;s trop loin chercher la v&#233;rit&#233;

		Quel que soit le printemps, les cigognes reviennent
		Que de fois, le c&#339;ur gros, je les ai vues passer
		Elles ber&#231;aient pour moi des r&#234;veries anciennes
		Illusions d'un enfant dont il n'est rien rest&#233;

		Toutes les fleurs sont mortes aux fusils de nos p&#232;res
		Bleuets, coquelicots, d'un jardin d&#233;vast&#233;
		J'ai compris maintenant ce qu'il me reste &#224; faire
		Ne comptez pas sur moi, si vous recommencez

		Tout ce que l'on apprend dans le regard des femmes
		Ni le feu, ni le fer n'y pourront jamais rien
		Car l'amour  et lui seul  survit parmi les flammes
		Je ferai ce qu'il faut pour d&#233;fendre le mien

		Pourquoi donc irais-je offrir ma jeunesse
		Alors que le bonheur est peut-&#234;tre &#224; deux pas?
		Je suis l&#224; pour t'aimer, je veux t'aimer sans cesse
		Afin que le soleil se l&#232;ve sur nos pas



L'enfant maquill&#233;

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Azvanour 1968

autres interpr&#232;tes: Dominique Dimey (1993), Jehan (2007)

		Je suis l'enfant dress&#233; sur les places publiques
		Maquill&#233; par le temps, j'ai cinq si&#232;cles et demi
		Je connais de la vie paroles et musique
		Je fais peur quelquefois mais j'ai beaucoup d'amis
		Je joue du tambourin pour les anniversaires
		De ces dieux moribonds tournant au gr&#233; des vents
		Que sont l'orgueil, la peur ou le d&#233;sir de plaire
		Vieillard, l'&#226;ge est venu d'avoir peur des enfants

		L'enfant maquill&#233;
		Je suis l'enfant maquill&#233;

		Je n'ai pas de parents, je n'ai pas de patrie
		Je parle avec les mains pour quelques initi&#233;s
		Et je sais travestir ma sagesse en folie
		Pour faire peur aux notaires, aux pr&#234;tres, aux &#233;piciers
		Je suis n&#233;, j'en ai peur, dans une cath&#233;drale
		&#192; deux pas d'un bordel et d'un bain de vapeur
		Ne vous &#233;tonnez pas si j'aime le scandale
		Je suis de ces enfants dont il faut avoir peur

		L'enfant maquill&#233;
		Je suis l'enfant maquill&#233;

		Un enfant qui ressemble &#224; vos r&#234;ves imb&#233;ciles
		Ceux que vous oubliez &#224; l'instant du r&#233;veil
		Je n'ai pas pour mission de vous laisser tranquille
		Archange d&#233;guis&#233; ou diable, c'est pareil
		Que &#231;a vous plaise ou non, je suis de votre &#233;poque
		Un enfant maquill&#233; qui a beaucoup v&#233;cu
		Je vous laisse en partant mon rire et ma d&#233;froque
		Je suis l'enfant trouv&#233; que vous avez perdu

		L'enfant maquill&#233;
		Je suis l'enfant maquill&#233;
		Je suis l'enfant maquill&#233;, perdu



L'enfant prodigue

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1959

		Je reviens chez mon p&#232;re
		Honteux et repentant
		Je suis parti nagu&#232;re
		Comme un mauvais enfant
		J'avais un lit de plume
		La table et le pain blanc
		La grande salle commune
		Et son feu de sarments
		Mais quand loin de sa cage
		Un oiseau veut s'enfuir
		Qui peut le retenir
		Si belle soit la cage
		Je r&#234;vais de voyages
		Et je voulais savoir
		O&#249; vont les grands nuages
		Qu'on voit courir le soir
		Je reviens chez mon p&#232;re
		Qui fait tuer le veau gras
		Je craignais sa col&#232;re
		Mais il m'ouvre les bras
		Louons la destin&#233;e
		Un fils nous est rendu
		Que pendant tant d'ann&#233;es
		Nous avons cru perdu
		Alors mes jeunes fr&#232;res
		S'en virent tout autour
		Et jusqu'au petit jour
		En cercle m'&#233;cout&#232;rent
		J'ai dit j'avais pour couche
		Les sables, les d&#233;serts
		Je garde dans ma bouche
		Le go&#251;t des fruits amers
		Je reviens chez mon p&#232;re
		Implorer son pardon
		J'ai parcouru la terre
		Vers les quatre horizons
		Jetant, jetant mon h&#233;ritage
		Et gaspillant mes jours
		J'ai offert en partage
		Mes biens et mes amours
		Je n'ai plus de fortune
		Mais j'ai d'autres tr&#233;sors
		J'ai troqu&#233; mes louis d'or
		Pour de beaux clairs de lune
		Je reviens chez mon p&#232;re
		Sans le moindre regret
		Si c'&#233;tait &#224; refaire
		Je recommencerais
		Si c'&#233;tait &#224; refaire
		Je recommencerais



L'indiff&#233;rence

		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence
		L'indiff&#233;rence
		C'est tout ce qu'il reste &#224; pr&#233;sent
		De cet amour tendre et violent
		En alternance
		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence
		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence

		Peu &#224; peu nous a fait sombrer
		Dans un monde froid et fig&#233;
		Sans r&#233;sonance
		Que reste-t-il de nos folies
		O&#249; le bonheur jouait sa vie?
		Et de nos rires insouciants
		Qui venaient au premier tourment
		S&#233;cher les peines
		Que l'amour tra&#238;ne?
		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence

		De ce qui est, de ce qui fut
		Il reste &#224; nos amours perdus
		Dans leur silence
		L'indiff&#233;rence

		Ce qui devait &#234;tre un chef-d'oeuvre
		Notre amour
		Je ne sais par quel manoeuvre
		Fut un four
		Nous offrons l'image d'un couple
		R&#233;sign&#233;
		Nos sentiments flottent en eaux trouble
		Avort&#233;s

		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence
		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence
		Que reste-t-il de nos folies
		O&#249; le bonheur jouait sa vie?
		Et de nos rires insouciants
		Qui venaient au premier tourment
		S&#233;cher les peines
		Que l'amour tra&#238;ne?
		L'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence, l'indiff&#233;rence

		De ce qui est, de ce qui fut
		Il reste &#224; nos amours perdus
		Dans leur silence
		L'indiff&#233;rence



La baraka

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1976

		La baraka
		C'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
		La baraka
		C'est notre vie que l'on br&#251;le avec insouciance
		La baraka
		C'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
		Et nuit et jour quand tu es l&#224;
		C'est notre amour, la baraka

		La baraka
		C'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
		La baraka
		C'est notre vie que l'on br&#251;le avec insouciance
		La baraka
		C'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
		Et nuit et jour quand tu es l&#224;
		C'est notre amour, la baraka

		Nul ne conna&#238;t son jour de chance
		Car le destin, seul secret
		Ouvre le bal, m&#232;ne la danse
		Pour un jour, une heure ou jamais

		La baraka
		C'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
		La baraka
		C'est notre vie que l'on br&#251;le avec insouciance
		La baraka
		C'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
		Et nuit et jour quand tu es l&#224;
		C'est notre amour, la baraka

		Moi j'y crois sans trop y croire
		Quand tout &#224; coup &#231;a m'est revenu
		Sans s'annoncer, sans crier gare
		Quand soudain tu m'es apparue



La boh&#232;me

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1965 "Monsieur Carnaval"

autres interpr&#232;tes: Georges Gu&#233;tary (1966), Les enfoir&#233;s (2000)

note: Titre tir&#233; de l'op&#233;rette "Monsieur Carnaval".

		Je vous parle d'un temps
		Que les moins de vingt ans
		Ne peuvent pas conna&#238;tre
		Montmartre en ce temps-l&#224;
		Accrochait ses lilas
		Jusque sous nos fen&#234;tres
		Et si l'humble garni
		Qui nous servait de nid
		Ne payait pas de mine
		C'est l&#224; qu'on s'est connu
		Moi qui criait famine
		Et toi qui posais nue

		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		&#199;a voulait dire on est heureux
		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		Nous ne mangions qu'un jour sur deux

		Dans les caf&#233;s voisins
		Nous &#233;tions quelques-uns
		Qui attendions la gloire
		Et bien que mis&#233;reux
		Avec le ventre creux
		Nous ne cessions d'y croire
		Et quand quelque bistro
		Contre un bon repas chaud
		Nous prenait une toile
		Nous r&#233;citions des vers
		Group&#233;s autour du po&#234;le
		En oubliant l'hiver

		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		&#199;a voulait dire tu es jolie
		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		Et nous avions tous du g&#233;nie

		Souvent il m'arrivait
		Devant mon chevalet
		De passer des nuits blanches
		Retouchant le dessin
		De la ligne d'un sein
		Du galbe d'une hanche
		Et ce n'est qu'au matin
		Qu'on s'asseyait enfin
		Devant un caf&#233;-cr&#232;me
		Epuis&#233;s mais ravis
		Fallait-il que l'on s'aime
		Et qu'on aime la vie

		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		&#199;a voulait dire on a vingt ans
		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		Et nous vivions de l'air du temps

		Quand au hasard des jours
		Je m'en vais faire un tour
		A mon ancienne adresse
		Je ne reconnais plus
		Ni les murs, ni les rues
		Qui ont vu ma jeunesse
		En haut d'un escalier
		Je cherche l'atelier
		Dont plus rien ne subsiste
		Dans son nouveau d&#233;cor
		Montmartre semble triste
		Et les lilas sont morts

		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		On &#233;tait jeunes, on &#233;tait fous
		La boh&#232;me, la boh&#232;me
		&#199;a ne veut plus rien dire du tout



La critique

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 2003 "Je voyage"

		Ils sont l&#224; tranquilles
		Sans la moindre bile
		Lorsque l'on panique
		Et que mort de trac
		Tous nos membres claquent
		Devant le public
		Avec un air sombre
		Ils guettent dans l'ombre
		Arm&#233;s d'un stylo
		Quoi qu'on dise ou fasse
		De notre cuirasse
		Le moindre d&#233;faut

		De gauche ou de droite
		Ceux que l'on mandate
		Pour faire un papier
		N'ont je le pr&#233;sume
		Pas tremp&#233; leur plume
		Dans un b&#233;nitier
		Et que peut-on faire
		Pauvre pot de terre
		Vuln&#233;rable et seul
		Lorsque l'on en cr&#232;ve
		Rengainer ses r&#234;ves
		Et fermer sa gueule

		La critique, la critique
		On a beau dire au fond
		Que l'on s'en contrefout
		La critique, la critique
		Vous d&#233;truit le moral et vous
		En fout un coup

		Frapp&#233; de n&#233;vrose
		En lisant ces proses
		Qui sauf exception
		Ressemblent oh surprise
		A des entreprises
		De d&#233;molition
		Si certains paniquent
		Et neurasth&#233;niques
		Consultent des psys
		D'autres se lib&#232;rent
		Remuent ciel et terre
		Etant Dieu merci

		Du genre opini&#226;tre
		Sont pr&#234;ts &#224; se battre
		Et pour &#234;tre mieux
		Cherchent un autre style
		Changent de profil
		Plantent des cheveux
		&#199;a ne change gu&#232;re
		Il reste une guerre
		De papier journal
		Fait de mots qui touchent
		L&#224; o&#249; &#231;a fait mouche
		L&#224; o&#249; &#231;a fait mal

		La critique, la critique
		On a beau dire au fond
		Que l'on s'en contrefout
		La critique, la critique
		Vous d&#233;truit le moral et vous
		En fout un coup

		Sorti du calvaire
		Des ann&#233;es gal&#232;res
		De cr&#232;ve-la-faim
		Des galas sordides
		Des soir&#233;es &#224; bides
		Lorsqu'on voit enfin
		Son nom qui se niche
		En haut de l'affiche
		&#199;a fait chaud au coeur
		Puis vient la premi&#232;re
		O&#249; faut se les faire
		Contr&#244;lant sa peur

		Apr&#232;s la soir&#233;e
		Les d&#233;s sont jet&#233;s
		D&#233;j&#224; dans le hall
		C'est fait de silence
		Inqui&#233;tant et dense
		Miel ou vitriol
		Que ce soit le sacre
		Ou bien le massacre
		Faudra faire avec
		Se dit en coulisses
		L'artiste au supplice
		Sans un poil de sec

		La critique, la critique
		On a beau dire au fond
		Que l'on s'en contrefout
		La critique, la critique
		Vous d&#233;truit le moral et vous
		En fout un coup

		Mais dis-toi que puisque
		Tu as pris tes risques
		T'as choisi ton bord
		Il te faut admettre
		Que le sien est d'&#234;tre
		M&#234;me s'il a tort
		Celui qui informe
		M&#234;me s'il d&#233;forme
		Souvent ta pens&#233;e
		Chacun sa mani&#232;re
		Et son savoir-faire
		Chacun son m&#233;tier

		Les articles passent
		D'autres prennent place
		Dans les quotidiens
		Ainsi va la vie
		Nul ne s'en soucie
		Nul ne s'en souvient
		Quand l'artiste en sc&#232;ne
		Joue et se d&#233;m&#232;ne
		Rien n'est important
		Adieu la critique
		Salut le public
		Bravo le talent

		La critique, la critique
		Qu'elle vous porte aux nues
		Ou en trois mots vous tue
		La critique, la critique
		Donne son unique opinion
		Qu'est pas forc&#233;ment du b&#233;ton
		En fin de compte, seul le public a raison



La dispute

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1981

		Un mot am&#232;ne un autre
		Et d'un incident futile
		On fait une &#233;norme faute
		Qui met l'amour en p&#233;ril
		Tout nous remonte en m&#233;moire
		Le ton monte jusqu'aux cris
		Et de tr&#232;s vieilles histoires
		Reviennent sur le tapis
		Aveugl&#233; par la col&#232;re
		Ne pouvant se retenir
		Chacun pleure sa mis&#232;re
		Chacun se dit un martyr
		Et les choses s'enveniment
		Nul ne veut faire un effort
		Les deux se disant victimes
		Hurlent de plus en plus fort
		Quand soudain les larmes perlent
		On se mouche bruyamment
		Et l'on repart de plus belle
		Les yeux inject&#233;s de sang

		La dispute, la dispute
		Atteint des points culminants

		C'est la guerre, c'est la haine
		Les mots portent des coups bas
		Et vole la porcelaine
		Et crie le voisin du bas
		On marche de long en large
		Prenant un plaisir malin
		A commencer le partage
		De tout ce qui nous revient

		Au sommet de cette crise
		En s'&#233;vitant du regard
		On aligne ses valises
		En vue de ce grand d&#233;part
		Mais qu'il parte ou bien qu'il reste
		Chacun veut, c'est &#233;vident
		Le cadeau de l'oncle Ernest
		Le chien et l'appartement
		Aphones et &#224; bout de forces
		De vaisselle et d'arguments
		On ne voit que le divorce
		Pour r&#233;gler le diff&#233;rent

		La dispute, la dispute
		Soudain fait grincer des dents

		Les assaillants face &#224; face
		S'inventent mille d&#233;fauts
		J'en oublie et puis j'en passe
		Des reproches et des mots
		Le jour peu &#224; peu d&#233;cline
		Et les forces en m&#234;me temps
		Les adversaires ruminent
		Boudent silencieusement
		Pour &#234;tre enfin raisonnables
		Et se quitter en bons amis
		Les ennemis passent &#224; table
		Manger de bon app&#233;tit
		N'ayant plus rien &#224; se dire
		T&#234;te basse on reste l&#224;
		Puis on baille et se retire
		Et se glisse dans les draps
		Dans le noir les doigts se touchent
		Et les mots sont superflus
		Ses l&#232;vres trouvent sa bouche
		Et l'amour prend le dessus

		La dispute, la dispute
		Tout &#224; coup a disparu



La goutte d'eau

Paroles: Max Pantera. Musique: Charles Aznavour 2007 "Plein du Monde"

		Si je tenais la goutte d'eau
		Qui a fait d&#233;border l'orage
		De la grisaille des nuages
		Donnant quarante jours de pluie

		Si je tenais la goutte d'eau
		Je ferais de ce bled sans ombre
		Une oasis unique au monde
		Pour que la force lui soit en vie

		Et en vertu de ce cadeau
		J'inviterais Dieu &#224; ma table
		Ainsi que la rose des sables
		A partager cette eau de vie

		Je servirais l'eau &#224; pleins seaux
		Je d&#233;salt&#233;rerais la chance
		Cette assoiff&#233;e de jouissances
		Qui donne au r&#234;ve du g&#233;nie

		Si je tenais la goutte d'eau
		Qui a fait d&#233;border l'orage
		Par la gargouille des nuages
		Donnant quarante jours de pluie

		Si je tenais la goutte d'eau
		Les sentiers deviendraient des fleurs
		Et je t'apporterais la preuve
		Qu'un don du ciel ne se tarit

		Mes fardeaux seraient des radeaux
		Le futur vivrait sans histoire
		Et je t'inviterais &#224; croire
		Que l'avenir vient d'un berceau

		Toi qui acceptes le combat
		D'une existence difficile
		Entre les fils et le reptile
		O&#249; l'abondance est hors la loi

		Si je tenais la goutte d'eau
		Les sources auraient leur sanctuaire
		Pour rappeler que sur la Terre
		L'eau aide &#224; faire de vieux os

		Et si j'avais cette goutte d'eau
		J'enracinerais l'esp&#233;rance
		Pour r&#233;colter la providence
		Et l'espoir de sauver ma peau

		Car j'ai peur que le manque d'eau
		Aggrave encore l'insupportable
		Puisque la soif est indomptable
		Et la p&#233;nurie un fl&#233;au

		Quand l'horizon retiendra l'eau
		Ma terre deviendra une &#238;le
		Et ce bonheur sera utile
		Pour sortir la t&#234;te de l'eau

		Et ce bonheur sera fertile
		Car je tiendrai la goutte d'eau



La Mamma

Paroles: Robert Gall. Musique: Charles Aznavour

autres interpr&#232;tes: Dalida, Isabelle Boulay

		Ils sont venus
		Ils sont tous l&#224;
		D&#232;s qu'ils ont entendu ce cri
		Elle va mourir, la mamma
		Ils sont venus
		Ils sont tous l&#224;
		M&#234;me ceux du sud de l'Italie
		Y a m&#234;me Giorgio, le fils maudit
		Avec des pr&#233;sents plein les bras
		Tous les enfants jouent en silence
		Autour du lit ou sur le carreau
		Mais leurs jeux n'ont pas d'importance
		C'est un peu leurs derniers cadeaux
		A la mamma

		On la r&#233;chauffe de baisers
		On lui remonte ses oreillers
		Elle va mourir, la mamma
		Sainte Marie pleine de gr&#226;ces
		Dont la statue est sur la place
		Bien s&#251;r vous lui tendez les bras
		En lui chantant Ave Maria
		Ave Maria
		Y a tant d'amour, de souvenirs
		Autour de toi, toi la mamma
		Y a tant de larmes et de sourires
		A travers toi, toi la mamma

		Et tous les hommes ont eu si chaud
		Sur les chemins de grand soleil
		Elle va mourir, la mamma
		Qu'ils boivent frais le vin nouveau
		Le bon vin de la bonne treille
		Tandis que s'entassent p&#234;le-m&#234;le
		Sur les bancs, foulards et chapeaux
		C'est dr&#244;le on ne se sent pas triste
		Pr&#232;s du grand lit et de l'affection
		Y a m&#234;me un oncle guitariste
		Qui joue en faisant attention
		A la mamma

		Et les femmes se souvenant
		Des chansons tristes des veill&#233;es
		Elle va mourir, la mamma
		Tout doucement, les yeux ferm&#233;s
		Chantent comme on berce un enfant
		Apr&#232;s une bonne journ&#233;e
		Pour qu'il sourie en s'endormant
		Ave Maria
		Y a tant d'amour, de souvenirs
		Autour de toi, toi la mamma
		Y a tant de larmes et de sourires
		A travers toi, toi la mamma
		Que jamais, jamais, jamais
		Tu nous quitteras



La marche des anges

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz, dapr&#232;s "Gloria" 1961

autres interpr&#232;tes: Annie Cordy (1961), Jacqueline Fran&#231;ois (1961), Les Compagnons de la Chanson (1961), Jocelyne Andr&#233; (1961)

note: Chanson du film "Un taxi pour Tobrouk".

		Mon c&#339;ur se trouve au bout du monde
		Et moi je vis au jour le jour
		Comptant les heures et les secondes
		Me s&#233;parant de mon amour

		Quand on se reverra
		Ma vie rena&#238;tra
		Et je s&#232;cherai mes pleurs
		Sur tes joues mon ange
		Dans tes bras en trouvant l'oubli
		Des jours d&#233;sunis
		R&#233;sonnera dans nos c&#339;urs
		La marche des anges

		Pour voir la fin de mes souffrances
		Je prie le ciel de me guider
		Vers le pays de notre enfance
		O&#249; tu te meurs &#224; m'esp&#233;rer

		Quand on se reverra
		Ma vie rena&#238;tra
		Et je s&#232;cherai mes pleurs
		Sur tes joues mon ange
		Dans tes bras en trouvant l'oubli
		Des jours d&#233;sunis
		R&#233;sonnera dans nos c&#339;urs
		La marche des anges

		Dans le chaos de ma tourmente
		Je ne r&#233;siste que par toi
		C'est ton visage qui me hante
		Et le son de ta voix

		Vienne le jour de ma victoire
		&#201;crasant les ann&#233;es pass&#233;es
		O&#249; l'amour a v&#233;cu sans gloire
		Vienne avec toi le temps d'aimer

		Quand on se reverra
		Ma vie rena&#238;tra
		Et je s&#232;cherai mes pleurs
		Sur tes joues mon ange
		Dans tes bras en trouvant l'oubli
		Des jours d&#233;sunis
		R&#233;sonnera dans nos c&#339;urs
		La marche des anges



La marguerite

Musique: Charles Aznavour

		C'&#233;tait la Marguerite on l'appelait Malou
		D&#233;j&#224; toute petite elle nous rendait fou
		Elle riait d'un rien et se moquait de tout
		La Marguerite
		La Marguerite

		Elle avait quelque chose, un &#233;trange pouvoir
		On portait son cartable, on faisait ses devoirs
		On en parlait le jour, on en r&#234;vait le soir
		La Marguerite

		De l'&#233;cole au lyc&#233;e on l'a vu s'&#233;panouir
		Et fleurir sa beaut&#233;, ses formes et nos d&#233;sirs
		Le secret de chacun &#233;tait d'un jour cueillir
		La Marguerite
		La Marguerite

		Bien que copain-copain on lui tournait autour
		Jaloux les uns des autres on lui faisait la cour
		Mais sage elle attendait l'unique et grand amour
		La Marguerite
		La Marguerite

		C'etait la Marguerite ange de nos seize ans
		On l'a trouv&#233;e un soir inconsciente au printemps
		Viol&#233;e souill&#233;e baignante dans ses larmes et son sang
		La Marguerite
		La Marguerite

		On a fait ses battues, arm&#233;s de nos fusils
		On a l&#226;ch&#233; les chiens, on a fouill&#233; la nuit
		Et traqu&#233; sans merci celui qui avait sali
		La Marguerite

		C'etait un gars d'ailleurs, pas un gars de chez nous
		Un salaud de passage, un maniaque, un voyou
		Qui a su s'en tirer en tra&#238;nant dans la boue
		La Marguerite
		La Marguerite

		Depuis elle n'a plus ni souri ni chant&#233;
		Elle est morte au-dedans comme une fleur fan&#233;e
		Comme une fleur de nuit, comme une fleur seche
		La Marguerite
		La Marguerite

		C'etait la Marguerite, on l'appelait Malou
		Aujourd'hui les gamins lui jettent des cailloux
		Elle suit son chemin indiff&#233;rente &#224; tout
		La Marguerite
		La Marguerite

		Traversant les saisons &#224; petits pas nerveux
		Elle va noir v&#234;tue sans relever les yeux
		Sans amis, sans amour, sans le secours de Dieu
		La Marguerite

		Moi je lui trouve encore une &#233;trange beaut&#233;
		Dans son deuil de la vie, dans son austerit&#233;
		Et je vais en secret souvent reconforter
		La Marguerite
		La Marguerite

		Elle m'offre un caf&#233;, &#233;coute mon discours
		Le m&#234;me chaque fois parlant de son retour
		A la vie, &#224; l'espoir pour lui donner l'amour
		Qu'elle m&#233;rite
		La Marguerite



La plan&#232;te o&#249; mourir

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1968 "Charles Aznavour chante Dimey"

		on a traqu&#233; le cerf, on a traqu&#233; la biche,
		On a sem&#233; des fleurs tout autour des prisons
		On a m&#234;me invit&#233; les pauvres chez les riches
		On a chant&#233; nos larmes et pleur&#233; nos chansons
		Moi j'ai vu mes cheveux comme un arbre d'automne
		Irr&#233;m&#233;diablement chaque matin blanchir
		Le monde me surprend, mais plus rien ne m'&#233;tonne
		Je cherche la plan&#232;te o&#249; je pourrais mourir

		On a vers&#233; le sang au hasard des victoires
		On a tu&#233; la colombe en plein ciel &#224; midi
		On s'est m&#234;me servi du bon Dieu sans y croire
		On a oubli&#233; tout ce qu'on avait promis
		Moi qui sens peu &#224; peu se refroidir ma t&#234;te
		Je vous regarde en face et j'ai peine &#224; sourire
		II se peut que demain soit enfin jour de f&#234;te
		Si je pouvais trouver ma plan&#232;te o&#249; mourir

		On a traqu&#233; le cerf, on a traqu&#233; la biche,
		On a traqu&#233; les hommes et tout &#224; l'avenant
		Vous ne pouvez savoir &#224; quel point je m'en fiche
		&#192; l'&#226;ge o&#249; me voici, je le jure et pourtant
		J'avais imagin&#233; d'incroyables voyages
		Vers tous les horizons j'&#233;tais pr&#234;t &#224; partir
		Et puis je suis rest&#233;, juste un peu de courage
		Et le temps de trouver la plan&#232;te o&#249; mourir



La salle et la terrasse

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1983

autres interpr&#232;tes: Yves Jamait (2006 "Le coquelicot")

		Depuis dix ans comme le temps passe
		Je fais la salle et la terrasse
		Chez Marie-Louise que tu connais
		La petite rouquine au teint de lait
		Que je r&#234;vais de prendre au pi&#232;ge
		Quand j'&#233;tais le coq du coll&#232;ge
		Dieu qu'il en est pass&#233; du temps
		Sur moi qui joue toujours perdant
		En attendant que je m'y fasse
		Je fais la salle et la terrasse
		Et je suis aim&#233; des clients

		Moi faire la salle et la terrasse
		J'aurai salement fais la grimace
		Tu m'aurais dit &#231;a y a dix ans
		Quand Marie-Louise me plaisait tant
		Elle allait encore &#224; l'&#233;cole
		Moi je lui collais des aur&#233;oles
		Quand je la voyais passer de loin
		Mais le petit ange a fait ses foins
		Maintenant qu'elle r&#232;gne sur la place
		Je fais la salle et la terrasse
		Et je n'irai jamais plus loin

		Que voulez-vous donc que j'y fasse
		On devient b&#234;te et le temps passe
		Marie-Louise a quarante cinq ans
		Et son cocu bien gentiment
		Vient de la faire propri&#233;taire
		Pour aller dormir dans la terre
		On ne peut gu&#232;re dormir plus loin
		Mais moi j'ai tellement d'embonpoint
		Et j'ai tellement fait de grimaces
		Entre la salle et la terrasse
		Je suis un con ni plus ni moins

		Depuis dix ans comme le temps passe
		Je fais la salle et la terrasse
		Chez Marie-Louise que tu connais
		La petite rouquine au teint de lait
		Que je r&#234;vais de prendre au pi&#232;ge
		Quand j'&#233;tais le coq du coll&#232;ge
		Dieu qu'il en est pass&#233; du temps
		Sur moi qui joue toujours perdant
		En attendant que je m'y fasse
		Je fais la salle et la terrasse
		Et je suis aim&#233; des clients



La Terre meurt

2007

		Les oc&#233;ans sont des poubelles
		Les fonds de terre sont souill&#233;s
		Les Tchernobyl en ribambelles
		Voient naitre des f&#339;tus mort-n&#233;s
		Dans cinquante ans, qu'allons nous faire
		De ces millions de d&#233;tritus
		Et ces d&#233;chets du nucl&#233;aire
		Dont les pays ne veulent plus?

		Sous nos pieds la terre promise,
		Patrimoine de nos enfants,
		Petit &#224; petit agonise
		Et je m'en soucie
		Et pourtant les esp&#232;ces devenues rares
		Sont en voie de disparition
		Et la laideur chante victoire
		Sous le plastique et le b&#233;ton.

{}

		La Terre meurt
		L'homme sen fout
		Il vit sa vie
		Un point, c'est tout.
		Il met &#224; son gr&#233;, &#224; son go&#251;t,
		Le monde sens dessus dessous
		La Terre meurt
		O&#249; allons-nous?

		Dans la finance et les affaires,
		Le p&#233;trole est le ma&#238;tre mot
		Il m&#232;ne &#224; tout
		M&#234;me &#224; la guerre
		Et nul ne s'inqui&#232;te de l'eau
		O&#249; en sont la flore et la faune?
		Et qu'advient-il du firmament
		Priv&#233; de la couche d'ozone
		Gardien de l'environnement?

