




Edith Piaf


Les paroles de 255 chansons



A l'enseigne de la fille sans coeur

Paroles et Musique: Gilles (Jean Villard)

autres interpr&#232;tes: Gilles (Jean Villard) + Urfer, Edith Piaf (1951), Georgette Plana (1965), Les Quatre Barbus, Michel B&#252;hler + Sarclo (1993), Entre 2 Caisses (2000)

		Le ciel est bleu, le vent du large
		Creuse la mer bien joliment
		Vers le port montant &#224; la charge
		Galopent ses escadrons blancs
		C'est un port tout au bord du monde
		Dont les rues s'ouvrent sur l'infini
		Mais de l&#224; comme la Terre est ronde
		On ne voit pas les &#201;tats-Unis.

		Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
		Y a un bar chez Rita la blonde
		Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur!
		L'accord&#233;on joue en majeur
		Les refrains de ce vaste monde
		Y a Rita et ses accroche-c&#339;urs
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur.

		Dans ce petit bar, c'est l&#224; qu'elle r&#232;gne
		On voit flamber sa toison d'or
		Sa bouche est comme un fruit qui saigne
		Mais on dit que son coeur est mort
		Pourtant les gars sont l&#224;, tout dr&#244;les:
		Les petits, les durs, les malabars
		Qui entrent en roulant des &#233;paules
		Y en a qui sont venus de Dakar.

		Y en a d'Anvers, y en a d'Honfleur
		Bourlinguant parfois jusqu'aux p&#244;les
		Ils la regardent, c'est tout leur bonheur,
		Mais pas un n'conna&#238;t ses faveurs
		L'accord&#233;on joue en majeur
		Tous les airs: les tristes, les dr&#244;les
		Y a la belle blonde, cette rose en fleurs
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur.

		Ils l'aimaient, plus elle &#233;tait dure
		Plus son regard &#233;tait cruel
		Mettaient un cran &#224; leur ceinture
		C'&#233;tait lenfer, c&#233;tait le ciel.
		Un sourire et c&#233;tait dimanche
		Les gars disaient: "Bois avec nous"
		Ils tremblaient devant sa main blanche
		Versant le rhum et le vin doux

		Bi&#232;re, caf&#233;, bons vins et liqueurs
		Le patron retroussait ses manches
		Largent roulait, c&#233;tait un bonheur
		A lenseigne de la Fille Sans C&#339;ur
		Laccord&#233;on joue en majeur
		Louverture de La Dame Blanche
		Et des gars qui jouent leur bonheur
		A lenseigne de la Fille Sans C&#339;ur.

		Lpatron connaissait la musique:
		Il aimait le son des &#233;cus
		Il disait &#224; sa fille unique:
		"Fuis l'amour, c'est du temps perdu!"
		Mais un soir, la mer faisait rage
		On vit entrer un &#233;tranger
		Aux beaux yeux d'azur sans nuage
		C'est alors que tout a chang&#233;

		Il a rgard&#233; la fille sans coeur
		Elle &#233;tait comme un ciel d'orage
		Quelqu'un a fait: "Y a un malheur"
		On entendait battre les c&#339;urs.
		L'accord&#233;on joue en mineur
		Une chanson "Dans le vent sauvage"
		Y a une fille le visage en pleurs
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur.

		Il a dit: "C'est toi, ma divine!"
		Elle r&#233;pondit: "Je suis &#224; toi"
		Elle a pleur&#233; sur sa poitrine
		Il l'a serr&#233;e entre ses bras.
		Les autres alors m&#233;lancoliques
		Sont partis avec un soupir
		Le vent chantait sur l'Atlantique
		Pour ce coeur qui venait de s'ouvrir

		Ils ont fil&#233; vers leur grand bonheur
		Le patron dut fermer boutique
		On l'a vu boire toutes ses liqueurs
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur
		Alors l'&#201;tat, cet accapareur,
		Qu'a jamais eu lsens du comique
		A mis l'bureau du percepteur
		A l'enseigne de la Fille Sans C&#339;ur



Adieu mon coeur

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

		Adieu mon c&#339;ur.
		On te jette au malheur.
		Tu n'auras pas mes yeux
		Pour mourir
		Adieu mon c&#339;ur.
		Les &#233;chos du bonheur
		Font tes chants tristes
		Autant qu'un repentir.

		Autrefois tu respirais le soleil d'or.
		Tu marchais sur des tr&#233;sors.
		On &#233;tait vagabonds.
		On aimait les chansons.
		&#199;'a fini dans les prisons.

		Adieu mon c&#339;ur.
		On te jette au malheur.
		Tu n'auras pas mes yeux
		Pour mourir
		Adieu mon c&#339;ur.
		Les &#233;chos du bonheur
		Font tes chants tristes
		Autant qu'un repentir
		Un repentir



Aquoi &#231;a sert l'amour?

Paroles et Musique: Michel Emer 1962

note: duo: Edith Piaf et Th&#233;o Sarapo

		A quoi &#231;a sert l'amour?
		On raconte toujours
		Des histoires insens&#233;es.
		A quoi &#231;a sert d'aimer?

		L'amour ne s'explique pas!
		C'est une chose comme &#231;a
		Qui vient on ne sait d'o&#249;
		Et vous prend tout &#224; coup.

		Moi, j'ai entendu dire
		Que l'amour fait souffrir
		Que l'amour fait pleurer.
		A quoi &#231;a sert d'aimer?

		L'amour &#231;a sert &#224; quoi?
		A nous donner d'la joie
		Avec des larmes aux yeux
		C'est triste et merveilleux!

		Pourtant on dit souvent
		Qu'l'amour est d&#233;cevant
		Qu'il y en a un sur deux
		Qui n'est jamais heureux

		M&#234;me quand on l'a perdu
		L'amour qu'on a connu
		Vous laisse un go&#251;t de miel.
		L'amour c'est &#233;ternel!

		Tout &#231;a, c'est tr&#232;s joli
		Mais quand tout est fini
		Il ne vous reste rien
		Qu'un immense chagrin

		Tout ce qui maintenant
		Te semble d&#233;chirant,
		Demain, sera pour toi
		Un souvenir de joie!

		En somme, si j'ai compris
		Sans amour dans la vie
		Sans ses joies, ses chagrins
		On a v&#233;cu pour rien?

		Mais oui! Regarde-moi!
		A chaque fois j'y crois
		Et j'y croirai toujours
		&#199;a sert &#224; &#231;a, l'amour!
		Mais toi, t'es le dernier
		Mais toi, t'es le premier!
		Avant toi, y avait rien
		Avec toi je suis bien!
		C'est toi que je voulais
		C'est toi qu'il me fallait!
		Toi que j'aimerai toujours
		&#199;a sert &#224; &#231;a, l'amour!



Au bal de la chance

Paroles: Jacques Larue. Musique: Norbert Glanzberg 1952

		Le long de l'herbe
		L'eau coule et fait des ronds.
		Le ciel superbe
		Eblouit les environs.
		Le grand soleil joue aux boules
		Avec les pommiers fleuris.
		Le bal, devant l'eau qui coule
		Rab&#226;che des airs de Paris.

		Danse, danse au bal de la chance
		Danse, danse ma r&#234;verie

		Les parasols sur la berge en gestes lents
		Saluent d'une r&#233;v&#233;rence
		Les chalands.
		Tandis qu'une fille danse
		Dans les bras d'un marinier
		Le ciel fait des imprudences
		Mais l'amour n'est pas le dernier

		Danse, danse au bal de la chance
		Danse, danse au ciel printanier

		Le vent, tournant dans les feuilles des bosquets
		Avec le chant des pinsons, fait des bouquets
		Mais elle n'&#233;coute gu&#232;re
		Que les mots de ce gar&#231;on
		Des mots d'amour si vulgaires
		Qu'ils font rire au ciel les pinsons.

		Danse, danse au bal de la chance
		Danse, danse avec ma chanson

		Je pense encore &#224; ce jour de l'an dernier.
		Sur mon &#233;paule, mon r&#234;ve est prisonnier.
		Cela n'a ni queue ni t&#234;te.
		Pourtant, j'ai le c&#339;ur bien gros
		Pour les marins en goguette.
		L'amour, &#231;a coule au fil de l'eau.

		Danse, danse au bal de la chance
		Danse, danse mon c&#339;ur d'oiseau



Avant l'heure

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

		Avant l'heure, c'est pas l'heure.
		Apr&#232;s l'heure, c'est plus l'heure.
		Je l'ai rencontr&#233; un peu trop tard.
		Il avait d&#233;j&#224; vu Germaine.
		Il m'a aim&#233;e pendant cinq semaines.
		Je me foutais du tiers comme du quart
		Et puis un jour, il a compris.
		Il m'a menti encore trois semaines
		Puis il est all&#233; vers Germaine.
		Ah mes enfants! Qu'est-ce que j'ai pris!
		J' lui en veux pas
		Que faire &#224; &#231;a?
		Avant l'heure, c'est pas l'heure.
		Apr&#232;s l'heure, c'est plus l'heure.
		Quand on dit "moins l' quart", c'est moins le quart!
		Je l'ai rencontr&#233; un peu trop tard!

		Pierre aime la femme de Jean.
		Jean aime la femme de Pierre.
		La femme de Pierre aime un sergent.
		La femme de Jean aime un notaire.
		Qu'est-ce qu'ils esp&#232;rent,
		Ces pauvres gens?
		Si la femme de Pierre avait vu le sergent
		Avant de rencontrer Pierre
		Si la femme de Jean avait vu le notaire
		Avant de rencontrer Jean
		Ce serait une toute autre affaire!
		'y aurait du bonheur &#224; Nogent
		Au lieu qu'on y pleure

		L'heure, c'est l'heure

		Avant l'heure, c'est pas l'heure.
		Apr&#232;s l'heure, c'est plus l'heure.
		Quand on dit "moins l' quart", c'est moins l' quart!
		Je l'ai rencontr&#233; un peu trop tard!

		trop tard!



Avant nous

Paroles: Ren&#233; Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1956

		Un printemps meurt, en vient un autre
		Et tout change, et tout est pareil.
		Le bonheur n'est pas le n&#244;tre
		Pas plus que le soleil.
		&#201;coute, &#233;coute dans le monde
		Cet orchestre de c&#339;urs battants.
		De partout ils se r&#233;pondent
		Depuis combien de temps?

		Avant nous
		D'autres amants ont dit: "Je t'aime."
		Comme nous
		Avant nous
		D'autres ont souffert, ont trahi m&#234;me
		Comme
		Non! Ne crois pas &#231;a! Ne crois pas &#231;a!
		L'amour n'est pas cette mis&#232;re.
		L'amour, c'est toi entre mes bras
		Avant nous
		D'autres ont dans&#233; sur des "Je t'aime."
		Comme nous
		Avant nous
		D'autres se sont quitt&#233;s quand m&#234;me
		Comme
		Non! Pas comme nous Ne crois pas &#231;a!
		On a dans&#233; sur toute la Terre
		Et l'on dansera sur ces mots-l&#224;.

		Aimons-nous
		Comme ceux-l&#224; qui tant s'aim&#232;rent
		Comme nous
		Et comme ceux qui nous suivront
		Et comme ceux qui s'aimeront
		Apr&#232;s nous



Avec ce soleil

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe G&#233;rard 1954

		Avec ce soleil, on avait envie
		De ne pas parler,
		De boire de la vie
		A petites goul&#233;es.
		Sous le ciel superbe
		Le long du talus, m&#226;chant un brin d'herbe
		Et jupe coll&#233;e, elle regardait
		D'un air triomphant
		Ce jeune homme imberbe
		Ou encore presqu'enfant
		Qui la d&#233;sirait.
		Il aurait fallu presque rien, peut-&#234;tre,
		Un geste de lui,
		Un sourire d'elle qui lui dise "viens".
		Il aurait fallu presque rien, peut-&#234;tre,
		Qu'un oiseau s'enfuie
		Avec un bruit d'ailes pour que tout soit bien

		Pour que par-dessus le toit de l'usine,
		Le long des murs gris,
		Pour que par-dessus la route voisine
		Et ses pav&#233;s gris,
		Pour que par-dessus toutes les collines,
		Pour que par-dessus toutes les for&#234;ts,
		Pour que monte au ciel, sans cloches et sans noces,
		Un amour de gosses
		Qui purifierait
		Mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; deux enfants durcis
		Qui ne croyaient plus d'avoir &#224; se dire
		Que les mots des grands
		Que la vie d&#233;j&#224;, broyait sans merci,
		Qui ne savaient plus ni r&#234;ver, ni rire
		C&#339;ur indiff&#233;rent

		Et ce jour encore
		Le long du talus
		Le coquelicots avec les bleuets
		En vain attendirent
		Une main cruelle
		Qui les cueillerait



Bal dans ma rue

Paroles et Musique: Michel Emer 1949

		Ce soir, il y a bal dans ma rue.
		Jamais encore, on n'avait vu
		Une telle gaiet&#233;, une telle cohue.
		Il y a bal dans ma rue
		Et, dans le p'tit bistrot
		O&#249; la joie coule &#224; flots,
		Sept musiciens perch&#233;s sur un tr&#233;teau
		Jouent pour les amoureux
		Qui tournent deux par deux,
		Le rire aux l&#232;vres et les yeux dans les yeux.
		Ce soir, il y a bal dans ma rue.
		Tout l'monde se sent un peu &#233;mu.
		Peut-&#234;tre bien qu'on a trop bu.
		Il y a bal dans ma rue.

		Il &#233;tait si beau que lorsqu'il me sortait,
		Aussit&#244;t tout le monde sur lui se retournait.
		J'&#233;tais si fi&#232;re de lui, j'ai pas pu r&#233;sister
		A ma meilleure amie, un jour j' l'ai pr&#233;sent&#233;.
		Ils se sont plus imm&#233;diatement
		Ils se sont mari&#233;s ce matin.
		Ils formaient un couple &#233;patant
		Et moi, j'&#233;tais t&#233;moin
		Et voil&#224; pourquoi

		Ce soir, il y a bal dans ma rue.
		Jamais encore on n'avait vu
		Une telle gaiet&#233;, une telle cohue.
		Il y a bal dans ma rue
		Et, dans le p'tit bistrot
		O&#249; la joie coule &#224; flots,
		Sept musiciens perch&#233;s sur un tr&#233;teau
		Jouent pour les amoureux
		Qui tournent deux par deux,
		Le rire aux l&#232;vres et les yeux dans les yeux.
		Ce soir, il y a bal dans ma rue.
		Jamais encore on n'avait vu
		Une telle gaiet&#233;, une telle cohue.
		Il y a bal dans ma rue
		'y a eu bal dans ma rue



Boulevard du crime

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude L&#233;veill&#233;e 1960

		Sur le boulevard du Crime,
		Pour voir la pantomyme,
		Ce soir, on se bouscule.
		Au th&#233;&#226;tre des Funambules,
		Les amours de Pierrot,
		&#199;a fait pleurer Margot
		Et rire dans la tourmente
		Le Paris de mille huit cent trente.
		Masques sont vert damasques
		Et la foule coasse,
		Au milieu du carnaval des grimaces.

		Mais dans la foule qui rit de Pierrot,
		Il y a toujours un Arlequin.
		Dans la vie, faut des arlequins,
		Sans quoi l'amour, ce ne serait que des mots.
		Aussi, lorsque Pierrot sourit,
		C'est l&#224;-haut vers les amants du paradis

		Sur le boulevard du Crime,
		Pour voir la pantomyme,
		Ce soir, on se bouscule.
		Au th&#233;&#226;tre des Funambules,
		Les amours de Pierrot,
		&#199;a fait pleurer Margot
		Et rire dans la tourmente
		Le Paris de mille huit cent trente.
		Masques sont vert damasques
		Pour des danses fantasques
		Et la foule coasse
		Au milieu du carnaval des grimaces.

		Mais tous ces gens qui rient de Pierrot.
		Il n'y a que lui, pleure pour de vrai
		Puisque la femme qu'il aimait
		Est partie ce soir sans un mot.
		Aussi, lorsque Pierrot sourit,
		Tout l&#224;-haut pleurent les amants du paradis

		Sur le boulevard du Crime,
		Pour voir la pantomyme,
		Ce soir, on se bouscule.
		Au th&#233;&#226;tre des Funambules,
		Les malheurs de Pierrot
		Sous les cris, les bravos
		Font rire dans la tourmente
		Le Paris de mille huit cent trente.
		Quel talent fantastique.
		Qu'il est dr&#244;le et comique.
		&#199;a, c'est un vrai Pierrot.
		Allez! Vas-y! Refais ton num&#233;ro

		Tout l&#224;-haut pleurent les amants du paradis.



Bravo pour le clown

		Un clown est mon ami
		Un clown bien ridicule
		Et dont le nom s'&#233;crit
		En gifles majuscules
		Pas beau pour un empire
		Plus triste qu'un chapeau
		Il boit d'&#233;normes rires
		Et mange des bravos

		Pour ton nez qui s'allume
		Bravo! Bravo!
		Tes cheveux que l'on plume
		Bravo! Bravo!
		Tu croques des assiettes
		Assis sur un jet d'eau
		Tu ronges des paillettes
		Tordu dans un tonneau
		Pour ton nez qui s'allume
		Bravo! Bravo!
		Tes cheveux que l'on plume
		Bravo! Bravo!