		Sous le ciel, le sol se r&#233;volte
		Car l'homme trompe la nature
		Quand il trafique les r&#233;coltes
		Il hypoth&#232;que son futur.
		Sous le soleil, les for&#234;ts br&#251;lent
		Et l'on gave les champs d'engrais
		Dans la boulimie majuscule
		Du rendement et du progr&#232;s

{au Refrain}

		Il est temps de prendre conscience
		Que l'homme ne respecte rien
		Il se fiche de l'existence
		Des baleines et des dauphins
		L'&#233;l&#233;phant meurt pour son ivoire
		La b&#234;te rare pour sa peau
		Et dans les grandes mar&#233;es noires
		Le mazout englue les oiseaux

		La soci&#233;t&#233; consommatrice
		Avance impun&#233;ment ses pions
		Tandis que les arbres pourrissent
		Dans les villes et leurs environs
		La s&#233;cheresse se d&#233;cha&#238;ne
		Effa&#231;ant tout signe de vie
		Et certaines races humaines
		Cr&#232;vent d'abandon et d'oubli

{au Refrain}

		La Terre meurt
		R&#233;veillons-nous!



Le bel &#233;cossais

		L'r&#233;giment d&#233;filait
		Lentement il marchait
		Jouant cr&#226;n'ment de la cornemuse
		Simplement je suivais
		Ce si bel &#201;cossais
		Disant tant pis si mes s'mell's s'usent
		Sa moustache en bataill'
		Sa jup' volant au vent
		C'&#233;tait le plus beau du r&#233;giment
		Son petit air canaill'
		Ses genoux ronds et blancs
		Avaient pris mon c&#339;ur en un instant

		L'r&#233;giment fut au r'pos
		C'est alors qu'il m'a dit
		Des mots doux que je n'ai pas compris
		Mais il &#233;tait si beau
		Qu'enivr&#233;e j'lai suivi
		Jour inoubliable de ma vie
		Je ne sais pas son nom
		Je ne sais rien de lui
		Sinon qu'il m'aima toute la nuit
		Il &#233;tait si mignon
		Pour que je m'amus'
		Il me fit jouer d'sa cornemus'

		Mais le sort est m&#233;chant
		Avec son r&#233;giment
		Au matin il parti mon amant
		Depuis la douleur m'use
		Et plus rien ne m'amus'
		Je crois entendre des cornemuses
		Ell's me parlent d'Ecoss'
		De moustaches en crocs
		D'r&#233;giments, d'un soldat fier et beau
		Ell's me parl'nt d'un beau gosse
		A la jupe pliss&#233;e
		Aux folles &#233;treintes et aux doux baisers

		J'implore mon amour
		Mais l'&#233;cho reste sourd
		Loin de lui je n'ai plus de raison
		J'ai chaud et puis j'ai froid
		Tout tourne autour de moi
		Arr&#234;tez les cornemuses
		Jouez-moi du cornet &#224; piston



Le cabotin

		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		Je suis n&#233; pour jouer
		Donnez-moi un tr&#233;teau minable et sans chaleur
		Je vais me surpasser
		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		Mais j'ai &#231;a dans le sang
		Donnez-moi quatre planches et quelques spectateurs
		Et j'aurai du talent,
		Du talent

		Dans une pi&#232;ce de trois murs
		A ventre ouvert sur le public
		Tout comme au bord d'un gouffre obscur
		Avec mon trac, mes tics
		Je viens donner la com&#233;die
		Vibrant d'un feu qui br&#251;le en moi
		Je parle, je pleure, et je ris
		Et vis mon r&#244;le chaque foi
		Ne me condamnez pas sans comprendre mon c&#339;ur
		Je sui d'une autre race
		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		La sc&#232;ne est mon espace

		Ma vie commence alors
		Que je vois le d&#233;cor
		Que j'entends les trois coups
		Et je suis malgr&#233; moi
		pris de peur et de joie
		Quand le rideau se l&#232;ve
		L&#224;, mon c&#339;ur bat si fort
		Que je fr&#244;le la mort
		Et que j'en oublie tout
		Mais au moment exact
		Je fais le premier pas
		Pour entrer dans mon r&#234;ve

		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		J'ai choisi mon destin
		Donnez-moi dix r&#233;pliques et quelques projecteurs
		Vous verrez mes moyens
		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		Et c'est toute ma vie
		Donnez-moi un th&#233;&#226;tre, un r&#244;le &#224; ma hauteur
		Et j'aurai du g&#233;nie
		Du g&#233;nie

		Sous un maquillage savant
		ou le visage &#224; d&#233;couvert
		Emphatique ou discr&#232;tement
		Je dis la prose ou bien le vers
		Avec tendresse avec fureur
		Selon la pi&#232;ce et puis l'emploi
		Je souffre, je vis ou je meurs
		Et mens jusqu'&#224; ce que j'y croie
		Soit dit sans vanit&#233; je connais ma valeur
		Et si pour vous peut-&#234;tre
		Je suis un cabotin dans toute sa splendeur
		Je reste fier de l'&#234;tre



Le carillonneur

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1961

		Mon bon Seigneur, de mon vivant
		J'&#233;tais valet sonneur de cloches
		Roupillant la nuit sous les porches
		A la chapelle des manants

		Cristi, j'en ai carillonn&#233;
		Des mortibus plus qu'&#224; b&#233;nir
		Mon Seigneur n'y pourrait suffire!
		J&#233;sus m'en aura pardonn&#233;
		Je m'envolais, pendu plus haut
		Que la statue de saint Christophe
		Mon froc flottant comme un drapeau
		Tant que j'en faisais craquer l'&#233;toffe
		Cristi, j'en ai carillonn&#233; {x2}

		Cristi, j'en aurai vu partir
		Tous seuls dans leur manteau de bois
		Chacun pour la derni&#232;re fois
		L'instant venu des repentirs
		Ceux qui furent joyeux lurons
		Dont la femme &#233;tait patronnesse
		Courant de la gueuse au litron
		Quand l'&#233;pouse &#233;coutait la messe
		Cristi, j'en aurai vu partir {x2}

		Cristi, j'en ai carillonn&#233;
		Des malfam&#233;s p&#233;tris d'orgueil
		Sans jamais en prendre le deuil
		J&#233;sus m'en aura pardonn&#233;
		Je les avais vus tout contents
		Au matin de leurs &#233;pousailles
		Quand j'ai sonn&#233; leurs fun&#233;railles
		Je m'en balan&#231;ais tout autant
		Cristi, j'en ai carillonn&#233; {x2}

		Du premier jusqu'au dernier jour,
		Toutes les messes de l'ann&#233;e
		Je les aurai carillonn&#233;es
		Rompu, bris&#233; plus qu'&#224; mon tour
		J'ai sonn&#233; pour tous les copains
		Le moment le plus difficile
		Quand on a la cloche facile
		On peut toujours gagner son pain

		Mon bon Seigneur de mon vivant
		De mon coeur, j'ai tir&#233; la corde
		Vous me ferez mis&#233;ricorde
		Je suis un peu de vos parents



Le droit des femmes

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1997 "Plus Bleu"

		Depuis qu'avec l'homme sur terre elle fut mise
		La femme pour des mill&#233;naires fut soumise
		Cette tradition &#233;tait clairement transmise
		Elle ob&#233;issait &#224; ses pairs et &#224; l'&#233;glise

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		Bien des choses ont &#233;volu&#233;
		Depuis que Rome
		Voulait les culpabiliser
		Pour une pomme
		Les femmes se sont lib&#233;r&#233;es
		Il faut voir comme
		Il faudra nous y habituer
		Nous les bonshommes

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		Souvent nos m&#232;res ont v&#233;cu
		L'insupportable
		Subissant bafou&#233;es et cocues
		L'inacceptable
		Messieurs ce temps est r&#233;volu
		Alors que diable
		Les jeux sont faits rien ne va plus
		Cartes sur table

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		Femmes poup&#233;es, femmes au foyer
		Femmes qu'on vexe
		Toutes ces femmes lib&#233;r&#233;es
		De leurs complexes
		Parlent de choix, parlent d'id&#233;es
		Comme de sexe
		Alors messieurs ayons fair-play
		Le bon r&#233;flexe

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		Ce mari cet ancien macho
		Peut sans probl&#232;me
		Sans rougir pousser un landau
		Sur les lieux m&#234;me
		O&#249; tous ses copains font le beau
		Devant un cr&#232;me
		On a l'&#233;toffe d'un h&#233;ros
		D&#232;s que l'on aime

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		Aujourd'hui le monde a chang&#233;
		Tout passe et casse
		La femme dans la soci&#233;t&#233;
		A pris sa place
		Pilote, &#233;crivain, PDG
		Et puis j'en passe
		Comme finir &#224; &#201;lys&#233;e
		Un jour de gr&#226;ce

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus

		&#201;change de bons proc&#233;d&#233;s
		L'homme peut faire
		Quelques uns des petits m&#233;tiers
		Des m&#233;nag&#232;res
		On peut le voir marcher sur les
		Grandes art&#232;res
		Fard&#233;, peu v&#234;tu racoler
		Ses cong&#233;n&#232;res

		Le droit des femmes
		Le droit des femmes n'est plus
		Je le proclame
		Ce que jadis il fut
		Ces dames se sont battues mais l'ont eu
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus
		Le droit des femmes
		Et ne le l&#226;cheront plus



Le feutre taup&#233;

1946

		Il portait un feutre taup&#233;
		Il parlait par onomatop&#233;es
		Il buvait des caf&#233;s frapp&#233;s
		Avec des pailles

		Il &#233;tait tr&#232;s d&#233;gingand&#233;
		Il fumait des camels parfum&#233;es
		Il marchait &#224; pas combin&#233;s
		Boul' vard Raspail

		Il suivait des inconnues
		Chaque soir le long des rues
		Pour leur dire l'air ing&#233;nu
		Doubi, doubi, doubi, douba

		Il portait un feutre taup&#233;
		Il parlait par onomatop&#233;es
		Il buvait des caf&#233;s frapp&#233;s
		Avec des pailles

		Il &#233;tait tr&#232;s imprudent
		Car il risquait de se faire &#233;craser tout l'temps
		Il fuyait en s'excusant
		Tandis que les gens disaient en s'&#233;loignant

		Il portait un feutre taup&#233;
		Il parlait par onomatop&#233;es
		Il buvait des caf&#233;s frapp&#233;s
		Avec des pailles

		Il &#233;tait tr&#232;s d&#233;gingand&#233;
		Il fumait des camels parfum&#233;es
		Il marchait &#224; pas combin&#233;s
		Boul'vard Raspail

		Il suivait une inconnue
		Lui parlait d'un air &#233;mu
		Et voici c'que j'ai r'tenu
		Doubi, doubi, doubi, douba

		Elle &#233;tait tr&#232;s int&#233;ress&#233;e
		Se laissa tr&#232;s tr&#232;s vite inviter
		A prendre un bon caf&#233; frapp&#233;
		Avec des pailles

		Elle lui plaisait fortement
		Quand elle parlait il n'osait plus faire un mouv'ment
		Elle riait de son &#233;tonn'ment
		Mais se laissa courtiser car justement

		Elle aimait son feutre taup&#233;
		Son parl&#233; par onomatop&#233;es
		Et aussi les caf&#233;s frapp&#233;s
		Avec des pailles

		Elle &#233;tait blonde platine
		Elle &#233;tait fortement parfum&#233;e
		Et prenait un air d&#233;tach&#233;
		Un air canaille

		Quand il lui disait ch&#233;rie
		Vous &#234;tes la femme de ma vie
		Ajoutant ces mots gentils
		Doubi, doubi, doubi, douba

		Plus tard ils se sont mari&#233;s
		Cela fit un m&#233;nage de cingl&#233;s
		Qui s'balade &#224; pas combin&#233;s
		Boul'vard Raspail

		Il faut les voir dans un caf&#233;
		Sur le comptoir buvant frapp&#233;s
		Des caf&#233;s, des caf&#233;s frapp&#233;s
		Avec des pailles.



Le palais de nos chim&#232;res

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1964 "Hier encore"

		Nous nous sommes mari&#233;s par un jour de printemps
		Sans pr&#234;tre, sans mairie, sans amis, ni parents
		Nous n'avions tout au plus elle et moi que vingt ans
		Mais un d&#233;sir d'adulte br&#251;lait nos c&#339;urs d'enfants

		L'amour en une nuit &#233;mancipa nos c&#339;urs
		Nous &#233;tions enlac&#233;s tout honteux de bonheur
		Dans nos yeux agrandis ne passait nulle peur
		Car la jeunesse rit quand l'enfance se meurt

		Le palais de nos chim&#232;res
		Nous l'avions b&#226;ti sur l'horizon
		Et nous ceinturions la terre
		Elle et moi, comme des vagabonds

		Pour s'abreuver &#224; la source
		De l'amour cet &#233;ternel printemps
		Nous nous partagions la mousse
		Du ch&#226;teau de la rose des vents

		&#192; pr&#233;sent je suis seul je marche toujours
		Mais quand je sentirai venir mon dernier jour
		Sur la tombe o&#249; d&#233;j&#224; repose mon amour
		Heureux j'irai m'&#233;tendre et mourir &#224; mon tour

		Et sous la m&#234;me croix nos deux corps dormiront
		Nos yeux seront cern&#233;s par le m&#234;me horizon
		Et de la m&#234;me terre nos bouches s'empliront
		Quand pour l'&#233;ternit&#233; nos &#226;mes s'uniront

		Le palais de nos chim&#232;res
		A croul&#233; avec mes illusions
		Et sous le poids de ses pierres
		Se l&#233;zarde un c&#339;ur de vagabond

		Mon pass&#233; qui me domine
		Me pousse &#224; errer par tous les temps
		Et dormir parmi les ruines
		Du ch&#226;teau de la rose des vents



Le repos de la guerri&#232;re

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1965 "Charles Aznavour 65"

		Je comprends que tu sois fi&#232;re
		De ta personnalit&#233;,
		De ton fameux caract&#232;re
		Par tant de gens respect&#233;,
		Sois s&#251;re que j'appr&#233;cie
		Avec quelle obstination,
		Avec quelle minutie
		Tu conduis tes ambitions

		Mais moi, mais moi, j'aime bien les berg&#232;res
		Qui pensent surtout &#224; l'amour
		Mais moi, mais moi, je ne suis pas fait pour
		Le repos de la guerri&#232;re

		Je con&#231;ois que tu n'aies gu&#232;re
		Le temps de batifoler
		Avec toutes tes affaires,
		Tes probl&#232;mes &#224; r&#233;gler,
		Tu vas, tu viens, tu discutes
		Et c'est d&#233;j&#224; tr&#232;s joli
		De m'accorder dix minutes
		Entre New York et Paris

		Mais moi, mais moi, j'aime bien les berg&#232;res
		Qui donnent leur temps &#224; l'amour
		Mais moi, mais moi, je ne suis pas fait pour
		Le repos de la guerri&#232;re

		C'est agr&#233;able, sans doute,
		Ta tranquille autorit&#233;,
		La fa&#231;on dont tu prends toutes
		Tes responsabilit&#233;s,
		&#199;a, tu n'es pas &#233;conome
		D'ordres et de d&#233;cisions,
		On croit vivre avec un homme
		A part quelques exceptions

		Mais moi, mais moi, j'aime bien les berg&#232;res
		En tout cas, plus que les bergers
		Mais moi, oui moi, je ne veux pas bercer
		Le repos de la guerri&#232;re

		Mais si un jour, un peu lasse,
		Sans vraiment savoir pourquoi
		Tu as envie qu'on t'embrasse
		Et qu'on te parle &#224; mi-voix,
		Si tu veux sur une &#233;paule
		Simplement te reposer
		Abandonnant tout contr&#244;le,
		Alors viens sans t'excuser!

		Car moi, car moi, j'aime bien les guerri&#232;res
		Qui sont d&#233;sarm&#233;es par l'amour
		Car moi, oui moi, vraiment je suis fait pour
		Le repos de la berg&#232;re



Le temps

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jeff Davis 1965

		Laisse-moi guider tes pas dans l'existence
		Laisse-moi la chance de me faire aimer
		Viens comme une enfant au creux de mon &#233;paule
		Laisse-moi le r&#244;le de te faire oublier
		Le temps qui va
		Le temps qui sommeille
		Le temps sans joie
		Le temps des merveilles
		Le temps d'une jour
		Temps d'une seconde
		Le temps qui court
		Et celui qui gronde

{}

		Le temps, le temps
		Le temps et rien d'autre
		Le tien, le mien
		Celui qu'on veut n&#244;tre

		Le temps pass&#233;
		Celui qui va na&#238;tre
		Le temps d'aimer
		Et de dispara&#238;tre
		Le temps des pleurs
		Le temps de la chance
		Le temps qui meurt
		Le temps des vacances

{au Refrain}

		Le temps glorieux
		Le temps d'avant-guerre
		Le temps des jeux
		Le temps des affaires
		Le temps joyeux
		Le temps des mensonges
		Le temps frileux
		Et le temps des songes

{au Refrain}

		Le temps des crues
		Le temps des folies
		Le temps perdu
		Le temps de la vie
		Le temps qui vient
		Jamais ne s'arr&#234;te
		Et je sais bien
		Que la vie est faite

		Du temps des uns
		Et du temps des autres
		Le tien, le mien
		Peut devenir n&#244;tre

		Le temps, le temps, le temps



Le tor&#233;ador

		Tu gis les yeux perdus
		Livide et pitoyable
		Le corps &#224; demi nu
		Recouvert d'un drap blanc
		Ton habit de lumi&#232;re
		Est jet&#233; lamentable
		Avili de poussi&#232;re
		Et macul&#233; de sang

		La course continue
		Tandis que tu rends l'&#226;me
		Tant pis pour le vaincu
		Il m&#233;rite son sort
		Et le nom du vainqueur
		Que l'assistance acclame
		Bien plus que la douleur
		Te transperce le corps le corps

		Tu ne reverras plus
		Les courses ennivrantes
		Sous un soleil de plomb
		A te crever les yeux
		Tu ne reverras plus
		Les filles ravissantes
		Debout sur les gradins
		T'acclamant comme un dieu

		Tu n'&#233;prouveras plus
		Ce sentiment &#233;trange
		Fait d'un curieux m&#233;lange
		De peur et de fiert&#233;
		Quand dans l'ar&#232;ne en feu
		Tu marchais d'un pas noble
		Tandis qu'un passo doble
		Ponctuait ton entr&#233;e

		La b&#234;te a eu raison
		De ta fi&#232;re prestance
		Elle a sali ton nom
		Elle a ruin&#233; ta vie
		Ta merveilleuse allure
		Et ta fi&#232;re arrogance
		Sont tomb&#233;s dans la sciure
		Et le sable rougi

		Tes ongles sont plant&#233;s
		Dans le bois de ta couche
		Et seul, abandonn&#233;
		Tu vois venir la mort
		Cette fille d'amour
		Qui te colle &#224; la bouche
		Pour mieux voler tes jours
		En poss&#233;dant ton corps

		Tu ne reverras plus
		La chaude Andalousie
		Quand la terre glac&#233;e
		Va se jeter sur toi
		Tu ne reverras plus
		Ces danseuses en folie
		Ces chanteurs de flamenque
		Aux path&#233;tiques voix

		Une idole se meurt
		Une autre prend sa place
		Tu as perdu la face
		Et sold&#233; ton destin
		Car la gloire est frivole
		Et quand on la croit n&#244;tre
		Elle s'offre &#224; un autre
		Et il ne reste rien



Le tr&#232;fle &#224; quatre feuilles

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1983 "Charles chante Aznavour et Dimey"

		Le Petit Poucet me cherche peut-&#234;tre
		Au long des sentiers sem&#233;s de cailloux
		Le bois de sapins et le bois de h&#234;tres
		L'ont vu ce matin repasser partout

		Tr&#232;fle &#224; quatre feuilles
		Et b&#234;te &#224; bon Dieu
		Fraises que je cueille
		Au bois gracieux

		Pas plus que Poucet, le Chaperon Rouge
		Ne pourra jamais plus me retrouver
		Au bord de l'&#233;tang, si la feuille bouge
		Un saut de grenouille va l'effaroucher

		Tr&#232;fle &#224; quatre feuilles
		Et millepertuis
		Fleurs que je recueille
		Pour tromper l'ennui

		Au fond du ch&#226;teau, la belle sommeille
		Parmi ses laquais, ses dames d'atour
		Elle attend, je crois, que je la r&#233;veille
		Mais il est trop tard, j'ai perdu mon tour

		Tr&#232;fle &#224; quatre feuilles
		Rose de Provins
		Celle que je cueille
		Fanera demain

		J'ai perdu la source et la feuille verte
		Et je ne sais plus le nom des oiseaux
		J'ai d&#251; tout passer par profits et pertes
		Je n'ai plus le droit d'aller au ch&#226;teau

		Tr&#232;fles &#224; quatre feuilles
		O&#249; fleurissez-vous?
		Tr&#232;fles &#224; quatre feuilles
		Vous souvenez-vous?



Les amoureux de papier

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1956

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour

		Au quatri&#232;me &#233;tage
		C'est l&#224; que finit l'escalier
		Au-dessus y a le toit
		Mais au-dessus du toit
		Il y a, il y a un nuage
		Perch&#233; sur ce nuage
		Il y a tout un monde cach&#233;
		Paradis merveilleux
		Eternellement bleu
		Pour les enfants sages

		Les amoureux de papier
		Vivent sur ce nuage
		Ils ont un air d&#233;suet
		Des amants d'un autre &#226;ge
		Les amoureux de papier
		Dans leurs marivaudages
		Echangent des serments
		Et des c&#339;urs sur papier d'emballage

		Les amoureux de papier
		N'ont pas l'air &#224; la page
		Il porte un col empes&#233;
		Lui donnant l'air trop sage
		Elle parait plus libertine
		Car on voit plus que l'on devine
		Ses seins mignons qui s'amusent
		A faire baisser les yeux
		De son timide amoureux

		Les amoureux de papier
		Effeuillent la nature
		Je t'aime un peu beaucoup
		Passionn&#233;ment je jure
		S'il est parfois malheureux
		Leurs larmes se rassemblent
		Pour faire une rivi&#232;re de diamants
		Les encha&#238;nant ensemble
		Les amoureux de papier
		Un jour sur leur nuage
		A l'&#233;glise du ciel bleu
		Se marient sans tapage

		Et vraiment, vraiment c'est dommage
		Qu'apr&#232;s vingt ans de mariage
		Les amoureux de papier
		Ressemblent tout &#224; coup
		Aux m&#233;nages de Dubout



Les amours m&#233;dicales

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1978

		Celle que j'aime se destine
		A un tr&#232;s noble et beau m&#233;tier
		Chaque jour &#224; la Facult&#233;
		Elle pr&#233;pare M&#233;decine
		Mais la nuit, quand je la caresse,
		Elle chuchote &#224; mi-voix
		"Sais-tu ce que j'ai sous les doigts
		Quand ton corps sur le mien se presse?

		Du carbone et du potassium
		Du phosphore et puis du sodium
		Du fer, du zinc, de l'hydrog&#232;ne
		De l'iode, du cuivre et du brome
		Du mangan&#232;se et du calcium
		De l'azote et de l'oxyg&#232;ne,
		Le corps est &#224; moiti&#233; plein d'eau
		Il contient des sels min&#233;raux
		Et des mati&#232;res organiques
		Il y a la chair et les os
		Et puis les muscles sous la peau"
		Que tout cela est romantique!

		Je suis envi&#233; par mes amis
		Qui pensent qu'un docteur au lit
		Doit trouver les choses g&#233;niales,
		Le g&#233;nial est que, dans le noir,
		Je crois &#234;tre &#224; un cours du soir
		Je vis des amours m&#233;dicales

		Entre nous, je vous avoue que
		Je fais des complexes en amour
		Car je sens bien que jusqu'au jour
		En parlant, elle me diss&#232;que,
		Aussi bien, pour la faire taire
		Je clos sa bouche d'un baiser
		Mais d&#232;s qu'elle peut respirer
		Elle poursuit son inventaire

		"Du nickel et du vanadium
		Molybd&#232;ne et aluminium
		Du plomb, de l'&#233;tain et du bore
		Titane, arsenic, magn&#233;sium
		Fluor, cobalt et silicium
		Et m&#234;me du soufre et du chlore"
		Elle continue par "le foie
		Les reins, les poumons, l'estomac
		Le pancr&#233;as, les parotides
		Membres inf&#233;rieurs et sup&#233;rieurs
		La rate, le cerveau et le coeur
		Et puis la glande thyro&#239;de"

		J'ai la sensation chaque nuit
		De suivre un cours d'anatomie
		Avouez, avouez qu'elle n'est pas normale
		D'autres ont des amours po&#233;sies
		Des amours brutes ou travesties
		Je vis des amours m&#233;dicales



Les ann&#233;es campagne

Paroles et Musique: Charles Aznavour, Georges Garvarentz, Arrgt: Roger Loubet 1994 "Toi et moi"

		&#192; l'horizon de mes pens&#233;es
		Quelques images se profilent
		Surgissant de notre pass&#233;
		Avant que happ&#233; par la ville
		Je quitte l'&#226;me d&#233;chir&#233;e
		Les ann&#233;es campagne

		Moi dans le secret de mon c&#339;ur
		Je garde comme une blessure
		Le go&#251;t sal&#233; de ce bonheur
		Qui fut &#224; peine une aventure
		Que nous offraient avec chaleur
		Les ann&#233;es campagne

		Et plus je m'&#233;loigne
		De ces ann&#233;es-l&#224;
		Plus elles m'empoignent
		Me parlent tout bas
		D'une enfant timide
		Rencontr&#233;e un jour
		Dont je fus le guide
		Aux jeux de l'amour

		Elle n'avait jamais aim&#233;
		On l'appelait la sauvageonne
		Elle &#233;tait fi&#232;re et r&#233;serv&#233;e
		Et n'appartenait &#224; personne
		Nous avons connu un &#233;t&#233;
		Mon c&#339;ur en t&#233;moigne
		Les ann&#233;es campagne

		Les ann&#233;es campagne

		L'amour s'est offert sans fa&#231;on
		Sous le ciel bleu de mes vacances
		Prenant nos c&#339;urs &#224; l'hame&#231;on
		Allumant notre adolescence
		Nous avons eu pour nos le&#231;ons
		Les ann&#233;es campagne

		Premier &#233;moi, premier chagrin
		Un car qui s'en va sur la route
		Un c&#339;ur qui court vers son destin
		Quand l'autre se meurt dans le doute
		Elles n'ont pas de lendemain
		Les ann&#233;es campagne

		Les ann&#233;es campagne
		Ne reviennent pas
		Mais nous accompagnent
		Souvent pas &#224; pas
		Fleurs de l'existence
		Allumant des feux
		Des lueurs d'enfance
		Au fond de nos yeux

		Je repense de temps en temps
		Aux jours b&#233;nis de notre faiblesse
		&#192; nos parents, nos grands-parents
		Aux ann&#233;es folles, ann&#233;es tendresse
		Miel enrichi de nos printemps
		Les ann&#233;es cocagne
		Les ann&#233;es campagne

		Les ann&#233;es campagne



Les aventuriers

Paroles et Musique: Charles Aznavour, J.Plante 1963

		Ils s'en sont all&#233;s
		Aussi loin que leur bateau pouvait les emporter
		Pour savoir ce qu'on trouvait au bout de l'univers
		Pour savoir o&#249; finissait la mer

		Ils se sont perdus
		Entre le soleil et l'eau qui n'en finissait plus
		Accroch&#233;s dans les haubans les yeux vers l'horizon
		A deux doigts d'en perdre la raison

		Pour pouvoir tenir
		Pour ne pas se laisser mourir
		Ce qu'il leur a fallu subir
		Le saura-t-on jamais?
		Mais Dieu leur a donn&#233;
		Des princesses pour esclaves
		Et des rois encha&#238;n&#233;s
		Et les cl&#233;s d'un paradis d'un monde merveilleux
		Des empires aux tr&#233;sors fabuleux, fabuleux

		Ils &#233;taient partis
		Parce qu'ils devaient trouver le monde trop petit
		D&#233;go&#251;t&#233;s par les amis, d&#233;&#231;us par leurs amours
		Fatigu&#233;s de vivre au jour le jour

		Les uns sont rest&#233;s
		Et leurs noms sont maintenant appris des &#233;coliers
		Ils ont d&#251; mourir un jour en contemplant aux nues
		Les &#233;toiles d'un ciel inconnu

		Certains moins heureux
		Sont un jour revenus chez eux
		Pour vieillir au coin d'un grand feu
		D&#233;vor&#233;s de regrets
		Mais d'autres partiront
		Et ce qu'on fait leurs a&#238;n&#233;s
		Ceux-l&#224; le referont
		Quand la terre n'aura plus aucun secret pour eux
		Ils iront conqu&#233;rir dans les cieux
		Ces eldorados, ces immensit&#233;s
		Dont nous font cadeau les aventuriers



Les bateaux sont partis

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1983

		Les bateaux sont partis, ce soir la mer est belle
		La vague vient vers moi comme un serpent riant
		De grands oiseaux pl&#226;nant autour de moi m'appellent
		Dans le vent qui se l&#232;ve, c'est ta voix que j'entends
		C'est ta voix que j'entends

		La vague vient rouler &#224; mes pieds sur le sable
		La trace des mes pas s'efface peu &#224; peu
		Ma tristesse aujourd'hui est inimaginable
		Avec cet ocean qui bouge entre nous deux
		Qui bouge entre nous deux

		Les bateaux sont partis, ce soir la mer est calme
		Le vent qui vient des &#238;les exhale doucement
		Une plainte de harpe en jouant dans les palmes
		Je regarde la mer et c'est toi que j'entends
		Et c'est toi que j'entends

		J'attends que le soleil tout &#224; coup apparaisse
		Que son premier rayon vienne effleurer ma peau
		L'heure d'enchantement, l'heure de la d&#233;tresse
		Et c'est toi que j'attends qui va sortir des eaux
		Qui va sortir des eaux
		Toi que j'attends qui va sortir des eaux.



Les bons moments

		Nous avons eu de bons moments
		Nous avons eu de grands moments
		De folles joies d'&#233;tranges peines
		A vivre ensemble
		Nous &#233;tions gorg&#233;s de printemps
		Et fiers d'&#233;taler nos vingt ans
		Que les feux de l'amour
		Et le d&#233;sir rassemblent
		Un jour riche, un jour sans un sou
		Nous &#233;tions heureux malgr&#233; tout
		Car jour et nuit br&#251;lait en nous
		Cet amour fou qui nous ressemble
		Bien s&#251;r, le bonheur est mouvant
		Mais laisse au c&#339;ur des amants

		Nous avons eu de bons moments
		Nous avons eu de grands moments
		Des cr&#233;puscules clairs
		Des aubes grises ensemble
		Nous &#233;tions jeunes et insouciants
		Et vivions comme des enfants
		Que les jours de la vie
		Et les r&#234;ves rassemblent
		Mais aujourd'hui mon triste c&#339;ur
		Laisse ta peine oublie ta peur
		Car bien que notre amour se meure
		S&#232;che tes pleurs car il me semble
		Qu'il vaut mieux dire en se quittant
		Nous avons eu pour quelque temps
		De bons moments, de bons moments



Les champignons hallucinog&#232;nes

		Tu te dois d'&#234;tre solitaire
		Au monde auquel tu appartiens
		Tu es un enfant de la terre
		Et cet univers est le tien
		Tu peux pi&#233;tiner le syst&#232;me
		Et jeter les tabous au feu
		Mais tu ne peux fuir tes probl&#232;mes
		Ce serait l&#226;che et d&#233;sastreux

		Dis-toi que les champignons
		Les champignons
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux
		Les stup&#233;fiants quelles qu'en soient leur sorte
		Sont des faux-fuyants dangereux
		Les paradis artificiels n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;es par Dieu
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux

		De toute part les armes grondent
		Y a la faim et la pauvret&#233;
		Qui couvrent la moiti&#233; du monde
		Toi tu vis sur l'autre moiti&#233;
		Quel que soit le poids que tu portes
		Tu vis dans le clan des heureux
		Il n'est de raison assez forte
		Pour te d&#233;truire peu &#224; peu

		Dis-toi que les champignons
		Les champignons
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux
		Les stup&#233;fiants quelles qu'en soient leur sorte
		Sont des faux-fuyants dangereux
		Les paradis artificiels n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;es par Dieu
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux

		Si tu refuses l'existence
		Y a d'autres moyens de se tuer
		Si ce n'est que simples exp&#233;riences
		Y'en a de plus nobles &#224; tenter
		Il vient de te pousser des ailes
		Prends ton &#233;lans ouvre les yeux
		Car le jeu en vaut la chandelle
		Quand on y croit et que l'on veut

		Dis-toi que les champignons
		Les champignons
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux
		Les stup&#233;fiants quelles qu'en soient leur sorte
		Sont des faux-fuyants dangereux
		Les paradis artificiels n'ont pas &#233;t&#233; cr&#233;es par Dieu
		Les champignons hallucinog&#232;nes
		Sont des champignons v&#233;n&#233;neux



Les com&#233;diens

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1962

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Les com&#233;diens ont install&#233; leurs tr&#233;teaux
		Ils ont dress&#233; leur estrade
		Et tendu des calicots
		Les com&#233;diens ont parcouru les faubourgs
		Ils ont donn&#233; la parade
		A grand renfort de tambour
		Devant l'&#233;glise une roulotte peinte en vert
		Avec les chaises d'un th&#233;&#226;tre &#224; ciel ouvert
		Et derri&#232;re eux comme un cort&#232;ge en folie
		Ils drainent tout le pays, les com&#233;diens

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Si vous voulez voir confondus les coquins
		Dans une histoire un peu triste
		O&#249; tout s'arrange &#224; la fin
		Si vous aimez voir trembler les amoureux
		Vous lamenter sur Baptiste
		Ou rire avec les heureux
		Poussez la toile et entrez donc vous installer
		Sous les &#233;toiles le rideau va se lever
		Quand les trois coups retentiront dans la nuit
		Ils vont rena&#238;tre &#224; la vie, les com&#233;diens

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Les com&#233;diens ont d&#233;mont&#233; leurs tr&#233;teaux
		Ils ont &#244;t&#233; leur estrade
		Et pli&#233; les calicots
		Ils laisseront au fond du c&#339;ur de chacun
		Un peu de la s&#233;r&#233;nade
		Et du bonheur d'Arlequin
		Demain matin quand le soleil va se lever
		Ils seront loin, et nous croirons avoir r&#234;v&#233;
		Mais pour l'instant ils traversent dans la nuit
		D'autres villages endormis, les com&#233;diens

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent

		Viens voir les com&#233;diens
		Voir les musiciens
		Voir les magiciens
		Qui arrivent



Les deux guitares

Paroles: Charles Aznavour. Musique: populaire russe 1960

		Deux tziganes sans r&#233;pit
		Grattent leur guitare
		Ranimant du fond des nuits
		Toute ma m&#233;moire
		Sans savoir que roule en moi
		Un flot de d&#233;tresse
		Font rena&#238;tre sous leurs doigts
		Ma folle jeunesse

		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

		Jouez tziganes jouez pour moi
		Avec plus de flamme
		Afin de couvrir la voix
		Qui dit &#224; mon &#226;me
		O&#249; as-tu mal, pourquoi as-tu mal?
		Ah t'as mal &#224; la t&#234;te
		Mais bois un peu moins aujourd'hui tu boiras plus demain
		Et encore plus apr&#232;s-demain

		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

		Je veux rire et chanter
		Et so&#251;ler ma peine
		Pour oublier le pass&#233;
		Qu'avec moi je tra&#238;ne
		Apportez-moi du vin fort
		Car le vin d&#233;livre
		Oh versez, versez-m'en encore
		Pour que je m'enivre

		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

		Deux guitares en ma pens&#233;e
		Jettent un trouble immense
		M'expliquant la vanit&#233;
		De notre existence
		Que vivons-nous, pourquoi vivons-nous?
		Quelle est la raison d'&#234;tre?
		Tu es vivant aujourd'hui, tu seras mort demain
		Et encore plus apr&#232;s-demain

		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

		Quand je serai ivre-mort
		Faible et lamentable
		Et que vous verrez mon corps
		Rouler sous la table
		Alors vous pourrez cesser
		Vos chants qui r&#233;sonnent
		En attendant jouez
		Jouez je m'abandonne

		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
		Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz



Les deux pigeons

Paroles: Ren&#233; Clair. Musique: Charles Aznavour 1963 "Qui?"

		Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre
		Mais l'un d'eux a quitt&#233; leur toit
		Qu'ils sont longs les jours de l'attente
		Et longues sont les nuits sans toi

		Un pigeon regrettait son fr&#232;re
		Moi je regrette mon bel amour
		Comme lui j'attends un bruit d'ailes
		Le doux bruit d'ailes de son retour

		J'ai laiss&#233; partir avec elle
		Le bonheur qui nous &#233;tait d&#251;
		Sur le chemin du temps perdu

		Amant heureux amant
		Redites-le souvent
		Une absence est toujours trop longue
		Rien ne sert de courir le monde
		L'amour passe et les feuilles tombent
		Quand tourne la rose des vents

		Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre
		Mais l'un d'eux a quitt&#233; leur toit
		Qu'ils sont longs les jours de l'attente
		Et longues sont les nuits sans toi

		Un pigeon regrettait son fr&#232;re
		Moi je regrette mon bel amour
		Comme lui j'attends un bruit d'ailes
		Le doux bruit d'ailes de son retour

		J'ai laiss&#233; partir avec elle
		Le bonheur qui nous &#233;tait d&#251;
		Sur le chemin du temps perdu



Les &#233;migrants

Paroles: Charles Aznavour, Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1986

		Comment crois-tu qu'ils sont venus?
		Ils sont venus, les poches vides et les mains nues
		Pour travailler &#224; tours de bras
		Et d&#233;fricher un sol ingrat

		Comment crois-tu qu'ils sont rest&#233;s?
		Ils sont rest&#233;s, en trimant comme des damn&#233;s
		Sans avoir &#224; lever les yeux
		Pour se sentir tout pr&#232;s de Dieu

		Ils ont vois-tu, plein de ferveur et de vertu
		B&#226;ti un temple &#224; temps perdu

		Comment crois-tu qu'ils ont tenu?
		Ils ont tenu, en &#233;tant croyants et t&#234;tus
		D&#233;termin&#233;s pour leurs enfants
		&#192; faire un monde diff&#233;rent
		Les &#233;migrants

		Comment crois-tu qu'ils ont mang&#233;?
		Ils ont mang&#233;, cette sacr&#233; vache enrag&#233;e
		Qui vous ach&#232;ve ou vous rend fort
		Soit qu'on en cr&#232;ve ou qu'on s'en sort

		Comment crois-tu qu'ils ont aim&#233;?
		Ils ont aim&#233;, en b&#233;nissant leur premier n&#233;
		En qui se m&#233;langeait leurs sangs
		Leurs traditions et leurs accents

		Ils ont bient&#244;t, cr&#233;&#233; un univers nouveau
		Sans holocauste et sans ghettos

		Comment crois-tu qu'ils ont gagn&#233;?
		Ils ont gagn&#233;, quand il a fallu d&#233;signer
		Des hommes qui avaient du cran
		Ils &#233;taient tous au premier rang
		Les &#233;migrants

		Comment crois-tu qu'ils ont souffert?
		Ils ont souffert, certains en d&#233;crivant l'enfer
		Avec la plume ou le pinceau
		&#199;a nous a valu Picasso

		Comment crois-tu qu'ils ont lutt&#233;?
		Ils ont lutt&#233;, en ayant l'amour du m&#233;tier
		Jusqu'&#224; y sacrifier leur vie
		Rappelez-vous Marie Curie
		Avec leurs mains
		Ils ont travaill&#233; pour demain
		Servant d'exemple au genre humain

		Comment crois-tu qu'ils ont fini?
		Ils ont fini, laissant un peu de leur g&#233;nie
		Dans ce que l'homme a de tous temps
		Fait de plus beau fait de plus grand
		Les &#233;migrants



Les enfants de la guerre

		Les enfants de la guerre
		Ne sont pas des enfants
		Ils ont l'&#226;ge de pierre
		du fer et du sang
		Sur les larmes de m&#232;res
		Ils ont ouvert les yeux
		Par des jours sans myst&#232;re
		Et sur un monde en feu

		Les enfants de la guerre
		Ne sont pas des enfants
		Ils ont connu la terre
		A feu et &#224; sang
		Ils ont eu des chim&#232;res
		Pour aiguiser leur dents
		Et pris des cimeti&#232;res
		Pour des jardins d'enfants

		Ces enfants de l'orage
		Et des jours incertains
		Qui avaient le visage
		Creus&#233; par la faim
		Ont vieilli avant l'&#226;ge
		Et grandi sans secours
		Sans toucher l'h&#233;ritage
		Que doit l&#233;guer l'amour

		Les enfants de la guerre
		Ne sont pas des enfants
		Ils ont vu la col&#232;re
		&#201;touffer leurs chants
		Ont appris &#224; se taire
		Et &#224; serrer les poings
		Quand les voix mensong&#232;res
		Leur dictaient leur destin

		Les enfants de la guerre
		Ne sont pas des enfants
		Avec leur mine fi&#232;re
		Et leurs yeux trop grand
		Ils ont vu la mis&#232;re
		Recouvrir leurs &#233;lans
		Et des mains &#233;trang&#232;res
		&#201;gorger leurs printemps

		Ces enfants sans enfance
		Sans jeunesse et sans joie
		Qui tremblaient sans d&#233;fense
		De peine et de froid
		Qui d&#233;fiaient la souffrance
		Et taisaient leurs &#233;mois
		Mais vivaient d'esp&#233;rance
		Sont comme toi et moi

		Des amants de mis&#232;re
		De malheureux amants
		Aux amours singuli&#232;res
		Aux r&#234;ves changeants
		Qui cherchent la lumi&#232;re
		Mais la craignent pourtant
		Car
		Les amants de la guerre
		Sont rest&#233;s des enfants



Les filles d'aujourd'hui

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1965 "Aznavour 65"

note: r&#233;enregistr&#233; en 1969 avec des variantes, voir ci-dessous

		Quand en plein &#233;t&#233;, vos tricots coll&#233;s dessinent
		Toutes vos valeurs, faisant de vous des ondines
		Je sens malgr&#233; moi se d&#233;couvrir mes canines
		&#212; filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		En voyant rouler la bo&#238;te &#224; tr&#233;sors &#233;tanche
		De vos pantalons qui cernent si fort vos hanches
		J'ai l'&#226;me, l'esprit, le c&#339;ur, le corps qui flanchent
		&#212; filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Je me sens inexorablement
		Attir&#233; par vous comme par un aimant

		Lorsque nous dansons, tout mon univers s'&#233;croule
		Car votre parfum, qui devient mon air, me saoule
		Et ma peau soudain se transforme en chair de poule
		&#212; filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Un tel app&#233;tit de vous poss&#233;der m'anime
		Que je suis toujours un peu, je le sais, victime
		D'une envie de vous qui me pousserait au crime
		Ah, filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Mon c&#339;ur affam&#233; qu'un d&#233;sir br&#251;lant chatouille
		Pour vous conqu&#233;rir, de petits pr&#233;sents se mouille
		Pour en arriver &#224; rentrer pourtant bredouille
		&#212; filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Mais vous vous moquez de mon ardeur
		Et m'en faites voir de toutes les couleurs
		Et, jour apr&#232;s jour, mille et mille fois, on ose
		Croyant qu'il n'y a pas d'&#233;pine &#224; vos roses
		Vous parler d'amour en esp&#233;rant quoi? La chose
		Ah, filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		L'homme qui se croit est, &#224; mon avis, stupide
		Car, quoi qu'il en soit, c'est la femme qui d&#233;cide
		Quand vous n'aimez pas, m&#234;me un roi subit le bide
		Oui, filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Et quand vous voulez, telle une araign&#233;e, g&#233;niales
		Petit &#224; petit, pour nous, vous tissez la toile
		Qui va nous serrer jusqu'&#224; la cur&#233;e nuptiale
		&#212; filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Car vous &#234;tes plus fortes que nous
		Avant que de faire ouf, on a la corde au cou
		Et puis un matin, malgr&#233; toute la prudence
		Que nous avons eue, on va, comme &#224; la potence,
		A corps d&#233;fendant, signer le contrat d'alliance
		Qui fait d'un homme d'aujourd'hui le mari de demain

Version de 1969:

		Quand en plein &#233;t&#233;, vos tricots mouill&#233;s dessinent
		Toutes vos valeurs, faisant de vous des ondines
		Je sens malgr&#233; moi se d&#233;couvrir mes canines
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		En voyant rouler la bo&#238;te &#224; tr&#233;sors &#233;tanche
		De vos pantalons qui cernent si fort vos hanches
		J'ai l'&#226;me, l'esprit, le c&#339;ur, le corps qui flanchent
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		Je me sens inexorablement
		Attir&#233; par vous comme par un aimant

		Lorsque nous dansons, tout mon univers s'&#233;croule
		Car votre parfum, qui devient mon air, me saoule
		Et ma peau soudain se transforme en chair de poule
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		Un tel app&#233;tit de vous poss&#233;der m'anime
		Que je suis toujours un peu, je le sais, victime
		D'une envie de vous qui me pousserait au crime
		Ah vous! les filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		Mon c&#339;ur affam&#233; qu'un d&#233;sir br&#251;lant chatouille
		Pour vous conqu&#233;rir, de petits pr&#233;sents se mouille
		Pour en arriver &#224; rentrer pourtant bredouille
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		Mais vous vous moquez de mon ardeur
		Et m'en faites voir de toutes les couleurs
		Et, jour apr&#232;s jour, mille et mille fois, on ose
		Croyant qu'il n'y a pas d'&#233;pine &#224; vos roses
		Vous parler d'amour en esp&#233;rant quoi? La chose
		Ah, filles d'aujourd'hui, femmes de demain

		L'homme qui se croit est, &#224; mon avis, stupide
		Car, quoi qu'il en soit, c'est la femme qui d&#233;cide
		Quand vous n'aimez pas, m&#234;me un roi subit le bide
		Oui, vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		Et quand vous voulez, telle une araign&#233;e, g&#233;niales
		Petit &#224; petit, pour nous, vous tissez la toile
		Qui va nous mener jusqu'&#224; la cur&#233;e nuptiale
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain

		Car vous &#234;tes plus fortes que nous
		Avant que de faire ouf, on a la corde au cou
		Et puis un matin, malgr&#233; toute la prudence
		Que nous avons eue, on va, comme &#224; la potence,
		A corps d&#233;fendant, signer le contrat d'alliance
		Qui fait d'un homme d'aujourd'hui le mari de demain

		Rien qu'&#224; y penser, le pauvre gar&#231;on panique
		De dr&#244;les d'id&#233;es viennent troubler son physique
		Par l'&#233;tranget&#233; d'une r&#233;action chimique
		Oh vous! les filles d'aujourd'hui, les femmes de demain



Les jours heureux

		&#192; l'heure o&#249; le monde bouge
		Alors que ton c&#339;ur apprend
		La mis&#232;re Il te faut teindre de rouge
		Il te faut peindre de sang
		Ta raison
		Quand les loups font ta r&#233;colte
		Ils t'enseignent malgr&#233; toi
		La col&#232;re
		Laisse gronder ta r&#233;volte
		Prends la fronde et quitte donc
		Ta maison

		Ils rena&#238;tront les jours heureux
		Les soleils verts de notre vie
		Ils reviendront semer l'oubli
		Apr&#232;s le feu
		Et refleuriront avec eux
		Les fruits pervers de l'esp&#233;rance
		Avant courrier de l'insouciance
		Et des jours heureux

		J'ai laiss&#233; dormir ma ferme
		Et mes outils se rouill&#233;s
		Dans la grange
		Car l'unique grain qui germe
		Pousse seul de mes pens&#233;es
		En fusion
		J'ai le c&#339;ur gris&#233; de haine
		Mais ne veut pas surtout pas
		&#202;tre un ange
		Tiens, prends ma main dans la tienne
		C&#244;te &#224; c&#244;te on souffrira compagnons

		Ils rena&#238;tront les jours heureux
		Les soleils verts de notre vie
		Ils reviendront semer l'oubli
		Apr&#232;s le feu
		Et refleuriront avec eux
		Les fruits pervers de l'esp&#233;rance
		Avant courrier de l'insouciance
		Et des jours heureux

		Mais apr&#232;s vents et temp&#234;tes
		Lorsque chantera la paix
		Sur la terre
		Pesamment comme une b&#234;te
		Je viendrai soigner mes plaies
		Sur tes flancs
		Loin du monde en &#233;quilibre
		Entre la peur et le jeu
		De la guerre
		Je serai un homme libre
		Je serai un homme dieu tout-puissant

		Ils rena&#238;tront les jours heureux
		Les soleils verts de notre vie
		Ils reviendront semer l'oubli
		Apr&#232;s le feu
		Et refleuriront avec eux
		Les fruits pervers de l'esp&#233;rance
		Avant courrier de l'insouciance
		Et des jours heureux.



Les plaisirs d&#233;mod&#233;s

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1972

Titre original: "Dansons joue contre joue"

		Dans le bruit familier de la bo&#238;te &#224; la mode
		Aux lueurs psych&#233;d&#233;liques au curieux d&#233;corum
		Nous d&#233;couvrons assis sur des chaises incommodes
		Les derniers disques pop, pouss&#233;s au maximum

		C'est l&#224; qu'on s'est connu parmi ceux de notre &#226;ge
		Toi v&#234;tue en Indienne et moi en col Mao
		Nous revenons depuis comme en p&#232;lerinage
		Danser dans la fum&#233;e &#224; couper au couteau

		Viens d&#233;couvrons toi et moi les plaisirs d&#233;mod&#233;s
		Ton c&#339;ur contre mon c&#339;ur malgr&#233; les rythmes fous
		Je veux sentir mon corps par ton corps &#233;pous&#233;
		Dansons joue contre joue
		Dansons joue contre joue

		Viens noy&#233;e dans la cohue, mais dissoci&#233;s du bruit
		Comme si sur la Terre il n'y avait que nous
		Glissons les yeux mi-clos jusqu'au bout de la nuit
		Dansons joue contre joue
		Dansons joue contre joue

		Sur la piste envahie c'est un spectacle rare
		Les danseurs sont en transe et la musique aidant
		Ils semblent sacrifier &#224; des rythmes barbares
		Sur les airs d'aujourd'hui souvent vieux de tous temps

		L'un &#224; l'autre &#233;trangers bien que dansant ensemble
		Les couples se d&#233;m&#232;nent on dirait que pour eux
		Le musique et l'amour ne font pas corps ensemble
		Dans cette obscurit&#233; propice aux amoureux

		Viens d&#233;couvrons toi et moi les plaisirs d&#233;mod&#233;s
		Ton c&#339;ur contre mon c&#339;ur malgr&#233; les rythmes fous
		Je veux sentir mon corps par ton corps &#233;pous&#233;
		Dansons joue contre joue
		Dansons joue contre joue

		Viens noy&#233;e dans la cohue, mais dissoci&#233;s du bruit
		Comme si sur la Terre il n'y avait que nous
		Glissons les yeux mi-clos jusqu'au bout de la nuit
		Dansons joue contre joue
		Dansons joue contre joue



Les vertes ann&#233;es

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jeff Davis 1967

		Nous &#233;tions tous les deux
		&#201;tendus sur la lande
		Tu regardais les cieux
		Moi je te contemplais
		Le roux de tes cheveux
		D&#233;nou&#233;s sur la lande
		Sur le vert de l' Irlande
		&#201;tait vague de feu

		De nos vertes ann&#233;es
		Qui verrouillaient l' enfance
		Dont je n' ai malgr&#233; moi
		Jamais rien oubli&#233;
		De nos vertes ann&#233;es
		En as-tu souvenance
		Viennent-elles parfois
		Tendrement &#233;clairer
		Un coin de tes pens&#233;es
		Nos vertes ann&#233;es?

		&#192; la brise d' &#233;t&#233;
		Tu offrais ton visage
		Et tu semblais r&#234;ver
		Sans savoir qu' en mon c&#339;ur
		Venait de se lever
		La temp&#234;te et l' orage
		Car je demeurais sage
		Pudique et boulevers&#233;

		De nos vertes ann&#233;es
		Qui s' ouvraient sur la vie
		Et qui vivent &#224; feu doux
		Au fil de mes pens&#233;es
		De nos vertes ann&#233;es
		J' en ai la nostalgie
		Que reviennent pour nous
		Le temps d' un seul &#233;t&#233;
		Du fond de leur pass&#233;
		De nos vertes ann&#233;es



Libert&#233;

Paroles: Maurice Vidalin. Musique: Charles Aznavour 1960

autres interpr&#232;tes: Barbara (1961)

		Libert&#233;, libert&#233;,
		Qu'as-tu fait libert&#233;
		De ceux-l&#224; qui voulaient te d&#233;fendre?
		Les voil&#224; tes amis
		Ils &#233;taient trop petits
		Et d&#233;j&#224; le bourreau va les pendre
		Ils aimaient bien leurs enfants
		Ils aimaient bien leurs parents
		Et pas qu'un peu le vin rouge et l'amour
		Mais quelque chose manquait
		Qu'ils ne pouvaient expliquer
		Et c'&#233;tait toi libert&#233; des beaux jours
		Avec une rose au chapeau
		Bien plus jolie qu'un drapeau
		Droit devant eux un jour s'en sont all&#233;s
		Mais ils n'ont pas fait quatre pas
		Que les sergents &#233;taient l&#224;
		Qui les tenaient au bout des pistolets
		N'as-tu pas deux visages, libert&#233;:
		L'un joyeux l'autre grave?

		Libert&#233;, libert&#233;,
		Qu'as-tu fait libert&#233;
		De ceux-l&#224; qui t'ont crue sur parole
		Ils ne t'ont jamais vue
		Ils ne te verront plus
		Libert&#233; fameux r&#234;ve des hommes
		Ils ne r&#234;vaient que de toi
		Ils ne vivaient que par toi
		Et c'est pour toi qu'ils prieront dans le ciel
		Rien n'a chang&#233; dans leur c&#339;ur
		Ils n'ont pas froid, n'ont pas peur
		C'est toujours toi libert&#233; leur soleil
		Et quand on les a condamn&#233;s
		Ils ont salu&#233; sans pleurer
		Et l'un &#224; l'autre ils se sont embrass&#233;s
		Ils ont cri&#233;: "Vive le roi,
		Vive la reine et la loi,
		Mais vive aussi, vive la libert&#233;"



Lisboa

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 2003 "Je voyage"

		Ma ville en bord de mer tu t'accroches &#224; mes basques
		Quand je dois m'en aller vers d'autres horizons
		J'ai, en ta compagnie, fait un peu trop de frasques
		Le moment est venu de payer l'addition.
		Terre de mes amours de jeunesse immature
		A vingt ans je croyais que tout m'&#233;tait permis
		Je ne fus pas toujours blanc bleu en aventures
		Quand on est jeune et fou, on veut br&#251;ler ses nuits.

		Lisboa je pars
		Sans but, au loin et au hasard
		De port en port, de gare en gare
		Pour effacer les cris stridents de ma m&#233;moire
		Et tenter un nouveau d&#233;part
		Je pars.

		Lisboa je fuis
		Vers l'incertain, vers l'infini
		Vers des ailleurs chercher l'oubli
		Comme un fuyard traqu&#233;, comme un proscrit.
		J'ai g&#226;ch&#233; l'amour et d&#233;truit
		Ma vie.

		Ma ville tu m'angoisses et mon coeur se d&#233;chire
		Que tu vas me manquer, l&#224;-bas, dans mon exil.
		Reviendrai-je jamais, mon Dieu, qui peut pr&#233;dire
		Pourrai-je, loin de toi, vaincre tous les p&#233;rils?
		Ville de mes &#233;mois, mi-m&#232;re et mi-ma&#238;tresse
		D'espoir en d&#233;sespoir tu as forg&#233; mes jours.
		J'ai les yeux pleins de larmes et le coeur en d&#233;tresse
		Sachant que je m'en vais peut-&#234;tre pour toujours.

		Lisboa je pars
		Sans but, au loin et au hasard
		De port en port, de gare en gare
		Pour effacer les cris stridents de ma m&#233;moire
		Et tenter un nouveau d&#233;part
		Je pars.

		Lisboa je fuis
		Vers l'incertain, vers l'infini
		Vers des ailleurs chercher l'oubli
		Comme un fuyard traqu&#233;, comme un proscrit.
		J'ai g&#226;ch&#233; l'amour et d&#233;truit
		Ma vie.

		Je ne marcherai plus tout au long de la rade
		Au bras de mon amour, heureux et coeur battant
		Frimant &#224; ses c&#244;t&#233;s &#224; m'en rendre malade
		Fier de son teint h&#226;l&#233; et de son corps troublant.
		J'ai pi&#233;tin&#233; ses r&#234;ves sans raison ni cause
		Elle, d&#233;sabus&#233;e, a mis fin &#224; ses jours.
		De remords en regrets j'ai appris une chose
		C'est quand l'amour n'est plus que l'on croit &#224; l'amour.

		Lisboa je pars
		Sans but, au loin et au hasard
		De port en port, de gare en gare
		Pour effacer les cris stridents de ma m&#233;moire
		Et tenter un nouveau d&#233;part
		Je pars.

		Lisboa je fuis
		Vers l'incertain, vers l'infini
		Vers des ailleurs chercher l'oubli
		Comme un fuyard traqu&#233;, comme un proscrit.
		J'ai g&#226;ch&#233; l'amour et d&#233;truit
		Ma vie.



Lorsque mon c&#339;ur sera

Paroles: Bernard Dimey. Musique: Charles Aznavour 1968 "Charles Aznavour chante Dimey"

		Lorsque mon coeur sera comme un vieux fruit d'automne
		Et que mes ossements s'en iront &#224; vau-l'eau
		Peut-&#234;tre direz-vous que la r&#233;colte est bonne
		Les vers pendant ce temps glisseront sous ma peau
		Les yeux noirs que j'aurai seront d'un noir de tombe
		Et je ne pourrai plus sourire que des dents
		Vous aurez tout loisir d'aller faire la bombe
		Quel que soit votre jeu moi je serai perdant

		Je serai comme un tronc que la rivi&#232;re emporte
		Vers on ne sait quel trou o&#249; rien ne vous attend
		Sans doute aurez-vous mis les scell&#233;s sur ma porte
		Moi, je m'en foutrai bien? j'aurai fini mon temps
		Je n'aurai rien &#224; dire et plus rien &#224; d&#233;fendre
		Je serai comme un roi dans un palais d&#233;sert
		Ayant tout d&#233;sappris y compris d'&#234;tre tendre
		Oubli&#233; le mensonge et comment on s'en sert

		Allong&#233; je serai comme un vieux saint de pierre
		Les vieux copains viendront s'agenouiller sur moi
		Ma maison dormira &#233;touff&#233;e sous le lierre
		Apr&#232;s deux ou trois ans il en restera quoi?
		Il n'en restera rien qu'un peu de phrases mortes
		Que j'aurai par hasard prononc&#233;es devant vous
		La vie fait son m&#233;tier mais la mort est plus forte
		Et qu'on le veuille ou non on vient au rendez-vous

		Lorsque je n'aurai plus de cerveau dans la t&#234;te
		De langue dans la bouche et cela pour toujours
		Peut-&#234;tre serez-vous tous ensemble &#224; la f&#234;te
		En train de fredonner quelques chansons d'amour
		Quelques gentils refrains jaillis de ma jeunesse
		Souvent enjoliv&#233;s d'un air d'accord&#233;on
		Vous en serez &#224; l'&#226;ge o&#249; tout cela vous blesse
		Il faut aimer le mal que nous font les chansons

		Lorsque je dormirai quelque part bien tranquille
		Au fond d'un trou creus&#233; par un bonhomme idiot
		Qui s'en ira plus tard fredonner par la ville
		Une chanson de moi glan&#233;e &#224; la radio
		Lorsque j'en serai l&#224;, j'aimerai tout le monde
		Et tout le monde alors dira du bien de moi
		Comme on sait que jamais les morts ne vous r&#233;pondent
		A mon sujet, chacun dira n'importe quoi

		Que je fus le plus beau des po&#232;tes &#224; la manque
		Sans que ni Dieu ni Diable n'en fussent avis&#233;s
		Que j'eus tout dans la vie, &#224; part un compte en banque
		Que je tirais fort bien sans savoir que viser
		Lorsque mon coeur sera comme une vieille &#233;ponge
		Vous pourrez tous ensemble &#233;voquer qui je fus
		J'en rigole d'avance aujourd'hui quand j'y songe
		Car aucun d'entre vous, ne l'aura jamais su.