		La foule aux grandes mains
		S'accroche &#224; ses oreilles
		Lui vole ses chagrins
		Et vide ses bouteilles
		Son c&#339;ur qui se d&#233;visse
		Ne peut les attrister
		C'est l&#224; qu'ils applaudissent
		La vie qu'il a rat&#233;e!

		Pour la femme infid&#232;le
		Bravo! Bravo!
		Et tu fais la vaisselle
		Bravo! Bravo!
		Ta vie est un reproche
		Qui claque dans ton dos
		Ton fils te fait les poches
		Et toi, tu fais l'idiot
		Pour la femme infid&#232;le
		Bravo! Bravo!
		Et tu fais la vaisselle
		Bravo! Bravo!

		Le cirque est d&#233;sert&#233;
		Le rire est inutile
		Mon clown est enferm&#233;
		Dans un certain asile
		Succ&#232;s de camisole
		Bravos de cabanon
		Des mains devenues folles
		Lui battent leur chanson

		Je suis roi et je r&#232;gne
		Bravo! Bravo!
		J'ai des rires qui saignent
		Bravo! Bravo!
		Venez, que l'on m'acclame
		J'ai fait mon num&#233;ro
		Tout en jetant ma femme
		Du haut du chapiteau
		Bravo! Bravo! Bravo! Bravo!



Browning

Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1938

		Y avait qu'&#224; r'garder sa figure
		Et tout de suite on comprenait:
		Monsieur Browning, qu'on l'appelait,
		Un nom qui sentait l'aventure.
		C'&#233;tait le roi du revolver.
		Il en avait de magnifiques
		Qu'il avait ram'n&#233;s d'Am&#233;rique,
		O&#249; qu'on fabriqu' les vrais gangsters.
		Il nous racontait son histoire,
		Son premier crim' et puis la gloire,
		Browning, Browning.
		Il nous montrait des tas d'photos
		Pris's en premi&#232;r' pag' des journaux,
		Browning, Browning.
		Il nous disait: "Vous autr's en France,
		Vous manquez encor' d'exp&#233;rience.",
		Browning, Browning.
		Avec &#231;a, pas besoin d'&#234;tr' fort.
		C'est l'maladroit qu'a toujours tort
		Et viv' Browning.

		Parc' qu'il avait de l'&#233;l&#233;gance
		Et des costum's de cin&#233;ma,
		Il nous r'gardait de haut en bas
		Avec m&#233;pris et insolence
		Et tout's nos femm's, ell's l'admiraient
		"Ah! comment c'est qu'il a d'allure
		Et ce typ' l&#224;, quelle envergure."
		Mais nous, les homm's, il nous courait.
		C'&#233;tait toujours la m&#234;m' histoire:
		Son premier crim' et puis la gloire,
		Browning, Browning.
		On l'voyait sur les grands journaux,
		Juste &#224; c&#244;t&#233; d'Greta Garbo,
		Browning, Browning.
		A l'&#233;couter, on d'venait b&#234;te.
		On n'avait plus qu'&#231;a dans la t&#234;te,
		Browning, Browning
		Et nous pensions "Marre &#224; la fin!
		Il nous ennuie, l'Am&#233;ricain
		Et son Browning."

		Pour nous apprendr' la vraie mani&#232;re,
		Pour nous donner un' bonn' le&#231;on,
		Il a tenu, ce brav' gar&#231;on,
		A nous montrer son savoir-faire.
		C'est dans un' sall' de restaurant
		Qu'il a voulu fair' l'exp&#233;rience,
		Mais le pauvr' typ' n'a pas eu d'chance.
		Comme il sortait ses instruments,
		Il a roul&#233; sous la banquette
		Avec un p'tit trou dans la t&#234;te,
		Browning, Browning.
		Oh &#231;a n'a pas claqu&#233; bien fort
		Mais tout de m&#234;m', il en est mort,
		Browning, Browning,
		Et puis quelqu'un dans le silence
		A dit "Maint'nant &#224; quoi qu'tu penses,
		Browning, Browning?"
		Il pens' plus rien puisqu'il est mort.
		Tu parlais trop ben t'as eu tort.
		Bye-Bye, Browning.



C'est &#224; hambourg

Paroles: Claude Del&#233;cluse, Mich&#232;le Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1955

		C'est &#224; Hambourg, &#224; Santiago,
		A White Chapel, ou Born&#233;o,
		C'est &#224; Hambourg, &#224; Santiago,
		A Rotterdam, ou &#224; Frisco

		Hello boy! You come with me?
		Amigo! Te quiero mucho!
		Liebling! Kom dort mit mir!

		C'est &#224; Hambourg, au ciel de pluie,
		Quand les nuages vont &#224; pas lents,
		Comme s'en vont les lourds chalands,
		Le long des quais, crevant d'ennui,
		C'est &#224; Hambourg ou bien ailleurs
		Qu'&#224; tous les gars en mal d'amour,
		Qu'&#224; tous les gars, depuis toujours,
		Moi j'balance du r&#234;ve en plein c&#339;ur

		C'est &#224; Hambourg, &#224; Santiago,
		A White Chapel, ou Born&#233;o,
		C'est &#224; Hambourg, &#224; Santiago,
		A Rotterdam, ou &#224; Frisco

		C'est &#224; Hambourg, au ciel de pluie,
		Qu'il a pos&#233; ses mains sur moi
		Et qu'il m'a fait crier de joie
		En me serrant fort contre lui,
		M'a dit "je t'aime!" &#224; plus finir,
		"Laisse donc l&#224; tous tes marins!
		Laisse donc la mer, et puis viens!
		Moi, j'ai du bonheur &#224; t'offrir"

		"Ma p'tite gueule"

		C'est &#224; Hambourg, au ciel de pluie,
		Dans les bastringues &#224; matelots
		Que je trimballe encore ma peau,
		Les bras ouverts &#224; l'infini
		Car moi je suis comme la mer,
		J'ai l' c&#339;ur trop grand pour un seul gars,
		J'ai l' c&#339;ur trop grand et c'est pour &#231;a
		Qu' j'ai pris l'amour sur toute la terre

		C'est &#224; Hambourg, &#224; Santiago
		A White Chapel, ou Born&#233;o

		So long, boy
		Adios, amigo
		Nacher, Schatz
		Au r'voir, p'tite gueule!



C'est d'la faute &#224; tes yeux

Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1950

		J'avais tant d'amour pour un homme.
		Il en avait si peu pour moi.
		C'est peu de chose la vie, en somme.
		Je l'ai tu&#233;, tant pis pour moi

		Tout &#231;a C'est d'la faute &#224; ses yeux,
		Aux ti&#233;deurs des matins,
		A son corps pr&#232;s du mien.
		Tout &#231;a C'est d'la faute aux beaux jours,
		C'est d'la faute &#224; l'amour,
		Le ciel &#233;tait trop bleu

		L'avocat qui prit ma d&#233;fense
		Conta notre roman d'amour
		Et, pour prouver mon innocence,
		Il en salit les plus beaux jours

		Tout &#231;a C'est d'la faute &#224; tes yeux,
		Aux ti&#233;deurs des matins,
		A son corps pr&#232;s du mien.
		Tout &#231;a C'est d'la faute aux beaux jours,
		C'est d'la faute &#224; l'amour,
		Mon ciel &#233;tait trop bleu

		Le juge avait un air s&#233;v&#232;re.
		Ses yeux n'avaient pas d'horizon.
		D'une voix grave et sans col&#232;re,
		M'a condamn&#233;e &#224; la prison.

		Tout &#231;a C'est d'la faute &#224; mes yeux.
		Ils ont vu dans les tiens
		Que dansait mon chagrin.
		Tout &#231;a C'est d'la faute aux beaux jours
		Et j'ai vu mon amour
		Pleurer sur mon ciel bleu



C'est l'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1960

		C'est l'amour qui fait qu'on aime.
		C'est l'amour qui fait r&#234;ver.
		C'est l'amour qui veut qu'on s'aime.
		C'est l'amour qui fait pleurer

		Mais tous ceux qui croient qu'ils s'aiment,
		Ceux qui font semblant d'aimer,
		Oui, tous ceux qui croient qu'ils s'aiment
		Ne pourront jamais pleurer

		Dans l'amour, il faut des larmes,
		Dans l'amour, il faut donner

		Et ceux qui n'ont pas de larmes
		Ne pourront jamais aimer
		Il faut tant, et tant de larmes
		Pour avoir le droit d'aimer

		Mon amour, oh toi que j'aime,
		Tu me fais souvent pleurer

		J'ai donn&#233;, donn&#233; mes larmes,
		J'ai pleur&#233; pour mieux t'aimer,
		J'ai pay&#233; de tant de larmes
		Pour toujours le droit d'aimer
		Pour toujours le droit d'aimer!



C'est lui que mon coeur &#224; choisi

Paroles: Raymond Asso. Musique: Max d'Yresne 1938

		Je m'rappelle plus comment on s'&#233;tait rencontr&#233;s
		Je ne sais plus si c'est lui qui a parl&#233; l'premier
		Ou bien si c'&#233;tait moi qui avais fait les avances
		&#199;a n'a plus d'importance
		Tout c'que je veux me rappeler:

{}

		C'est lui que mon c&#339;ur &#224; choisi
		Et quand il me tient contre lui
		Dans ses yeux caressants
		Je vois le ciel qui fout le camp
		C'est bon C'est &#233;patant!
		Il n'a pas besoin de parler
		Il n'a rien qu'&#224; me regarder
		Et je suis &#224; sa merci
		Je peux rien contre lui
		Car mon c&#339;ur l'a choisi.

		Je n'sais pas s'il est riche ou s'il a des d&#233;fauts,
		Mais d'l'aimer comm' je l'aime, un homme est toujours beau.
		Et quand on va danser, qu'il pose sur mes hanches
		Ses belles mains si blanches,
		&#199;a m'fait froid dans le dos

{Refrain}

		J'sais pas c'qui m'arrivera, si &#231;a dur'ra longtemps,
		Mais j'me fich' du plus tard, j'veux penser qu'au pr&#233;sent.
		En tout cas il m'a dit qu'il m'aim'rait tout'la vie
		C'que la vie s'ra jolie
		Si il m'aim' pour tout l'temps!

{Refrain}



C'est merveilleux

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

		Le jour o&#249; tu m'as rencontr&#233;e
		Etait un jour triste &#224; mourir
		Et je tra&#238;nais dans mes pens&#233;es
		Un ennui &#224; n'en plus finir
		Mais il a suffi que tu viennes
		Pour que j'oublie toutes mes peines

{}

		C'est merveilleux
		Quand on est tous les deux
		Le bonheur nous surveille
		C'est merveilleux
		Quand on est amoureux
		Les beaux jours se r&#233;veillent
		C'est merveilleux
		La vie est peinte en bleu
		A grands coups de soleil
		Puisque je t'aime et que tu m'aimes
		C'est merveilleux

		Nous passerons toute la vie
		A chanter un si grand amour
		Pour une chanson si jolie
		La vie n'a pas assez de jours
		Nous en ferons une harmonie
		Qui ne sera jamais finie

{Refrain}



C'est peut-&#234;tre &#231;a

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		L'amour, le grand amour,
		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		Qui m'a prise &#224; mon tour,
		Ce je ne sais trop quoi
		Qui fait froid dans le dos
		Et soudain donne chaud
		Quand tout le monde a froid

		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		Qui fait battre le c&#339;ur
		Et, pendant des heures,
		Vous fera rester l&#224;
		Devant un t&#233;l&#233;phone
		Pour entendre une voix,
		Devant un t&#233;l&#233;phone
		Qui ne sonnera pas

		C'est peut-&#234;tre &#231;a,
		L'amour, le grand amour,
		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		Qui m'a prise &#224; mon tour,
		Ce sentiment brutal,
		Lorsque tout allait bien,
		De se sentir tr&#232;s mal
		Sans savoir d'o&#249; &#231;a vient.

		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		Qui fait pleurer de rire
		Et vous fait courir
		A minuit sous la pluie,
		Sous la pluie, sans manteau
		En gueulant qu'il fait beau,
		En gueulant que la vie,
		'y a rien de plus joli
		Avant, juste avant
		D'aller se foutre &#224; l'eau

		C'est peut-&#234;tre &#231;a
		L'amourLe grand amour!



C'est pour &#231;a

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1947

		Il &#233;tait une amoureuse
		Qui vivait sans &#234;tre heureuse.
		Son amant ne l'aimait pas.
		C'est dr&#244;le, mais c'&#233;tait comme &#231;a.
		Elle courut &#224; la fontaine
		Afin d'y noyer sa peine
		Et tout le diable et son train
		La poussaient dans le chemin.

		C'est pour &#231;a que l'amour pleurait dans son coin,
		C'est pour &#231;a que le ciel n'y comprenait rien.
		Les jours de lumi&#232;re,
		Les mots des pri&#232;res,
		Tous en procession,
		Lui faisaient escorte
		Mais la fille est morte
		En criant: "pardon".
		C'est pour &#231;a que l'amour pleurait dans son coin,
		C'est pour &#231;a que le ciel n'y comprenait rien

		Toutes les fleurs se fan&#232;rent
		Et la nuit couvrit la terre
		Pour chanter le dernier jour
		De cette morte d'amour.
		&#201;chapp&#233;s du noir man&#232;ge,
		Les mal-aim&#233;s en cort&#232;ge
		Partent essayer d'emp&#234;cher
		Le soleil de se lever.

		C'est pour &#231;a que l'amour n'avait plus d'amis,
		C'est pour &#231;a que le ciel cherchait un abri.
		Les jeux et les rondes,
		Toutes les joies du monde
		Voulaient s'en aller
		Et le c&#339;ur des hommes,
		Tout pourri d'automne
		Allait se f&#226;ner
		C'est pour &#231;a que l'amour n'avait plus d'amis,
		C'est pour &#231;a que le ciel cherchait un abri.

		Mais voil&#224; que ma l&#233;gende
		Va danser sous les guirlandes.
		&#199;a ne pouvait pas durer.
		L'amour a tout arrang&#233;
		Et, depuis, c'est lui qui chante.
		Tant pis pour qui se tourmente.
		Vous pouvez toujours pleurer.
		Il est plus fort &#224; chanter

		C'est pour &#231;a qu'on entend les accord&#233;ons,
		C'est pour &#231;a que la rue &#233;clate en chansons.
		Le chagrin des &#226;mes,
		Dans tout ce vacarme,
		On ne l'entend plus.
		L'amour fait la f&#234;te
		Et chacun, c'est b&#234;te,
		A c&#339;ur que veux-tu.
		C'est pour &#231;a qu'on entend les accord&#233;ons,
		C'est pour &#231;a que la rue &#233;clate en chansons.



C'est toi le plus fort

Paroles: Raymond Asso. Musique: R. Clo&#235;rec 1936

		Ah, c'que t'es grand!
		T'as une belle gueule
		Et quand ton rire m'a croch&#233; le c&#339;ur,
		Parc' que j'suis v'nue vers toi toute seule
		Sans que tu m'cherches,
		Tu fais le cr&#226;neur
		Et, sur le boulevard,
		Quand tu te balades,
		Tu marches comme un bel animal.
		Tu regardes les femmes.
		&#199;a m'rend malade
		Et tu le sais bien
		Qu'&#231;a m'fait du mal
		Mais j'te dis rien
		Parce que je t'aime.
		Souffrir par toi
		C'est bon tout d'm&#234;me.
		Tu pourrais m'faire
		Plus de mal encore
		Que j'dirais rien,
		Alors t'es fort.

		Parce que t'es grand,
		Moi toute petite
		Et que tes poings
		Ont l'air d'&#234;tre lourds,
		J'dis toujours oui
		Et t'en profites
		Et j't'ob&#233;is.
		Tu gagnes toujours.
		Ah t'es pas m&#233;chant.
		T'es un peu brute.
		C'est pas d'ta faute
		Si t'es comm' &#231;a,
		Et puis moi
		J'aime pas les disputes.
		J'ai peur des coups.
		On s'refait pas,
		Alors j'dis rien
		Parce que je t'aime
		Et qu't'ob&#233;ir
		C'est bon tout d'm&#234;me.
		Puis &#231;a vaut mieux
		Car j'aurais tort.
		Y a qu'&#224; nous voir,
		C'est toi le plus fort.

		Mais y a des jours
		O&#249; t'es plus l'm&#234;me.
		Quand t'as l'cafard
		Ou des ennuis,
		Quand t'as besoin d'sentir
		Qu'on t'aime
		Et ces jours-l&#224;,
		Tu deviens tout petit.
		Alors j'te prends
		Sur ma poitrine.
		J'&#233;coute ton c&#339;ur
		Et c'est tr&#232;s doux.
		J'deviens toute grande
		Et j'te c&#226;line.
		J'suis presque heureuse
		Et j'oublie tout.
		L&#224;, dans mes bras,
		T'oses plus rien dire.
		T'as sur les l&#232;vres
		Un beau sourire
		Et, comme un petit m&#244;me,
		Tu t'endors.
		Ben l&#224; vraiment,
		C'est toi l'plus fort.



C'est un gars

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1949

autres interpr&#232;tes: Lucienne Delyle, Charles Aznavour

		Sous mes pieds mes s'mell's se d&#233;robent
		On voit l'jour &#224; travers ma robe
		Mon corsage est tout rapi&#233;c&#233;
		Et mes effets tr&#232;s fatigu&#233;s
		Qu'import' ce qu'on dit &#224; la ronde
		Je me fous du reste du monde
		Car depuis hier je suis aim&#233;e
		C'est fou ce qui m'est arriv&#233;

		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		On m'l'avait jamais dit
		C'est un gars qui r'ssemblait &#224; un ange
		C'est un gars qui parlait comme un ange
		Tu es jolie, tu es jolie
		J'en suis tout &#233;tourdie

		Mon Dieu je ne suis plus la m&#234;me
		Quand il me murmure je t'aime
		Je trouve &#231;a si merveilleux
		Qu'il y a des larmes dans mes yeux
		C'est beau l'amour qui se prom&#232;ne
		Quand un beau gars en tient la cha&#238;ne
		On voudrait rester prisonnier
		Rien qu'pour contempler son ge&#244;lier

		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		On m'l'avait jamais dit
		C'est un gars qui r'ssemblait &#224; un ange
		C'est un gars qui parlait comme un ange
		Tu es jolie, tu es jolie
		J'en suis tout &#233;tourdie

		C'est merveilleux en moi la vie bourdonne
		L'amour jaillit d&#232;s que je m'abandonne
		Et quand il m'a so&#251;l&#233;e
		De mots et de baisers
		Et qu'il sourit, c'est dr&#244;le
		Je mords dans son &#233;paule
		C'est un gars qu'est entr&#233; dans ma vie
		C'est un gars qui m'a dit des folies
		Tu es jolie, tu es jolie
		Veux-tu d'moi pour la vie
		Oui.



C'est un homme terrible

Paroles et Musique: JP Moulin 1958

		C'est un homme terrible
		Avec des yeux doux.
		Il me prend pour cible.
		Il me donne des coups.
		Il me fait pleurer
		Avec un regard.
		Il me fait trembler
		Quand il est en retard.
		C'est un homme terrible
		Avec des yeux verts.
		Il voit &#224; travers.
		Il me passe au crible.
		Je suis transparente
		Quand il est devant moi.
		Je pleure, je me lamente.
		Je reste sans voix.
		Je descends la pente
		De la peur et de l'effroi.
		Cet homme me hante.
		Il me met en croix.
		C'est un homme terrible.
		C'est un homme terrible

		Mais quand il me caresse,
		Quand je sens ses deux mains
		Se poser comme des compresses
		Sur mes yeux pleins de chagrin,
		Alors je ressuscite,
		Je retrouve le printemps.
		Le bonheur invite
		Au creux de mon amant.

		C'est un homme terrible
		Avec des yeux bleus.
		Mon c&#339;ur est la cible
		O&#249; il vise le mieux.
		Il revient vers moi.
		Il revient toujours.
		Avec un grand "A",
		&#199;a s'appelle l'Amour.
		C'est un homme terrible.
		Il a peur, la nuit.
		Dans mes bras fragiles,
		Il s'apaise et rit
		Et puis il s'endort
		Et je le regarde.
		Il n'a plus de force.
		C'est moi qui le garde.
		Sentinelle dehors,
		A moi, la toquarde.
		Quand viendra l'aurore,
		Je quitterai la garde
		De cet homme terrible,
		De cet homme terrible,
		De cet homme terrible,
		De cet homme terrible,
		Terrible! Terrible!
		Hhhhhan!



C'est un monsieur tr&#232;s distingu&#233;

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941

		Il descend dans les grands h&#244;tels.
		Il a beaucoup de personnel.
		Il a aussi beaucoup d'argent,
		C'est pour &#231;a qu'il est mon amant.

		C'est un Monsieur tr&#232;s distingu&#233;.
		C'est un Monsieur qui est mari&#233;.
		Ses enfants seront bien &#233;l'v&#233;s.
		Sa femme est n&#233;e dans le grand monde.
		C'est un Monsieur tr&#232;s demand&#233;.
		Tous les gens l'&#233;coutent parler.
		Il est de la haute soci&#233;t&#233;.
		C'est c'qu'on appell' un homme du monde.

		Il a aussi un petit chien.
		On dit qu'il fait beaucoup de bien.
		Sa femme, moi et puis le chien,
		Nous faisons partie de ses biens.

		C'est un Monsieur tr&#232;s distingu&#233;.
		C'est un Monsieur qui est mari&#233;.
		Ses enfants seront tr&#232;s bien &#233;l'v&#233;s.
		Comme il se doit, je n'suis pas blonde.
		Je n'suis pas n&#233;e dans le grand monde.
		Ce Monsieur-l&#224; peut tout ach'ter,
		M&#234;me l'illusion d'&#234;tre aim&#233;.
		Il est de la haute soci&#233;t&#233;.
		C'est c'qu'on appelle un homm' du monde.

		Je sais pourtant qu'un jour viendra
		O&#249;, doucement, il me dira:
		"Ch&#232;re amie, je suis d&#233;sol&#233;,
		Nos relations doivent cesser."

		C'est un Monsieur tr&#232;s distingu&#233;.
		C'est un Monsieur qui est mari&#233;.
		Ses enfants seront tr&#232;s bien &#233;l'v&#233;s.
		Comme il se doit, sa femme est blonde.
		Sa femme est n&#233;e dans le grand monde.
		Je resterai seule &#224; pleurer.
		Mon amour sera bien pay&#233;.
		C'est comm' &#231;a dans la haut' soci&#233;t&#233;.
		C'est c'qu'on appelle les gens du monde.



C'&#233;tait pas moi

Paroles: Robert Gall. Musique: Francis La&#239; 1963

		Dans sa prison, il a pleur&#233;,
		S'est r&#233;volt&#233;, s'est r&#233;sign&#233;
		Et d'une voix d&#233;sesp&#233;r&#233;e,
		Il ne cessait de r&#233;p&#233;ter:

		"C'&#233;tait pas moi qui, ce jour-l&#224;, passait par l&#224;.
		C'&#233;tait pas moi!
		C'&#233;tait pas moi qui avais fait &#231;a, cette histoire-l&#224;.
		Ce n'est pas moi!

		Mais je n'ai pas su m'expliquer
		Cet homme trouv&#233; dans le foss&#233;.
		J'ai beau crier mon innocence
		Dans ma prison,
		J'ai beau crier dans le silence:
		Non, non, et non!

		Je reste l&#224; depuis des mois
		Et j'attends l&#224; ce qu'on fera de moi

		Oui, je l'aimais
		Cette femme pour qui
		On a trouv&#233;
		Cet homme tu&#233;
		Oui, je l'aimais.
		J'en &#233;tais fou
		Et tr&#232;s jaloux
		Mais c'est pas vrai!

		Co&#239;ncidence?
		Manque de chance?
		C'&#233;tait pas moi!
		C'&#233;tait pas moi!

		J'ai beau crier dans le silence
		De ma prison,
		J'ais beau crier mon innocence,
		Non, non, et non!

		Je reste l&#224; depuis des mois
		Et j'attends l&#224; ce qu'on fera de moi

		Et face au ciel,
		Mon seul t&#233;moin,
		Tendant les mains
		Je veux crier:
		Ce n'est pas moi!
		Ce n'est pas moi!
		Ce n'est pas moi!
		Ce n'est pas moi!"



C'&#233;tait un jour de f&#234;te

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

		1. C '&#233;tait un jour de f&#234;te
		J'crois bien qu'c'&#233;tait l'printemps
		&#199;a m'a tourn&#233; la t&#234;te
		J'venais d'avoir vingt ans
		I' m'a dit qu'j'&#233;tais belle
		Peut-&#234;tre pour m'faire plaisir
		M'a dit des ritournelles
		Avec un beau sourire

{}

		I' m'en a donn&#233; des caresses
		I' m'a fait tout plein de serments
		Ce qu'il m'en a fait des promesses
		Avant de dev'nir mon amant
		I' m'en a donn&#233; des ivresses
		M'a jur&#233; de m'aimer tout l'temps
		Alors j'ai donn&#233; ma jeunesse
		C'est comme &#231;a qu'on perd ses vingt ans

		2. On s'est mis en m&#233;nage
		Dans le faubourg Saint-D'nis
		H&#244;tel du Beau Rivage
		&#199;a sentait bon Paris
		C'est au sixi&#232;me &#233;tage
		Que j'ai connu l'amour
		Vous parlez d'un voyage
		Et quel joli s&#233;jour

{au Refrain}

		3. Ces histoires l&#224; &#231;a dure
		Ce que &#231;a doit durer
		Ma petite aventure
		H&#233;las est termin&#233;e
		Fini le beau voyage
		Me voici de retour
		L'H&#244;tel du Beau Rivage
		A gard&#233; mes amours

{au Refrain}



C'&#233;tait une histoire d'amour

Paroles: Henri Contet. Musique: J.Jal 1943

		J'ai connu des jours magnifiques
		L'amour &#233;tait mon serviteur
		La vie chantait comme une musique
		Et elle m'offrait des tas d'bonheurs
		Mais j'en achetais sans compter
		J'avais mon c&#339;ur &#224; d&#233;penser

		C'&#233;tait une histoire d'amour
		C'&#233;tait comme un beau jour de f&#234;te
		Plein de soleil et de guinguettes
		O&#249; le printemps m'faisait la cour
		Mais quand les histoires sont trop jolies
		&#199;a ne peut pas durer toujours
		C'&#233;tait une histoire d'amour
		Ma part de joie, ma part de r&#234;ve
		Il a bien fallu qu'elle s'ach&#232;ve
		Pour me faire un chagrin d'amour

		Et tant pis si mes nuits sont blanches
		Tant pis pour moi si j'pleure tout l'temps
		C'est le chagrin qui prend sa r'vanche
		Y a qu'le chagrin qui est content
		Vraiment, il y a de quoi rire
		J'ai l'impression d'vouloir mourir!

		C'&#233;tait une histoire d'amour
		C'&#233;tait comme un beau jour de f&#234;te
		Plein de soleil et de guinguettes
		O&#249; le printemps m'faisait la cour
		Mais quand les histoires sont trop jolies
		&#199;a ne peut pas durer toujours
		C'&#233;tait une histoire d'amour
		Dont rien d&#233;sormais ne demeure
		Il faut toujours que quelqu'un pleure
		Pour faire une histoire d'amour



&#199;a fait dr&#244;le

		&#199;a fait dr&#244;le, &#231;a fait vraiment dr&#244;le
		Quand nos corps se fr&#244;lent
		De nous &#233;veiller
		Emerveill&#233;s
		&#199;a fait dr&#244;le de sortir d'un r&#234;ve
		Au creux d'un lit ti&#232;de
		Surpris par le jour
		Dans notre amour
		L'existence,
		Toujours &#233;tonnante,
		Fait de ces miracles.
		Faudrait l'applaudir
		Comme au spectacle.
		&#199;a fait dr&#244;le, j'avais peur de vivre
		Et puis tout arrive,
		Et ce tout pour moi,
		&#199;a veut dire toi.

		&#199;a fait dr&#244;le de rejouer ce r&#244;le
		Contre ton &#233;paule,
		Ce r&#244;le oubli&#233;
		De femme aim&#233;e
		De rena&#238;tre,
		De me reconna&#238;tre
		Dans les yeux d'un &#234;tre
		Lorsque lui non plus
		N'y croyait plus,
		Il me semble
		Que mes jambes tremblent,
		Que tout recommence,
		Apr&#232;s des ann&#233;es de longue absence.
		&#199;a fait dr&#244;le, je reprends ma place.
		Faut que je m'y fasse.
		J'apprends le bonheur,
		J' l'apprends par c&#339;ur.

		Ces voyages, je ne peux pas y croire,
		J'ai eu trop d'histoires.
		Je tra&#238;ne avec moi trop de m&#233;moire
		Mais quand m&#234;me:
		&#199;a fait dr&#244;le quand m&#234;me
		D'entendre "je t'aime"
		Car si cette fois-ci
		Si cette fois-ci
		Si cette fois-ci
		Si cette fois-ci
		Si cette fois-ci
		Si cette fois-ci



Carmen's story

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961

		Dans le grand studio
		De cin&#233;ma,
		Sur le plateau,
		Tout le monde est l&#224;,
		Les deux vedettes et les acteurs,
		Metteur en sc&#232;ne et producteur,
		D&#233;corateurs, et assistants
		Et puis la foule des figurants.
		On va tourner la premi&#232;re sc&#232;ne
		Du nouveau film d'apr&#232;s Carmen
		Et quelqu'un crie: "Silence! On tourne!"
		Carmen's story! Carmen's story!

		Comme si le destin, tout simplement
		N'attendait plus que ce moment,
		Il vient frapper en cet instant
		Parmi la foule des figurants.
		Alors soudain, elle l'aper&#231;oit,
		Il l&#232;ve la t&#234;te, et il la voit,
		Et dans leurs yeux il y a l'amour,
		Mais un amour de fin des jours
		Et quelqu'un crie: "Tr&#232;s bon! Coupez!"
		Carmen's story! Carmen's story!

		Elle ne voit que lui dans le studio,
		Il ne voit qu'elle sur le plateau,
		Et dans la foule des figurants
		Habit brod&#233;, habit clinquant,
		En somnambules, au fil des jours,
		Illumin&#233;s par leur amour,
		Sans le savoir, transfigur&#233;s,
		Ils sont Carmen et Don Jos&#233;,
		Et quelqu'un crie: "Silence! On tourne!"
		Carmen's story! Carmen's story!

		Mais dans le studio de cin&#233;ma,
		Voil&#224; qu'un jour il l'aper&#231;oit
		En train de rire, rire aux &#233;clats
		Avec cet homme qui est l&#224;-bas
		&#199;a lui fait mal, il veut partir
		Mais le destin doit s'accomplir
		Et dans la foule des figurants
		Elle est tomb&#233;e, sans m&#234;me crier
		Quelqu'un a dit: "Tr&#232;s bon! Coupez!"
		Carmen's story! Carmen's story!



C&#233;line

Paroles: Arrangements: L. Li&#233;bart, Marc Herrand 1946

		Sont trois jeunes gar&#231;ons
		S'en allant &#224; la guerre,
		S'en allant &#224; la guerre,
		Tout droit en regrettant,
		Tout droit en regrettant
		Bien leurs ma&#238;tresses.

		Le plus jeune des trois
		Regrettait bien la sienne,
		Regrettait bien la sienne
		Et il a bien raison:
		C'est la plus jolie fille
		De tous les environs.

		Le bon soldat s'en va
		Trouver son capitaine:
		"Bonjour, mon capitaine.
		Donnez-moi mon cong&#233;
		Pour allez voir C&#233;line
		Qui ne fait que pleurer"

		Son capitaine r&#233;pond
		Comme un homme de guerre
		Ton joli passeport
		Va t'en, va voir ta fille
		Tu reviendras d'abord.

		Puis le galant s'en va
		Au ch&#226;teau de son p&#232;re.
		"Bonjour mon p&#232;re, ma m&#232;re.
		Bonjour mes chers parents,
		Sans oublier C&#233;line
		Que mon c&#339;ur aime tant."

		Son p&#232;re lui r&#233;pond:
		"Mais ta C&#233;line est morte
		Mais ta C&#233;line est morte,
		Est morte en t'appelant.
		Son corps est dans la terre,
		Son &#226;me, au Paradis."

		Puis le galant s'en va
		Pleurer dessus sa tombe:
		"C&#233;line, ma C&#233;line,
		Parle, parle, parle-moi!
		Mon c&#339;ur se d&#233;sesp&#232;re
		De jamais plus te voir"
		C&#233;line lui r&#233;pond:
		"Ma bouche est pleine de terre
		Ma bouche est pleine de terre
		La tienne est pleine d'amour!
		Je garde l'esp&#233;rance
		De te revoir un jour"

		Le bon soldat s'en va
		Trouver son capitaine
		"Bonjour, mon capitaine!
		Me voici de retour
		Puisque C&#233;line est morte,
		Je servirai toujours"



Celui qui ne savait pas pleurer

Paroles: Henri Contet. Musique: Ch.Normand 1936

		C'est l'histoire d'un type moyen
		Qui n'avait jamais pu pleurer.
		Il en avait pas les moyens,
		Pourtant, il aurait bien aim&#233;,
		Car de pleurer, &#231;a vous soulage
		Et &#231;a vous met du baume dans l'c&#339;ur,
		Mais lui, il avait pass&#233; l'&#226;ge
		D'apprendre le chagrin par c&#339;ur.
		Il essayait de se concentrer
		Pour s'&#233;mouvoir &#224; l'improviste,
		Mais non: il savait pas pleurer
		Et c'est &#231;a qui le rendait triste.
		Pour se payer ce petit instant
		O&#249; l'on est vraiment malheureux,
		Y s'fabriquait des emb&#234;tements,
		Inventait des ennuis s&#233;rieux
		Et pour &#231;a, il savait s'y prendre,
		A en juger par son pass&#233;.
		Il avait m&#234;me tent&#233; de se pendre,
		Preuve qu'il aimait pas rigoler.
		Quand s'pr&#233;sentait un beau malheur,
		Tout de suite il lui faisait du charme
		Mais il avait beau s'crever l'c&#339;ur,
		Il pouvait pas trouver une larme.
		&#199;a lui a pass&#233; subitement,
		Rencontrant pr&#232;s d'une fontaine
		O&#249; se d&#233;barbouillait l'printemps,
		Une gosse qui avait de la peine.
		Dans son petit tablier de toile,
		Elle pleurait comme une enfant.
		Il a vu ses yeux pleins d'&#233;toiles,
		Alors il en a fait autant.
		Un type comme &#231;a, c'est pas commun
		Car il &#233;tait pas comme nous autres.
		Puisque, pour qu'il ait du chagrin,
		Il lui fallait l'chagrin des autres.
		La gosse &#233;tait toute seule au monde,
		Tout' seule le jour, tout' seule la nuit
		Et puis surtout, elle &#233;tait blonde,
		Alors il l'a prise avec lui.
		Il est content puisque c'est elle
		Qui lui a appris &#224; pleurer
		Mais la le&#231;on &#233;tait trop belle
		La fille aussi tout a rat&#233;.
		Il est devenu bien malheureux,
		Tromp&#233; plus qu'il ne le m&#233;rite
		Et tous les jours, il pleure un peu
		Maintenant qu'il sait, il en profite.