Lucie

		Lorsque Lucie s'amuse
		A me parler tout bas
		J'ai la mine confuse
		Et rougis malgr&#233; moi
		Elle me dit "Tu es b&#234;te"
		Car elle ne comprend pas
		Ce qu'il y a dans ma t&#234;te,
		Que mes pens&#233;es s'arr&#234;tent

		Lorsque Lucie me fr&#244;le
		J'ai le coeur en &#233;moi
		Et &#231;a me fait tout dr&#244;le
		Je ne sais pas pourquoi
		Je ne vois plus personne
		Il n'y qu'elle et moi
		Mais elle m'impressionne
		Et souvent je frissonne

		Lorsque Lucie m'ignore
		Je ne sais o&#249; aller
		Le chagrin me d&#233;vore
		J'ai envie de pleurer
		Mes id&#233;es se m&#233;langent
		Elle rit sans arr&#234;t
		Moi pour donner le change
		Je dis des choses &#233;tranges

		Lorsque Lucie me quitte
		Je reste dans mon coin
		Ma vie part &#224; sa suite
		L'accompagne de loin
		Mes amis, &#231;a les choque
		Ils ne comprennent rien
		Ils ne sont plus d'&#233;poque
		Et b&#234;tement se moquent

		Parce que j'aime une m&#244;me
		Qui n'a que dix-huit ans
		Parce que je suis un homme
		Et qu'elle n'est qu'une enfant
		Ma d&#233;ception est vive
		Car il ne savent pas
		Que
		Lorsque Lucie arrive
		L'amour entre chez moi



Ma main a besoin de ta main

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1948

		Ma main a besoin de ta main
		Pour parcourir la vie
		Et fl&#226;ner en chemin
		Mes yeux ont besoin de tes yeux
		Pour fouiller l'horizon
		D'un amour sans limite
		Mon c&#339;ur a besoin de ton c&#339;ur
		Pour rythmer l'harmonie
		De l'&#233;lan de nos c&#339;urs
		Ma voix a besoin d'un &#233;cho
		Et l'&#233;cho c'est ta voix
		Qui s'unit &#224; ma voix
		Ma main a besoin de ta main
		Pour faire le parcours
		Qui conduit &#224; l'amour

		Tu sens l'soleil en plein hiver
		C'est merveilleux quand on y pense
		Et dans tes yeux, tes yeux si clairs
		J'ai d&#233;couvert ma ligne de chance
		Dis-moi que tu m'aimeras toujours
		Dis-le puisque tu n'en sais rien
		Et d&#233;pensons tout notre amour
		M&#234;me si nous sommes ruin&#233;s demain

		Ma main a besoin de ta main
		Pour parcourir la vie
		Et fl&#226;ner en chemin
		Mes yeux ont besoin de tes yeux
		Pour fouiller l'horizon
		D'un amour sans limite
		Mon c&#339;ur a besoin de ton c&#339;ur
		Pour rythmer l'harmonie
		De l'&#233;lan de nos c&#339;urs
		Ma voix a besoin d'un &#233;cho
		Et l'&#233;cho c'est ta voix
		Qui s'unit &#224; ma voix
		Ma main a besoin de ta main
		Pour faire le parcours
		Qui conduit &#224; l'amour



Ma mie

1966

		Tu es la vague, tu es la mer
		Tu es l' orage et les &#233;clairs
		Tu es le monde et l' univers
		Ma mie

		Tu es la terre et la moisson
		Tu es le lacs, tu es les monts
		Tu es le ciel et l' horizon
		Ma mie

		Tu es, tu es au fond de moi
		Tout ce qui pleure et ce qui rit
		Tout ce qui meurt et ce qui vit
		Tout ce qui reste et qui s' en va
		Tu es la pierre et le sable fin
		Tu es la fleur et le parfum
		Tu es le d&#233;bout et la fin
		Ma mie

		Tu es calme, tu es le vent
		Tu es l' infini et le temps
		Tu es l' hiver et le printemps
		Ma mie

		Tu es la branche, tu es le fruit
		Tu es le jour, tu es la nuit
		Tu es le soleil et la pluie
		Ma mie

		Mais lorsque tu pars, mon amour
		Tout devient mort, je deviens seul
		Se tend de noir et prend le deuil
		Et en attendant ton retour
		Je suis la cendre, le feu et le bois
		Je suis le chaud, je suis le froid
		Je suis le Christ, je suis la croix
		Ma mie



Me voil&#224; seul

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarent 1972

		Me voil&#224; seul, Seul tout &#224; coup
		Fallait bien qu'un jour &#231;a s'd&#233;cide
		Je n'ai pas su combler le vide
		Qui s'&#233;tait creus&#233; entre nous

		Me voil&#224; seul, c'&#233;tait &#233;crit
		Je n'&#233;tais pas facile &#224; vivre
		Bien que mari&#233;, je m'aimais libre
		Alors bien s&#251;r elle est partie

		Je m'sens tout b&#234;te et tout penaud
		Plant&#233; au milieu de ma chambre
		Ne sachant que faire' de mes membres
		Comme un enfant qu'a le c&#339;ur gros

		Ma voil&#224; seul, je l'ai cherch&#233;
		Avec mon fichu caract&#232;re
		Je m'demand' bien ce que j'vais faire
		A pr&#233;sent que j'ai tout g&#226;ch&#233;

		Les femm's, &#231;a ne nous comprend pas
		J'buvais un peu, oh! pas des tas
		Mais m&#234;me un peu elle n'aimait pas

		Puis j'avais tous mes vieux copains
		C'est vrai ils sont pas toujours fins
		Mes mes copains
		Mais j'les voyais, ell' n'y t'nait pas

		Me voil&#224; seul, dans ce d&#233;cor
		O&#249; partout o&#249; mes yeux se posent
		Y a des souv'nirs qui se proposent
		Comm' pour mieux m'd&#233;chirer encore

		Me voil&#224; seul, bien fait pour moi
		Le bonheur au fond &#231;a s'm&#233;rite
		Quand on l'ignore il fait faillite
		C'est alors qu'on se mord les doigts

		J'ai des d&#233;fauts, qui n'en a pas
		Changer c'est pas toujours facile
		On s'conduit comme un imb&#233;cile
		On s'croit tr&#232;s fort et puis, voil&#224;

		Me voil&#224; seul, j'ai tout fait pour
		Aussi j'pense pas qu'ell' revienne
		Je crois qu'j'aurai beaucoup de peine
		Car j'ai le c&#339;ur crev&#233; d'amour

		J'ai des d&#233;fauts, qui n'en a pas
		Changer c'est pas toujours facile
		Me voil&#224; seul
		Seul



Merci madame la vie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1976

		Pour m'avoir accord&#233; un jour
		Le droit de vous faire la cour
		Merci madame la vie
		Et m'avoir permis si longtemps
		D'&#234;tre votre fid&#232;le amant
		Merci madame la vie

		Je n'ai cess&#233; de vous aimer
		Mais vous, vous m'avez tant donn&#233;
		Que je reste votre oblig&#233;
		Quand m&#234;me
		Et mon probl&#232;me

		Tant que je suis encore vivant
		C'est de vous redire tr&#232;s humblement
		Merci madame la vie

		Bien s&#251;r il ne tiendrait qu'&#224; vous
		Pour que je reste &#224; vos genoux
		Mais oui madame la vie

		Vous n'auriez qu'&#224; dire un seul mot
		Je reprendrais tout &#224; z&#233;ro
		Mais oui madame la vie

		Car j'ai un moral &#233;tonnant
		Et puis la force, je le sens
		De vous aimer encore mille ans
		Peut-&#234;tre
		Mais sans promettre

		Enfin quoi qu'il puisse arriver
		Et quoi que vous puissiez d&#233;cider
		A vous qui m'avez tant donn&#233;
		Je redis
		Merci madame la vie



Merci mon Dieu

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1956

		Pour ces d&#233;sirs qui nous inondent
		Et se traduisent peu &#224; peu
		En des instants de fin du monde
		Merci mon Dieu
		Pour ce destin que l'on se forge
		Avec des larmes au fond des yeux
		Et des joies qui prennent &#224; la gorge
		Merci mon Dieu
		Mon c&#339;ur s'en allait en d&#233;route
		De lendemains en lendemains
		Quand tu m'as &#233;clair&#233; la route
		Et montr&#233; le chemin
		Celui de l'espoir qui d&#233;livre
		Et remplace les songes creux
		Par une folle envie de vivre
		Merci mon Dieu

		L'amour que tu as con&#231;u
		Pour nos &#226;mes solitaires
		Fait que nos regards perdus
		Sont ruisselants de lumi&#232;re
		Ils regardent le ciel &#233;bloui
		Simplement pour te dire merci

		Pour ces d&#233;sirs qui nous inondent
		Et se traduisent peu &#224; peu
		En des instants de fin du monde
		Merci mon Dieu
		Pour ce destin que l'on se forge
		Avec des larmes au fond des yeux
		Et des joies qui prennent &#224; la gorge
		Merci mon Dieu
		Ce que j'attendais de la terre
		Et que j'esp&#233;rais de la vie
		En t'implorant dans mes pri&#232;res
		Au long des jours, des nuits
		Mon Dieu, tu me l'as fait conna&#238;tre
		Puisque j'ai ma part de bonheur
		Et que l'amour rit dans mon c&#339;ur
		Je veux crier de tout mon &#234;tre
		Merci mon Dieu



Mes emmerdes

Musique: Charles Aznavour

		J'ai travaill&#233;
		Des ann&#233;es
		Sans r&#233;pit
		Jour et nuit
		Pour r&#233;ussir
		Pour gravir
		Les sommets
		En oubliant
		Souvent dans
		Ma course contre le temps
		Mes amis, mes amours, mes emmerdes

		A corps perdu
		J'ai couru
		Assoiff&#233;
		Obstin&#233;
		Vers l'horizon
		L'illusion
		Vers l'abstrait
		En sacrifiant
		C'est navrant
		Je m'en accuse &#224; pr&#233;sent
		Mes amis, mes amours, mes emmerdes

		Mes amis c'&#233;tait tout en partage
		Mes amours faisaient tr&#232;s bien l'amour
		Mes emmerdes &#233;taient ceux de notre &#226;ge
		O&#249; l'argent c'est dommage
		Eperonnait nos jours

		Pour &#234;tre fier
		Je suis fier
		Entre nous
		Je l'avoue
		J'ai fait ma vie
		Mais il y a un mais
		Je donnerais
		Ce que j'ai
		Pour retrouver, je l'admets
		Mes amis, mes amours, mes emmerdes

		Mes relations  Ah! mes relations
		Sont  Vraiment sont
		Haut plac&#233;es  Tr&#232;s haut plac&#233;es
		D&#233;cor&#233;es  Tr&#232;s d&#233;cor&#233;es
		Influents  Tr&#232;s influents
		Bedonnants  Tr&#232;s bedonnants
		Des gens bien  Tr&#232;s tr&#232;s bien
		Ils sont s&#233;rieux  Trop s&#233;rieux
		Mais pr&#232;s d'eux  Tout pr&#232;s d'eux
		J'ai toujours le regret de
		Mes amis, mes amours, mes emmerdes

		Mes amis &#233;taient plein d'insouciance
		Mes amours avaient le corps br&#251;lant
		Mes emmerdes aujourd'hui quand j'y pense
		Avaient peu d'importance
		Et c'&#233;tait le bon temps

		Les canulars
		Les p&#233;tards
		Les folies
		Les orgies
		Le jour du bac
		Le cognac
		Les refrains
		Tout ce qui fait
		Je le sais
		Que je n'oublierai jamais
		Mes amis, mes amours, mes emmerdes



Moi je vis en banlieue

Paroles et Musique: Charles Aznavour 2007 "Colore ma vie"

		Moi je vis en banlieue, je prends mes vacances
		Dans des sous-sols pourris aux escaliers branlants
		Suintant l'humidit&#233; o&#249; les rats font bombance
		En ces lieux insalubres, sombres et opprimants

		Nos voisins sont des gens de toutes origines
		Des Yougos, des Reubeus des Blacks et des Gitans
		On y rencontre tout, la beaut&#233;, la vermine,
		Petits dealers fut&#233;s et s&#233;rieux &#233;tudiants

		Mon p&#232;re a &#233;migr&#233; avant l'ind&#233;pendance
		Quand on manquait de bras pour les sales boulots
		Un contrat de travail et le voil&#224; en France
		Pas toujours bien pay&#233; et parqu&#233; en ghettos
		Quinze m&#232;tres carr&#233;s sans eau et sans chauffage
		Des toilettes &#224; la turque tout au bout du couloir
		Un cloaque insens&#233;, immeuble d'un autre &#226;ge
		Avec des murs tagu&#233;s puant le d&#233;sespoir

		Moi je vis en banlieue, de ces lieux qui s'enflamment
		O&#249; les nerfs sont &#224; vifs pour un oui, pour un non
		O&#249; l'on se sent pi&#233;g&#233; avec des &#233;tats d'&#226;me
		Et l'on fait des b&#234;tises &#224; tort ou &#224; raison,
		Je suis n&#233; au milieu d'un monde h&#233;t&#233;roclite
		O&#249; s'affrontent des bandes et se forment des clans
		Jeunesse d&#233;s&#339;uvr&#233;e qui chahute et s'agite
		Dans des couloirs crasseux, terrains de jeux d'enfants

		A gauche ou bien &#224; droite, o&#249; est la diff&#233;rence?
		Dans leurs discours pompeux pour r&#233;colter des voix
		Ils parlent abondamment d'&#233;galit&#233; des chances
		Employant sans vergogne la langue de bois
		Quand on cherche un emploi, c'est la croix, la banni&#232;re
		Souvent je rentre tard, profil bas, d&#233;prim&#233;
		M&#234;me avec bac plus deux, il n'y a rien &#224; faire
		On juge sur la gueule, pas les capacit&#233;s

		Moi je vis en banlieue depuis ma prime enfance
		J'ai fr&#233;quent&#233; la rue et fait le coup de poing
		Avant que, pour mon c&#339;ur, un jour tourne la chance
		Et que l'amour m'accroche au d&#233;tour du chemin
		Marie-Jo est du Nord, elle est blonde et l'on s'aime
		Elle adore mon teint autant que le soleil
		Notre amour bicolore pour nous est sans probl&#232;me
		Quand l'&#233;t&#233;, elle bronze, on est presque pareil

		A l'universit&#233;, sur le banc, c&#244;te &#224; c&#244;te
		Nos yeux se sont crois&#233;s pendant les cours d'anglais
		De flirt en amour fou, ce n'est pas une faute
		Nos c&#339;urs ont jet&#233; l'ancre et form&#233; des projets
		Trouver un bon emploi, fonder une famille
		Voir na&#238;tre nos enfants, bronz&#233;s et les yeux bleus
		Bien s&#251;r le choix du roi, un gar&#231;on, une fille
		D&#233;nicher un appart' et quitter la banlieue
		Et quitter la banlieue
		Oui, quitter la banlieue
		La banlieue.



Mon ami, mon Judas

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1980 "Autobiographie"

		Il n'est jamais ais&#233; de juger sur la mine
		Nous ne choisissons pas, on est choisi par eux
		Qui se font une t&#234;te d'imb&#233;cile heureux
		Et nous donnent le change en mettant la sourdine
		Toujours l&#224;, toujours pr&#234;ts, disponibles et serviables
		Nageant comme un poisson dans la compromission
		Un sourire accroch&#233; &#224; cet air voulu con
		Qui cache adroitement un autre air implacable

		Mon ami, mon Judas
		Joue le jeu, ne te g&#234;ne pas
		Courtise-moi, fais des courbettes
		Jure que tu es mon ami
		D&#233;vou&#233;, sinc&#232;re et honn&#234;te
		Que c'est &#224; la mort, &#224; la vie
		Fais-toi tout humble et tout sourire
		Dis-moi que j'ai un charme fou
		Que j'ai de la classe et du go&#251;t
		Et passe la brosse &#224; reluire
		&#199;a ne te co&#251;te pas un sou

		Nous facilitant tout, nous &#233;vitant les drames
		Ils sont, pour nous aider, pr&#234;ts &#224; n'importe quoi
		M&#234;me complaisamment &#224; nous border, parfois
		S'ils nous trouvent au lit, couch&#233; avec leur femme
		Pr&#234;ts &#224; veiller la nuit, pr&#234;ts &#224; danser la gigue
		Pour mieux nous amuser, pr&#234;ts &#224; se mettre nus
		Acceptant, s'il le faut, le coup de pied au cul
		Se baissant gentiment pour pas qu'on se fatigue

		Mon ami, mon Judas
		Prends le physique de l'emploi
		Flatte-moi de mon &#233;l&#233;gance
		Dis-moi que je suis bon et beau
		D'une &#233;tonnante intelligence
		Que je choisis bien mon bordeaux
		Mange mon caviar &#224; la louche
		Fume mes havanes au kilo
		Et, tapi derri&#232;re mon dos,
		Pense aux ristournes que tu touches
		Et au prix de l'or en lingot

		Mon ami, mon Judas
		Dans l'ombre, joue avec ta proie
		Tire adroitement les ficelles
		Tu n'es pas bouffon, tu es roi
		Je ne suis que polichinelle
		Moi, doux r&#234;veur et t&#234;te de bois

		Cher profiteur et parasite
		Lorsque mon temps sera pass&#233;
		Le citron mille fois press&#233;
		Vends-moi, trahis-moi au plus vite
		Et va-t-en compter tes deniers
		Mon ami, mon Judas
		Fais ton m&#233;tier, crucifie-moi!



Mon &#233;mouvant amour

		Tu vis dans un silence &#233;ternel et muet,
		o&#249; je traduis tes regards et lis dans tes sourires,
		interpr&#233;tant les mots que tes mains veulent dire
		dans ton language &#233;trange qui semble &#234;tre un ballet
		Un &#233;mouvant ballet que tu r&#232;gles pour moi
		de gestes fa&#231;inants qui ne sont jamais les m&#234;mes
		et quand du bout des doigts tu murmures je t'aime,
		j'ai l'impression parfois comme entendre ta voix
		Mon amour, mon amour, mon amour,
		mon &#233;mouvant amour, mon merveilleux amour, mon d&#233;chirant amour
		Comme pour te parler, je manquai de moyens me trouvant pr&#232;s de toi,
		comme en terre &#233;trang&#232;re, ne pouvant me servir d'aucun vocabulaire,
		&#224; mon tour j'ai appris le langage des mains, tu ris un peu de moi,
		car je suis maladroit, et fais souvent des gaffes,
		je n'ai jamais &#233;t&#233; tr&#232;s fort en orthographe,
		mais j'ai tant &#224; te dire et je t'aime si fort
		Mon amour, mon amour, mon amour, mon &#233;mouvant amour,
		mon merveilleux amour, mon d&#233;chirant amour {x2}



Mourir d'aimer

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1971

		Les parois de ma vie sont lisses
		Je m'y accroche mais je glisse
		Lentement vers ma destin&#233;e
		Mourir d'aimer

		Tandis que le monde me juge
		Je ne vois pour moi qu'un refuge
		Toute issue m'&#233;tant condamn&#233;e
		Mourir d'aimer

		Mourir d'aimer
		De plein gr&#233; s'enfoncer dans la nuit
		Payer l'amour au prix de sa vie
		P&#233;cher contre le corps mais non contre l'esprit

		Laissons le monde &#224; ses probl&#232;mes
		Les gens haineux face &#224; eux-m&#234;mes
		Avec leurs petites id&#233;es
		Mourir d'aimer

		Puisque notre amour ne peut vivre
		Mieux vaut en refermer le livre
		Et plut&#244;t que de le br&#251;ler
		Mourir d'aimer

		Partir en redressant la t&#234;te
		Sortir vainqueur d'une d&#233;faite
		Renverser toutes les donn&#233;es
		Mourir d'aimer

		Mourir d'aimer
		Comme on le peut de n'importe quoi
		Abandonner tout derri&#232;re soi
		Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi

		Tu es le printemps, moi l'automne
		Ton c&#339;ur se prend, le mien se donne
		Et ma route est d&#233;j&#224; trac&#233;e
		Mourir d'aimer
		Mourir d'aimer
		Mourir d'aimer



Napoli chante

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1992

		Quand je te serre entre mes bras
		Napoli chante
		Napoli chante, rien que pour moi
		Comme un guaglione en plein soleil
		D'une vois pure et sans pareil
		Ensorcelante
		A mon oreille

		Quand nos c&#339;urs jouent le m&#234;me accord
		Napoli danse
		Napoli danse, le diable au corps
		Avec fureur avec g&#233;nie
		Pleine d'amour de fr&#233;n&#233;sie
		Et d'insolence
		Jusqu'&#224; l'aurore

		J'ai des soleils sur mes murs gris
		Qui se dessinent
		Des coins de ciel lav&#233;s de pluie
		Qui s'illuminent
		Des arcs-en-ciel peignant nos nuits
		De mille teintes
		Que de merveilles au fond des cris
		De nos &#233;treintes

		Quand tes yeux plongent dans les miens
		Napoli parle
		Napoli parle, avec les mains
		Un peu de tout, beaucoup de rien
		D'amour, de bonheur et de vin
		Napoli parle
		Napolitain

		Quand ton amour br&#251;le mon c&#339;ur
		Napoli chante
		Napoli chante notre bonheur
		Elle se prend pour Caruso
		Chante plus fort chante plus haut
		Tonitruante
		Le bel canto

		Quand ton regard hante mes jours
		Napoli r&#234;ve
		Napoli r&#234;ve au grand amour
		Amour profond, amour folie
		Commis au fond d'un vaste lit
		Et fille d'&#200;ve
		A ton sein lourd

		Quand tu es loin, je broie du noir
		Tout semble terne
		Tous les drapeaux de mes espoirs
		Restent en berne
		Je suis inquiet, je suis jaloux
		Et m'imagine
		Que tous les dieux sont contre nous
		Et m'assassinent

		Mais quand tu rentres et ris de moi
		Napoli chante
		Napoli chante &#224; pleine voix
		Sa m&#233;lodie vole dans l'air
		Se m&#234;le au vent d&#233;fie la mer
		Reconnaissante
		Que tu sois l&#224;
		Napoli chante

		L'hymne &#224; la joie



Ne crois surtout pas

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1957

		Ne crois surtout pas
		Parce que tu joues les tombeurs
		Et que tu es beau parleur
		Que tu vas voler mon coeur
		Ne crois pas
		Que je suis la petite oie
		Qui va donner &#224; tes dents
		La fra&#238;cheur de ses printemps
		Il est r&#233;volu ce temps
		Car les filles d'&#224; pr&#233;sent
		Sont moins b&#234;tes qu'avant
		Ne crois surtout pas
		Malgr&#233; tes yeux de velours
		Tes belles phrases d'amour
		Que j'vais r&#234;ver nuit et jour
		Ne crois pas
		Qu'une place au cin&#233;ma
		Ou deux pas de cha cha cha
		Vont me jeter dans tes bras
		Frissonnante d'&#233;motion
		Muette d'admiration
		Folle de passion Non
		Malgr&#233; ton exp&#233;rience, ton &#226;ge et ton savoir
		Et malgr&#233; ton pouvoir
		Ne crois surtout pas
		Que je vais perdre l'esprit
		Et que par pure folie
		Je m'en vais briser ma vie
		Ne crois pas
		Si je me refuse &#224; toi
		Que je ne veux pas aimer
		L'amour hante mes pens&#233;es
		Un jour il prendra mon coeur
		Je go&#251;terai le bonheur
		Sans en avoir peur

		Ne crois surtout pas
		Malgr&#233; ma na&#239;vet&#233;
		Que je me ferai mener
		Par toi par le bout du nez
		Ne crois pas
		En levant le petit doigt
		En jouant les coeurs meurtris
		Et les amoureux transis
		Avoir ce que tu attends
		Je te dis tr&#232;s franchement
		Que tu perds ton temps
		Ne crois surtout pas
		Que mes parents m'ont &#233;lev&#233;e
		Pour aller me faire croquer
		Par un coureur effr&#233;n&#233;
		Ne crois pas
		Que tu vas pouvoir comme &#231;a
		Me faire chavirer au point
		De mordre &#224; ton baratin
		Car je connais le refrain
		La grande sc&#232;ne du Un
		Moi ne me fait rien Rien
		Un jour, demain peut-&#234;tre, un gars viendra vers moi
		Et m'emportera
		Vers l'&#233;glise et la mairie
		Il me donnera sa vie
		En &#233;change de ma vie
		Ne crois pas
		Que je vais g&#226;cher tout &#231;a
		Pour ajouter un pr&#233;nom
		Au bas de ta collection
		Et sortir d&#233;senchant&#233;e
		D'une aventure insens&#233;e
		Non, je veux aimer!



No&#235;l &#224; Paris

Paroles: Jacques Plante, Charles Aznavour

		C'est No&#235;l ch&#233;ri
		Et nous sommes &#224; Paris
		C'est No&#235;l ch&#233;ri
		Et tous ceux que nous aimons sont loin
		Bien loin d'ici
		&#201;trange f&#234;te
		Sans nos enfants, sans nos parents,
		Sans nos amis,
		Ce soir nous souperons en t&#234;te &#224; t&#234;te
		Ma ch&#233;rie

		C'est No&#235;l mon coeur
		Et nous sommes &#224; l'h&#244;tel
		Moi le voyageur
		Moi le nomade &#233;ternel
		Toujours tombant du ciel
		Et que m'importe
		Seule avec toi je suis heureuse
		Au coin du feu
		Tous les sapins du monde tu les portes
		Dans tes yeux

		Restons ici, n'allons pas &#224; l'&#233;glise
		J'ai fait dresser la table pour d&#238;ner
		La chambre est toute encombr&#233;e de valises
		Mais il faut peu de place pour s'aimer

		C'est No&#235;l ch&#233;ri
		Et nous voici r&#233;unis
		Dans Paris tout gris
		Tout maussade et tout contrit
		Sans neige et sous la pluie
		Dieu me pardonne
		Nous conna&#238;trons des r&#233;veillons plus solennels
		Ce soir embrassons-nous car minuit sonne
		C'est No&#235;l



Non je n'ai rien oubli&#233;

		Je n'aurais jamais cru qu'on se rencontrerait
		Le hasard est curieux, il provoque les choses
		Et le destin press&#233; un instant prend la pause
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		Je souris malgr&#233; moi, rien qu'&#224; te regarder
		Si les mois, les ann&#233;es marquent souvent les &#234;tres
		Toi, tu n'as pas chang&#233;, la coiffure peut-&#234;tre
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		Mari&#233;, moi? allons donc, je n'en ai nulle envie
		J'aime ma libert&#233;, et puis, de toi &#224; moi
		Je n'ai pas rencontr&#233; la femme de ma vie
		Mais allons prendre un verre, et parle-moi de toi

		Qu'as-tu fait de tes jours? es-tu riche et combl&#233;e?
		Tu vis seule &#224; Paris? mais alors ce mariage?
		Entre nous, tes parents ont d&#251; crever de rage
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		Qui m'aurait dit qu'un jour sans l'avoir provoqu&#233;
		Le destin tout &#224; coup nous mettrait face &#224; face
		Je croyais que tout meurt avec le temps qui passe
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		Je ne sais trop que dire, ni par o&#249; commencer
		Les souvenirs foisonnent, envahissent ma t&#234;te
		Mon pass&#233; revient du fond de sa d&#233;faite
		Non je n'ai rien oubli&#233;, rien oubli&#233;

		A l'age o&#249; je portais mon c&#339;ur pour toute arme
		Ton p&#232;re ayant pour toi bien d'autres ambitions
		A bris&#233; notre amour et fait jaillir nos larmes
		Pour un mari choisi sur sa situation

		J'ai voulu te revoir mais tu &#233;tais clo&#238;tr&#233;e
		Je t'ai &#233;crit cent fois, mais toujours sans r&#233;ponse
		Cela m'a pris longtemps avant que je renonce
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		L'heure court et d&#233;j&#224; le caf&#233; va fermer
		Viens je te raccompagne &#224; travers les rues mortes
		Comme au temps des baisers qu'on volait sous ta porte
		Non je n'ai rien oubli&#233;

		Chaque saison &#233;tait notre saison d'aimer
		Et nous ne redoutions ni l'hiver ni l'automne
		C'est toujours le printemps quand nos vingt ans r&#233;sonnent
		Non je n'ai rien oubli&#233;, rien oubli&#233;

		Cela m'a fait du bien de sentir ta pr&#233;sence
		Je me sens diff&#233;rent, comme un peu plus l&#233;ger
		On a souvent besoin d'un bain d'adolescence
		C'est doux de revenir aux sources du pass&#233;

		Je voudrais, si tu veux, sans vouloir te forcer
		Te revoir &#224; nouveau, enfin si c'est possible
		Si tu en as envie, si tu es disponible
		Si tu n'as rien oubli&#233;
		Comme moi qui n'ai rien oubli&#233;



Notre amour nous ressemble

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1962

		Notre amour nous ressemble
		On le croirait tout simple
		Mais sous son apparence
		D'indiff&#233;rence
		Il se tourmente

		Notre amour nous ressemble
		Il nous prend pour exemples
		Et coule, insaisissable
		Comme le sable
		Entre nos mains

		Il a ton inconstance
		Et mes humeurs changeantes
		Accabl&#233; de probl&#232;mes
		Quelquefois m&#234;me
		Il s'en invente

		Il est notre enfant triste
		Mais au moins, il existe
		Il est cette habitude
		De double solitude
		Qu'on appelle l'amour

		Comme un bateau qui sombre
		Comme un rideau qui tombe
		Sur un th&#233;&#226;tre d'ombres
		Le jour touche &#224; sa fin
		Une journ&#233;e s'ajoute
		&#192; notre longue route
		O&#249; s'en vont en d&#233;route
		Nos r&#234;ves incertains

		Blottis l'un contre l'autre
		Nous revoyons nos fautes
		Et rejetons sur d'autres
		Les erreurs du pass&#233;
		N'attends pas de miracle
		La vie est un spectacle
		Voici le dernier acte
		Tout peut recommencer

		Notre amour nous ressemble
		On le croirait tout simple
		Mais sous son apparence
		D'indiff&#233;rence
		Il se tourmente

		Notre amour nous ressemble
		Il nous prend pour exemples
		Et coule, insaisissable
		Comme le sable
		Entre nos mains

		Il a ton inconstance
		Et mes humeurs changeantes
		Accabl&#233; de probl&#232;mes
		Quelquefois m&#234;me
		Il s'en invente

		Il est notre enfant triste
		Mais au moins, il existe
		Il est cette habitude
		De double solitude
		Qu'on appelle l'amour



Notre amour rena&#238;tra

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1962

autres interpr&#232;tes: Billy Bridge (1963), Charles Aznavour

note: chanson du film de Jean Boyer "C'est pas moi, c'est l'autre", avec Fernand Raynaud

		Je sais qu'un jour prochain tu reviendras vers moi
		Notre amour rena&#238;tra
		Moi qui t'ai pardonn&#233; je t'ouvrirai les bras
		Notre amour rena&#238;tra
		Je te bercerai, je s&#232;cherai tes pleurs
		Notre amour rena&#238;tra
		Dans nos coeurs bris&#233;s en ce jour de bonheur
		Notre amour rena&#238;tra
		Et je verrai la vie s'allumer dans tes yeux
		Notre amour rena&#238;tra
		Et nous redeviendrons des amants merveilleux
		Notre amour rena&#238;tra
		Quand nous reprendrons les chemins d&#233;laiss&#233;s
		Qui esp&#232;rent nos pas
		Quand nous oublierons les erreurs du pass&#233;
		Notre amour rena&#238;tra
		Viens, mon coeur est lourd
		Il attend ton retour
		Viens et tu verras
		Notre amour rena&#238;tra,
		Notre amour rena&#238;tra.



Nous irons &#224; V&#233;rone

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1973

		Nous irons &#224; V&#233;rone un beau jour tous les deux
		Au balcon qui connut Rom&#233;o et Juliette
		Puis anonymement sur leurs tombes muettes
		Nous jetterons des fleurs, &#233;mus, silencieux

		Nous irons &#224; V&#233;rone un beau jour toi et moi
		Voir la terre promise aux amours &#233;ternelles
		O&#249; mourir est plus doux que de vivre infid&#232;le
		O&#249; le don de sa vie est un acte de joie

		Un jour je serai riche et ferai des folies
		Laisse-moi te conter, ferme un instant les yeux
		Nous irons par la route embrasser l'Italie
		Nous irons par nos c&#339;urs fr&#244;ler le merveilleux

		Nous irons &#224; V&#233;rone un beau jour tous les deux
		Impatients, recueillis comme deux fous de gosses
		En voyage d'amour, en voyage de noces
		Nous irons &#224; V&#233;rone et nous serons heureux

		Mais ton c&#339;ur a pris froid bien avant le voyage
		Il a chang&#233; de cap au mirage de l'or
		Alors mon c&#339;ur perdu a d&#233;pli&#233; bagages
		Et mes r&#234;ves d&#233;&#231;us n'ont pas quitt&#233; le port

		Nous irons &#224; V&#233;rone un beau jour tous les deux
		Mais V&#233;rone est bien loin tu as rompu le charme
		Et V&#233;rone se noie sous un torrent de larmes
		On dit n'importe quoi quand on est amoureux



Nous nous reverrons un jour ou l'autre

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1976

autres interpr&#232;tes: Thierry Le Luron, Sacha Distel + Sylvie Vartan + Ch.Aznavour

		Nous nous reverrons un jour ou l'autre
		Si vous y tenez autant que moi
		Prenons rendez-vous
		Un jour n'importe o&#249;
		Je promets qui j'y serait sans faute
		No&#235;l comme la Pentec&#244;te
		A Rio de Janeiro ou &#224; Moscou
		Plus on est de fous
		Plus on rit de tout
		Nous nous reverrons un jour ou l'autre
		J'y tiens beaucoup

		Nous nous reverrons un jour ou l'autre
		Le monde est petit profitons-en
		Si votre chemin
		Passe par le mien
		Ma roulotte croisera la v&#244;tre
		Comme il ne faut pas tenter le diable
		En disant &#224; la prochaine fois
		Faites comme moi
		En croisant les doigts
		Ou si vous trouvez &#231;a pr&#233;f&#233;rable
		Touchons du bois

		Le hasard souvent fait bien les choses
		Surtout quand on peut l'aider un peu
		Une &#233;toile passe, et je fais un v&#339;u
		Nous nous reverrons un jour ou l'autre
		Si Dieu le veut.



On a toujours le temps

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1969 "D&#233;sormais"

		On a toujours le temps, mon amour, le temps passe
		On a toujours le temps de mourir pour un mot
		Un mot d'amour qui flotte &#224; l'heure o&#249; tout se casse
		Un mot sans int&#233;r&#234;t qui sonne toujours faux
		On a toujours le temps de passer la fronti&#232;re
		Aux risques et p&#233;rils de celui qu'on &#233;tait
		Il sera toujours temps d'&#233;teindre les lumi&#232;res
		Et de te dire encore ici-bas Je t'aimais

		On a toujours le temps, mon amour, quoi qu'on fasse
		On a toujours le temps de mourir pour un rien
		Apr&#232;s avoir surpris brusquement dans la glace
		Un regard qui d&#233;j&#224; ne regardait plus rien
		On a toujours le temps de revoir dans la glace
		Le sourire attendri des amants surgel&#233;s
		Viens dormir dans mes bras, mon amour, le temps passe
		On a toujours le temps, crois-moi, de s'en aller

		On meurt autour de nous comme on danse &#224; la foire
		Au milieu du n&#233;ant des minuits parisiens
		On plonge d'un seul coup dans une eau froide noire
		Ni le temps ni l'argent n'y pourront jamais rien
		On a toujours le temps de rejoindre ces ombres
		Ce soir, il fait tr&#232;s beau et quand tu me souris
		Le soleil se rallume au fond des recoins sombres
		Et mon eldorado est au creux de ton lit



On ne sait jamais

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1956

autres interpr&#232;tes: Jacqueline Fran&#231;ois

		On ne sait jamais
		Comment l'amour vient aux amants
		Comment il fait ou il s'y prend
		Pour nous tenir dans ses filets
		Mais tout &#224; coup, c'est merveilleux
		Il y a des larmes plein nos joies
		Des caresses au bout de nos doigts
		Et des r&#234;ves au fond de nos yeux
		On ne sait jamais
		Mais pourquoi chercher &#224; savoir
		Nul n'a jamais eu ce pouvoir
		On oublie tout quand l'amour na&#238;t
		Plus rien ne peut nous retenir
		Et fou d'amour et de d&#233;sir
		On se dit
		Tant pis
		Si l'on ne sait jamais

		On ne sait jamais
		Quand on est pris par le bonheur
		Si c'est l'esprit ou bien le c&#339;ur
		Qui nous apporte ce bienfait
		On a confiance en l'avenir
		C'est &#224; la vie comme &#224; la mort
		Et tant pis si l'on a eu tort
		On met &#231;a dans les souvenirs
		On ne sait jamais
		Et l'on se fiche &#233;perdument
		Du qui, du quoi et du comment
		On est heureux comme l'on est
		Plus rien ne compte &#224; notre vue
		Que ce bonheur &#224; c&#339;ur perdu
		Qui nous dit
		Tans pis
		Si l'on ne sait jamais

		On ne sait jamais
		L'amour fait de nous ce qu'il veut
		On est heureux ou malheureux
		Tout est parfait ou rien n'est vrai
		Parfois il reprend d'une main
		Ce que de l'autre il a donn&#233;
		Mais quand tout semble s'&#233;crouler
		Lorsque l'on croit n'avoir plus rien
		On ne sait jamais
		Nos yeux sont a peine s&#233;ch&#233;s
		Qu'un autre amour vient s'annoncer
		Et tout est &#224; recommencer
		On est f&#233;brile et haletant
		&#192; chaque fois comme &#224; vingt ans
		Nous faisons toujours d'autres folies
		Au cours de notre vie
		Tout &#231;a parc'qu'on ne sait jamais



On ne veut plus de nous ici

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1991

		J'attache &#224; ton collier
		Ce lien dont la vue m&#234;me
		Te faisait aboyer
		De joie quand, &#224; sa vie
		Nous &#233;tions encha&#238;n&#233;s
		Par trois mots  je vous aime 
		Tout h&#233;las! a chang&#233; depuis
		On ne veut plus de nous ici

		Ne te retourne pas
		En tirant sur ta laisse
		Ton regard se perdra
		Dans un pass&#233; d&#233;truit
		Nous n'avons toi et moi
		Plus femme ni ma&#238;tresse
		En une phrase tout est dit
		On ne veut plus de nous ici

		On ne veut plus de nous
		Partons ami fid&#232;le
		Nous irons n'importe o&#249;
		Je te parlerai d'elle
		Ta t&#234;te sur mes genoux

		Son c&#339;ur ne voit plus rien
		De la vie et des choses
		Ni le mal, ni le bien
		Ni le jour ni la nuit
		Et l'homme devient chien
		Quand la chienne en dispose
		Car en amour rien est acquis
		On ne veut plus de nous ici
		On ne veut plus de nous ici

		Nous &#233;tions prisonniers
		Et tout heureux de l'&#234;tre
		Aujourd'hui lib&#233;r&#233;s
		Nous sommes ind&#233;cis
		On ne sait o&#249; aller
		Quand on n'a plus de ma&#238;tre
		Il faut en prendre ton parti
		On ne veut plus de nous ici

		Nos airs de chiens battu
		Font que l'on se ressemble
		L'un et l'autre &#224; la rue
		L'un et l'autre trahis
		On ne nous aime plus
		Viens nous irons ensemble
		Le bonheur nous est interdit
		On ne veut plus de nous ici

		Une page est tourn&#233;e
		Ton c&#339;ur et le mien saignent
		Viens nous sommes log&#233;s
		Tous deux &#224; m&#234;me enseigne
		De chiens perdus sans collier
		A l'heure de partir
		Nos regard s'arc-boutent
		A quelques souvenirs
		Lav&#233;s de son esprit
		Avant que de gu&#233;rir
		Longue sera la route
		Jusqu'&#224; l'horizon de l'oubli
		On ne veut plus de nous ici

		On ne veut plus de nous ici



On se r&#233;veillera

		On se r&#233;veillera
		Par un matin plus clair, sous un soleil plus chaud
		Pour une vie nouvelle
		On se r&#233;veillera
		On se r&#233;veillera
		Et nos yeux s'ouvriront sur un monde plus beau
		Et des pens&#233;es plus belles
		On se r&#233;veillera

		On se r&#233;veillera
		Encore tout &#233;tourdi
		De ne former qu'un &#234;tre
		On se r&#233;veillera
		Comme des enfants qui
		Viennent juste de na&#238;tre
		On se r&#233;veillera
		Nu, de notre pass&#233;
		Pur des ann&#233;es g&#226;ch&#233;es
		Avant de se conna&#238;tre
		On se r&#233;veillera
		A l'aube d'un espoir au sortir de la nuit
		Qui nous cachait la vie
		On se r&#233;veillera

		On se r&#233;veillera
		Encore tout &#233;tourdi
		De ne former qu'un &#234;tre
		On se r&#233;veillera
		Comme des enfants qui
		Viennent juste de na&#238;tre
		On se r&#233;veillera
		Nu, de notre pass&#233;
		Pur des ann&#233;es g&#226;ch&#233;es
		Avant de se conna&#238;tre
		Avec un coeur tout neuf
		Et sans regret aucun
		Tous deux main dans la main
		On se r&#233;veillera

		Demain



Orphelin de toi

		Je n'ai rien en t&#234;te
		Que toi nuit et jour
		Tu pars, je m'inqui&#232;te
		Jusqu'&#224; ton retour
		Sans cesse, je guette
		Le bruit de ton pas
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi

		Je me sens f&#233;brile
		Tout se peint de gris
		Des pens&#233;es st&#233;riles
		Me troublent l'esprit
		Tout me semble hostile
		Ligu&#233; contre moi
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi

		Je deviens faiblesse
		Pauvre et d&#233;pendant
		Mon &#226;me me tresse
		D'&#233;tranges tourments
		Les heures me blessent
		Mes pens&#233;es me broient
		Tout m'agresse
		Quand tu n'es pas l&#224;

		La peur m'empoisonne
		Et me fait souffrir
		Ni Dieu, ni personne
		Ne peut me gu&#233;rir
		Quand je d&#233;raisonne
		Que je perds la foi
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi

		Le vide m'obs&#232;de
		Je perds tout espoir
		Ma vie devient laide
		Je vois tout en noir
		O&#249; chercher de l'aide
		Ailleurs qu'en tes bras?
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi

		Je me fais un monde
		De tout et de rien
		Ma peine est profonde
		Mon coeur est chagrin
		M&#234;me une seconde
		Priv&#233; de nos joies
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi

		Je suis dans l'impasse
		Reviens sans d&#233;tour
		Calmer mes angoisses
		Combler mon amour
		Meubler mon espace
		Inutile et froid
		Que Dieu fasse qu'enfin
		Contre toi

		Sauv&#233; du naufrage
		En rentrant au port
		Je retrouve sage
		Ton coeur et ton corps
		Viens ouvrir ma cage
		R&#233;adopte-moi
		Quand tu es loin
		Mon coeur est orphelin de toi
		Orphelin de toi



Oublie Loulou

1963 "Jezebel"

		J'&#233;tais amoureux fou
		D'une demoiselle Loulou
		C'&#233;tait une obsession
		J'en perdais la raison
		Je n'avais plus d'app&#233;tit
		Je ne dormais plus la nuit
		Et tous mes amis
		Me disaient ceci

{}

		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Si tu ne le veux pas
		Tu ne le peux pas
		Tu ne le pourras pas, ah! ah!
		Si tu le veux
		Tu le peux
		C'est un jeu
		Et voil&#224;, ah!

		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		A quoi bon t'en faire de la bile
		Ne fais donc pas l'imb&#233;cile
		Mon ami, je te dis
		C'est la vie
		Mais oublie, mais oublie-la

		Je vivais un cauchemar
		J'en avais le cafard
		Effroyables moments
		O&#249; je claquais des dents
		Et tout autour de moi
		Je croyais entendre des voix
		Ces voix jour et nuit
		Me disaient ceci

{au Refrain}

		Oublie oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Et en parcourant la ville
		J'ai trouv&#233; une autre idylle
		Qui m'a dit "Mon ami
		C'est la vie
		Mais oublie, mais oublie-la"

{au Refrain}

		Oublie oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Oublie, oublie Loulou
		Mais oublie, mais oublie Loulou
		Oublie-la donc
		Et en parcourant la ville
		J'ai trouv&#233; une autre idylle
		Qui m'a dit "Mon ami
		C'est la vie
		Mais oublie-la"



Par gourmandise

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1976 "Voil&#224; que tu reviens"

		Je t'aime aussi par gourmandise
		Toi, mon joli p&#233;ch&#233; mignon
		Tu as le go&#251;t des friandises
		Que je volais, petit gar&#231;on

		Tendre objet de ma convoitise
		Tu es comme un fruit d&#233;fendu
		Et je cueille par gourmandise
		Mille baisers sur ton corps nu

		Je t'aime aussi par gourmandise
		Et je te d&#233;vore des yeux
		Quelque parole que tu dises
		Coule comme un vin merveilleux

		Que je d&#233;guste et qui me grise
		Et me trouble d'&#226;me et de corps
		Et je te prends par gourmandise
		Et puis j'en redemande encore

		Je t'aime aussi par gourmandise
		Tu es mon restaurant chinois
		Tu es mon canard aux cerises
		Mon petit pain au chocolat

		Par toi, mon app&#233;tit s'aiguise
		Je te d&#233;robe et te savoure
		Viens contre moi que je te dise
		Je t'aime aussi par gourmandise
		Mon amour



Parce que

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Gaby Wagenheim 1963 "Qui?"

		Parce que t'as les yeux bleus
		Que tes cheveux s'amusent &#224; d&#233;fier le soleil
		Par leur &#233;clat de feu

		Parce que tu as vingt ans
		Que tu croques la vie comme en un fruit vermeil
		Que l'on cueille en riant

		Tu te crois tout permis et n'en fait qu'&#224; ta t&#234;te
		D&#233;sol&#233;e un instant pr&#234;te &#224; recommencer
		Tu joues avec mon c&#339;ur comme un enfant g&#226;t&#233;
		Qui r&#233;clame un joujou pour le r&#233;duire en miettes

		Parce que j'ai trop d'amour
		Tu viens voler mes nuits du fond de mon sommeil
		Et fais pleurer mes jours

		Mais prends garde, ch&#233;rie, je ne r&#233;ponds de rien
		Si ma raison s'&#233;gare et si je perds patience
		Je peux d'un trait rayer nos c&#339;urs d'une existence
		Dont tu es le seul but et l'unique lien

		Parce que je n'ai que toi
		Le c&#339;ur est mon seul ma&#238;tre et ma&#238;tre de mon c&#339;ur
		L'amour nous fait la loi

		Parce que tu vis en moi
		Et que rien ne remplace les instants de bonheur
		Que je prends dans tes bras

		Je ne me soucierai ni de Dieu, ni des hommes
		Je suis pr&#234;t &#224; mourir si tu mourrais un jour
		Car la mort n'est qu'un jeu compar&#233;e &#224; l'amour
		Et la vie n'est plus rien sans l'amour qu'elle nous donne

		Parce que je suis au seuil
		D'un amour &#233;ternel je voudrais que mon c&#339;ur
		Ne port&#226;t pas le deuil

		Parce que
		Parce que
		Parce que



Parce que tu crois

Musique: Charles Aznavour

		Parce que tu crois
		Que tu es ma faiblesse
		Tu me blesses
		Me meurtris
		Et te joues de moi
		Comme de toutes choses
		Et disposes
		De ma vie
		Et jour et nuit

		Parce que tu crois
		Etre ma raison d'&#234;tre
		Tu fais na&#238;tre
		Ma douleur
		Et bien malgr&#233; toi
		En tout cas je le pense
		Tu d&#233;penses
		Le bonheur
		Qui vit dans mon c&#339;ur

		Un jour peut venir
		Demain peut-&#234;tre ou bien dans l'avenir
		Ou qui sait mon Dieu
		Le destin viendra pour brouiller les jeux

		Tout ce que tu crois
		Etre &#224; toi sans r&#233;serve
		Comme un r&#234;ve au matin
		Peut brisant ta loi
		Laisser tes yeux humides
		Et le vide dans tes mains

		Parce que tu crois
		Que je suis un esclave
		Une &#233;pave
		De l'amour
		Tu puises tes joies
		Et tu forges tes armes
		Dans les larmes
		Sans secours
		De mon c&#339;ur lourd

		Parce que tu crois
		Que je fus mis au monde
		Pour que blonde
		D&#233;cha&#238;n&#233;e
		Tu me m&#232;nes au pas
		Sans faire sacrifice
		D'un caprice
		D'une id&#233;e
		D'enfant g&#226;t&#233;e

		Quand tout sera mort
		Quand la passion aura quitt&#233; mon corps
		Je me reprendrai
		Et je te quitterai sans un regret

		Parce que je crois
		Qu'un jour dans un sourire
		Je vais dire
		Que nous deux
		C'est fini tu vois
		Et qu'enfin il me reste
		Que le geste
		De l'adieu



Paris au mois d'ao&#251;t

Musique: Charles Aznavour

		Balay&#233; par septembre
		Notre amour d'un &#233;t&#233;
		Tristement se d&#233;membre
		Et se meurt au pass&#233;
		J'avais beau m'y attendre
		Mon c&#339;ur vide de tout
		Ressemble &#224; s'y m&#233;prendre
		A Paris au mois d'ao&#251;t

		De larmes et de rires
		Etait fait notre amour
		Qui redoutant le pire
		Vivait au jour le jour
		Chaque rue, chaque pierre
		Semblaient n'&#234;tre qu'&#224; nous
		Nous &#233;tions seuls sur terre
		A Paris au mois d'ao&#251;t

		Pour te dire je t'aime
		Aussi loin que tu sois
		Une part de moi-m&#234;me
		Reste accroch&#233;e &#224; toi
		Et l'autre solitaire
		Recherche de partout
		L'aveuglante lumi&#232;re
		De Paris au mois d'ao&#251;t

		Dieu fasse que mon r&#234;ve
		De retrouver un peu
		Du mois d'ao&#251;t sur tes l&#232;vres
		De Paris dans tes yeux
		Prenne forme et relance
		Notre amour un peu fou
		Pour que tout recommence
		A Paris au mois d'ao&#251;t



Plus bleu que tes yeux

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1951

note: cr&#233;&#233; par Piaf, repris par Aznavour en 1964 album "La mamma"

		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre le ciel
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		Mais c'est sensationnel,
		Tant de bleu."
		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre tes yeux
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		C'est vraiment merveilleux,
		Tant de bleu."

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi,
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.

		Si un jour tu devais t'en aller
		Et me quitter,
		Mon destin changerait tout-&#224;-coup
		Du tout au tout.

		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.
		Plus noir que le noir de mon c&#339;ur,
		La terre en profondeur
		N'aurait pas sa noirceur.
		Plus vide que mes jours sans toi,
		Aucun gouffre sans fond
		Ne s'en approchera.
		Plus long que mon chagrin d'amour,
		M&#234;me l'&#233;ternit&#233;
		Pr&#232;s de lui serait court.
		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.

		On a tort de penser, je sais bien,
		Aux lendemains.
		A quoi bon se compliquer la vie
		Puisqu'aujourd'hui

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois que les r&#234;ves
		Que m'apportent tes yeux



Plus heureux que moi

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1960 "Je m'voyais d&#233;j&#224;"

		Dans le quartier de ma jeunesse
		Fallait savoir parer aux coups
		Vivant sur mes gardes sans cesse
		Me conduisant comme un voyou
		Je d&#233;fendais mon existence
		En pensant que &#231;a changerait
		Car m&#234;me graine de violence
		Un jour peut fleurir en bouquet

{}

		J'ai les mains qui tremblent
		J'ai le c&#339;ur qui bat
		On ne peut &#234;tre, ce me semble,
		Plus heureux que moi

		Les coups que l'on donnait, bien s&#251;r,
		N'&#233;taient pas tous tr&#232;s r&#233;guliers
		Si j'en ai pris plein la figure
		J'en ai rendu sans discuter
		Bien qu'&#233;tant sur la d&#233;fensive
		Bien qu'&#233;tant toujours aux aguets
		J'ai vu une attaque si vive
		Que je n'ai pas pu y parer

{au Refrain}

		Je ne croyais pas &#224; la chance
		Je ne croyais qu'en mes deux poings
		Et ne faisais pas plus confiance
		Aux femmes qu'au cur&#233; du coin
		Et pour une -Oh, il faut bien le dire-
		Pour une fille du quartier
		Qui ne poss&#233;dait qu'un sourire
		Et un corps assez bien roul&#233;

{au Refrain}

		Me voil&#224; pensant &#224; l'&#233;glise
		Me voil&#224; pr&#234;t &#224; me ranger
		Je sens mes mains qui s'humanisent
		Mes poings s'ouvrent pour caresser
		Tout en moi cherche &#224; se d&#233;tendre
		La brute est pr&#234;te &#224; s'adoucir
		Mes l&#232;vres cherchent des mots tendres
		Et d'autres l&#232;vres pour s'unir

{au Refrain}



Plus rien

Musique: Charles Aznavour

		Plus rien ne peut nous arriver
		Rien ne peut nous s&#233;parer
		Le temps s'arr&#234;te et tout commence alors
		Que j'&#233;treins ton corps
		Plus rien ne peut fausser nos jours
		Rien ne peut briser l'amour
		Qui est en moi
		Je vis pour toi

		Pour ce reflet dans tes yeux
		Quand tu es contre moi
		L'instant o&#249; je meurs
		Et revis en nos joies
		Mes souvenirs
		Mon avenir
		C'est toi
		Blottie entre mes bras

		Et rien, quoi qu'il puisse advenir
		Rien ne peut nous d&#233;sunir
		Rien car tu es mon destin

		Et si le temps veut brouiller
		Les cartes de mon c&#339;ur
		D&#233;truire et piller
		Ce qui fait mon bonheur
		Je me batterai
		Mais garderai
		L'amour
		M&#234;me au prix de mes jours

		Mais rien en tout cas je le crois
		Rien tant que tu m'aimeras
		Rien ne me prendra mes joies



Poker

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Pierre Roche 1953 " La Mamma "

		Par trois gars de mon quartier
		Je me suis laisser entra&#238;ner
		Dans un tripot la semaine derni&#232;re
		Dans une salle enfum&#233;e
		Nous nous sommes install&#233;s
		Autour d'une table de poker
		On a enlev&#233; nos vestons
		Command&#233; force boissons
		Puis la partie a commenc&#233;
		Tell que je vais vous l'expliquer

		On prend les cartes, on brasse les cartes
		On coupe les cartes, on donne les cartes
		C'est merveilleux on va jouer au poker
		On prend ses cartes, on regarde ses cartes
		On s'&#233;crie:  cartes! puis l'on &#233;carte
		J'en jette trois car j'ai d&#233;j&#224; une pair
		Quand tout le monde a son jeu
		On se regarde en chiens d'fa&#239;ence
		On essaie de lire dans les yeux
		Du voisin plein de m&#233;fiance
		J'ai pris trois cartes et lui deux cartes
		Vous combien d'cartes?  moi juste une carte
		Ah!faut se m&#233;fier y'a du bluff dans l'air

		Je suis blind &#224; toi de parler 
		Dit au second le premier
		Ce dernier s'&#233;crie:  Parole! 
		Le troisi&#232;me mis' cent francs
		Je dis: -tes cent, plus mille francs 
		Les deux autres s'arr&#234;tent au vol
		Le troisi&#232;me me dit: -voil&#224; 
		Tes mille francs! qu'est ce que tu as?
		Trois dames, j'ai gagn&#233; je crois
		Non, dit-il car j'ai trois rois! 

		On prend les cartes, on brasse les cartes
		On coupe les cartes, on donne les cartes
		Je me dis qu'es-tu venu faire dans cette gal&#232;res?
		On reprend les cartes, on regarde ses cartes
		On s'&#233;crie:  cartes! puis l'on &#233;carte
		Je me dis maintenant va falloir se refair'
		Pendant toute la partie
		Je me faisais des reproches
		Quand se termina la nuit
		Je n'avais plus rien en poche
		Avant que je n'parte, je prend les cartes
		Je d&#233;chire les carts
		Je jette les cartes
		Et les pi&#233;tine avec col&#232;re
		Au moment de m'en aller
		J'entend des coups de sifflet
		Une descente de police
		Les inspecteurs du quartier
		Veulent tous nous interroger
		Me voici devant la justice
		Ils me disent:  mon gar&#231;on
		Nous sommes bons et te donnons
		Une minute pour t'expliquer 
		Je leur ai dit affol&#233;:

		On prend les cartes, on brasse les cartes
		On coupe les cartes, on donne les cartes
		Je n'ai jamais rien eu de meilleur qu'une paire
		On reprend ses cartes, on regarde ses cartes
		On s'&#233;crie:  cartes! et l'on &#233;carte
		Je vois tr&#232;s bien me dit le commissaire
		On va vous emprisonner
		Car du reste je m'en fiche
		Mais on va vous affecter
		Au d&#233;partement des fiches
		On prend les cartes, on regarde les cartes
		On trie les cartes, on range les cartes
		En prison je suis devenu fonctionnaire
		Tout &#231;a parcequ'un jour
		Un bien triste jour
		J'ai voulu jouer au poker.



Pour essayer de faire une chanson

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1966

		Comme un policier enqu&#234;tant pour un crime
		Qui fouille l'indice en suivant sa pens&#233;e,
		Je cherche le souffle et je guette la rime
		Je cerne la phrase et questionne l'id&#233;e
		Je traque le mot, construis la m&#233;trique
		Et passe &#224; tabac mon inspiration
		Puis mets les menottes &#224; la phon&#233;tique
		Pour essayer de faire une chanson

		Comme un souteneur qui joue sur sa chance
		En frappant l'accord, j'effraie mon piano
		Et fais leur affaire aux r&#233;miniscences
		Et claque la note et bats le tempo
		Pour faire chanter une m&#233;lodie
		Je place un point d'orgue et change le ton
		Puis, je fais main basse enfin sur l'harmonie
		Pour essayer de faire une chanson

		Comme un procureur tenace et implacable
		J'attaque &#224; huis-clos cette &#339;uvrette de rien
		Et puis, avocat qui plaide non coupable,
		Je joue sur les mots en m'aidant du refrain
		Je mets tout mon art dans ma plaidoirie
		Et quand, libres enfin tous deux, ils s'en vont,
		Le mot et la note s'unissent &#224; vie
		Pour essayer de faire une chanson



Pour faire une jam

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963 "Qui?"