'Chand d'habits

Paroles: J. Bourgeat. Musique: R. Alfred 1936

		Dis-moi, 'chand d'habits,
		N'as-tu pas trouv&#233;,
		Parmi le lot de mes vieilles d&#233;froques
		Que, ce matin, je te vendis &#224; regret,
		'Chand d'habits, parmi elles,
		N'as-tu trouv&#233;, tout en loques,
		Triste, lamentable, d&#233;chir&#233;,
		Un douloureux c&#339;ur abandonn&#233;?
		Rends-moi, je t'en prie, mon ami,
		Cette chose meurtrie
		C'est mon pauvre c&#339;ur j'en ai besoin
		Crois-tu, mon vieux, que c'est b&#234;te!
		Quand tu est venu &#224; mon appel
		Faire l'emplette
		Je croyais bien n'y pas tenir autant

		Quand tu partis charg&#233; de ton triste fardeau,
		Tout mon pass&#233; suivit, et je pleure
		Je pleure mes soucis, mon enfance,
		Mes chers amours qui ne sont plus que souvenance
		Rends-moi mon pauvre c&#339;ur,
		Triste objet p&#233;rim&#233;
		Revends-moi la joie qui m'a quitt&#233;e
		Dis! 'chand d'habits!
		Cette pauvre chose, c'&#233;tait pour l'oubli
		C'est toute ma vie
		Oui
		Dis-moi, 'chand d'habits,
		Parmi mes d&#233;froques,
		N'as-tu pas trouv&#233; mon pauvre c&#339;ur en loques?



Chanson bleue

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951

		Je vais te faire une chanson bleue
		Pour que tu aies des r&#234;ves d'enfant
		O&#249; tes nuits n'auront plus de tourments.
		Alors, le jour, tu vas chanter
		Pour que les autres puissent esp&#233;rer
		Quand le monde l'aura appris,
		Tu pourras quitter la vie.
		Tu viendras chanter dans les cieux
		Chanson Bleue

		Tu feras pleurer les anges
		En leur racontant tes souffrances.
		Apporte dans tes mains trop jolies,
		Ton c&#339;ur, tes pleurs, et puis la vie
		Quand J&#233;sus est mort sur sa croix,
		Il a souffert autant que toi,
		Pardonne ta m&#232;re, et le Bon Dieu
		Et laisse sur la terre comme Dieu
		Chanson Bleue

		Voil&#224; ta mission termin&#233;e
		Tes amis, tu vas les quitter
		Caresse les cheveux des enfants,
		Souris aux vieillards en passant,
		Toi, tu n'as plus de lendemains:
		Finis tes matins pleins de chagrin
		Saint-Pierre, les anges, et le Bon Dieu
		Vont t'ouvrir les portes des cieux
		Chanson Bleue



Chanson de Catherine

Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951

		Te voil&#224; mari&#233;e, Catherine,
		Sans joie et sans amour.
		Celui que tu aimes, Catherine,
		Est perdu pour toujours

		Qu'ils &#233;taient doux, les jours pass&#233;s,
		Mais &#224; quoi bon les &#233;voquer?
		Un oiseau noir crie dans la nuit.
		Hier, Catherine, tu as dit "oui"
		Et maintenant, il faut danser.
		Il faut danser et oublier.
		Pourquoi pleurer, la belle enfant?
		Les violons jouent tendrement

		Te voil&#224; mari&#233;e, Catherine,
		Sans joie et sans amour.
		Celui que tu aimes, Catherine,
		Est perdu pour toujours

		Il est au bout de ton jardin,
		Un tr&#232;s vieux ch&#234;ne, o&#249; un gar&#231;on
		Avait jadis grav&#233; ton nom
		Dans un seul c&#339;ur, aupr&#232;s du sien.
		Vois-tu, celui qui tu aimais,
		Vois-tu, celui qui tant t'aimait
		Eh! L'oiseau noir! Que me dis-tu?
		C'est &#224; ce ch&#234;ne qu'il s'est pendu

		Te voil&#224; mari&#233;e, Catherine,
		Sans joie et sans amour.
		Celui que tu aimes, Catherine,
		Est perdu pour toujours

		Petite Catherine, demain matin,
		Dans l'eau glac&#233;e de ton chagrin,
		Dans l'eau &#233;trange de la mer,
		Tu flotteras, les yeux ouverts,
		Les yeux ouverts sur ton destin
		Et, dans ta robe de satin,
		Juste o&#249; la mer se m&#234;le au ciel,
		Tu rejoindras l'amant fid&#232;le

		Te voil&#224; mari&#233;e, Catherine,
		Mari&#233;e avec l'amour
		Celui que tu aimes, Catherine,
		Est &#224; toi pour toujours



Comme moi

Paroles: Claude Del&#233;cluse, Mich&#232;le Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1957

		Peut-&#234;tre bien qu'ailleurs,
		Une femme a le c&#339;ur
		Eperdu de bonheur
		Comme moi
		Et que d'un geste heureux
		Elle soul&#232;ve un peu
		Le rideau de soie bleue,
		Comme moi
		Pour regarder en bas
		Son amour qui viendra
		La prendre dans ses bras,
		Comme moi
		Elle attend son amour,
		Les yeux de son amour,
		Les bras de son amour,
		Comme moi

		Peut-&#234;tre bien aussi,
		Qu'&#224; l'instant, elle vit,
		Le meilleur de sa vie,
		Comme moi
		Et qu'en fermant les yeux,
		Elle abandonne un peu
		Sa main dans ses cheveux,
		Comme moi
		Peut-&#234;tre qu'&#224; son c&#339;ur,
		Elle &#233;pingle une fleur
		Et puis regarde l'heure,
		Comme moi
		Et pense &#224; son amour,
		Aux yeux de son amour,
		Aux bras de son amour,
		Comme moi

		Peut-&#234;tre bien encore
		Qu'elle entendra plus fort
		Son c&#339;ur battre et qu'alors,
		Comme moi
		Elle voudra crier
		En entendant monter
		Un pas dans l'escalier,
		Comme moi
		Comme moi dans l'instant
		O&#249; mon c&#339;ur en suspens
		Se retient un moment,
		Contre toi
		Et puis meure, mon amour,
		Dans tes yeux, mon amour,
		Dans tes bras mon amour,
		Mon amour



Comme un moineau

Paroles: M. H&#233;ly. Musique: J. Lenoir 1925

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Berthe Sylva (1935), Jackie Sardou

		1. C 'est pr&#232;s d'une goutti&#232;re &#224; matous
		Dans une mansarde de n'importe o&#249;
		A Montparnasse
		Que j'suis venue au monde sur les toits
		Et que j'ai pour la premi&#232;re fois
		Ouvert les chasses
		Mes p&#232;res et m&#232;res d&#233;chards comme tout
		Qui de plus n'aimaient pas beaucoup
		Sucer d'la glace
		A l'heure des repas dans notre garno
		M'laissaient souvent sans un m&#233;lo
		Le bec ouvert
		Comme un moineau!

		2. A l'&#226;ge o&#249; tous les autres marmots
		A l'&#233;cole vont s'meubler l'cerveau
		De bonne grammaire
		Avec un tas d'mauvais loupiots
		Dans les coins on allait jouer au
		P&#232;re et &#224; la m&#232;re
		Bien s&#251;r ces petit jeux innocents
		Ne d&#233;veloppent pas pr&#233;cis&#233;ment
		Les bonnes mani&#232;res
		A quinze ans, droite sur mes ergots
		J'allumais tous les gigolos
		L'&#339;il effront&#233;
		Comme un moineau!

		3. L 'premier qu'a voulu ma vertu
		Pour me poss&#233;der n'a pas eu
		A faire de si&#232;ge
		Il n'a eu qu'&#224; m'ouvrir les bras
		Et mon amour est tomb&#233; l&#224;
		Comme dans un pi&#232;ge
		Si j'avais l'esprit perverti
		Mon c&#339;ur, au contraire, &#233;tait lui
		Pur comme la neige
		Nous &#233;veillant sous les b&#233;cots
		Nous allions &#224; tous les &#233;chos
		Chanter l'amour
		Comme deux moineaux!

		4. Il me plaqua, a-t-il eu tort?
		Je me suis consol&#233;e d'un sort
		Qui est le n&#244;tre
		Avec un p'tit gars dessal&#233;,
		Mais qui, pour ne pas travailler,
		M'vendit &#224; d'autres
		On s'accoutume &#224; ne plus voir
		La poussi&#232;re grise du trottoir
		O&#249; l'on se vautre
		Chaque soir sur l'pav&#233; parigot
		On cherche son pain dans le ruisseau
		Le c&#339;ur joyeux
		Comme des moineaux!

		5. L 'hiver viendra et mon seul bien
		Ce pauvre corps qui, je l'sens bien
		D&#233;j&#224; se lasse
		Tombera sur le pav&#233; brutal
		J'passerai sur un lit d'h&#244;pital
		Un soir d'angoisse
		Pas plus mauvaise que beaucoup
		J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; malgr&#233; tout,
		Au lieu d'un poisse
		Un homme qui m'e&#251;t aim&#233;e d'amour
		Pour avec lui finir mes jours
		Dans un nid chaud
		Comme un moineau!



Corr&#232;que et r&#233;guyer

Paroles: M.H&#233;ly. Musique: Paul Maye 1938

		Le grand Totor qu'est en m&#233;nage avec Totoche
		Qui la filoche
		Et la d&#233;fend,
		C'est pas un mec &#224; la mie d' pain, poisse &#224; la manque
		Qui fait sa planque
		Comme un fain&#233;ant.
		Comme un chef d'administration,
		Il organise la production,
		Le n&#233;cessaire et l' superflu.
		Tout est r&#233;gl&#233;, tout est pr&#233;vu
		Pendant les heures d'exploitation,
		C'est pas un homme, c'est un d&#233;mon
		Mais en dehors de ses fonctions
		C'est pas un homme, c'est un mouton

		Apr&#232;s l' boulot, si qu'elle veut faire des heures en plus,
		C'est son affaire et dans l' fond &#231;a n' le r'garde plus
		Comme dit Totor, &#231;a m'fait pas tort
		Pour l'argent qu'elle gagne au-dehors,
		On est d'accord comme dit Totor
		Faut pas s'conduire comme un butor
		Comme dit Totor, j'y laisse le droit d' la d&#233;penser
		A volont&#233;, d' la ramasser ou d' la placer
		De s' tuyauter, d' boursicoter
		D'ach'ter d' la rente ou du foncier
		En suivant les cours financiers
		Des charbonnages ou des aciers
		J'ai pas l' droit d'y fourrer mon nez.
		CORR&#200;QUE et R&#201;GUYER!

		Pendant qu' les autres vont jouer l' pastis &#224; la belote
		Avec les potes
		Dans les bistros,
		Totor contr&#244;le tout c' que la Totoche lui raconte
		Et fait des comptes
		Dans son bureau.
		Pour le resquillage et l' boni,
		Avant qu'elle parle, il a compris
		Y a rien &#224; chiquer avec lui
		C'est pas un homme, c'est un taxi
		A moins d'erreur ou d'omission,
		A la premi&#232;re contestation,
		La machine &#224; coller des j'tons
		Est pr&#234;te pour la distribution

		Dans les affaires, quand on s' laisse faire, on est foutu
		Comme dit Totor, il faut d'abord quand &#231;a n' va plus
		Y aller d'autor et taper fort!
		Mais une fois qu'on a fait du sport,
		Comme dit Totor, ce s'rait un tort
		Que de s' conduire comme un butor
		Quand qu' c'est r&#233;gl&#233;, &#224; quoi qu' &#231;a sert d'&#234;tre rancunier?
		Comme dit Totor, une fois qu'il a la main tourn&#233;e,
		Il lui colle du taff'tas gomm&#233;
		Et lui dit pour la consoler:
		Bless&#233;e en service command&#233;,
		C'est un accident du m&#233;tier
		Demain, t'iras pas travailler
		CORR&#200;QUE et R&#201;GUYER!

		Et malgr&#233; &#231;a, y a des jours o&#249; qu' la m&#244;me Totoche
		Fait sa caboche
		Et r'prend l' dessus
		&#199;a fait qu'un soir, a s'est fait voir avec Tatave,
		Et c' qu'est l' plus grave,
		Totor l'a su!
		Comme dit Totor, qu'on soye bourgeois,
		Barbeau, prince ou n'importe quoi,
		Chacun son bien, chacun son d&#251;
		Sans &#231;a, la morale est foutue,
		C' qui fait qu'en sortant du restaur
		Tatave s'est trouv&#233; d'vant Totor
		Qui y a dit, les yeux dans les yeux,
		On va r&#233;gler &#231;a tous les deux!

		Dans les affaires, quand on s' laisse faire, on est foutu
		Mais l' m&#244;me Tatave y a dit: Totor, j'te comprends pus!
		J' te jure, Totor, t'es dans ton tort!
		Avec la m&#244;me, j'ai pas d'remords
		On est d'accord, et quand on a sort,
		J'y r'file cent balles dans l' collidor,
		Alors Totor y a dit: j'ai rien &#224; te r'procher!
		Tu vois, mon pote, si tu m'avais pas renseign&#233;,
		On s'rait en train d' s'entrelarder
		Mais moi, j'pouvais pas l' deviner
		Vu qu'a m'a jamais rien donn&#233;
		Final'ment, tu peux t'en aller
		Mais c'est elle qui va d&#233;rouiller!
		CORR&#200;QUE et R&#201;GUYER!



Coup de grisou

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943

		C'&#233;tait un homm' sans condition,
		Un typ' qu'avait pas d'ambition,
		Pourtant, Bon Dieu! qu'il &#233;tait fort.
		Il n'avait pas d'situation
		Et il travaillait au charbon
		Dans les villes noires du Nord.
		On l'avait app'l&#233;: "Coup d'grisou"
		Un jour qu'il &#233;tait en col&#232;re
		Et qu'il avait mis sens d'ssus d'ssous
		Tout un bistro avec les verres.
		A forc' de peiner dans le noir,
		Il n'aimait qu'la couleur du soir.
		Le soleil lui br&#251;lait les yeux.
		Le grand jour l'emp&#234;chait d'parler.
		C'&#233;tait un dieu d'l'obscurit&#233;,
		Un dieu bien triste et malheureux,
		Un dieu bien triste et malheureux

		Car il aimait par-dessus tout
		Un' fill' des plain's aux cheveux roux,
		Roux comm' les sarments des vignes,
		Des cheveux o&#249; la lumi&#232;r' pleut.
		&#199;a l'for&#231;ait &#224; cligner des yeux
		Comm' si l'soleil lui faisait sign'.
		Ell' l'emmenait dans les moissons
		Par les frais chemins du dimanche.
		Tout &#233;tait clair, tout &#233;tait blond
		Et la clart&#233; prenait sa r'vanche.
		&#199;a lui f'sait mal derri&#232;r' le front
		Mais il faisait des concessions.
		Dame, il essayait d'&#234;tre heureux.
		C'est comm' &#231;a qu'on perd un amour.
		Ell' l'a tromp&#233; par un beau jour
		Avec un qui aimait l'ciel bleu,
		Avec un qui aimait l'ciel bleu.

		Quand "Coup d'grisou" a tout appris,
		Il travaillait au fond du puits
		Tout luisant de reflets tout noirs
		Pendant dix s'cond's il n'a rien dit
		Et puis d'un seul coup &#231;a l'a pris.
		Ah! c'&#233;tait pas joli &#224; voir,
		Rien qu'&#224; l'entendre on s'demandait
		Si l'diable n'&#233;tait pas sous terre.
		Probabl' que &#231;a lui ressemblait
		Puisqu'il a tout foutu par terre.
		Quand l'vrai grisou s'en est m&#234;l&#233;,
		A eux deux, ils ont fait sauter
		La terre, la mine et tout l'fourbi!
		Apr&#232;s trois jours on l'a r'mont&#233;
		Avec sa part d'&#233;ternit&#233;
		Et quand on l'a sorti du puits,
		La lumi&#232;r' se moquait de lui.
		Le soleil donnait un gala
		Pour l'emb&#234;ter un' derni&#232;r' fois
		Mais Coup d'grisou &#233;tait gu&#233;ri:
		Il avait &#233;pous&#233; la nuit



Cri du coeur

Paroles: Jacques Pr&#233;vert. Musique: Henri Crolla 1960

		C'est pas seulement ma voix qui chante.
		C'est l'autre voix, une foule de voix,
		Voix d'aujourd'hui ou d'autrefois,
		Des voix marrantes, ensoleill&#233;es,
		D&#233;sesp&#233;r&#233;es, &#233;merveill&#233;es,
		Voix d&#233;chirantes et bris&#233;es,
		Voix souriantes et affol&#233;es,
		Folles de douleur et de gaiet&#233;.