		Ta ba da ba da ba da ba da

		Moi certains soirs quand je m'ennuie
		Je connais un coin dans Paris
		O&#249; l'on se rencontre entre amis
		Pour faire une jam

		Chacun prenant son instrument
		Qu'il soit &#224; corde ou bien &#224; vent
		Laisse parler son temp&#233;rament
		Pour faire une jam

		Comme je ne suis pas musicien
		Mais que vraiment j'aime &#231;a
		Je rythme en frappant dans mes mains et chante
		Ta ba da ba da ba da ba da

		Car quand on est dans cette ambiance
		Les mots n'ont aucune importance
		Le principal c'est que &#231;a balance
		Pour faire une jam

		Ta ba da ba da ba da ba da

		On perd en l'&#233;clair d'un instant
		La notion du lieu et du temps
		Et l'on oublie ses emb&#234;tements
		Pour faire une jam

		C'est l'heure, l'heure de l'improvisation
		Des chorus et des citations
		Car on se donne avec passion
		Pour faire une jam

		Nos a&#238;n&#233;s ne trouvent pas normales
		Ces explosions de joie
		Mais au fond que fait-on de mal en chantant
		Ta ba da ba da ba da ba da

		En bras de chemise parce qu'on a chaud
		On se donne &#224; fond les yeux mi-clos
		Car plus &#231;a chauffe et mieux &#231;a vaut
		Pour faire une jam

		Ta ba da ba da ba da ba da

		Nos peines, nos joies, nos ivresses
		Danses et rythmes se reconnaissent
		Il faut la foi de la jeunesse
		Pour faire une jam

		La batterie roule, la basse craque
		Le piano chante, les cuivres attaquent
		De toutes parts les notes claquent
		Pour faire une jam

		Quand on a le jazz dans le sang
		Et jusqu'au bout des doigts
		Et que l'on est pris cent pour cent, on chante
		Ta ba da ba da ba da ba da

		Au petit jour, sur le trottoir
		Les traits tir&#233;s, le teint blafard
		Comme &#224; regret on se s&#233;pare
		En se disant remplis d'espoir
		Salut les gars &#224; un de ces soirs
		Pour faire une jam



Pour toi Arm&#233;nie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1986


{}

		Tes printemps fleuriront encore
		Tes beaux jours rena&#238;tront encore
		Apr&#232;s l'hiver
		Apr&#232;s l'enfer
		Poussera l'arbre de vie
		Pour toi Arm&#233;nie
		Tes saisons chanteront encore
		Tes enfant b&#226;tiront plus fort
		Apr&#232;s l'horreur
		Apr&#232;s la peur
		Dieu soignera ton sol meurtri
		Pour toi Arm&#233;nie

		Le monde s'est lev&#233;
		Le monde est avec toi
		Pour toi peuple oubli&#233;
		Il a ouvert son c&#339;ur
		Il a tendu ses bras

{au Refrain}

		Et m&#234;me si tu maudis ton sort
		Dans tes yeux je veux voir
		Arm&#233;nie
		Une lueur d'espoir

		Une flamme, une envie
		De prendre ton destin
		Entre tes mains
		A bras le corps

{au Refrain}

		Arm&#233;nie
		Hayastann



Pousse la porte

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1989

		Viens pousse la porte je suis l&#224;
		Pousse la porte je t'attends comme autrefois
		Lorsque parfois tu rentrais tard
		Pour des raisons professionnelles
		O&#249; que tu oubliais le soir
		Pour une fille occasionnelle
		L'heure  et que moi je m'inqui&#233;tais

		Viens pousse la porte je suis l&#224;
		Pousse la porte que le jour entre avec toi
		Je ne te dirai pas un mot
		Qui de loin te semble un reproche
		Je ravalerai mes sanglots
		Et si je tremble &#224; ton approche
		Fais comme si de rien n'&#233;tait

		Je resterai tranquille et sage
		Je n'aurai plus d'acc&#232;s de rage
		D'ailleurs tu ne vas pas le croire
		J'ai fait r&#233;parer la guitare
		Que jalouse j'avais bris&#233;e
		Viens pousse la porte je suis l&#224;
		Viens que l'amour entre avec toi

		Viens pousse la porte je suis l&#224;
		Pousse la porte que l'espoir revive en moi
		Je serai calme et sans d&#233;faut
		Et ne ferai plus de folies
		J'ai mis de l'ordre comme il faut
		Dans mes pens&#233;es et dans ma vie
		Il ne me manque plus que toi

		Viens pousse la porte je t'en prie
		Pousse la porte et rend moi le go&#251;t &#224; la vie
		J'ai chang&#233; depuis ton d&#233;part
		Me suis cent fois remise en cause
		Tu verras qu'il n'est pas trop tard
		J'ai compris mille et mille choses
		J'&#233;tais si jeune souviens-toi

		J'ai v&#233;cu mon passage &#224; vide
		A pr&#233;sent j'ai besoin d'un guide
		Mais plus j'attends plus le temps passe
		Et plus j'ai peur que tu m'effaces
		Et pire encore que tu m'oublies
		Viens ouvre la cage je suis l&#224;
		Viens mon amour d&#233;livre-moi



Prends garde &#224; toi

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1956


{}

		Prends garde &#224; toi, je vais t'aimer
		Comme aucune femme n'a jamais pu t'aimer
		Prends garde &#224; toi, je vais t'avoir
		Comme aucune femme n'a jamais pu t'avoir
		Je le veux, je le veux
		Et tout ce que femme veut
		Elle le peut

		J'ai r&#234;v&#233; toute mon enfance
		De pouvoir un jour rencontrer
		A un d&#233;tour de l'existence
		Robin des Bois, Ivanho&#233;
		Ces hommes forts et invincibles
		En toi semblent revoir le jour
		C'est pourquoi je t'ai pris pour cible
		Je vais te d&#233;cocher l'amour

{Au Refrain}

		Apr&#232;s la mairie et l'&#233;glise
		Lorsque j'aurai la bague au doigt
		Je serai l'&#233;pouse soumise
		Qui acceptera tout de toi
		Car chez nous, tu seras le ma&#238;tre
		Ayant droit de vie et de mort
		Mais au plus petit coup en tra&#238;tre
		Ma main t'abattra sans remords

{Au Refrain}

		Je t'accorde quarante-huit heures
		Pour laver tes vieilles passions
		Et te mets aussi en demeure
		D'enterrer ta vie de gar&#231;on
		Car pour ce qu'est des aventures
		Tu peux mettre une croix dessus
		Aujourd'hui c'est la fermeture
		De la chasse au gibier charnu

{Au Refrain}



Quand tu m'aimes

		C'est le vent turbulent
		Soulevant tes dessous
		C'est la pluie de printemps
		Qui vient l&#233;cher mes joues
		Quand tu m'aimes

		C'est le soleil br&#251;lant
		Qui caresse ma peau
		Et l'air l&#233;ger du temps
		Au souffle doux et chaud
		Quand tu m'aimes

		C'est en plus de tout &#231;a
		Mille choses encore
		Qui sont &#224; toi et moi
		Et perturbent mon corps
		D'une infinie faiblesse
		Quand tu m'aimes

		C'est ta voix qui se perd
		Dans un r&#226;le amoureux
		Qui fait vibrer ma chair
		Et qui mouille mes yeux
		De larmes de tendresse
		Quand tu m'aimes

		C'est le diable et l'enfer
		M&#234;l&#233;s &#224; tous nos jeux
		C'est le ciel qu'est offert
		A nous par tous les Dieux
		Quand tu m'aimes

		C'est l'&#233;clipse et l'&#233;clair
		Qui allument nos joies
		C'est l'&#233;cume des mers
		Qui se meurt sur tes doigts

		Quand tu m'aimes
		C'est p&#233;tri par tes mains
		Tous mes sens &#233;veill&#233;s
		C'es mon corps sur le tien
		Nos souffle saccad&#233;s
		Et nos gestes intimes
		Quand tu m'aimes

		Ce sont ces tendres cris
		Et ces plaintes d'amour
		Qui d&#233;chirent nos nuits
		Et meurent au petit jour
		Dans le plaisir ultime
		Quand tu m'aimes
		Quand tu m'aimes
		Quand tu m'aimes
		Mon amour



Quand tu m'embrasses

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Eddy Barclay 1961

		Quand tu m'embrasses
		Pourrais-tu m'expliquer pourquoi
		Quand tu m'embrasses
		Tant de choses se passent en moi
		Je sens comme un courant
		Qui soudain me parcourt et m'enivre
		C'est pourquoi si souvent
		A tes l&#232;vres, mes l&#232;vres se livrent

		Quand tu m'embrasses
		Je suis comme un pantin bris&#233;
		Et je crie gr&#226;ce
		Sous tes baisers
		Je ne sais plus du tout
		Ce que je fais
		C'est fou
		L'effet que tu me fais
		Quand tu m'embrasses
		Je suis &#233;lectris&#233;

		Quand tu m'embrasses
		Je ne connais rien de pareil
		Quand tu m'embrasses
		Je fonds comme neige au soleil
		Je m'accroche &#224; ton cou
		Car le sol sous mes pieds m'abandonne
		Et je vois tout &#224; coup
		Dans tes yeux des lueurs qui m'&#233;tonnent

		Quand tu m'embrasses
		Je perds soudain tous mes esprits
		Et &#231;a efface
		Tous mes soucis
		Y a des printemps qui naissent
		Autour de moi
		Et le res-
		te ne compte pas
		Quand tu m'embrasses
		Mon c&#339;ur est fou de joie

		Quand tu m'embrasses
		Enivr&#233;, je ferme les yeux
		Quand tu m'enlaces
		C'est merveilleux
		On est au bord du gouf-
		fre le plus beau
		Le bonheur nous
		Colle &#224; la peau
		Et le temps passe
		Follement pour nous deux

		Quand tu m'embrasses
		Ch&#233;rie
		Quand je t'embrasse
		Mais oui
		Quand on s'embrasse
		On joue avec le feu.



Que c'est triste Venise

Paroles: Fran&#231;oise Dorin. Musique: Eddy Barclay 1964

		Que c'est triste Venise
		Au temps des amours mortes
		Que c'est triste Venise
		Quand on ne s'aime plus

		On cherche encore des mots
		Mais l'ennui les emporte
		On voudrais bien pleurer
		Mais on ne le peut plus

		Que c'est triste Venise
		Lorsque les barcarolles
		Ne viennent souligner
		Que des silences creux

		Et que le c&#339;ur se serre
		En voyant les gondoles
		Abriter le bonheur
		Des couples amoureux

		Que c'est triste Venise
		Au temps des amours mortes
		Que c'est triste Venise
		Quand on ne s'aime plus

		Les mus&#233;es, les &#233;glises
		Ouvrent en vain leurs portes
		Inutile beaut&#233;
		Devant nos yeux d&#233;&#231;us

		Que c'est triste Venise
		Le soir sur la lagune
		Quand on cherche une main
		Que l'on ne vous tend pas

		Et que l'on ironise
		Devant le clair de lune
		Pour tenter d'oublier
		Ce qu'on ne se dit pas

		Adieu tout les pigeons
		Qui nous ont fait escorte
		Adieu Pont des Soupirs
		Adieu r&#234;ves perdus

		C'est trop triste Venise
		Au temps des amours mortes
		C'est trop triste Venise
		Quand on ne s'aime plus



Quelque chose ou quelqu'un

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour 1965 "Monsieur Carnaval"

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour (1966)

note: de l'op&#233;rette "Monsieur Carnaval"

		M&#234;me lorsque l'on croit
		Que l'on n'attend plus rien
		Nous attendons toujours
		Quelque chose ou quelqu'un
		On attend que la vie nous l'apporte
		Nous l'apporte aujourd'hui ou demain

		M&#234;me lorsque l'on sait
		Que la nuit est venue
		On esp&#232;re toujours
		Le passant inconnu
		Qui viendrait &#224; heurter notre porte
		Comme le voyageur attendu

		Il y a toujours une place vide
		Un amour &#224; prendre, un c&#339;ur qui s'ennuie
		Il suffit d'un mot d'un geste timide
		Et voil&#224; nos mains soudain r&#233;unies

		M&#234;me lorsque l'on croit
		Que l'on n'attend plus rien
		Quand les volets sont clos
		Quand le feu s'est &#233;teint
		Nous attendons toujours quelque chose
		On attend quelque chose ou quelqu'un

		Quand on croit que plus rien
		Ne peut nous arriver
		Quand on croit le bonheur
		Impossible &#224; trouver
		On continue quand-m&#234;me &#224; attendre
		On continue quand-m&#234;me &#224; r&#234;ver



Qui?

Paroles: '='. Musique: ' amp;' 1964

note: Accompagn&#233; par Paul Mauriat et son Orchestre

		Qui fr&#244;lera tes l&#232;vres
		Et vibrant de fi&#232;vre
		Surprenant ton corps
		Deviendra ton ma&#238;tre
		En y faisant na&#238;tre
		Un nouveau bien-&#234;tre
		Un autre bonheur?

		Qui prendra la rel&#232;ve
		Pour combler tes r&#234;ves
		Et sans un remords
		D'un &#233;clat de rire
		Saura te conduire
		&#192; mieux me d&#233;truire
		Au fond de ton c&#339;ur?

		Qui peut &#234;tre cet autre
		Qui sera cet intrus?
		Dans tout ce qui fut n&#244;tre
		Quand je ne serais plus?

		Qui prendra ta faiblesse
		Avec des caresses
		Et des mots d'amour
		En couvrant d'oubli
		Nos jours de folies?
		Qui prendra ta vie
		Au bout de mes jours?

		Nous vivons &#224; vingt ans d'&#233;cart
		Notre amour est d&#233;mesur&#233;
		Et j'ai le c&#339;ur au d&#233;sespoir
		Pour ces ann&#233;es
		Car lorsque mes yeux seront clos
		D'autres yeux vont te contempler
		Aussi je lutte avec ce mot
		De ma pens&#233;e

		Qui sans que tu protestes
		Refera les gestes
		Qui ne sont qu'&#224; nous
		Lorsque je t'embrasse
		Lorsque je t'enlace
		Qui prendra ma place
		Autour de ton cou?

		Qui conna&#238;tra tes sc&#232;nes
		De folie soudaine
		Ou bien de courroux?
		Qui aura la chance
		D'avoir ta pr&#233;sence
		Souvent quand j'y pense
		Je deviens jaloux

		Qui? nul ne peut le dire
		Qui? nous n'en savons rien
		Et mon c&#339;ur se d&#233;chire
		En pensant que quelqu'un

		Te prendra un je t'aime
		Et par ce je t'aime
		Je le sais d&#233;j&#224;
		Il prendra ta bouche
		Il prendra ta couche
		Et m'enterrera
		Pour la seconde fois



Rendez-vous &#224; Brasilia

Paroles: Charles Aznavour, C. Nicolas. Musique: George Garvarentz 1960 "Je m'voyais d&#233;j&#224;"

		Le c&#339;ur du Br&#233;sil s'&#233;lance
		Dans un carnaval immense
		Tout le pays est en transe
		Rendez-vous &#224; Brasilia!

		Aujourd'hui, c'est jour de f&#234;te
		C'est un long cri de conqu&#234;te
		Qui r&#233;sonne dans nos t&#234;tes
		"Rendez-vous &#224; Brasilia!"

		Que l'on soit pauvre ou bien riche
		Croyant en Dieu ou les f&#233;tiches
		C'est la joie que l'on affiche
		De Rio jusqu'&#224; Bahia

		On a referm&#233; les &#233;glises
		Car la foule se d&#233;guise
		Pour s'amuser &#224; sa guise
		Rendez-vous &#224; Brasilia

		Du march&#233; &#224; la chapelle
		Des plazzas jusqu'aux ruelles
		On s'appelle, on s'interpelle
		"Rendez-vous &#224; Brasilia!"

		De toute part, la joie fuse
		Les gens rient, les gens s'amusent
		Les chanteurs trouvent leur muse
		Rendez-vous &#224; Brasilia

		Dans ce joyeux tintamarre
		De cuicas et de guitares
		Dansent des masques bizarres
		Frappant le sol de leurs pas

		Et les confettis en cascade
		Tombent sur la mascarade
		L'amour est en embuscade
		Rendez-vous &#224; Brasilia

		Gr&#226;ce au ciel, on s'abandonne
		Et que Rio nous pardonne
		Si d&#233;j&#224; ce cri r&#233;sonne
		"Rendez-vous &#224; Brasilia!"

		Non, ce n'est plus un mirage
		Tout est pr&#232;s pour le voyage
		Carioca, fais tes bagages
		Rendez-vous &#224; Brasilia

		&#212; samba, samba l&#233;gendaire
		Vois le sang de cette terre
		Vers la ville de lumi&#232;re
		Demain, tu nous conduiras

		Que l'amour br&#251;le dans nos veines
		Que la danse nous d&#233;cha&#238;ne
		Pour la f&#233;erie br&#233;silienne
		Rendez-vous &#224; Brasilia!



Rentre chez toi et pleure

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Gilbert B&#233;caud 1963

		Rentre chez toi et pleure
		Moi j'ai tant pleur&#233; pour toi
		J'en ai pass&#233; des heures
		A me tourmenter
		Sans pouvoir t'oublier

		Laisse couler tes larmes
		Ton grand chagrin sur tes joues
		La vie a tant de charme
		Qu'elle effacera tout

		Peines d'amour sont br&#232;ves
		Ce n'est qu'un mauvais r&#234;ve
		Dont tu t'&#233;veilleras
		Crois-moi

		Laisse crier ta peine
		Demain c'est un cri de joie
		Qui brisera tes cha&#238;nes
		Te ramenant vers moi

		Rentre chez toi et pleure
		Pleure, pleure



Reste

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1965

		Reste
		Reste encore
		Avec moi
		Sur mon corps
		Dans mes bras
		Enlac&#233;e
		Essouffl&#233;e
		Assouvie
		Etourdie
		Reste au chaud
		Alanguie
		Dans l'enclos
		De la nuit
		Sur mon c&#339;ur
		Sans pudeur
		Eperdue
		Presque nue

		Reste ainsi
		Sur ta faim
		Sur ma vie
		Dans mes mains
		D&#233;coiff&#233;e
		Poss&#233;d&#233;e
		Etendue
		D&#233;tendue
		Reste l&#224;
		Sans un mot
		Sur ta joie
		Sur ma peau
		Dans l'espoir
		Dans le noir
		Jusqu'au jour
		Mon amour



Rouler

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1986

		Rouler jusqu'&#224; fr&#244;ler deux cents &#224; l'heure
		Bloquer l'aiguille du compteur
		Fier d'&#233;tablir des performances
		Rouler, &#234;tre dans la peau du champion
		S&#251;r de sa forme et de ses dons
		Sur une route de vacances

		Doubler toute une file &#224; folle allure
		Entrer dans un arbre ou un mur
		Ou mieux dans une familiale
		Blesser, mutiler femmes et enfants
		Qui partaient joyeux et confiants
		A une vitesse normale
		Tomber sur le regard des vacanciers
		Comme un pauvre chien &#233;cras&#233;
		Sur le bord d'une nationale

		Rouler, les mains crisp&#233;es sur le volant
		Mettre en p&#233;ril &#224; tout moment
		Des vies pour tenir sa moyenne
		Rouler, et victime d'un compte-tours
		Geindre et se plaindre sans bravoure
		Avant que les secours ne viennent
		Rester l&#224; comme une b&#234;te apeur&#233;e
		Un pantin d&#233;sarticul&#233;
		Sur le bas c&#244;t&#233; de la route
		Bris&#233;, disant des mots incoh&#233;rents
		Pitoyable comme un enfant
		Pris entre l'espoir et le doute
		Couch&#233;, ridicule, sur le pav&#233;
		Et voir sa pauvre vie couler
		Par ses blessures goutte &#224; goutte

		Rouler, en gardant le pied au plancher
		Prendre des risques insens&#233;s
		En conduisant comme une brute
		Rouler, au m&#233;pris des lois &#233;tablies
		Mettre en danger la vie d'autrui
		Pour gagner quoi, quelques minutes
		Partir, en ayant bien mang&#233; et bu
		Et rattraper le temps perdu
		En avalant des kilom&#232;tres
		Tenir des existences entre ses mains
		Les jouer sur un coup de frein
		Et tout perdre sur quelques m&#232;tres
		Mourir ou n'&#234;tre plus qu'un mort vivant
		Assis dans un fauteuil roulant
		Le reste de sa vie peut &#234;tre

		Et rouler
		Rouler
		Rouler



Sa jeunesse

Musique: Charles Aznavour

		Lorsque l'on tient
		Entre ses mains
		Cette richesse
		Avoir vingt ans
		Des lendemains
		Pleins de promesses
		Quand l'amour sur nous se penche
		Pour nous offrir ses nuits blanches

		Lorsque l'on voit
		Loin devant soi
		Rire la vie
		Brod&#233;e d'espoir
		Riche de joies
		Et de folies
		Il faut boire jusqu'&#224; l'ivresse
		Sa jeunesse

		Car tous les instants
		De nos vingt ans
		Nous sont compt&#233;s
		Et jamais plus
		Le temps perdu
		Ne nous fait face
		Il passe

		Souvent en vain
		On tend les mains
		Et l'on regrette
		Il est trop tard
		Sur son chemin
		Rien ne l'arr&#234;te
		On ne peut garder sans cesse
		Sa jeunesse

		Avant que de sourire et nous quittons l'enfance
		Avant que de savoir la jeunesse s'en fuit
		Cela semble si court que l'on est tout surpris
		Qu'avant que le comprendre on quitte l'existence

		Lorsque l'on tient
		Entre ses mains
		Cette richesse
		Avoir vingt ans
		Des lendemains
		Pleins de promesses
		Quand l'amour sur nous se penche
		Pour nous offrir ses nuits blanches

		Lorsque l'on voit
		Loin devant soi
		Rire la vie
		Brod&#233;e d'espoir
		Riche de joies
		Et de folies
		Il faut boire jusqu'&#224; l'ivresse
		Sa jeunesse

		Car tous les instants
		De nos vingt ans
		Nous sont compt&#233;s
		Et jamais plus
		Le temps perdu
		Ne nous fait face
		Il passe

		Souvent en vain
		On tend les mains
		Et l'on regrette
		Il est trop tard
		Sur son chemin
		Rien ne l'arr&#234;te
		On ne peut garder sans cesse
		Sa jeunesse



Sarah

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Aznavour

		Dans la boutique du tailleur
		Tes vieux parents, tes fr&#232;res, tes s&#339;urs
		Nous avons tant de peine au c&#339;ur
		Sarah, Sarah reviens vers nous
		Mamie ne cesse de pleurer
		Sa grande enfant, son ador&#233;e
		Tu fus toujours sa pr&#233;f&#233;r&#233;e
		Sarah, Sarah reviens vers nous

		De quoi avais-tu donc besoin
		Chez nous tu ne manquais de rien
		Pourquoi es-tu partie si loin?
		Ici quel vide tout &#224; coup
		Papy commence &#224; &#234;tre vieux
		Il a d&#233;j&#224; des mauvais yeux
		Te sachant l&#224; il irait mieux
		Sarah, Sarah reviens vers nous

		Dans la boutique du tailleur
		Tes vieux parents, tes fr&#232;res, tes s&#339;urs
		Retrouveront l'ancien bonheur
		Sarah, Sarah si tu reviens
		Quand attabl&#233;s les soirs d'hiver
		Lorsqu'un &#224; un Mamie nous sert
		Nous sentons qu'il manque un couvert
		Sarah, Sarah que c'est le tien

		On lit tes lettres d'Am&#233;rique
		T'as fait un parti magnifique
		Alors tes sentiments s'expliquent
		Tu veux oublier d'o&#249; tu viens
		H&#233;l&#232;ne aura bient&#244;t vingt ans
		Elle s'en ira peut-&#234;tre avant
		On ne vit pas pour ses parents
		Sarah, Sarah je le sais bien

		Sois donc heureuse et sans regret
		Mais ne nous oublie tout &#224; fait
		Tu as la vie dont tu r&#234;vais
		Sarah, Sarah tant pis pour nous



Si je n'avais plus

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1958

		Si je n'avais plus
		Si ne n'avais plus
		Plus qu'une heure &#224; vivre
		Une heure et pas plus
		Je voudrais la vivre
		Au creux de ton lit
		Car j'aurais ma mie
		Ma peur &#224; combattre

		Pench&#233; sur ta vie
		Pour l'entendre battre
		Je pourrais garder
		Au fond de mon c&#339;ur
		Sous la terre froide
		Un peu de chaleur
		Que j'emporterais

		Si je n'avais plus
		Si je n'avais plus
		Plus qu'une heure &#224; vivre
		Une heure et pas plus
		Je voudrais la vivre
		A l'aube d'un jour
		Sur un lit d'amour
		Pour n'avoir &#224; dire

		Que des mots d'amour
		Pour te voir sourire
		Et ne plus penser
		Et ne plus penser
		Qu'un autre apr&#232;s moi
		Te verras sourire
		Qu'un autre apr&#232;s moi
		Pourra t'enlacer
		Et dans un baiser
		Et dans un baiser
		Le corps apais&#233;
		Le c&#339;ur all&#233;g&#233;
		D'un million de doutes
		Mon dernier sommeil
		M'ouvrira la route
		Qui m&#232;ne au soleil



Si tu m'emportes

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963

		Si tu m'emportes dans le torrent de joies
		De la jeunesse qui s'&#233;veille et parle en toi
		Je pourrai sans mesure
		Me baigner dans l'eau pure
		Et blanche de ton corps

		Si tu m'emportes dans ton printemps nouveau
		J'y cueillerai la fleur sauvage de ta peau
		Avant que de m'&#233;tendre
		Au jardin des mots tendres
		Et fort comme la mort

		Rien que toi et moi
		La nuit, le jour
		Rien que toi et moi
		Et pour toujours
		Rien que toi et moi
		Nous et notre amour
		Nous et notre amour

		Si tu m'emportes sur le bateau l&#233;ger
		De tes espoirs et de tes r&#234;ves insens&#233;s
		J'am&#232;nerai la voile
		Et nous ferons escale
		Aux rives du bonheur

		Si tu m'emportes dans le d&#233;sert br&#251;lant
		O&#249; naissent les folies de ton &#226;me d'enfant
		J'y b&#226;tirai un monde
		Pour qu'&#224; chaque seconde
		On vive c&#339;ur &#224; c&#339;ur

		Rien que toi et moi
		La nuit, le jour
		Rien que toi et moi
		Et pour toujours
		Rien que toi et moi
		Nous et notre amour
		Nous et notre amour

		Mais que tu m'emportes vers le printemps, la mer
		Dans le torrent de tes id&#233;es ou le d&#233;sert
		Qu'importe o&#249; tu m'emportes, mais verrouilles la porte
		Et viens, viens contre moi
		Emporte-moi



Sophie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jacques Plante 1965

		Ce n'est s&#251;rement pas vrai
		Tout ce qu'on raconte
		Sur Sophie
		&#199;a ne peut &#234;tre vrai
		Sinon j'aurais honte
		De Sophie
		Non, je ne peux pas croire
		A la voir si blonde
		Ma Sophie
		Qu'&#224; ce point je me sois
		Tromp&#233; sur son compte

		Ce n'est s&#251;rement pas vrai
		Tout ce qu'on raconte
		Sur Sophie
		Et je la d&#233;fendrai
		Tant que je vivrai
		Car je l'aime, je l'aime
		Les rieurs ont beau jeu
		Mais devant moi, ce sont eux
		Qui baissent les yeux

		Je sais que ce n'est pas vrai
		Ce que les gens disent
		De Sophie
		Je ne croirai jamais
		Toutes ces b&#234;tises
		Sur Sophie
		Car je la connais bien
		Elle est sans m&#233;fiance
		Ma Sophie
		Elle parle aux copains
		En toute innocence
		Sans savoir qu'avec certains
		Et leurs m&#233;disances
		Il suffit parfois de trois fois rien
		Pour faire un potin

		Les gens parlent, parlent, parlent et reparlent
		C'est une maladie
		Et bien s&#251;r, les autres croient
		Tout ce qu'on leur dit

		Car toutes les filles sont
		Plus ou moins jalouses
		De Sophie
		Et je vois les gar&#231;ons
		Dont les yeux &#233;pousent
		Ma Sophie

		Alors s'il faut choisir
		Entre cette engeance
		Et Sophie
		J'aime autant vous le dire
		j'ai choisi d'avance

		Je n'ai qu'&#224; plonger les yeux
		Dans les yeux immenses
		De Sophie
		Tout est limpide et bleu
		Et je suis heureux

		Car je l'aime
		Je l'aime
		Et surtout sachez bien
		Que les gens du monde entier
		N'y changeront rien,
		Rien, rien, rien, rien.