		C'est la voix d'un chagrin tout neuf,
		La voix de l'amour mort ou vif,
		La voix d'un pauvre fugitif,
		La voix d'un noy&#233; qui fait plouf.
		C'est la voix d'une enfant qu'on gifle,
		C'est la voix d'un oiseau craintif,
		La voix d'un moineau mort de froid
		Sur le pav&#233; d' la rue d' la joie

		Et toujours, toujours, quand je chante,
		Cet oiseau-l&#224; chante avec moi.
		Toujours, toujours, encore vivante,
		Sa pauvre voix tremble pour moi.
		Si je disais tout ce qu'il chante,
		Tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais,
		J'en dirais trop et pas assez
		Et tout &#231;a, je veux l'oublier.

		D'autres voix chantent un vieux refrain.
		C'est leur souvenir, c'est plus le mien.
		Je n'ai plus qu'un seul cri du c&#339;ur:
		"J'aime pas l'malheur! J'aime pas l'malheur!"
		Et le malheur me le rend bien
		Mais je l' connais, il m' fait plus peur.
		Il dit qu'on est mari&#233;s ensemble.
		M&#234;me si c'est vrai, je n'en crois rien.

		Sans piti&#233;, j'&#233;crase mes larmes.
		Je leur fais pas d'publicit&#233;.
		Si on tirait l'signal d'alarme
		Pour des chagrins particuliers,
		Jamais les trains n'pourraient rouler
		Et je regarde le paysage.
		Si par hasard, il est trop laid,
		J'attends qu'il se refasse une beaut&#233;

		Et les douaniers du d&#233;sespoir
		Peuvent bien &#233;ventrer mes bagages,
		Me palper et me questionner,
		J'ai jamais rien &#224; d&#233;clarer.
		L'amour, comme moi, part en voyage.
		Un jour je le rencontrerai.
		A peine j'aurai vu son visage,
		Tout de suite je le reconna&#238;trai



Dans leur baiser

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

		Il y avait dans leur baiser,
		Dans leur baiser d&#233;sesp&#233;r&#233;,
		Tous les regrets, tous les chagrins du monde entier,
		Tout le chagrin de nos amants
		Que le destin va s&#233;parer,
		De deux amants qui ont compris
		Que c'est fini

		Ce n'&#233;tait, parmi tant d'autres,
		Qu'un pauvre baiser d'adieu.
		Ce n'&#233;taient, parmi tant d'autres,
		Que deux c&#339;urs tr&#232;s malheureux.

		Il y avait dans leur baiser,
		Dans leur baiser d&#233;sesp&#233;r&#233;,
		Le d&#233;sarroi d'un grand amour qui s'est bris&#233;,
		Le d&#233;sarroi d'un grand amour
		Contre lequel tout s'est ligu&#233;.
		Il y avait dans leur baiser
		Deux vies rat&#233;es.

		Ce n'&#233;tait, parmi tant d'autres,
		Qu'un pauvre baiser d'adieu.
		Ce n'&#233;taient, parmi tant d'autres,
		Que deux c&#339;urs tr&#232;s malheureux.

		Il y avait dans leur baiser,
		Dans leur baiser d&#233;sesp&#233;r&#233;,
		Ce grand secret dont les passants se moquaient bien,
		Dont les passants se moquaient bien
		Comme ils s'&#233;taient moqu&#233;s de nous,
		Moqu&#233;s de nous, ah! Ce triste soir
		Comme ce soir

		Ce n'&#233;tait, parmi tant d'autres,
		Qu'un pauvre baiser d'adieu
		Mais soudain, c'&#233;tait le n&#244;tre,
		Mais soudain, c'&#233;tait nous deux

		Et c'&#233;tait toi, et c'&#233;tait nous
		Que tout d'un coup je voyais l&#224;
		Dans ce baiser,
		Dans ce baiser d&#233;sesp&#233;r&#233;



Dans ma rue

Paroles: Edith Piaf. Musique: Jacques Datin 1952

		J'habite un coin du vieux Montmartre
		Mon p&#232;re rentre so&#251;l tous les soirs
		Et pour nous nourrir tous les quatre
		Ma pauvr' m&#233;re travaille au lavoir.
		Moi j'suis malade, j'r&#234;ve &#224; ma fen&#234;tre
		Je r'garde passer les gens d'ailleurs
		Quand le jour vient &#224; dispara&#238;tre
		Il y a des choses qui me font un peu peur

		Dans ma rue il y a des gens qui s' prom&#232;nent
		J'les entends chuchoter dans la nuit
		Quand je m'endors berc&#233;e par une rengaine
		J'suis soudain r&#233;veill&#233;e par des cris
		Des coups d'sifflet, des pas qui tra&#238;nent, qui vont et viennent
		Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur

		Dans ma rue il y a des ombres qui s' prom&#232;nent
		Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur

		Mon p&#232;re m'a dit un jour: "la fille,
		Tu ne vas pas rester l&#224; sans fin
		T'es bonn' &#224; rien, &#231;a c'est d'famille
		Faudrait voir &#224; gagner ton pain
		Les hommes te trouvent plut&#244;t jolie
		Tu n'auras qu'&#224; sortir le soir
		Il y'a bien des femmes qui gagnent leur vie
		En "s' balladant sur le trottoir"

		Dans ma rue il y a des femmes qui s' prom&#232;nent
		J'les entends fredonner dans la nuit
		Quand je m'endors berc&#233;e par une rengaine
		J'suis soudain r&#233;veill&#233;e par des cris
		Des coups d'sifflet, des pas qui tra&#238;nent, qui vont et viennent
		Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur

		Dans ma rue il y a des femmes qui s' prom&#232;nent
		Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur

		Et depuis des semaines et des semaines
		J'ai plus d' maison, j'ai plus d'argent
		J' sais pas comment les autres s'y prennent
		Mais j'ai pas pu trouver d' client
		J'demande l'aum&#244;ne aux gens qui passent
		Un morceau d' pain, un peu d' chaleur
		J'ai pourtant pas beaucoup d'audace
		Maintenant c'est moi qui leur fait peur

		Dans ma rue tous les soirs je m' prom&#232;ne
		On m'entend sangloter dans la nuit
		Quand le vent jette au ciel sa rengaine
		Tout mon corps est glac&#233; par la pluie

		Mais je n' peux plus, j'attends sans cesse que le bon Dieu vienne
		Pour m'inviter &#224; me r&#233;chauffer tout pr&#232;s de Lui

		Dans ma rue il y a des anges qui m'emm&#232;nent
		Pour toujours mon cauchemar est fini



Dans un bouge du vieux port

Paroles: A. Deltour. Musique: A. Liaunet, F. Decruck 1937

		Quand de troubles r&#234;ves
		Hantent le vieux marin
		A l'heure o&#249; le soir vient
		L'appel des flots c&#226;lins
		A quoi bon l'&#233;couter sur la gr&#232;ve?
		Car d'autres mers l&#224;-bas
		Lui murmuraient tout bas
		Des mots que celle-ci ne dit pas

{}

		Dans un bouge du vieux port
		Il se r&#233;fugie
		Et berce sa nostalgie
		De r&#234;ves d'or
		L'ardent regret qui le mord
		S'&#233;teint pour une heure
		Quand l'accord&#233;on pleure
		Dans un bouge du port

		Le chant des sir&#232;nes
		Jamais il ne l'entend
		Ce n'est pas en r&#234;vant
		Aupr&#232;s des flots mouvants
		Qu'il &#233;voque les terres lointaines
		Non, ce n'est pas le chant
		Au bord de l'oc&#233;an
		Qui lui parle des amours d'antan

{au Refrain, x2}



De l'autre c&#244;t&#233; de la rue

Paroles et Musique: Michel Emer 1943

		Des murs qui se l&#233;zardent,
		Un escalier &#233;troit,
		Une vieille mansarde
		Et me voil&#224; chez moi.
		Un lit qui se gondole,
		Un' table de guingois,
		Une lampe &#224; p&#233;trole
		Et me voil&#224; chez moi
		Mais le soir, quand le cafard me p&#233;n&#232;tre
		Et que mon c&#339;ur est par trop malheureux,
		J'&#233;carte les rideaux de ma fen&#234;tre
		Et j'&#233;carquille les yeux.

{}

		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fille,
		Y a un' bell' fille
		Qui a tout c'qu'il lui faut
		Et m&#234;m' le superflu.
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Elle a d'l'argent, un' maison, des voitures,
		Des draps en soie, des bijoux, des fourrures.
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fille,
		Y a un' bell' fille.
		Si j'en avais le quart, je n'en d'mand'rais pas plus,
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue.

		Souvent, l'&#226;me chagrine,
		Quand je rentre chez moi,
		Je vais courbant l'&#233;chine,
		Il pleut ou il fait froid.
		Faut monter sept &#233;tages,
		Suivre un long corridor.
		Je n'ai plus de courage.
		Je me couche et je dors
		Et le lend'main faut que tout recommence.
		J'pars au travail dans le matin glac&#233;,
		Alors je m'dis y'en a qui ont trop d'chance
		Et les autres pas assez.

		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fill',
		Y a un' bell' fille
		Pour qui tout's nos mis&#232;r's
		S'ront toujours inconnues.
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Quand il fait froid, ell' dans' des nuits enti&#232;res,
		Quand il fait chaud, ell' s'en va en croisi&#232;re.
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fill',
		Y a un' bell' fille.
		Vivre un seul jour sa vie, je n'en d'mand'rais pas plus,
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue.

		J'le connaissais &#224; peine,
		On s'&#233;tait vu trois fois
		Mais &#224; la fin d'la s'maine
		Il est venu chez moi.
		Dans ma chambre au septi&#232;me,
		Au bout du corridor,
		Il murmura: "Je t'aime".
		Moi j'ai dit: "Je t'adore".
		Il m'a combl&#233;e de baisers, de caresses,
		Je ne d&#233;sire plus rien dans ses bras.
		Je vois ses yeux tout remplis de tendresse,
		Alors je me dis tout bas:

		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fill',
		Y a un' pauvr' fille
		Qui n'conna&#238;t rien d'l'amour,
		Ni d'ses joies &#233;perdues.
		D'l'autre c&#244;t&#233; d'la rue,
		Ell' peut garder son monsieur qu'ell' d&#233;teste,
		Ses beaux bijoux, tout son luxe et le reste.
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue,
		Y a un' fill',
		Y a un' pauvr' fille
		Qui regarde souvent, d'un air triste et perdu,
		D'l'autr' c&#244;t&#233; d'la rue.



Demain (il fera jour)

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

		Demain il fera jour.
		C'est quand tout est perdu
		Que tout commence.
		Demain il fera jour.
		Apr&#232;s l'amour,
		Un autre amour commence.
		Un petit gars viendra en sifflotant,
		Demain
		Il aura les bras charg&#233;s de printemps,
		Demain
		Les cloches sonneront dans votre ciel,
		Demain
		Tu verras la lune de miel briller,
		Demain
		Car demain:
		Tu vas sourire encore,
		Aimer encore, souffrir encore,
		Toujours
		Demain il fera jour.

		Dans ton c&#339;ur bris&#233; pour toujours,
		Il reste encore de l'amour.
		Tu crois ta douleur si profonde
		Que ta vie va s'arr&#234;ter l&#224;
		La plus belle fille du monde
		Peut toujours donner plus qu'elle a

		Demain il fera jour.
		C'est quand tout est perdu
		Que tout commence.
		Demain il fera jour.
		Apr&#232;s l'amour,
		Un autre amour commence.
		Un petit gars viendra en sifflotant,
		Demain
		Il aura les bras charg&#233;s de printemps,
		Demain
		Les cloches sonneront dans votre ciel,
		Demain
		Tu verras la lune de miel briller
		Demain
		Car demain:
		Tu vas sourire encore,
		Aimer encore, souffrir encore,
		Toujours
		Demain il fera jour.
		Demain



Des histoires

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

		Histoire de pas savoir pour qui,
		Histoire de pas savoir pourquoi j' vivais ma vie,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233;, racont&#233;,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233; des histoires,
		Histoire d' savoir pourquoi on rit,
		Pourquoi on pleure.
		A quoi &#231;a sert d'avoir un c&#339;ur?
		Je me suis racont&#233;, racont&#233;, racont&#233;
		Je me suis racont&#233;, racont&#233; des histoires
		Et, petit &#224; petit,
		J'ai fini par t'aimer
		Et un jour ton histoire
		Est entr&#233;e dans ma vie.

		Histoire de pas &#234;tre aguerrie,
		J'ai d'abord pas tr&#232;s bien compris
		Mais malgr&#233; moi, je me suis racont&#233;, racont&#233;, racont&#233;,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233; des histoires,
		Histoires d'amour, un peu, beaucoup,
		Jamais toujours, et tout d'un coup, &#224; la folie.
		Je me suis racont&#233;, racont&#233;, racont&#233;,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233; des histoires
		Et, petit &#224; petit,
		J'ai fini par t'aimer,
		Par beaucoup trop t'aimer
		Pour que tu m'aimes aussi.

		Histoire de pas savoir pour qui,
		Histoire de pas savoir pourquoi tu m'as quitt&#233;e,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233;, racont&#233;,
		Je me suis racont&#233;, racont&#233; des histoires:
		C'&#233;tait pas vrai, ton manque de c&#339;ur
		Et qu' tu voulais seulement me faire peur,
		Que tu reviendrais,
		Que c'&#233;tait jamais rien, jamais rien, jamais rien,
		Que c'&#233;tait jamais rien, jamais rien qu'une histoire,
		Mais il &#233;tait trop tard,
		Cette fois-l&#224;, pour le croire,
		Trop tard pour t'oublier,
		Trop tard pour plus t'aimer.

		Histoire de pas savoir pour qui
		Histoire de pas savoir pourquoi



Ding din dong

Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936

		Quand il naquit, son p&#232;re sa m&#232;re,
		Depuis longtemps, ne s'aimaient plus.
		&#199;a fait qu'il arriva sur terre
		Un peu comme un enfant perdu.
		Quand on est m&#244;me, &#231;a vous d&#233;go&#251;te
		De ne jamais rire de tout son c&#339;ur,
		Alors, tr&#232;s jeune, il prit la route
		Et s'enfuit chercher le bonheur.

{}

		Ding Din Dong, chantons sa plainte.
		Ding Din Dong, chantons-la donc.

		Il chercha dans la solitude.
		Il chercha aussi dans le bruit.
		De chercher, ayant l'habitude,
		Quand il le trouva, il s'enfuit.
		Puis il aima, elle &#233;tait blonde.
		Elle l'aimait bien, oui mais voil&#224;:
		Elle se donnait &#224; tout le monde.
		Il la battit puis s'en alla.

{Refrain}

		Il se dit: "Les blondes sont volages,
		Mais les cheveux noirs c'est plus s&#233;rieux."
		Il prit un brune, promit mariage,
		Pensant qu'cette fois il s'rait heureux.
		Au bout de cinq &#224; six semaines,
		Elle s'ennuyait &#224; la maison.
		"Vraiment", dit-il, "je n'ai pas d'veine.
		Elle a pourtant pas les ch'veux blonds."

{Refrain}

		Il ne savait pas que les femmes,
		&#199;a n'aime pas l'bonheur quotidien
		Et l'pauvre gar&#231;on s'torturait l'&#226;me:
		"Mais j'l'aime mon Dieu Ah que j'l'aime bien."
		Et, mordu par la jalousie,
		Y n'savait plus que s'lamenter.
		"On va m'la prendre, elle est jolie."
		Alors il voulut la tuer.

{Refrain}

		Mais elle &#233;tait vraiment fid&#232;le.
		Il l'aimait tant qu'il pr&#233;f&#233;ra
		Se faire sauter la cervelle.
		Il en mourut et puis voil&#224;.
		Si cette histoire vous fait rire,
		C'est que vous n'avez rien compris.
		Il cherchait le bonheur, le pire
		Est qu'il trouva la mort, tant pis

		Ding Din Dong, finit sa plainte
		Ding Din Dong, et Ding et Dong



Du matin jusqu'au soir

Paroles et Musique: Edith Piaf 1951

		Du matin jusqu'au soir
		Et du soir au matin,
		Moi, je l'aime.
		Ce qu'il dit, ce qu'il fait,
		Moi, je trouve &#231;a parfait
		Car je l'aime
		D&#232;s le lever du jour,
		Ce sont des mots d'amour.
		Dis m'amour,
		On s'aimera toujours
		Il sourit, puis il dit:
		"Tu bouleverses ma vie."
		C'est qu'il m'aime.
		C'est bon d'&#234;tre amoureux
		Surtout quand on est deux
		Et qu'on s'aime.
		Je t'aime, tu m'aimes,
		On s'aime
		Je l'aime, il m'aime
		Et l'on s'aime
		Du matin jusqu'au soir
		Et du soir au matin.

		Je ne suis pas du tout
		Aveugl&#233;e par l'amour.
		Je vois objectivement
		Le contre et puis le pour.
		Vous voyez qu'honn&#234;tement
		Je ne suis pas de parti pris
		Mais j'avoue franchement
		'y en a pas deux comme lui

		Du matin jusqu'au soir
		Et du soir au matin,
		Moi, je l'aime.
		Ce qu'il dit, ce qu'il fait,
		Moi, je trouve &#231;a parfait
		Car je l'aime.
		D&#232;s le lever du jour
		Ce sont des mots d'amour.
		Dis m'amour,
		On s'aimera toujours
		Il sourit puis il dit:
		"Tu bouleverses ma vie."
		C'est qu'il m'aime.
		C'est bon d'&#234;tre amoureux
		Surtout quand on est deux
		Et qu'on s'aime.
		Je t'aime, tu m'aimes,
		On s'aime.
		Je l'aime, il m'aime
		Et l'on s'aime
		Du matin jusqu'au soir
		Et du soir au matin



Eden blues

Paroles et Musique: Georges Moustaki 1960

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Yvette Giraud

		En descendant le fleuve argent
		Qui roule jusqu'au N&#233;vada
		On voit la plaine qui s'&#233;tend
		A l'est de Santa Lucia
		Les villes s'appellent Natividad,
		San Miguel ou San Lorenzo
		Les filles s'appellent Soledad
		Les gar&#231;ons gardent les troupeaux

		C'est l&#224; que Jim a rencontr&#233;
		Sur une route un soir de pluie
		Catherine la fille d'un fermier
		Et qu'ils s'aim&#232;rent toute la nuit
		Le soleil fait briller son or
		Dans quelques rares flaques d'eau
		Le cactus forme le d&#233;cor
		Le chardon couvre les coteaux

		C'est l&#224; qu'Adam le s&#233;nateur
		Est venu finir ses vieux jours
		Puis il est mort d'un coup au c&#339;ur
		On pr&#233;tend que c'est du mal d'amour
		Mais les fleurs couch&#233;es par le vent
		Semblent prier pour son repos
		La lune verse une larme d'argent
		Sur la croix blanche du tombeau

		En descendant le fleuve argent
		Qui roule jusqu'au N&#233;vada
		On voit la plaine qui s'&#233;tend
		A l'est de Santa Lucia
		Les villes s'appellent Natividad,
		San Miguel ou San Lorenzo
		Les filles s'appellent Soledad
		Les gar&#231;ons gardent les troupeaux



Elle a dit

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert B&#233;caud 1952

		Elle a dit: "Tu sais, nous deux, c'est fini!
		A quoi &#231;a sert de s'accrocher?
		Il faut savoir garder sa dignit&#233;,
		Et puis j'aime pas voir un homme pleurer
		Il vaut mieux qu'on se quitte bons amis,
		Comprends, aide-moi, et souris"
		Alors il a fait comme elle demandait:
		Devant elle, en partant, il chantait

		L&#224;-l&#224;-l&#224;

		Elle a dit: "Tu sais, nous deux, c'est fini!
		A quoi &#231;a sert de s'accrocher?
		Il faut savoir garder sa dignit&#233;,
		Et puis j'aime pas voir un homme pleurer"
		Quand il s'est couch&#233; seul dans son grand lit,
		Alors d'un coup, il a compris
		Que &#231;a serait plus dur qu'il ne pensait,
		Et tout seul dans son lit, il pleurait

		Ah-ah-ah

		Il a dit: "J'peux pas croire que c'est fini!
		Je sens que je vais m'accrocher
		C'est tr&#232;s beau de garder sa dignit&#233;
		Et &#231;a fait tellement de bien de pleurer.
		Quand je pense au jour qui va se lever,
		Aux choses qu'il me faudra cacher,
		Je sens que j'pourrai jamais m'habituer"
		Pour finir dignement, il s'est

		Aaaah-aaaah-aaaah
		Tout seul il pleure dans l'&#233;ternit&#233;



Elle fr&#233;quentait la rue Pigalle

Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Maitrier 1939

		Ell' fr&#233;quentait la rue Pigalle.
		Ell' sentait l'vice &#224; bon march&#233;.
		Elle &#233;tait tout' noire de p&#233;ch&#233;s
		Avec un pauvr' visage tout p&#226;le.
		Pourtant, y avait dans l'fond d'ses yeux
		Comm' quequ' chos' de miraculeux
		Qui semblait mettre un peu d'ciel bleu
		Dans celui tout sale de Pigalle.

		Il lui avait dit: "Vous &#234;t's belle."
		Et d'habitud', dans c'quartier-l&#224;,
		On dit jamais les chos's comm' &#231;a
		Aux fill's qui font l'm&#234;m' m&#233;tier qu'elle
		Et comme ell' voulait s'confesser,
		Il la couvrait tout' de baisers,
		En lui disant: "Laiss' ton pass&#233;,
		Moi, j'vois qu'un' chos', c'est qu' tu es belle."

		Y a des imag's qui vous tracassent
		Et, quand ell' sortait avec lui,
		Depuis Barb&#232;s jusqu'&#224; Clichy
		Son pass&#233; lui f'sait la grimace
		Et sur les trottoirs plein d'souv'nirs,
		Ell' voyait son amour s'fl&#233;trir,
		Alors, ell' lui d'manda d'partir,
		Et il l'emm'na vers Montparnasse.

		Ell' croyait r'commencer sa vie,
		Mais c'est lui qui s'mit &#224; changer.
		Il la r'gardait tout &#233;tonn&#233;,
		Disant: "J'te croyais plus jolie,
		Ici, le jour t'&#233;clair' de trop,
		On voit tes vic's &#224; fleur de peau.
		Vaudrait p't'&#234;tr' mieux qu' tu r'tourn's l&#224;-haut
		Et qu'on reprenn' chacun sa vie."

		Elle est r'tourn&#233;' dans son Pigalle.
		Y a plus personn' pour la r'p&#234;cher.
		Elle a r'trouv&#233;e tous ses p&#233;ch&#233;s,
		Ses coins d'ombre et ses trottoirs sales
		Mais quand ell' voit des amoureux
		Qui r'mont'nt la rue d'un air joyeux,
		Y a des larm's dans ses grands yeux bleus
		Qui coul'nt le long d'ses jou's tout's p&#226;les.



Embrasse-moi

Paroles: Jacques Pr&#233;vert. Musique: Wal-Berg 1940

		C'&#233;tait dans un quartier de la ville Lumi&#232;re
		O&#249; il fait toujours noir o&#249; il n'y a jamais d'air
		Et l'hiver comme l'&#233;t&#233; l&#224; c'est toujours l'hiver
		Elle &#233;tait dans l'escalier
		Lui &#224; c&#244;t&#233; d'elle elle &#224; c&#244;t&#233; de lui
		C'&#233;tait la nuit
		Et elle lui disait
		Ici il fait noir
		Il n'y a pas d'air
		L'hiver comme l'&#233;t&#233; c'est toujours l'hiver
		Le soleil du bon Dieu ne brill' pas de notr' c&#244;t&#233;
		Il a bien trop &#224; faire dans les riches quartiers
		Serre moi dans tes bras
		Embrasse-moi
		Embrasse-moi longtemps
		Embrasse-moi
		Plus tard il sera trop tard
		Notre vie c'est maintenant
		Ici on cr&#232;v' de tout
		De chaud de froid
		On g&#232;le on &#233;touffe
		On n'a pas d'air
		Si tu cessais de m'embrasser
		Il m'semble que j'mourrais &#233;touff&#233;e
		T'as quinze ans j'ai quinze ans
		A nous deux &#231;a fait trente
		A trente ans on n'est plus des enfants
		On a bien le droit de travailler
		On a bien celui de s'embrasser
		Plus tard il sera trop tard
		Notre vie c'est maintenant
		Embrasse-moi



Emporte-moi

Paroles: Jacques Plante. Musique: Francis Lai 1962

		A Paris, la nuit, Pigalle s'illumine.
		Les clients des bars ont des mauvaises mines.
		Sous les lampes crues,
		Les sourires se fardent.
		Dans un coin, &#233;perdus,
		Deux amants se regardent.

		Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici.
		Emporte-moi l&#224;-bas, dans ton pays.
		Arrache-moi de ce monde o&#249; je vis.
		Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici

		A Paris, la nuit, les c&#339;urs vieillissent vite.
		Sur le seuil des bars, des l&#232;vres vous invitent.
		Sous les lampes crues,
		Des souvenirs grimacent.
		Dans un coin, &#233;perdus
		Nos deux amants s'enlacent.

		Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici.
		Emporte-moi l&#224;-bas, dans ton pays.
		Arrache-moi de ce monde o&#249; je vis.
		Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici

		Au petit matin, le ciel devient tout rose.
		Le quartier s'&#233;teint, c'est l'heure o&#249; l'on arrose.
		Au dernier bistrot,
		Le patron fait la gueule.
		Une femme au bar chantonne toute seule.

		La-la-la
		Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici



Enfin le printemps

Paroles: Ren&#233; Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1954

		Vise, mon Jules,
		Cette crapule
		Qui nous tombe sur les bras.
		Depuis le temps
		Qu'on l'attend,
		Comme une bombe, le voil&#224;.
		Le voil&#224;, le printemps,
		Tout fleuri de lilas
		Qui rapplique en dansant,
		En dansant la java.
		Le voil&#224;, ce voyou,
		Au son d'l'accord&#233;on
		Qui court le guilledou
		En poussant la chanson.
		Entends comme &#231;a chahute
		Dans tous les palpitants.
		L'hiver se tire des fl&#251;tes.
		Enfin le printemps

		Ne fais pas la t&#234;te.
		Tu serais bien b&#234;te
		De te faire du mouron
		Quand sur toute la terre
		Flotte un petit air
		De r&#233;volution.
		J'ai sorti pour toi
		Ma robe de soie,
		Mes colifichets
		Pour dormir sur l'herbe
		En &#233;coutant tinter les muguets

		Vise, mon Jules,
		Cette crapule
		Qui nous tombe sur les bras.
		Depuis le temps
		Qu'on l'attend
		Comme une bombe, le voil&#224;.
		Le revoil&#224;, le printemps
		Tout fleuri de lilas
		Qui rapplique en dansant,
		En dansant la java.
		Y a la foule dans les rues
		Qui suit les orph&#233;ons,
		Des &#233;paules toutes nues
		Et du monde au balcon.
		C'est la f&#234;te aux po&#232;tes
		Et je t'aime &#233;perdument
		Et &#231;a tourne dans ma t&#234;te.
		Enfin le printemps

		J'ai le vertige dans tes yeux.
		Je voltige dans du bleu.
		Je vois double et c'est mieux.
		Vise mon c&#339;ur tout l&#224;-haut
		Qui fait du cerf-volant.
		Rattrape-le si tu peux,
		Mon amour, mon amour
		Qui fout le camp
		Enfin le printemps!



Entre Saint-Ouen et Clignancourt

Paroles: M.Aubret. Musique: A.Sablon 1933

		J'ai vendu des fleurs aux terrasses
		Quand j'avais dix-sept ans
		Mais la roue tourne, le temps passe:
		J'ai du fric, &#224; pr&#233;sent.
		Eh bien! Malgr&#233; mon compte en banque,
		Ma bagnole, mes bijoux,
		Certains jours quelque chose me manque.
		J'ai l'cafard tout &#224; coup.

		Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
		De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
		Sur la zone.
		Je r'trouve alors tout mon pass&#233;,
		Le ciel si doux, les durs pav&#233;s,
		L'herbe jaune
		Et, pataugeant dans les ruisseaux,
		Des bandes de gosses moiti&#233; poulbots,
		Moiti&#233; faunes,
		L'odeur de frites et de lilas.
		En frissonnant je r'trouve tout &#231;a
		Sur la zone.

		A mon avis, les gens du monde
		Ne sav'nt pas fair' l'amour.
		Au moment critique ils abondent
		En bobards, en discours,
		Alors cell's qui, comm' moi, connaissent
		C'que c'est qu'un m&#226;le, un vrai,
		Cell's 'l&#224; s'dis'nt: un mec, en vitesse
		Et je me rattrap'rai.

		Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
		De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
		Sur la zone.
		On s'envoie chez le gros L&#233;on,
		Tandis que chant' l'accord&#233;on,
		Un vieux Beaune.
		C'est le printemps et c'est le soir.
		Calmes et forts, devant l'comptoir,
		Des gars tr&#244;nent
		Et dans l'tas on n'a qu'&#224; choisir
		Pour apaiser tous les d&#233;sirs
		Sur la zone.

		Quelquefois m&#234;m' le c&#339;ur s'en m&#234;le
		Et pour entendre mieux,
		La voix qui dit: "M&#244;m' c'que t'es belle"
		On ferme les deux yeux
		Mais on n'vit d'amour et d'eau claire
		Que dans certains romans,
		Alors, bien vite, on s'fait la paire
		Sans r&#234;ver plus longtemps.

		Entre Saint-Ouen et Clignancourt
		Je suis rev'nue hier faire un tour
		Sur la zone.
		Quel chang'ment alors j'ai trouv&#233;:
		On d&#233;molit de tous c&#244;t&#233;s.
		Quel cyclone
		Plus d'bosquets, plus d'baraqu's en bois,
		Plus d'ces chansons qu'&#233;taient pour moi
		Une aum&#244;ne
		Et devant mes souv'nirs d&#233;truits,
		Tout' seul' j'ai pleur&#233; dans la nuit
		Sur la zone.



Escale

Paroles: Jean Mar&#232;ze. Musique: Marguerite Monnot 1938

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf (1945), Colette Renard, Perrette Souplex

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Laisse un peu la fen&#234;tre ouverte.

		Le flot qui roule &#224; l'horizon
		Me fait penser &#224; un gar&#231;on
		Qui ne croyait ni Dieu ni diable.
		Je l'ai rencontr&#233; vers le nord
		Un soir d'escale sur un port
		Dans un bastringue abominable

		L'air sentait la sueur et l'alcool
		Il ne portait pas de faux-col
		Mais un douteux foulard de soie
		En entrant je n'ai vu que lui
		Et mon coeur en fut &#233;bloui
		De joie.

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Laisse un peu la fen&#234;tre ouverte.

		Il me prit la main sans un mot
		Et m'entra&#238;na hors du bistrot
		Tout simplement d'un geste tendre
		Ce n'&#233;tait pas un compliqu&#233;
		Il demeurait le long du quai
		Je n'ai pas cherch&#233; &#224; comprendre

		Sa chambre donnait sur le port
		Des marins sao&#251;ls chantaient dehors
		Un bec de gaz d'un halo bl&#234;me
		Eclairait le triste r&#233;duit
		Il m'&#233;crasait tout contre lui
		Je t'aime

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Laisse un peu la fen&#234;tre ouverte.

		Son baiser me br&#251;le toujours
		Est-ce l&#224; ce qu'on dit l'amour
		Son bateau mouillait dans la rade
		Chassant les r&#234;ves de la nuit
		Au jour naissant il s'est enfui
		pour rejoindre les camarades

		Je l'ai vu monter sur le pont
		Et si je ne sais pas son nom
		Je connais celui du navire
		Un navire qui s'est perdu
		Quant aux marins nul n'en peut plus
		Rien dire

		Le ciel est bas, la mer est grise
		Ferme la fen&#234;tre &#224; la brise.



Et &#231;a gueule &#231;a madame

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert B&#233;caud 1952

note: du film "Boum sur Paris"


{en duo avec Jacques Pills (son mari)}

		C'est haut comme &#231;a
		Non J'exag&#232;re
		Mettons, comme &#231;a
		Enfin &#224; peu pr&#232;s &#231;a!
		&#199;a paie pas d'mine,
		Mais nom d'un chien!
		&#199;a tient d'la place
		Ce bout de rien

{}

		Et &#231;a gueule, &#231;a, madame
		On n'entend qu'elle, dans la maison
		Y a pas, faut qu'elle se cherche des raisons
		De &#231;a, elle en fait tout un drame!
		Et &#231;a gueule, &#231;a, madame
		Elle me dit de toute sa hauteur:
		"Faudrait pas croire que tu m'fais peur!"
		Elle est crisp&#233;e, elle tape du pied!
		Elle sort ses griffes, elle ouvre ses yeux
		&#199;a bouge, &#231;a crie, c'est tout furieux
		J'ai envie de la prendre dans mes bras
		Et de la serrer tout contre moi
		Mais &#231;a gueule, &#231;a, madame!
		Moi, &#231;a me fait rire, mais en dedans,
		D'abord, je suis un gentleman,
		Et c'est plus prudent!