Stenka Razine

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz (Chants populaires russes) 1951

		Lentement le longs des &#238;les
		Souffle le vent, roulent les flots
		Glissent les barques agiles
		De Razine et ses matelots
		Sur le pont Stenka Razine
		Battent les coeurs, parlent les voix
		Tient sa belle douce et fine
		Tendrement au creux des ses bras

		Pas de femme en notre cercle
		Serrent les poings, montent les cris
		La colombe a soumis l'aigle
		Le marin n'est plus qu'un mari

		Mais Razine reste calme
		Grincez les dents, haussez le ton
		Rien ne peut changer mon &#226;me
		Ni l'amour, ni la r&#233;bellion

		Levant de ses mains puissantes
		Pleurent les joies, cr&#232;ve l'espoir
		Son aim&#233;e fr&#234;le et tremblante
		Il la jette dans les eaux noires

		Puis il dit parlant au fleuve
		Volga de mort, Volga de vie
		Volga prends mes amours veuves
		Pour toujours au fond de ton lit

		Mes amis chantez que diable!
		Buvez le vin jusqu'&#224; la lie
		Jusqu'&#224; rouler sous la table
		Jusqu'&#224; demain, jusqu'&#224; l'oubli

		Apr&#232;s tout
		La vie n'est qu'un leurre
		Un court et merveilleux passage
		L'amour que souvent on pleure
		N'est rien de plus qu'un mirage
		Faut vivre l'heure pour l'heure
		Profitons de ce voyage
		Qui ne dure pas

		Au fond de nos verres
		Y a l'oubli du temps qui passe
		Le vin et l'ami sinc&#232;re
		Sont rem&#232;des &#224; l'angoisse

		Aujourd'hui pleure mis&#232;re
		Demain fera volte-face
		Et tout changera

		Lentement le long des &#238;les
		Souffle le vent, roulent les flots
		Glissent les barques agiles
		De Razine et ses matelots



Sur la table

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1957

		Nous avions tous deux
		Un rendez-vous amoureux
		Mercredi &#224; huit heures
		Dans ma demeure
		O&#249;
		Il y avait sur une nappe blanche brod&#233;e
		Il y avait du caviar sur des toasts beurr&#233;s
		Il y avait du pain bis, des hors d'&#339;uvres vari&#233;s
		Il y avait un faisan r&#244;ti sur canap&#233;
		Il y avait un magnum de champagne frapp&#233;
		Eclair&#233; par quatre bougies allum&#233;es
		Sur la table
		Il y avait du fromage, des fruits, des sabl&#233;s
		Il y avait quelques liqueurs et du caf&#233;
		Du Br&#233;sil

		Le temps a pass&#233;
		Et quand minuit a sonn&#233;
		J'avais si faim vraiment
		Que b&#234;tement
		Oui
		Attabl&#233; seul devant ta place inoccup&#233;e
		J'ai mang&#233; le caviar sur les toasts beurr&#233;s
		J'ai mang&#233;
		Le pain bis, les hors d'&#339;uvres vari&#233;s
		J'ai mang&#233; le faisan r&#244;ti sur canap&#233;
		J'ai vid&#233; le magnum de champagne frapp&#233;
		Eclair&#233; par quatre bougies allum&#233;es
		Sur la table
		J'ai mang&#233; le fromage, les fruits, les sabl&#233;s
		Arros&#233;s par la liqueur et le caf&#233;
		Du Br&#233;sil

		Te trompant de jour
		Le lendemain mon amour
		Quand tu vins &#224; huit heures
		Dans ma demeure
		O&#249;
		Il restait sur une nappe blanche tach&#233;e
		Il restait les reliefs d'un repas consomm&#233;
		Le caviar, les hors d'&#339;uvres s'&#233;taient envol&#233;s
		Le faisan n'&#233;tait qu'un petit tas d'os rong&#233;s
		Le magnum avait un aire de f&#234;te pass&#233;e
		Les bougies &#233;taient tordues et consum&#233;es
		Sur la table
		Il restait quelques fruits, des miettes de sabl&#233;s,
		La liqueur et le caf&#233; qu'&#233;taient glac&#233;s
		Du Br&#233;sil

		Je n'avais plus rien
		Et pour tromper notre faim
		Nous avons d&#233;cid&#233;
		De nous aimer



Sur le chemin du retour

Musique: Charles Aznavour

		Pour tromper ma vie et rompre le temps
		Avec mon chagrin pour fardeau
		Fuyant ton sourire et tes vingt printemps
		Qui me collent encore &#224; la peau

		Pour voir d'autres yeux, trouver d'autres joies
		Oublier ton nom pour toujours
		Et puiser ma force au sein d'autres bras
		J'ai choisi l'exil mon amour

		Passe la vie et meurt le temps
		Seul l'amour peut tuer l'amour
		Mon c&#339;ur se trouve &#224; tout instant
		Sur le chemin du retour
		Du retour

		Croyant m'enrichir du sel et du miel
		D'une vie au triple galop
		J'ai jet&#233; mon &#226;me &#224; l'assaut du ciel
		Il ne m'a rendu qu'un sanglot

		Que me reste-t-il du temps gaspill&#233;
		A vaincre les monts et les mers?
		Des ann&#233;es perdues &#224; fuir un pass&#233;
		Qui s'accroche &#224; mon univers?

		Passe la vie et meurt le temps
		Seul l'amour peut tuer l'amour
		Mon c&#339;ur se trouve &#224; tout instant
		Sur le chemin du retour
		Du retour

		Mais l'amour en moi brisera l'orgueil
		Car je n'en peux plus de t'aimer
		Et mon c&#339;ur vaincu franchira ton seuil
		Pour ne plus jamais s'en aller

		Passe la vie et meurt le temps
		Seul l'amour peut tuer l'amour
		Mon c&#339;ur se trouve &#224; tout instant
		Sur le chemin du retour
		Du retour



Sur ma vie

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1955

autres interpr&#232;tes: L&#233;o Marjane (1955), Jacques Montmorency (1955), Les Compagnons de la Chanson (1956), Patachou (1956), Robert Valentino (1956), Lucienne Delyle (1964), Johnny Hallyday (1998)

		Sur ma vie je t'ai jur&#233; un jour
		De t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours
		Et le m&#234;me mot
		Devait tr&#232;s bient&#244;t
		Nous unir devant Dieu et les hommes

		Sur ma vie je t'ai fait le serment
		Que ce lien tiendrait jusqu'&#224; la fin des temps
		Ainsi nous vivions
		Ivres de passion
		Et mon c&#339;ur voulait t'offrir mon nom

		Pr&#232;s des orgues qui chantaient
		Face &#224; Dieu qui priait
		Heureux je t'attendais
		Mais les orgues se sont tues
		Et Dieu a disparu
		Car tu n'es pas venue

		Su ma vie j'ai jur&#233; que mon c&#339;ur
		Ne battrait jamais pour aucun autre c&#339;ur
		Et tout est perdu
		Car il ne bat plus
		Mais il pleure mon amour d&#233;&#231;u

		Sur ma vie je t'ai jur&#233; un jour
		De t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours
		Et m&#234;me &#224; pr&#233;sent
		Je tiendrai serment
		Malgr&#233; tout le mal que tu m'as fait
		Sur ma vie
		Ch&#233;rie
		Je t'attendrai



Sylvie

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963

		Sylvie
		O&#249; sont tes plaisirs et tes rires d'enfant?
		Sylvie
		O&#249; sont tes d&#233;sirs de mordre &#224; belles dents?
		La vie &#233;veillant tes jeunes printemps
		A l'aube de tes joies, tu pleures d&#233;j&#224;

		Pour un gar&#231;on insens&#233; qui un jour
		Sans raison a bris&#233; pour toujours
		Les espoirs de ton coeur plein d'amour
		Tu pleures

		Sylvie
		Ce que l'on voit fuir ne se rattrape pas
		Sylvie
		Arm&#233; d'un sourire, un inconnu viendra
		Ravi d'apporter des r&#234;ves en toi
		Par un nouveau bonheur au fond de ton coeur

		Viens, car &#224; l'&#226;ge d'aimer, le chagrin ne doit pas t'effleurer
		Car demain peut sombrer ton malheur
		Puisque rien ne demeure

		Sylvie
		Quand on a l'espoir, tout peut recommencer
		Sylvie
		Range ton mouchoir et repoudre ton nez
		Souris, car la vie se tra&#238;ne &#224; tes pieds
		Ne la repousse pas, tu regretteras

		Quand les ann&#233;es s'enfuiront
		Que le temps me donnera raison
		Tristement, tu te diras: "Trop tard!"
		En fouillant ta m&#233;moire

		Sylvie
		L&#224; tu comprendras ce que tu as perdu
		Sylvie
		Les jours d'autrefois ne se revivent plus
		Aussi, ouvre ton coeur &#224; l'inconnu
		Qui changera tes jours par un cri d'amour
		Qui changera tes jours par un cri d'amour



Tendre Arm&#233;nie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: A&#239;da Garvarentz 2007 "Colore ma vie"

		Son sol est sillonn&#233; que par ses cicatrices
		Dieu l'a mise &#224; l'&#233;preuve sans la m&#233;nager
		Elle n'a surv&#233;cue qu'aux prix de sacrifices
		Le plus souvent trahie, le plus souvent viol&#233;e

		L'ennemi s'est toujours press&#233; &#224; ses fronti&#232;res
		Elle a pleur&#233; son sort pourtant s'est ressaisie
		D'attaques meurtri&#232;res en tremblement de terre
		Elle a v&#233;cu le pire, pauvre et tendre Arm&#233;nie

		Elle a connu la faim, le froid et la mis&#232;re
		Elle a serr&#233; les dents, elle a implor&#233; Dieu
		Elle a vu s'engager et ses fils et ses p&#232;res
		Accompagn&#233; des m&#232;res avec les larmes aux yeux

		Elle a toujours &#233;t&#233; l'objet de convoitises
		Perdue dans ses montagnes aux portes de l'Asie
		A deux pas des nuages au choeur de ses &#233;glises
		Elle a subi son sort douce et tendre Arm&#233;nie

		Son histoire est tach&#233;e du sang de mille guerres
		De si&#232;cles de douleurs comme d'espoirs mort-n&#233;s
		Ses h&#233;ros sont couch&#233;s dans des vieux cimeti&#232;res
		Couch&#233;s mais morts debout face &#224; l'adversit&#233;

		Elle a gard&#233; sa langue et sauv&#233; sa culture
		Elle s'est accroch&#233;e pour sortir de la nuit
		Mille fois ravag&#233;e elle renaissait pure
		Pour tout recommencer, belle et tendre Arm&#233;nie

		Dans ce coin tourment&#233; du monde elle s'accroche
		A son destin cruel depuis la nuit des temps
		L'arme &#224; proximit&#233; de la faux et la pioche
		Pour d&#233;fendre sa terre et nourrir ses enfants

		Ind&#233;pendante enfin sur son sol l&#233;gendaire
		Elle se prend en main et respire et revit
		La libert&#233; conquise il y a tout &#224; faire
		Avec l'aide de Dieu et la foi et l'envie

		Sous la cendre des ans sous les amas de pierres
		L'espoir reste permis, jeune et tendre Arm&#233;nie



Toi contre moi

Paroles: C.Aznavour. Musique: C.Aznavour, Plante 1986

		Toi contre moi, il est b&#234;te &#224; pleurer
		cet orgueil des parents d&#233;chir&#233;s.
		Toi contre moi c'est un combat, on se d&#233;chire on se bat
		aid&#233;s par nos avocat!
		Toi contre moi, contre le monde entier,
		sans r&#233;pit, sans merci, sans piti&#233;.
		Quand l'amour meurt, &#231;a devient chacun pour soi,
		mais les enfants dans tout &#231;a?
		Quel est leur tort, quel est leur crime,
		pourquoi seraient-ils victimes
		de notre &#233;chec &#224; nous deux, pourquoi eux?
		Qu'ont-ils fait pour souffrir de nos probl&#232;mes,
		eux qui sont ce que quand m&#234;me nous avons fait de mieux?!
		Toi contre moi, quelle raison donner
		au pourquoi des enfants &#233;tonn&#233;s?
		Toi tu voudrais me les &#244;ter, je devrais les emprunter,
		les prendre et les rapporter!
		Toi contre moi, &#224; ce jeu sans issue,
		il ne sort ni vainqueur ni vaincu.
		Au bout du compte, il n'y a que les enfants
		qui pour finir sont perdants!
		Non aux sorties &#224; la sauvette, aux dimanches et jours de f&#234;tes
		que peut accorder la loi chaque mois!
		Tes amis auront beau dire et beau faire:
		Je remuerai ciel et terre,
		tu ne les auras pas!
		Toi contre moi, c'est l'enfer, c'est l'horreur,
		et pourtant hier, c'&#233;tait le bonheur!
		Toi contre moi, c'&#233;tait la vie, ses merveilles et ses folies,
		dans tes bras et dans ton lit!
		Toi contre moi, ce pass&#233; qui nous lie,
		il faudrait le garder &#224; tout prix.
		Se retrouver face &#224; face au Tribunal
		ne nous ferait que du mal!
		Viens! Faisons amende honorable, &#233;vitons l'irr&#233;parable
		et le point de non retour, pour qu'un jour
		affleurant de ce drame pitoyable
		il ne reste plus que toi contre moi, mon amour!



Toi et moi

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Jacques Revaux, Jean Pierre Bourtayre 1994

		Toi et moi
		Deux c&#339;urs qui se confondent
		Au seuil de l'infini
		Loin du reste du monde
		Haletants et soumis
		A bord du lit
		Qui tangue et va
		Sous toi et moi

		Toi et moi
		Lib&#233;r&#233;s des mensonges
		Et sevr&#233;s des tabous
		Quand la nuit se prolonge
		Entre r&#226;les et remous
		Nos songes fous
		Inventent un nous

		Entre chien et loup dans nos r&#234;ves d&#233;serts
		L'amour a su combler les silences
		Et nous, ses enfants nus, vierges de nos hiers,
		Devenons toi et moi, lav&#233;s de nos enfers

		Porte-moi
		Au del&#224; des angoisses
		A l'appel du d&#233;sir
		Du c&#339;ur de nos fantasmes
		Aux confins du plaisir
		Que Dieu cr&#233;a
		Pour toi et moi

		J'&#233;tais sans espoir, tu as chang&#233; mon sort
		Offrant &#224; ma vie une autre chance
		Les mots ne sont que mots, les tiens vibraient si fort
		Qu'en parlant &#224; ma peau ils &#233;veillaient mon corps

		Aime-moi
		Fais-moi l'amour encore
		Encore et parle-moi
		Pour que jusqu'aux aurores
		Aux sources de nos joies
		Mes jours se noient
		Dans toi et moi.



Ton doux visage

		Ton doux visage
		Que caresse un autre que moi
		Ton doux visage
		Je l'entrevois
		Dans ces images
		Qui viennent sans fin se jeter
		A l'abordage
		De mes pens&#233;es

		Ton doux visage
		Vient hanter mes nuits sans amour
		Comme un mirage
		En contre-jour
		Sous l'&#233;clairage
		Des souvenirs en noir et blanc
		De mon cin&#233;ma personnel et permanent

		Ton doux visage
		Debout plant&#233; sur mon pass&#233;
		Me d&#233;visage
		Et fait sauter
		Le maquillage
		Qui cherche &#224; masquer vainement
		Le mal de l'&#226;ge
		L'&#339;uvre du temps

		Je suis l'otage
		De mes regrets, de mes passions
		Et du chantage
		Que des chansons font avec rage
		A mon c&#339;ur par des mots d'amour
		Quand ma m&#233;moire hurle au scandale et au secours

		Ton doux visage
		Qui m'obs&#232;de et me fait souffrir
		Est l'h&#233;ritage
		De souvenirs
		Et d'effeuillages
		Baisers vol&#233;s et doigts tremblants
		Dans ton corsage
		Sur tes printemps

		Et les ancrages
		Au bout des sens, au creux du lit
		Les engrenages
		De la folie
		De ces ravages
		Pour deux c&#339;urs sans dessus dessous
		Jouant au jeu de la mort lente et l'amour fou

		Ton doux visage
		Je l'ai perdu &#224; tout jamais
		C'est un ratage
		Et je le sais
		De ce naufrage
		Je sortirai in extremis
		Non sans dommage
		Du temps jadis

		De mes voyages
		Dans tes yeux tendres et ton corps chaud
		De ces rivages
		J'ai dans la peau
		Ton doux visage
		Emergeant du flou de l'oubli
		Pour briller au creux de mon &#226;me et de mes nuits
		Car ton visage

		Ce doux visage
		Est le visage
		De ma vie.



Ton nom

		Ton nom
		C'est un mot merveilleux, un appel qui jaillit
		Et de souffle en murmure aboutit &#224; ce cri
		D&#233;chirant par instant
		Le silence angoissant
		De la nuit

		Ton nom
		Que r&#233;p&#232;te ma voix et que reprend l'&#233;cho
		Met le trouble en mon &#226;me
		Et tant qu'il vibre en moi
		Mon coeur ne conna&#238;t pas
		De repos

		Ton nom
		Qui fait na&#238;tre la joie o&#249; stagnait la peur
		C'est l'&#233;toile qui luit dans le ciel de mon coeur
		Et me guide &#224; travers
		Les sentiers escarp&#233;s
		Du bonheur

		Ton nom
		A l'heure o&#249; l'ombre vient pour d&#233;pouiller le jour
		Se transforme pour moi en simple mot d'amour
		Et me fait prisonnier
		De la nuit, de toi et
		De ton nom

		Ton nom
		Claque comme un drapeau plant&#233; comme un d&#233;fi
		Sur la terre promise au r&#234;veur que je suis
		Car il flotte &#224; pr&#233;sent
		Dans l'azur, pour le temps
		De ma vie

		Ton nom
		Que j'&#233;cris sur les murs, sur les arbres, partout
		Et le crie sur les toits, dans le vent comme un fou
		Que tu sois dans mes bras
		Ou perdue loin de moi
		Loin de tout

		Ton nom
		C'est un son obs&#233;dant qui voltige dans l'air
		Il plane autour de moi, il me fr&#244;le et me serre
		Et joue &#224; retourner
		Mon sang et mes pens&#233;es
		A l'envers

		Ton nom
		Sur mes l&#232;vres et mon corps rime avec mes d&#233;sirs
		Il est tendre, il est chaud, il se dit &#224; plaisir
		Et je ne peux sans faiblir
		Demain vivre ou mourir



Tous les visages de l'amour

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1975

note: repris en anglais "She" pour le film "Coup de foudre &#224; Notting Hill" 1999

		Toi, par tes mille et un attraits
		Je ne sais jamais qui tu es
		Tu changes si souvent de visage et d'aspect
		Toi quelque soit ton &#226;ge et ton nom
		Tu es un ange ou le d&#233;mon
		Quand pour moi tu prends tour &#224; tour
		Tous les visages de l'amour

		Toi, si Dieu ne t'avait model&#233;
		Il m'aurait fallu te cr&#233;er
		Pour donner &#224; ma vie sa raison d'exister
		Toi qui est ma joie et mon tourment
		Tant&#244;t femme et tant&#244;t enfant
		Tu offres &#224; mon c&#339;ur chaque jour
		Tous les visages de l'amour

		Moi, je suis le feu qui grandit ou qui meure
		Je suis le vent qui rugit ou qui pleure
		Je suis la force ou la faiblesse
		Moi, je pourrais d&#233;fier le ciel et l'enfer
		Je pourrais dompter la terre et la mer
		Et r&#233;inventer la jeunesse

		Toi, viens fais moi ce que tu veux
		Un homme heureux ou malheureux
		Un mot de toi je suis poussi&#232;re ou je suis Dieu
		Toi, sois mon espoir, sois mon destin
		J'ai si peur de mes lendemains
		Montre &#224; mon &#226;me sans secours
		Tous les visages de l'amour
		Toi! tous les visages de l'amour



Tout s'en va

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 1968

		Tout s'en va, tout se meurt
		Tu ne crois plus &#224; notre bonheur
		Et tu deviens sans raison ni cause
		Nerveuse et morose, Rose, Rose

		Rose, Rose, ah oui! Je me souviens
		J'avais quoi, dix-setp ans, toi peut-&#234;tre un peu moins
		Quand tu s&#233;chais tes cours et venait le matin
		Pour m'apporter ton c&#339;ur comme un bouton de rose
		Rose, Rose, amour de mon pass&#233;
		Quand tu venais me voir dans ma chambre au grenier
		Je trouvais que ta peau sentait le foin mouill&#233;
		Et quand je t'embrassais mais &#231;a c'est autre chose

		Tout s'en va, tout se meurt
		Tu veux fermer ta porte &#224; mon c&#339;ur
		J'entends d&#233;j&#224; le vente qui se l&#232;ve
		Pour chasser mes r&#234;ves, &#200;ve, &#200;ve

		&#200;ve, &#200;ve encore un souvenir
		Qui m'a br&#251;l&#233; le c&#339;ur avant que de faiblir
		J'ai cru devenir fou, j'ai voulu en mourir
		Mais le temps gu&#233;rit tout, un jour sans crier gare
		&#200;ve, &#200;ve &#224; mordre follement
		Dans le fruit de l'amour, on se brise les dents
		Si tu m'as fait du mal j'ai conserv&#233; pourtant
		Le souvenir des jours je crois que je m'&#233;gare

		Tout s'en va, tout se meurt
		Je sens qu'en moi s'installe la peur
		Tu as d&#233;j&#224; boucl&#233; ta valise
		Et je r&#233;alise, Lise, Lise

		Lise, Lise, o&#249; es-tu aujourd'hui
		Toi qui mourais le jour pour rena&#238;tre la nuit
		Toi qui marchais pieds nus en r&#234;vant sous la pluie
		Abhorrant le soleil mais adorant la neige
		Lise, Lise et tes cheveux mouvants
		Fantasque, inattendue, mi-femme et mi-enfant,
		Qui tombais dans mes bras parfois en sanglotant
		Ou en riant tr&#232;s fort voyons o&#249; en &#233;tais-je?

		Tout s'en va, tout se meurt
		Je ne suis plus qu'une ombre en ton c&#339;ur
		Et je vois bien qu'en toi tout s'appr&#234;te
		Pour d'autres conqu&#234;tes Kate, Kate

		Kate, Kate &#224; l'accent que j'aimais
		Qui malgr&#233; ses efforts lorsqu'elle s'exprimait
		Ne pouvait s'emp&#234;cher d'&#233;corcher le fran&#231;ais
		Qui bien qu'&#233;tant anglaise &#233;tait pourtant d'argile
		Kate Kate avait mille tr&#233;sors
		Et des taches de rouille agr&#233;mentaient son corps
		Comme si ses parents l'avaient laiss&#233;e dehors
		Trop longtemps sous la pluie les bonheur est fragile

		Tout s'en va, tout se meurt
		Mais le printemps revient en vainqueur
		Les bras charg&#233;s de r&#234;ves et de fleurs
		Et s&#232;che nos pleurs
		Et s&#232;me en nos c&#339;urs
		Ses grains de folie
		Ainsi va la vie.



Trenetement

Musique: Charles Aznavour

		Ma page est vierge
		Je suis devant
		Il me faut &#233;crire un roman
		Et je gamberge
		Me tiens le front
		En cherchant une inspiration
		Si dans une heure
		J'ai pu noircir quelques feuillets
		Mon &#233;diteur
		Pourra me consentir un pr&#234;t
		Que ma concierge
		Guette d&#233;j&#224;
		Car mon loyer
		N'est pas pay&#233;
		Depuis six mois

		Je me concentre
		Mais rien ne vient
		Et je suis mang&#233; par la faim
		Car dans mon ventre
		Au d&#233;sespoir
		Il n'y a pas m&#234;me un caf&#233; noir
		J'ai beau chercher
		Comment faire un repas gratuit
		Dans le quartier
		Je n'obtiens plus aucun cr&#233;dit
		Et quand je rentre
		Chez eux parfois
		Les commer&#231;ants
		Sont mena&#231;ants
		D&#232;s qu'ils me voient

		Muse ma reine
		Ma tendre amie
		Mon doux c&#339;ur et mon pur esprit
		Mets-moi en veine
		Je suis &#224; court
		Je t'en prie, viens &#224; mon secours
		Donne-moi donc
		Trois personnages et un d&#233;cor
		Qui conna&#238;tront
		La vie, l'amour et puis la mort
		Que &#231;a devienne un best-seller
		Qui m'offre un jour
		Et le Goncourt
		Et l'habit vert

		Mon c&#339;ur bat vite
		&#199;a y est, je crois
		Mon roman s'&#233;crit malgr&#233; moi
		Quand je cogite
		Ma plume court
		J'en oublie tout ce qui m'entoure
		Je suis g&#233;nial
		J'ai fini l'&#339;uvre en une nuit
		Le point final
		Est au bas de mon manuscrit
		Je sollicite
		Mon &#233;diteur
		Qui m'&#233;conduit
		Avec m&#233;pris
		Ah! Quel malheur

		D&#232;s lors je sombre
		Dans la folie
		Et je dis adieu &#224; la vie
		Dans la p&#233;nombre
		Sans oraison
		Je me fais un trou dans le front
		Je vois d'en haut
		Les gens s'arracher mes bouquins
		Souvent il faut
		Mourir pour devenir quelqu'un
		Mais comme une ombre
		Souvent la nuit
		Je reviendrai
		Je le promets
		Et sans r&#233;pit

		Je ferai peur
		Aux &#233;diteurs
		Toutes les nuits
		Je ferai peur
		Aux &#233;diteurs
		Toutes les nuits



Trop tard

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Alex Alstone 1962

autres interpr&#232;tes: Charles Aznavour (1963)

		Trop tard
		Il est trop tard d&#233;sormais
		J'ai tout g&#226;ch&#233;
		J'ai tout bris&#233;

		Trop tard
		Je dois payer mes erreurs
		Au prix d'un c&#339;ur
		Qui aime

		Je lutte avec moi-m&#234;me
		Cherchant un peu d'espoir

		Trop tard
		Ils sont perdus, je le vois,
		Les jours de joie
		Pour toi et moi

		Trop tard
		Il est trop tard, mon amour
		Car notre amour
		Meurt, mon amour

		Trop tard
		Je ne vis plus dans ta vie
		Et mon c&#339;ur crie
		D'angoisse

		Je sais, quoi que je fasse
		Qu'au fond, c'est sans espoir

		Trop tard
		Mon c&#339;ur devra, loin de toi
		Battre sans toi
		Vivre sans toi



Trousse chemise

Paroles: Jacques Mareuil. Musique: Charles Aznavour 1962 "Il faut savoir"

		Dans le petit bois de Trousse chemise
		Quand la mer est grise et qu'on l'est un peu
		Dans le petit bois de Trousse chemise
		On fait des b&#234;tises souviens-toi nous deux
		On &#233;tait partis pour Trousse chemise
		Guett&#233;s par les vieill's derri&#232;r' leurs volets
		On &#233;tait partis la fleur &#224; l'oreille
		Avec deux bouteill's de vrai muscadet

		On s'&#233;tait baign&#233;s &#224; Trousse chemise
		La plage d&#233;serte &#233;tait &#224; nous deux
		On s'&#233;tait baign&#233;s &#224; la d&#233;couverte
		La mer &#233;tait verte, tu l'&#233;tais un peu
		On a dans les bois de Trousse chemise
		D&#233;jeun&#233; sur l'herbe, mais voil&#224; soudain
		Que l&#224;, j'ai voulu d'un &#233;lan superbe
		Conjuguer le verbe aimer son prochain.

		Et j'ai renvers&#233; &#224; Trousse chemise
		Malgr&#233; tes pri&#232;res &#224; corps d&#233;fendant
		Et j'ai renvers&#233; le vin de nos verres
		Ta robe l&#233;g&#232;re et tes dix sept ans
		Quand on est rentr&#233;s de Trousse chemise
		La mer &#233;tait grise, tu ne l'&#233;tais plus
		Quand on est rentr&#233; la vie t'a reprise
		T'as fait ta valise t'es jamais r'venue.

		On coupe le bois &#224; Trousse chemise
		Il pleut sur la plage des mortes saisons
		On coupe le bois, le bois de la cage
		O&#249; mon c&#339;ur trop sage &#233;tait en prison.



Tu &#233;tais trop jolie

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1959

		Tu &#233;tais trop jolie, trop jolie
		Mon amour
		Ton rire &#233;tait trop frais
		Et ton corps trop parfait
		Tu aimais tant la vie, tant la vie
		Au grand jour
		Que j'en restais parfois
		Tout &#233;mu pr&#232;s de toi
		Mais le vent s'est lev&#233;
		Dans nos c&#339;urs &#233;tonn&#233;s
		Et quand l'hiver glac&#233;
		Est pass&#233;
		Il a tout d&#233;vast&#233;
		Emportant mon bonheur, ton bonheur
		Pour toujours
		Tu &#233;tais trop jolie pour moi mon amour

		Les jours se succ&#232;dent au jour
		Et la pluie fait place au soleil
		Mais rien jamais rien n'est pareil
		Bien que le monde tourne en rond
		L'&#233;t&#233; revient chaque saison
		Mais le bonheur est sans retour

		Tu &#233;tais trop jolie, trop jolie
		Mon amour
		Tu &#233;tais une enfant
		Vivant intens&#233;ment
		Moi je n'ai pas compris, pas compris
		Lorsqu'un jour
		La vie que je tenais
		S'est enfuie &#224; jamais
		Les jours, les mois s'en vont
		De saison en saison
		Mais dans mon c&#339;ur bris&#233;
		D&#233;chir&#233;
		Ils ont tout d&#233;vast&#233;
		Emportant mon bonheur, ton bonheur
		Pour toujours
		Tu &#233;tais trop jolie pour vivre mon amour



Tu exag&#232;res

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1963 "Qui?"

		Tu exag&#232;res
		Tu en fais trop
		C'est pourquoi je n'ai jamais pu, comme il faut,
		S&#233;parer tes qualit&#233;s de tes d&#233;fauts
		Tant ils se m&#234;lent et se confondent

		Y a rien &#224; faire
		Tu vas et viens
		Tu te fatigues et te donnes un mal de chien
		Je suis pour toi plus un enfant qu'un mari
		Et ton amour tourne &#224; la tyrannie

		Tu exag&#232;res
		Toute l'ann&#233;e,
		Quand tu me fais des petits plats mijot&#233;s
		Et te r&#233;gales &#224; me regarder manger
		Ces repas pantagru&#233;liques

		Si je temp&#232;re
		Mon app&#233;tit,
		Tu deviens triste, alors, pour &#234;tre gentil
		Sachant que dans un instant tu vas pleurer,
		Je reprends de tout, tout, tout, quitte &#224; en crever

		Tu exag&#232;res
		Tu vas trop loin
		Lorsque tu cires tes parquets, le matin
		Tu m'obliges &#224; marcher avec des patins
		Qui me font perdre l'&#233;quilibre

		Tu fais les poussi&#232;res
		Bats les tapis
		Ne pouvant &#234;tre ni debout ni assis
		Si je m'&#233;tends pour te laisser travailler
		Tu viens alors battre les oreillers

		Tu exag&#232;res
		C'est insens&#233;,
		Si par hasard j'ai le malheur de tousser
		L'instant d'apr&#232;s je me retrouve couch&#233;
		Avec le dos plein de ventouses

		Telle un cerb&#232;re
		Tu veilles au grain,
		Le thermom&#232;tre &#224; la port&#233;e de la main
		Tu me fais prendre, que je le veuille ou non,
		D'horribles trucs de ta composition

		Tu exag&#232;res
		Depuis toujours,
		Y a donc pas de raison que tu cesses un jour
		Pourtant, pour moi, ne change rien, mon amour
		Car c'est pour tout &#231;a que je t'aime

		Ton caract&#232;re,
		Ta bonne humeur,
		Ta fra&#238;cheur d'&#226;me et tes qualit&#233;s de c&#339;ur
		Font que, dans la vie, je ne m'ennuie jamais
		Tu exag&#232;res, mon c&#339;ur, tu exag&#232;res, je sais
		Tu exag&#232;res mais &#231;a me pla&#238;t!