		2  Pour la calmer, je cherche un truc
		Je me dis, voyons
		Je vais lui donner raison!
		Et je lui dis: "Eh ben! C'est moi qui ai tort!"
		"Ah! tu l'avoues! " qu'elle dit.
		Alors tut-tut-tut

{}

		Et &#231;a re-gueule, &#231;a, madame
		M&#234;me quand tout valse dans la maison
		Y a pas, faut qu'elle cherche des raisons
		De &#231;a, elle en fait tout un drame
		Et &#231;a gueule, &#231;a, madame!
		Elle m'arrive l&#224;, juste &#224; mon c&#339;ur,
		Alors, des fois, pour lui faire peur,
		Je serre les poings, je l&#232;ve la main
		Elle a regard tellement surpris
		Qu'on dirait que ses yeux sont punis!
		Alors, bien s&#251;r, j'ouvre les bras
		Et elle se jette tout contre moi.
		Et &#231;a pleure, &#231;a, madame
		On cherche partout un grand mouchoir
		Pour y cacher son d&#233;sespoir
		Qui fait peine &#224; voir
		Je la console et je la mouche
		Un peu apr&#232;s j'embrasse sa bouche
		Je la reprends tout contre moi
		Et je l'enferme dans mes bras
		Elle se fait petite, petite
		Mais alors, toute petite
		Pour un peu, &#231;a dirait "pardon"
		Oh! Mais c'est pas fier, &#231;a, madame!
		C'est tout de m&#234;me une satisfaction
		Lui faire admettre qu'elle a tort
		Et que je suis l'plus fort
		"JACQUES!!! Tu viens, oui?!"



Et moi

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

		Je ne savais pas prier.
		Je n'avais pas la mani&#232;re.
		Si quelquefois, je l'ai fait,
		C'&#233;tait lorsque j'avais faim.
		Maintenant, chaque matin,
		Je fais la m&#234;me pri&#232;re.
		Donnez-moi aujourd'hui
		Son amour quotidien.
		Les arbres ne peuvent pas vivre sans la pluie.
		Les fleurs ne peuvent &#233;clore dans la nuit.
		Sans eau, les poissons d'or ne respireraient plus
		Et moi sans toi je suis perdue
		Sans brise, le voilier ne pourrait jamais avancer.
		Sans la musique, personne ne pourrait plus danser.
		Sans le soleil, les oiseaux ne chanteraient plus
		Et moi sans toi je suis perdue

		Je n'ai ni foi ni loi.
		Quand tu es loin de moi,
		Tout est sombre et sans joie,
		Sans toi
		Sans toi, tout semble amer.
		La terre est un enfer.
		Tu m'es plus n&#233;cessaire que l'air.
		Les bl&#233;s, pour se dorer, ont besoin de lumi&#232;re.
		Dieu, pour &#234;tre ador&#233;, a besoin de myst&#232;res.
		Le c&#339;ur des hommes, sans amour, ne battrait plus
		Et moi sans toi je suis perdue
		Le c&#339;ur des hommes, sans amour, ne battrait plus
		Et moi sans toi, je suis perdue



Et pourtant

Paroles: Pierre Brasseur. Musique: Michel Emer 1956

		Je t'aime
		Tu m'aimes
		Bonheur
		Nos c&#339;urs
		Et pourtant
		Il y aura toujours un pauvre chien perdu,
		Quelque part, qui m'emp&#234;chera d'&#234;tre heureuse.
		Il y aura toujours, dans un journal du soir,
		Une gosse de vingt ans qui meurt de d&#233;sespoir.

		Voyages
		Mirages
		Heureux
		Nous deux
		Et pourtant
		Il y aura toujours, seul devant l'oc&#233;an,
		Une femme en noir qui pleure et qui attend.
		Il y aura toujours un petit gar&#231;on pas riche
		Qui r&#234;vera des &#238;les devant une belle affiche.

		Caresse
		Ivresse
		Tes bras
		Prends-moi
		Et pourtant
		Il y aura toujours une lettre anonyme
		Qui viendra salir le bonheur des amants.
		Il y aura toujours dans la chambre &#224; c&#244;t&#233;
		Un silence de mort apr&#232;s les cris d'amour.

		Je t'aime
		Tu m'aimes
		Bonheur
		Nos c&#339;urs
		Et pourtant
		Il y aura toujours un pauvre chien perdu,
		Quelque part, qui m'emp&#234;chera d'&#234;tre heureuse



Exodus

Paroles: P.Boone, Fr: Eddy Marnay. Musique: Ernest Gold 1961

autres interpr&#232;tes: Les Classels

note: du film d'Otto Preminger "Exodus"

		Ils sont partis dans un soleil d'hiver
		Ils sont partis courir la mer
		Pour effacer la peur, pour &#233;craser la peur
		Que la vie a clou&#233;e au fond du c&#339;ur
		Ils sont partis en croyant aux moissons
		Du vieux pays de leurs chansons
		Le c&#339;ur chantant d'espoir
		Le c&#339;ur hurlant d'espoir
		Ils ont repris le chemin de leur m&#233;moire

		Ils ont pleur&#233; les larmes de la mer
		Ils ont vers&#233; tant de pri&#232;res:
		"D&#233;livrez-nous, nos fr&#232;res!
		D&#233;livrez-nous, nos fr&#232;res!"
		Que leurs fr&#232;res les ont tir&#233;s vers la lumi&#232;re
		Ils sont l&#224;-bas dans un pays nouveau
		Qui flotte au m&#226;t de leur bateau
		Le c&#339;ur bris&#233; d'amour
		Le c&#339;ur perdu d'amour
		Ils ont retrouv&#233; la terre de l'amour.
		Ah! Ah! Ah!
		Ah! Ah! Ah! Ah!
		Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!
		Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!



Fais comme si

Paroles: Michel Rivgauche, musique: Marguerite Monnot, enr. 23 mai 1958

		Fais comme si, mon amour,
		Fais comme si on s'aimait,
		Rien qu'un jour, rien qu'un jour,
		L'amour c'&#233;tait vrai
		Fais comme si, mon amour,
		Fais comme si on pouvait,
		Mon amour, mon amour,
		S'aimer &#224; tout jamais
		Fais comme si

		En fermant mes bras, mes bras sur moi,
		Je m'&#233;vade un peu
		Et, croyant que je suis dans tes bras,
		Je r&#234;ve &#224; tes yeux

		Fais comme si, mon amour,
		Fais comme si on s'aimait,
		Et qu'un jour, rien qu'un jour,
		L'amour c'&#233;tait vrai
		Fais comme si, mon amour,
		Fais comme si on pouvait,
		Mon amour, mon amour,
		S'aimer &#224; tout jamais
		Fais comme si



Fais-moi valser

Paroles: Telly. Musique: Ch.Borel-Clerc 1935

		Le jazz reprend pour nous sa valse d'amour.
		Pourtant, du beau roman, c'est le dernier jour.
		J'ai mal, mais devant toi, je n'ose pas pleurer,
		Puisque tout est fini, avant de nous quitter:

{}

		Fais-moi valser une derni&#232;re fois.
		Serre-moi tout pr&#232;s de toi.
		Dis-moi tout bas de jolis mots d'amour,
		Les m&#234;mes qu'au premier jour.
		Berce-moi doucement comme un oiseau bless&#233;.
		Dans tes bras, un instant, je veux encor r&#234;ver.
		Comme un reflet de mon bonheur pass&#233;,
		Mon amour, fais-moi valser.

		Sur terre; tu sais bien, je n'avais que toi!
		Tu veux d&#233;j&#224; partir Je ne comprends pourquoi
		Ch&#233;ri, elle attendra Je l'ai fait si souvent
		Va-t'en vers ton bonheur, si tu veux mais avant:

{Refrain}

		Malgr&#233; que mon tourment pour toi, compte peu
		Je n'ai qu'un seul d&#233;sir que tu sois heureux!
		Je vivrai d&#233;sormais avec ton souvenir
		Adieu mon bel ami mais avant de partir:

{Refrain}



Fallait-il

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1962

		Pour partir de chez moi,
		Pour partir de chez toi,
		Pour laisser tout tomber
		Sans regarder derri&#232;re soi,
		Fallait-il, fallait-il,
		Fallait-il que l'on s'aime
		Fallait-il en avoir,
		De l'amour, toi et moi

		Pour chaque fois se quitter
		Sur un mot maladroit,
		Pour chaque fois le regretter
		Et chaque fois recommencer,
		Fallait-il, fallait-il,
		Fallait-il que l'on s'aime
		Fallait-il en avoir,
		De l'amour, toi et moi

		Pour s'aimer aussi mal,
		Aussi mal qu'on s'aimait,
		Pour se faire autant de mal,
		Autant de mal qu'on s'est fait,
		Fallait-il, fallait-il,
		Fallait-il que l'on s'aime
		Fallait-il en avoir,
		De l'amour, toi et moi
		Pour n'avoir jamais pu
		Etre heureuse
		Etre heureuse apr&#232;s toi



Faut pas qu'il se figure

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Georges Moustaki 1961

		Faut pas qu'il se figure
		Que je vais me jeter dans ses bras
		Sit&#244;t qu'il va venir vers moi
		Et lui crier: "Je suis &#224; toi.".
		Faut pas qu'il se figure
		Que je vais rester m&#233;dus&#233;e
		Sit&#244;t qu'il va me regarder
		Pour essayer de m'impressionner.
		Faut pas qu'il se figure
		Que moi je n'attendais que lui
		Pour lui avouer tout &#233;panouie:
		"Tu est mon ciel, tu es ma vie"
		Faut pas qu'il se figure
		Qu'il fera toujours ce qu'il voudra,
		Qu'il a gagn&#233; quand il est l&#224;
		Et qu' j' suis perdue s'il n'est pas l&#224;
		Mais qu'est-ce qu'il fait, il est en retard!
		V'l&#224; l'ascenceur premier deuxi&#232;me troisi&#232;me quatri&#232;me
		Et s'il v'nait pas?
		Non! &#199;a j' crois pas!
		Mais qu'est-ce qu'il fait? Trois heures et quart!
		Ah! L'ascenceur premier deuxi&#232;me troisi&#232;me
		&#199;a y estOn va sonner
		On a sonn&#233; Il a sonn&#233; Tu as sonn&#233;
		Enfin! Je savais bien

		Faut pas qu'il s'aper&#231;oive
		Que soudain, depuis qu'il est l&#224;,
		Je sens que je lutte contre moi
		Pour pas me jeter entre ses bras.
		Faut pas qu'il s'aper&#231;oive
		Que j' fais semblant de plaisanter
		Et que je n'ose pas le regarder
		Parce que mon c&#339;ur va &#233;clater.
		Faut pas qu'il s'aper&#231;oive
		Que j' suis heureuse &#224; en mourir
		Et que je sais plus d'vant son sourire
		Si j' dois pleurer ou si j' dois rire.
		Faut pas qu'il s'aper&#231;oive
		Que je ferai toujours ce qu'il voudra,
		Que j' suis perdue s'il n'est pas l&#224;
		Faut pas Faut pas Faut pas
		Oh! Mon amour!
		Si tu savais



Heureuse

Paroles: Ren&#233; Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1953

		Heureuse comme tout,
		Heureuse malgr&#233; tout,
		Heureuse, heureuse, heureuse
		Il le faut!
		Je le veux!
		Mon amour, pour nous deux

		Heureuse d'avoir
		Enfin une part
		De ciel, d'amour, de joie.
		Dans tes yeux,
		Dans tes bras,
		Heureuse comme tout,
		Heureuse n'importe o&#249;
		Par toi!

		Le meilleur et le pire, nous le partageons.
		C'est ce qu'on appelle s'aimer pour de bon,
		Mais pour moi, d&#233;sormais le pire
		Serait de perdre le meilleur,
		D'&#234;tre l&#224; pr&#232;s de toi
		Et d'en pleurer de joie.

		Heureuse comme tout,
		Heureuse malgr&#233; tout,
		Heureuse, heureuse, heureuse
		Il le faut!
		Je le veux!
		Mon amour, pour nous deux

		Heureuse demain
		De tout et de rien,
		Pourvu que tu sois l&#224;.
		Tu verras, tu verras
		Heureuse comme tout,
		Heureuse jusqu'au bout
		Pour toi



Il a chant&#233;

Paroles: C.Didier. Musique: Marguerite Monnot 1948

		Il est venu pour la moisson.
		C'&#233;tait un fort et beau gar&#231;on
		Aux yeux c&#226;lins, aux l&#232;vres dures.
		Tout en moissonnant, il chantait
		Et, dans sa voix, l'on entendait
		Toutes les voix de la nature.
		Il a chant&#233; le clair printemps,
		Les oiseaux, les pr&#233;s &#233;clatants,
		Les taillis verts, les fleurs nouvelles.
		Le soir, pour les gens rassembl&#233;s,
		Il a dit la chanson des bl&#233;s
		Dans la fausse courbe des Javelles.

		Il a chant&#233;.
		Les moissonneurs l'ont &#233;cout&#233;
		Et la ma&#238;tresse aussi l'&#233;coute.
		Il a chant&#233;
		Puis il a dit: "A ma sant&#233;!
		Et demain, je reprends la route"
		Quand tout dormait, vers la minuit,
		Comme il allait partir sans bruit,
		La femme du ma&#238;tre est venue,
		Toute p&#226;le et le c&#339;ur battant
		Et belle de d&#233;sir pourtant
		Et sous sa mante presque nue.
		Elle a dit: "C'est toi que j'attends,
		Depuis des jours, depuis des ans.
		Qu'importe une existence br&#232;ve.
		Reste aupr&#232;s de moi jusqu'au jour
		Chante-moi la chanson d'amour
		Et que je vive enfin mon r&#234;ve!"

		Il a chant&#233;.
		Les yeux clos, elle a &#233;cout&#233;
		Sa douce voix qui la prend toute.
		Il a chant&#233;
		L'amour, la mort, la volupt&#233;
		Et, tous deux, ils ont pris la route.

		Ils sont partis le lendemain.
		Elle a connu l'&#226;pre chemin,
		La faim, le travail, la tristesse
		Car son amant, vite lass&#233;,
		Sans un regret pour le pass&#233;,
		A caress&#233; d'autres ma&#238;tresses.
		N'en pouvant plus d'avoir souffert,
		Apr&#232;s des nuits, des jours d'enfer
		Elle a dit, la pauvre amoureuse:
		"Bien-aim&#233;, n'aie point de remords.
		Chante-moi la chanson des morts
		Et laisse-moi, je suis heureuse "

		Il a chant&#233;.
		Les yeux clos, elle a &#233;cout&#233;
		Le grand frisson qui la br&#251;lait toute.
		Il a chant&#233;.
		Dans un soupir, elle a pass&#233;
		Et puis il a repris la route



Il fait bon t'aimer

Paroles: Jacques Plante. Musique: Norbert Glanzberg 1950

		Un jour que j'avais du chagrin,
		Tu l'as fait voler en &#233;clats.
		Prenant mes larmes dans tes mains,
		T'as dit: "T'es trop belle pour ces bijoux-l&#224;!"
		Pour toi, j'ai appris &#224; sourire
		Et, d&#232;s ce jour l&#224;, j'ai compris
		Qu'on puisse avoir peur de mourir
		Quand on connait d&#233;j&#224; le paradis

		Il fait si bon t'aimer.
		T'as l'air d'&#234;tre fait pour &#231;a,
		Pour &#234;tre blotti, les yeux ferm&#233;s,
		La t&#234;te au creux de mes bras.
		Ta l&#232;vre appelle si fort mes baisers.
		Je n'ai pas besoin d' me forcer.
		J' n'ai qu'&#224; m' laisser bercer
		Et tout devient l&#233;ger.
		Il fait si bon t'aimer.

		Aupr&#232;s de toi je n'ai plus peur.
		Je me sens trop bien, &#224; l'abri.
		T'as ferm&#233; la porte au malheur.
		Il n'entrera plus, t'es plus fort que lui
		Et quand, par les rues, je m'en vais,
		Je porte ma voix dans les yeux,
		Comme si tes baisers me suivaient
		Et que les gens se retournaient sur eux.

		Il fait si bon t'aimer.
		T'as l'air d'&#234;tre fait pour &#231;a,
		Pour &#234;tre blotti, les yeux ferm&#233;s,
		La t&#234;te au creux de mes bras.
		Ta l&#232;vre appelle si fort mes baisers.
		Je n'ai pas besoin d' me forcer.
		J' n'ai qu'&#224; m' laisser bercer
		Et tout devient l&#233;ger.
		Il fait si bon t'aimer.



Il fait des

Paroles: Edith Piaf. Musique: Edward Chekler 1946

autres interpr&#232;tes: Yves Montand (1953)

		Habits sans style
		Visage hostile
		Toujours ailleurs
		Les yeux r&#234;veurs,
		La voix aust&#232;re
		Ne parlant gu&#232;re,
		Les gens disaient
		Il n'est pas gai

		Oui, mais mais maismais
		D&#232;s qu'il entend la musique
		On dirait un hyst&#233;rique
		Il fait des la la la la
		La la la la, la la la la
		La la la la, la la la la
		Et puis des oh!
		La la la la la la la la
		La la la la souvent des oh!
		Willy, Willy, Willy, Willy,
		Willy, Willy, Willy, Willy,
		Willy, Willy, Willy, Willy,
		Wi
		Rarement des
		Plaisir d'amour ne dure qu'un moment
		Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des
		H&#233; dy, h&#233; dy, h&#233; dy, h&#233; d&#233; dy, oh

		Intellectuel,
		Industriel,
		Il est tout &#231;a
		Mais ne l' dit pas,
		Les mots d'amour
		Et les toujours
		&#199;a, &#231;a l'endort
		Autre chose encore!