Tu n'as plus

		On a tous les deux
		Couru le cotillon
		Il est temps mon vieux
		De baisser pavillon
		T'as d&#233;pass&#233; l'&#226;ge limite
		La marge de s&#233;curit&#233;
		T'es un Don Juan mang&#233; aux mites
		Qui ferait mieux de se caser

		Tu n'as plus, tu n'as plus
		La vigueur qu'&#224; vingt ans tu as eue
		Et ne peux plus atteindre le but
		Qu'elles esp&#232;rent
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Ta superbe, t'as l'air d'un vaincu
		Et devant tes ardeurs disparues
		Rien &#224; faire
		Tu n'as pas de ressort
		Tu es triste &#224; mourir
		Et les femmes ont un corps
		Assoiff&#233; de plaisir
		O&#249; est cet &#226;ge d'or
		Qui connut tes d&#233;sirs
		L&#233;gendaires?
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Que la force de r&#234;ver sans plus
		Seule ta m&#233;moire a surv&#233;cu
		A la guerre

		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Un physique &#224; leur crever la vue
		Mon ami regarde-toi dans u-
		ne glace
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		L'&#226;ge pour enflammer l'ing&#233;nue
		Le temps des fredaines est r&#233;volu
		Tu te tasses
		Tu es ce fruit fan&#233;
		Que nul ne veut cueillir
		A quoi bon le presser
		Pour n'en rien recueillir?
		Tu devrais te marier
		Avant que l'avenir
		Ne grimace
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Le droit de te permettre un refus
		Sans ardeur faudra du superflu
		Mais en masse

		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Qu'&#224; te faire une raison vois-tu
		Elles sont nulles et sans avenues
		Tes promesses
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Plus qu'&#224; faire des enfants tant et plus
		Car c'est ainsi que l'on perp&#233;tue
		Sa jeunesse
		Sur ton front d&#233;gag&#233;
		Luisant de mille &#233;clairs
		Si elles ne sont g&#226;t&#233;es
		Il poussera mon cher
		Ces merveilleux troph&#233;es
		Que l'on prend sur les cerfs
		Qu'on d&#233;p&#232;ce
		Tu n'as plus, tu n'as plus
		Le moyen de les lancer aux nues
		Aussi quand elles voudront leur d&#251;
		De caresses
		Il te faudra payer leur vertu
		En esp&#232;ces.



Tu t'laisses aller

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1960

autres interpr&#232;tes: Les Croquants (2004)

		C'est dr&#244;le c'que t'es dr&#244;le &#224; r'garder
		T'es l&#224;, t'attends, tu fais la t&#234;te
		Et moi j'ai envie d'rigoler
		C'est l'alcool qui monte en ma t&#234;te
		Tout l'alcool que j'ai pris ce soir
		Afin d'y puiser le courage
		De t'avouer que j'en ai marre
		De toi et de tes comm&#233;rages
		De ton corps qui me laisse sage
		Et qui m'enl&#232;ve tout espoir

		J'en ai assez faut bien qu'j'te l'dise
		Tu m'exasp&#232;res, tu m'tyrannises
		Je subis ton sale caract&#232;re
		Sans oser dire que t'exag&#232;res
		Oui t'exag&#232;res, tu l'sais maint'nant
		Parfois je voudrais t'&#233;trangler
		Dieu que t'as chang&#233; en cinq ans
		Tu l'laisses aller, tu l'laisses aller

		Ah! Tu es belle &#224; regarder
		Tes bas tombant sur tes chaussures
		Et ton vieux peignoir mal ferm&#233;
		Et tes bigoudis quelle allure
		Je me demande chaque jour
		Comment as-tu fait pour me plaire?
		Comment ai-je pu te faire la cour
		Et t'ali&#233;ner ma vie enti&#232;re?
		Comme &#231;a tu ressembles &#224; ta m&#232;re
		Qu'a rien pour inspirer l'amour

		D'vant mes amis quelle catastrophe
		Tu m'contredis, tu m'apostrophes
		Avec ton venin et ta hargne
		Tu ferais battre des montagnes
		Ah! J'ai d&#233;croch&#233; le gros lot
		Le jour o&#249; je t'ai rencontr&#233;e
		Si tu t'taisais, ce s'rait trop beau
		Tu l'laisses aller, Tu l'laisses aller

		Tu es une brute et un tyran
		Tu n'as pas de c&#339;ur et pas d'&#226;me
		Pourtant je pense bien souvent
		Que malgr&#233; tout tu es ma femme
		Si tu voulais faire un effort
		Tout pourrait reprendre sa place
		Pour maigrir, fais un peu de sport
		Arrange-toi devant ta glace
		Accroche un sourire &#224; ta face
		Maquille ton c&#339;ur et ton corps

		Au lieu d'penser que j'te d&#233;teste
		Et de me fuir comme la peste
		Essaie de te montrer gentille
		Redeviens la petite fille
		Qui m'a donn&#233; tant de bonheur
		Et parfois comme par le pass&#233;
		J'aim'rais que tout contre mon c&#339;ur
		Tu l'laisses aller, tu l'laisses aller



Un adieu

Paroles et Musique: Charles Aznavour

		Un adieu ce n'est pas un adieu
		Mais non c'est beaucoup mieux
		C'est un entracte dans le spectacle.
		Ou plut&#244;t c'est un coup de chapeau
		Qui veut dire &#224; bient&#244;t
		Faisons confiance &#224; l'existence.

		Nous avons chant&#233; ensemble,
		V&#233;cu ensemble,
		Couru le monde et les jupons ensemble.
		Pour tout &#231;a que nous n'oublierons pas,
		Il faut rester joyeux,
		Ce n'est pas un adieu.

		Un adieu ce n'est pas un adieu
		Cela ressemble un peu
		A ces vacances de notre enfance
		On croyait se quitter &#224; jamais
		Et puis on revenait.
		Tous ceux qui s'aiment ont fait de m&#234;me.

		Que ce soir nos coeurs se donnent,
		Nos vois r&#233;sonnent
		Pour nos amis sans oublier personne
		Tous en choeur sans pincement au coeur
		Sans larme dans les yeux,
		Ce n'est pas un adieu.

		Un adieu ce n'est pas un adieu
		Cela ressemble un peu
		A ces vacances de notre enfance
		On croyait se quitter &#224; jamais
		Et puis on revenait.
		Tous ceux qui s'aiment ont fait de m&#234;me.

		Nous avons chant&#233; ensemble,
		V&#233;cu ensemble,
		Couru le monde et les jupons ensemble.
		Pour tout &#231;a que nous n'oublierons pas,
		Il faut rester joyeux,
		Ce n'est pas un adieu.

		Tous en choeur sans pincement au coeur
		Il faut rester joyeux, ce n'est pas un adieu.
		Ce n'est pas un adieu.



Un amour en transit

Musique: Charles Aznavour

		Tu viens, tu pars
		Toujours entre deux trains
		Toujours entre deux gares
		Et traverses ma vie
		Comme un vent de folie
		Comme un homme en visite
		Et je vis avec toi
		Malgr&#233; tout, malgr&#233; moi
		Un amour en transit

		Une heure, un soir
		Venant d'on ne sait o&#249;
		Pour partir autre part
		Tu sillonnes mon ciel
		Comme un r&#234;ve irr&#233;el
		Tel un' m&#233;t&#233;orite
		Tu me prends contre toi
		Pour m'offrir dans tes bras
		Un amour en transit

		Des jours, des mois
		J'espere un mot tr&#232;s court
		Un coup de fil de toi
		Et guettant ton retour
		Je m'enferme chez moi
		Au cas o&#249; tu viendrais un jour
		A l'improviste

		D'ici, de l&#224;
		Debarquant de Bel&#233;m
		En route pour Java
		Rentrant comme un voleur
		Pour graver dans mon c&#339;ur
		Des heures in&#233;dites
		Qui me troublent et me font
		Aimer sans condition
		Un amour en transit

		Tu vas, tu cours
		Sans chercher &#224; savoir
		Si mes nuits et mes jours
		Si mon &#226;me et mon corps
		T'appartiennent encor
		Quand tu te pr&#233;cipites
		Chercher &#224; mes c&#244;t&#233;s
		Le repos du guerrier
		Un amour en transit

		Tu ris, tu joues
		Et jongles avec mon c&#339;ur
		Comme avec un joujou
		Tu me mets hors de moi
		Quand tu ris aux &#233;clats
		Sachant que &#231;a m'irrite
		Tu me cloues sur le lit
		Et voil&#224; reparti
		Un amour en transit

		C'est non, c'est oui
		Comment briser ce lien
		T&#233;nu qui nous unit
		Puisque quand tu m'&#233;treins
		Et que tu me souris
		Je souris &#224; mon tour, car rien
		Ne te resiste

		Amer amour
		Vivant au rythme fou
		De tes aller-retour
		Qui s'&#233;tiole et se meurt
		Mais rena&#238;t de bonheur
		Quand soudain tu t'invites
		Comme un loup, comme un roi
		Pour m'investir de joie
		D'un amour insolite

		Un amour en transit



Un concerto d&#233;concertant

Musique: Charles Aznavour

		Vous arp&#233;gez piano piano
		Du bout des doigts en virtuose
		Variant les th&#232;mes et les tempos
		Montez jusqu'&#224; l'apoth&#233;ose
		Vouz modulez les yeux mi-clos
		Changez le genre et la cadence
		Que chaque note en nos c&#339;urs danse
		Sur mes d&#233;sirs en crescendo
		Vous b&#233;molisez
		Vous b&#233;carrisez
		Afin que de soupirs en pauses
		En nous la m&#233;lodie s'impose
		Hymne &#224; la joie de nous aimer
		Vous inspirez fi&#233;vreusement
		Que nos rythmes se superposent
		Pour composer conjointement
		Un concerto d&#233;concertant

		Vous orchestrez avec brio
		Pour faire une &#339;uvre d'une &#233;bauche
		En contrepoint &#224; mon solo
		Alternant main droite et main gauche
		Pour qu'au clavier de votre peau
		Et sur nos l&#232;vres qui s'accordent
		L'amour joue sur toutes ses cordes
		Pianissimo, fortissimo
		Vous harmonisez
		Vous instrumentez
		Faire de vous une musique
		Mi-baroque et mi-romantique
		Avec de grandes envol&#233;es
		Chef d'orchestre de vos printemps
		Par de grands &#233;lans symphoniques
		Diriger sur ce corps br&#251;lant
		Un concerto, des concerti

		Un concerto
		D&#233;concertant



Un corps

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1980 "Autobiographie"

		Un corps pour m'&#233;tendre &#224; c&#244;t&#233;
		Dans l'ombre, &#233;paule contre &#233;paule,
		Un corps fr&#233;missant que je fr&#244;le
		Avant que de le poss&#233;der

		Un corps pour me pencher dessus
		Et, par d'imperceptibles touches
		Des doigts et de la bouche,
		En violer tous les inconnus

		Un corps de femme-femme
		Br&#251;lant de mille flammes
		Mi-tigresse et mi-biche
		Ou bien encore en friche
		Pudique et d&#233;sarmant
		Un corps fr&#234;le de femme-enfant

		Un corps pour y donner mes nuits
		Devenant moi-m&#234;me le diable
		D'un enfer d&#233;sirable
		Vivant sous ciel de lit

		Un corps qui se dispute
		Se prend de haute lutte
		Ennemi ou complice
		Au gr&#233; de son caprice
		Tendre ou griffes dehors
		Un corps &#224; vaincre au corps &#224; corps

		Un corps pour y donner le jour
		A une folle symphonie
		En y semant la vie
		Pour r&#233;colter l'amour



Un enfant de toi pour No&#235;l

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1974

		Quand viendra le temps du froid et du gel
		J'aimerais pouvoir trouver en cadeau
		Dans un berceau blanc, tel un angelot,
		Un enfant de toi pour No&#235;l

		Beau et merveilleux, tout petit et fr&#234;le
		Dormant, innocent, sous le sapin vert
		Pour &#234;tre le c&#339;ur de notre univers
		Un enfant de toi pour No&#235;l

		Un enfant de toi, de nous
		R&#234;v&#233; ensemble
		Con&#231;u ensemble
		D'&#226;me et de corps, qui nous ressemble
		Tr&#232;s fort

		Sorti de tes flancs lourds et maternels
		Pour faire en nos c&#339;urs jaillir la lumi&#232;re
		Sang de notre sang, chair de notre chair
		Un enfant de toi pour No&#235;l

		Fruit de nos espoirs, envoy&#233; du ciel
		Pour donner un sens au fil de nos jours
		Au prix de nos joies, au nom de l'amour
		Un enfant de toi pour No&#235;l

		Un enfant de toi, de nous
		Une esp&#233;rance
		Une pr&#233;sence
		Fille ou gar&#231;on, quelle importance
		Au fond?

		Un enfant de toi pour No&#235;l



Un jour ou l'autre

Paroles et Musique: Charles Aznavour

		Un jour ou l'autre apr&#232;s bien des ann&#233;es
		On revient sur ses traces
		Rechercher un pass&#233; qui s'efface.
		Un jour ou l'autre on marche sur les lieux
		Qui nous on connus gosses
		Avant d'aller rouler sa bosse.

		Une maison, un square, un coin de rue
		Un marchand de bonbons
		Nous laissent tous &#233;mus,
		Nous bouleversent.
		Un souvenir que l'on croyait perdu
		Fait jaillir un sourire,
		Une joie inconnue
		Qui transperce.

		Un jour ou l'autre on constate surpris
		Que tout est illusoire
		Et qu'ainsi ce n'est qu'en la m&#233;moire
		Que tout meurt ou tout vit.

		Un jour ou l'autre on veut faire &#224; l'envers
		Ce qui fut notre course,
		Mais on perd &#224; remonter aux sources.
		Un jour ou l'autre, plus &#224; tort qu'&#224; raison,
		On cherche des images,
		L'&#233;motion vous g&#226;che le voyage.

		Des commerces, un march&#233; en plein air,
		Et du linge claquant
		Comme voiles en mer
		Aux fen&#234;tres.
		Des cris d'enfants, une &#233;cole primaire
		Et les yeux de maman
		Qui se plantent en ma chair
		Et mon &#234;tre.

		Un jour ou l'autre on sent qu'&#224; tout jamais,
		Il vaut mieux que l'on renonce
		Aux bleuets qui sont parmi les ronces
		Au jardin des regrets.



Un mort vivant (d&#233;lit d'opinion)

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Y. Gilbert 2003 "Je voyage"

note: Ecrit &#224; la m&#233;moire de Daniel Pearl, journaliste am&#233;ricain pris en otage et assassin&#233; au Pakistan

		De prisons en prisons, de cellules en cellules,
		Pour avoir inform&#233; preuves &#224; l'appui pourtant
		Je ne suis plus un nom, pas m&#234;me un matricule,
		Abandonn&#233; de tous, je suis un mort vivant

		On m'a piss&#233; dessus, crach&#233; &#224; la figure,
		Sur mes parties intimes on a mis le courant,
		Avec les rats crev&#233;s je dors dans la raclure,
		Malade et d&#233;charn&#233;, je suis un mort vivant

		Parce que j'accusais et qu'au sang de ma plume
		La libert&#233; coulait et d&#233;fendait des droits,
		Pour m'emp&#234;cher d'&#233;crire on a d&#251; sur l'enclume
		Et me briser le corps et me broyer les doigts

		D&#232;s lors que v&#233;rit&#233; n'avait pas bonne face,
		D&#232;s lors que mes refus &#224; rentrer dans le rang
		N'&#233;taient pas dans le go&#251;t de ces messieurs en place
		Au fond de ce tombeau, je suis un mort vivant

		Parce que je touchais le point o&#249; le bat blesse,
		Que de langue et de plume j'&#233;tais virulent,
		Des hommes de pouvoir et de fausses promesses
		M'ont jet&#233; dans l'oubli, je suis un mort vivant

		Parce que mon esprit n'a jamais su se mettre
		Au rang des compromis, l&#232;che-culs militants,
		On m'a mis dans ce trou afin de me soumettre
		Par la soif et la faim, je suis un mort vivant

		Mon Dieu, si tu existes, &#233;coute ma pri&#232;re,
		Donne-moi le courage et la force et la foi
		De ne jamais faiblir face &#224; mes tortionnaires
		Je t'en prie, au moins toi, ne m'abandonne pas

		Moi le pisse papier &#224; longueurs de colonne
		Que l'on veut museler en lui rognant les dents
		Humble je viens &#224; toi, moi qui ne suis personne
		Jette un regard sur moi, je suis un mort vivant

		Les voix des disparus, moi, je peux les entendre,
		Bien que gorges tranch&#233;es et bien que hors du temps,
		Sortant des murs griff&#233;s et de dessous des cendres
		Qui hurlent avec moi, je suis un mort vivant

		Je rampe dans mon trou comme un rat sous la terre,
		Dans la crasse, l'oubli, dans la merde et le sang,
		Dans ce lieu o&#249; jamais un rayon de lumi&#232;re
		Ne caresse ma peau, je suis un mort vivant

		Je bois des eaux us&#233;es, Dieu sait ce que je mange,
		Rev&#234;tu de haillons, j'ai l'air d'un revenant,
		Subis des s&#233;vices et je vis dans la fange,
		Mais je sais qui je suis et ce que je d&#233;fends

		De prisons en prisons, de cellules en cellules,
		Pour avoir inform&#233; preuves &#224; l'appui pourtant
		Je ne suis plus un nom pas m&#234;me un matricule,
		Pour d&#233;lit d'opinion, pour d&#233;lit d'opinion,
		Pour d&#233;lit d'opinion, je suis un mort vivant.



Une premi&#232;re danse

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1982

		Une premi&#232;re danse
		Peut en toute &#233;vidence
		Pousser aux confidences
		Sans trop d'efforts
		Quand le r&#234;ve s'impose
		Il colore de rose
		Et le monde et les choses
		Alors
		Et soudain ce miracle
		Qu'est le bonheur
		Fait voler les obstacles
		Que le doute avait mis en nos c&#339;urs
		Une premi&#232;re danse
		Qu'elle qu'en soit la cadence
		C'est l'amour qui s'&#233;lance
		Encore

		Une premi&#232;re danse
		Sur un air de romance
		Peut semer l'esp&#233;rance
		Dans un c&#339;ur lourd
		Un sourire un mot tendre
		Qu'il nous pla&#238;t &#224; entendre
		La joie secoue ses cendres
		Un jour

		Au gr&#233; des m&#234;mes th&#232;mes
		Des m&#234;mes mots
		On brode des je t'aime
		&#201;merveill&#233; tout nouveau tout beau
		Une premi&#232;re danse
		C'est peut-&#234;tre une chance
		Qu'offre &#224; notre existence
		Encore l'amour



Une vie d'amour

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz

		Une vie d'amour
		Que l'on s'&#233;tait jur&#233;e
		Et que le temps a d&#233;sarticul&#233;e
		Jour apr&#232;s jour
		Blesse mes pens&#233;es
		Tant des mots d'amour
		En nos c&#339;urs &#233;touff&#233;s
		Dans un sanglot l'espace d'un baiser
		Sont rest&#233;s sourds
		&#192; tout, mais n'ont rien chang&#233;
		Car un au revoir
		Ne peut &#234;tre un adieu
		Et fou d'espoir
		Je m'en remets &#224; Dieu
		Pour te revoir
		Et te parler encore
		Et te jurer encore

		Une vie d'amour
		Remplie de rires clairs
		Un seul chemin
		D&#233;chirant nos enfers
		Allant plus loin
		Que la nuit
		La nuit des nuits

		Une vie d'amour
		Que l'on s'&#233;tait jur&#233;e
		Et que le temps a d&#233;sarticul&#233;e
		Jour apr&#232;s jour
		Blesse mes pens&#233;es
		Tant des mots d'amour
		Que nos c&#339;urs ont cri&#233;s
		De mots trembl&#233;s, de larmes soulign&#233;es
		Dernier recours
		De joies d&#233;saharmonis&#233;es

		Des aubes en fleurs
		Aux cr&#233;puscules gris
		Tout va, tout meurt
		Mais la flamme survit
		Dans la chaleur
		D'un immortel &#233;t&#233;
		D'un &#233;ternel &#233;t&#233;

		Une vie d'amour
		Une vie pour s'aimer
		Aveugl&#233;ment
		Jusqu'au souffle dernier
		Bon an mal an
		Mon amour
		T'aimer encore

		Et toujours



Va-t'en

Paroles et Musique: Charles Aznavour, Michel Legrand, Arrgt: Michel Legrand 1994 "Toi et moi"

		Pour m'&#233;viter qu'un jour par l'&#226;ge
		Et par la gangr&#232;ne du temps
		Tu d&#233;couvres sur mon visage
		Les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les ans
		Va-t'en, va-t'en, va-t'en

		Avant de constater, lucide
		Les signes flagrants du d&#233;cours
		Et que tes d&#233;sirent se suicident
		Sur les cendres de notre amour
		Va-t'en, va-t'en
		Je t'en prie mon amour, va-t'en

		Je t'aime, je t'aime et le jure
		Sur tous les dieux, sur toi, sur moi
		Et je veux que tu gardes pure
		Et belle mon image en toi

		Aussi pars avant le mensonge
		Avant que de faire semblant
		Pour me retrouver dans tes songes
		Sans ride et sans un cheveu blanc
		Va-t'en, va-t'en
		Je t'en prie mon amour, va-t'en

		Avant de me voir pitoyable
		Parce que malgr&#233; mes efforts
		Confront&#233; &#224; l'irr&#233;m&#233;diable
		L'amour seul n'est plus assez fort
		Va-t'en, va-t'en, va-t'en

		Avant que mon c&#339;ur se consume
		Dans le doute et la jalousie
		Et que nos rapports se r&#233;sument
		Qu'&#224; dormir dans un m&#234;me lit
		Va-t'en, va-t'en
		Je t'en prie mon amour, va-t'en

		J'ai peur, j'ai peur car je t'adore
		Tu es tout ce qui fait ma vie
		Aujourd'hui je suis fort encore
		Mais dans dix ans ou vingt ans d'ici

		Pour ne pas me voir au r&#233;gime
		Surveillant ma ligne et mon teint
		Et d&#233;risoirement victime
		Du miroir et du chirurgien

		Pour &#233;viter ces heures noires
		Que nous vivons en vieillissant
		Pour me garder dans ta m&#233;moire
		Jeune et fier immuablement
		Prot&#233;g&#233; des griffes du temps
		Comme la Belle au bois dormant
		Va-t'en, va-t'en
		Je t'en prie mon amour, va-t'en



Vive la vie

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour 2005 "Insolitement v&#244;tre"

		Quel plaisir
		Le monde est grand, le monde est beau
		Sans faillir, entrons dans ce si&#232;cle nouveau
		Nous unir, dans un vaste charivari
		Vive la vie, vive la vie

		Notre temps
		Nous promets des joies par milliers
		C'est grisant
		De tout connaitre et tout tenter
		Si les gens nous critiquent sans soucis
		Vive la vie, la vie

		Du berceau jusqu'&#224; la tombe
		Le temps nous est compt&#233;
		Avant que nos corps succombent
		A la fatalit&#233;, il faut en profiter
		Les discours qui sont, regrettant le pass&#233;
		Qui sont sourds &#224; l'appel des joies annonc&#233;es
		Font un four face &#224; notre philosophie
		Vive la vie, la vie

		Profitons des libert&#233;s de notre temps
		Et perdons la t&#234;te au rythme du cancan
		Assumons nos folies sans hypocrisie
		Vive la vie, vive la vie

		On se lie, avec des groupes de f&#234;tards
		Dans leurs nuits
		Et ces rencontres de hasard
		N'ont qu'un cri qui r&#233;sonne comme un d&#233;fi
		Vive la vie, la vie

		Et lorsque passe l'aventure
		Une fra&#238;che beaut&#233;
		Bien dot&#233;e par la nature
		La naissance, il faut en profiter

		Alors c'est vrai
		Nous voyons filer nos printemps
		Tant qu'on est
		Tant qu'il vous reste encore des dents
		Car qui sait, ce que demain nous est promis
		Et entre nous si la vie n'est qu'une com&#233;die
		Jouons-la sans &#224; priori
		Et vive la vie, vive la vie, la vie



Vivre

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1987

autres interpr&#232;tes: Isabelle Aubret (1990)

		Vivre
		Aller plus loin que l'impossible
		Acc&#233;der &#224; l'inaccessible
		Vivre
		Ivre de joie
		Pour toi, pour moi
		A la voltige
		Vivre
		Avec tout ce que &#231;a comporte
		De sensations de toutes sortes
		Vivre
		Eperdument
		Aveugl&#233;ment
		Jusqu'au vertige
		Vivre
		A fond perdu
		Au plus haut cours
		A c&#339;ur veux-tu
		Au jour le jour
		Suivre
		Tous les chemins
		Tous les parcours
		Vivre
		De notre amour

		Vivre
		Curieux de tout, ouvert aux choses
		Que l'existence nous propose
		Vivre
		A cent pour cent
		De nos envies
		Au gr&#233; du vent
		De nos folies
		Boire mon temps
		Jusqu'&#224; la lie
		Vivre de vivre
		Crever de vivre
		Vivre avec toi ma vie.



Vous et tu

		Vous &#234;tes ch&#232;re grande artiste
		La plus charmante des amis
		Et l' h&#244;tesse la plus exquise
		Que n' ait jamais connue Paris
		Chez vous c' est toujours table ouverte
		On y c&#244;toie le monde entier
		Des diplomates et des po&#232;tes
		Mais les mondanit&#233;s pass&#233;es
		Lib&#233;r&#233;e de ton enveloppe
		Tu deviens dans l' intimit&#233;
		La plus formidable salope
		Qu' une m&#232;re n' ait enfant&#233;e

		Je sais que vous, je sais que tu
		Vous que j' admire
		Toi qui m' attires
		Je sais que vous, je sais que tu
		Es respectable, mais sans vertu

		Nul ne sait que l' on est complices
		Nos rapports semblent anodins
		Jamais vos yeux ne vous trahissent
		S' ils croisent un instant les miens
		A l' heure o&#249; votre &#233;poux en sc&#232;ne
		Joue du Musset subventionn&#233;
		Vous venez jusqu' &#224; mon septi&#232;me
		Ciel et enfer de nos p&#234;ch&#233;s
		Et sur mon lit, nue et offerte
		D&#233;laissant tes airs de statue
		Tu te r&#233;v&#232;les plus experte
		Qu' une sir&#232;ne de la rue

		Je sais que vous, je sais que tu
		Vous que j' admire
		Toi qui m' attires
		Je sais que vous, je sais que tu
		Es respectable, mais sans vertu

		Sur vos coussins de velours tendre
		Sous l' or qui orne vos salons
		Vos amis viennent vous entendre
		Pr&#234;cher pour la r&#233;volution
		Le cou charg&#233; de pierres fines
		Pay&#233;es par l' or de vos contrats
		Vous jouez de fa&#231;on divine
		Le r&#244;le de Passionaria
		Pr&#234;te &#224; tout br&#251;ler sur la terre
		Mais la nuit quand tu viens me voir
		C' est toi qu' as le feu aux art&#232;res
		Aux art&#232;res et puis autre part

		Je sais que vous, je sais que tu
		Vous que j' admire
		Toi qui m' attires
		Je sais que vous, je sais que tu
		Es respectable, mais sans vertu

		Le verre en cristal de Boh&#232;me
		Donne au vin rouge un autre go&#251;t
		Quant au caviar, c' est sans probl&#232;me
		Puisqu' il vient tout droit de Bakou
		Vous savez de fa&#231;on subtile
		Manger &#224; tous les r&#226;teliers
		Faut des appuis, c' est tr&#232;s utile
		Et des amis de tous c&#244;t&#233;s
		Vous de gauche, allons &#231;a m' &#233;pate
		Quand j' ai le sentiment, ma ch&#232;re
		Que tu n' es pas si maladroite
		Quand tu veux t' envoyer en l' air

		Je sais que vous, je sais que tu
		Vous que j' admire
		Toi qui m' attires
		Je sais que vous, je sais que tu
		Es respectable, mais sans vertu



Yerushalaim

		De temps en temps
		Comme un enfant
		Ma pens&#233;e te dessine
		Yerushalaim
		De loin en loin
		Tu n' est plus qu' un
		R&#234;ve qui tombe en ruine
		Yerushalaim

		Tel ces &#233;migrants
		Dont les yeux br&#251;lants
		S' ouvrent &#224; l' &#233;cho de ton nom
		D' au-del&#224; des mers
		Souvent &#224; travers
		D' hostiles et dures r&#233;gions
		J' &#233;tais venu
		Mains vides et pieds nu
		&#192; toi Yerushalaim

		Pour me garder
		Tu as clou&#233;
		L' amour dans ma poitrine
		Yerushalaim
		O&#249; sont mes joies
		N' y a-t-il pas
		De bonheur sans &#233;pines?
		Yerushalaim

		Tout s' est acharn&#233;
		Pour nous d&#233;chirer
		Et le brouillard de nos pleures
		A troubl&#233; l' azur
		&#201;levant un mur
		Entre son c&#339;ur et mon c&#339;ur
		Mais j' ai en moi
		L' espoir toutefois
		Que l' amour encore
		Renaisse et vive encore
		Pour nous &#224; Yerushalaim