		D&#232;s qu'on lui joue du classique
		Il devient m&#233;lancolique
		Il fait des oh!
		Et puis des beh!
		Souvent des oui oui oui
		Rarement des ah! ah! ah!
		Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des
		H&#233; dy, h&#233; dy, h&#233; dy, h&#233; d&#233; dy, oh



Il n'est pas distingu&#233;

Paroles: M.H&#233;ly. Musique: Paul Maye 1936

		Zidor qu'on s'arrache &#224; la ronde,
		C'est un titi sans instruction
		Mais qui fait fureur dans le grand monde.
		C'est un as de l'accord&#233;on.
		Entre deux javas populaires,
		Les marquises, les baronnes, s'inqui&#232;tent tour &#224; tour
		De ses id&#233;es particuli&#232;res,
		Ses pens&#233;es sur la femme et ses vues sur l'amour.
		Zidor n'emploie pas les mots sophistiqu&#233;s
		Mais leur dit: "J'vais vous expliquer:
		L'amour c'est rudement compliqu&#233;.
		Y a rien comme les gonzesses
		Pour vous l'faire rechiquer.
		Un coup d'chance, on a fabriqu&#233;
		Un rancart et l'on a l'palpitant culbut&#233;.
		Moi, j'ai les pieds plats pour douiller
		Et quand une poule se gourre
		Que j'vas les envoyer
		J'y refile en poire "Va te laver".
		J'renkiff mon benard et j'resbigne en louss'd&#233;."
		Il n'est pas distingu&#233;
		Quelqu'un lui d'mande: "Pardon si j'ose
		Solliciter un autre avis.
		Vous amus&#226;tes-vous la m&#234;me chose
		Avec Topaze qu'avec Fanny?
		Vous r&#233;jouissez-vous davantage
		Avec Paganini qu'avec Nina Rosa?"
		"Ah bah!" fait Zidor "C'est dommage
		Mais j'vous jure que j'connais pas toutes ces gonzesses-l&#224;."
		Quand il s'aper&#231;ut qu'il avait d&#233;tonn&#233;,
		Il reprit sans plus s'extasier:
		"L'th&#233;atre c'est bon pour les nich&#233;s.
		L'musical c'est pas mal, mais j'pr&#233;f&#232;re le cin&#233;.
		J'aime mieux voir la bouille &#224; Bouboule
		Qu'une vieille poule qui s'&#233;croule
		Et qu'y faut faire &#233;tayer.
		J'regrette pas mes trois larantqu&#232;s,
		Quand j'vois Liliane Harvey et Garat s'embrasser
		Et l'soir j'm'endors dans mon pucier
		En r&#234;vant que Marl&#232;ne m'a pris comme r&#233;gulier."
		Il n'est pas distingu&#233;!

		Sur le g&#226;chis diplomatique,
		On daigne l'interviewer aussi
		Mais Zidor devient path&#233;tique
		Quand Hitler est sur le tapis.
		Quelqu'un fait: "C'est l'type sp&#233;cifique
		D'l'historien d&#233;sax&#233; au faci&#232;s hilarant,
		M&#233;galomane pathologique, indiscutablement,
		Un r&#233;tro d&#233;ficient "
		Au premier abord &#231;a para&#238;t compliqu&#233;
		Mais Zidor vient tout expliquer:
		"D'abord y a qu'&#224; pas s'd&#233;gonfler.
		Moi, Hitler, j'l'ai dans l'blerre
		Et j'peux pas le renifler.
		Les nazis ont l'air d'oublier
		Qu'c'est nous, dans la bagarre,
		Qu'on les a d&#233;rouill&#233;s
		Moi si j'le poissais &#224; jacter,
		J'y ferais: Marr' de bobards.
		Y faut les envoyer.
		Si t'es nazi, va t'faire piquo&#251;zer
		Et pis j'y balancerais ma godasse dans l'fouign'd&#233;."
		Il n'est pas distingu&#233;.



Il pleut

		Il pleut.
		Les p&#233;pins, tristes compagnons,
		Comme d'immenses champignons,
		Sortent un par un des maisons.
		Il pleut
		Et toute la ville est mouill&#233;e.
		Les maisons se sont enrhum&#233;es.
		Les goutti&#232;res ont la goutte au nez.
		Il pleut.
		Comme dirig&#233;s par un appel,
		Les oiseaux d&#233;sertent le ciel.
		Nuages et loups,
		Les fen&#234;tres, une larme &#224; l'&#339;il
		Semblent toutes porter le deuil
		Des beaux jours.
		Il pleut
		Et l'on entend des clapotis.
		La ville n'a plus d'harmonie.
		Solitaires, les rues s'ennuient.
		Il pleut

		J'&#233;coute,
		Quand s'&#233;goutte
		La pluie qui me d&#233;go&#251;te
		Sur les chemins des routes
		Et, partout alentour,
		Les gouttes
		Qui s'en foutent
		Ne savent pas sans doute
		Que mon c&#339;ur en d&#233;route
		A perdu son amour

		Il pleut.
		Les p&#233;pins, tristes compagnons,
		Comme d'immenses champignons,
		Sortent un par un des maisons.
		Il pleut
		Et toute la ville est mouill&#233;e.
		Les maisons se sont enrhum&#233;es.
		Les goutti&#232;res ont la goutte au nez.
		Il pleut.
		La nature est charg&#233;e d'ennui.
		L&#224;-haut, tout est v&#234;tu de gris.
		Le ciel est boudeur.
		Le nez aplati au carreau,
		J'attends, laissant couler le flot de mes pleurs.
		Il pleur.

		Dans mon c&#339;ur aux r&#234;ves perdus,
		Sur mon amour comme dans la rue
		Et sur mes peines sans issue,
		Il pleut



Il y avait

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Pierre Roche 1950

		Il y avait un gar&#231;on qui vivait simplement,
		Travaillant dans le faubourg.
		Il y avait une fille qui r&#234;vait simplement
		En attendant l'amour.
		Il y avait le printemps,
		Le printemps des romans
		Qui passait en chantant
		Et cherchait deux c&#339;urs troublants
		Pour pr&#234;ter ses serments
		Et en faire des amants.

		Il y a eu un moment merveilleux,
		Lorsque leurs regards se sont unis.
		Il y a eu ces instants d&#233;licieux
		O&#249;, sans rien dire, ils se son compris.
		Il y a eu le destin
		Qui a pouss&#233; le gamin
		A lui prendre la main.
		Il y a eu la chaleur,
		La chaleur du bonheur
		Qui leur montait au c&#339;ur.

		Il y avait cette chambre meubl&#233;e
		Aux fen&#234;tres donnants sur la cour.
		Il y avait ce couple qui s'aimait
		Et leurs phrases parlaient de toujours.
		Il y avait le gamin
		Qui promenait sa main
		Dans les cheveux de lin
		De la fille aux yeux r&#234;veurs
		Tandis que dans leur c&#339;ur
		S'installait le bonheur.

		Il y a eu ces deux corps &#233;perdus
		De bonheur, de joies sans pareils.
		Il y a eu tous les r&#234;ves perdus
		Qui rempla&#231;aient leurs nuits sans sommeil.
		Il y a eu le moment
		O&#249;, soudain, le printemps
		A repris ses serments.
		Il y a eu le bonheur
		Qui s'est enfui en pleurs
		D'avoir bris&#233; deux c&#339;urs.

		Il y avait un gar&#231;on qui vivait simplement,
		Travaillant dans le faubourg.
		Il y avait une fille qui pleurait en songeant
		A son premier amour.
		Il y avait le destin
		Qui marchait son chemin
		Sans s'occuper de rien.
		Tant qu'il y aura des amants,
		Il y aura des serments qui ne dureront qu'un printemps



Inconnu, except&#233; de Dieu

Paroles: Louis Amade. Musique: Charles Dumont 1962

autres interpr&#232;tes: Charles Dumont (1962)

		L'inscription d'une croix ancienne
		Pr&#232;s d'un champs de bl&#233; merveilleux
		M'arr&#234;ta Je lis &#224; grand peine:

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."

		Quel destin, &#224; vrai dire immense,
		Repose sous ce granit bleu
		Parmi le bl&#233;s qui se balancent?

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."

		Est-ce un enfant ou est-ce un homme
		Pour qui la mort fit, c'est tant mieux,
		De mettre un carr&#233; de royaume?

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."

		A-t-il souffert, fut-il coupable?
		A-t-il fait pleurer de beaux yeux?
		Fut-il trag&#233;die ou bien fable?

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."

		A-t-il la pluie comme village
		Et le vent d'hiver pour chef-lieu,
		Le soleil pour grand &#233;quipage?

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."

		J'ai pris par la voie charreti&#232;re
		Un chemin de grands amoureux.
		J'&#233;tais inond&#233; de lumi&#232;re.

		"Inconnu, except&#233; de Dieu."



J' m'en fous pas mal

Paroles et Musique: Michel Emer 1946

		Je suis n&#233;e, Passage de la Bonne Graine.
		J'en ai pris d' la graine, et pour longtemps
		J' travaille comme un chien toute la semaine
		J' vous jure que l' patron, il est content
		Mes amies se sont mises en col&#232;re:
		"C'est pas bien malin, c' que tu fais l&#224;
		Faut c' qu'y faut, mais toi, tu exag&#232;res,
		Tu verras qu'un jour, tu le regretteras"

		J' m'en fous pas mal.
		Y peut m'arriver n'importe quoi,
		J' m'en fous pas mal.
		J'ai mon dimanche qui est &#224; moi.
		C'est p't'&#234;t' banal,
		Mais ce que les gens pensent de vous,
		&#199;a m'est &#233;gal!
		J' m'en fous!
		Il y a les bords de la Seine.
		Il y a l'avenue de l'Op&#233;ra.
		Il y a le Bois de Vincennes.
		Quel beau dimanche on a l&#224;
		Et puis, y a l' bal
		Qui vous flanque des frissons partout.
		' y a des &#233;toiles
		Qui sont plus belles que les bijoux.
		' y a les beaux m&#226;les
		Qui vous embrassent dans le cou.
		L' reste, apr&#232;s tout,
		J' m'en fous!

		Ce fut par un de ces beaux dimanches
		Que, tous deux, l'on se mit &#224; danser.
		De grands yeux noirs, de longues mains blanches,
		Alors, j' me suis laiss&#233;e embrasser.
		Mes amies se sont mises en col&#232;re:
		"C' type-l&#226;, c'est connu, il a pas d' c&#339;ur.
		C'est un va-nu-pieds, un tra&#238;ne-mis&#232;re.
		Y t'en fra voir de toutes les couleurs"

		J' m'en fous pas mal.
		Il peut m'arriver n'importe quoi,
		J' m'en fous pas mal.
		J'ai mon amant qui est &#224; moi.
		C'est p't'&#234;t' banal
		Mais ce que les gens pensent de vous,
		&#199;a m'est &#233;gal!
		J' m'en fous!

		Il y a ses bras qui m'enlacent.
		Il y a son corps doux et chaud.
		Il y a sa bouche qui m'embrasse.
		Ha, mon amant, c' qu'il est beau!
		Et puis ' y a l' bal.
		Quand je suis dans ses bras, c'est fou.
		J' me trouverais mal.
		Quand il m' dit: "Viens! Rentrons chez nous!"
		Ah l'animal!
		Avec lui, j'irais n'importe o&#249;.
		L' reste apr&#232;s tout,
		J' m'en fous!

		J'ai v&#233;cu des heures si jolies
		Quand il me tenait entre ses bras.
		J' n'aurais jamais cru que, dans la vie,
		On puisse &#234;tre heureuse &#224; ce point-l&#224;
		Mais un jour o&#249; tout n'&#233;tait que rires,
		Un jour de printemps rempli de joie,
		Il s'en est all&#233; sans rien me dire,
		Sans m&#234;me m'embrasser une derni&#232;re fois

		J' m'en fous pas mal.
		' y peut m'arriver n'importe quoi,
		J' m'en fous pas mal.
		J'ai mon pass&#233; qui est &#224; moi.
		C'est p't'&#234;t' banal
		Mais ce que les gens pensent de vous,
		&#199;a m'est &#233;gal.
		J' m'en fous!
		Les souvenirs qui m'enlacent
		Chantent au fond de mon c&#339;ur
		Et tous les coins o&#249; je passe
		Me rappellent mon bonheur,
		Et puis ' y a l' bal.
		Je danse, et je ferme les yeux.
		Je crois que c'est encore nous deux.
		Parfois, j'ai mal.
		J'ai mon c&#339;ur qui frappe &#224; grands coups.
		&#199;a m'est &#233;gal.
		J' m'en fous!



J'ai dans&#233; avec l'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: M. Monnot 1941


{}

		J'ai dans&#233; avec l'amour.
		J'ai fait des tours et des tours.
		Ce fut un soir merveilleux.
		Je ne voyais que ses yeux si bleus,
		Ses cheveux couleur de blond.
		Lui et moi, que c'&#233;tait bon.
		L'amour avait dans ses yeux
		Tant d'amour, tant d'amour,
		Tant d'amour, d'amour.

		Lui et moi contre lui,
		Au-dessus la nuit,
		Tournent dans le bruit.
		Moi, n'osant pas parler,
		Le corps bouscul&#233;,
		J'&#233;tais admir&#233;e.
		Lui, la musique et lui.
		Partout l'amour, partout la fi&#232;vre
		Et nos corps frissonnants.
		Moi, la musique et moi.
		Partout ses yeux, partout ses l&#232;vres
		Et puis mon c&#339;ur hurlant.

{Refrain}



J'ai qu'&#224; l'regarder

Paroles: Edith Piaf. Musique: A.Siniavine 1943

		Il a plut&#244;t la gueule gentille.
		Y s'laisse aimer tout comm' les filles
		Puis y vous r'garde en rigolant,
		Alors, bien s&#251;r, c'est d&#233;sarmant.
		Y vous donne rendez-vous un jour.
		S'il y v'nait, &#231;a s'rait trop facile.
		On attend comme un imb&#233;cile.
		Il est vraiment fait pour l'amour.

{}

		J'ai qu'&#224; l'regarder,
		J'ai envie d'chanter,
		D'courir dans les champs
		Avec le printemps,
		De chanter pour moi,
		De crier ma joie.
		D&#232;s que j'l'aper&#231;ois,
		Y m'regard' comm' &#231;a
		Puis y m'dit tout bas:
		"Viens, on va s'aimer."
		J'ose plus respirer.
		C'que c'est bon d'l'aimer.
		Tra la la la

		&#199;a s'ra ma derni&#232;re aventure,
		Oh! mon Dieu, pourvu qu'elle dure.
		Si j'devais plus l'revoir un jour,
		Je serais d&#233;go&#251;t&#233;e d'l'amour.
		Il a tant d'femm's autour de lui
		Qui r&#244;d'nt autour des ses &#233;paules
		Alors j'suis l&#224;, j'm'accroche &#224; lui.
		Y a vraiment qu'lui qui trouv' &#231;a dr&#244;le.

{Refrain}



J'en ai tant vu

Paroles: Ren&#233; Rouzaud. Musique: Michel Emer 1963

		Quand je colle le nez &#224; la porti&#232;re,
		Je vois passer ma vie enti&#232;re
		Au fil de mes peines, de mes joies
		Et j'en vois beaucoup, croyez-moi
		Mais pour toujours recommencer,
		Faut croire que j'en ai pas vu assez

		J'en ai tant vu, tant vu, tant vu.
		Dans ma t&#234;te, 'y avait la cohue
		Et je me disais "On ne m'aura plus."
		J'en ai trop vu, trop vu, trop vu,
		Oui mais, &#224; chaque fois,
		Je remettais &#231;a
		Et bien entendu
		Je me trouvais encore de la revue.
		J'en ai trop fait, trop fait, trop fait,
		De la corde raide sans filet,
		Mais, aussit&#244;t que je comprenais,
		Que je me disais "T'en as trop fait!",
		On me tendait l'&#233;chelle,
		Alors, de plus belle,
		Je montais encore
		Pour me retrouver dans le d&#233;cor.
		J'en ai trop cru, trop cru, trop cru,
		Des boniments de coin de rue.
		On m'en a dit, tant dit, tant dit,
		Des "Je t'adore", des "Pour la vie".
		Tout &#231;a pourquoi, tout &#231;a pour qui?

		Je croyais que j'avais tout vu,
		Tout fait, tout dit, tout entendu
		Et je me disais "On ne m'aura plus."
		Et mais c'est alors qu'il est venu
		Et depuis que je l'ai vu,
		C'est vrai, je marche plus,
		Oui, mais je cours, je cours ma chance,
		Je cours vers la vie qui commence,
		Je ne marche plus, je cours, je cours,
		Je cours, je cours, je cours, je cours,
		Je cours, je cours, je cours, je cours,
		Je cours, je cours



J'entends la sir&#232;ne

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

		J'entends encore la sir&#232;ne
		Du beau navire tout blanc
		Qui, voil&#224; bien des semaines,
		Va des Iles sous le Vent
		Lorsqu'&#224; la mar&#233;e montante
		Il entra dans le vieux port
		Je riais, j'&#233;tais contente
		Et mon c&#339;ur battait tr&#232;s fort.

		Le vent chantait sur la dune
		Et jouait avec la mer
		O&#249; se refl&#233;tait la lune.
		Dans le ciel, tout &#233;tait clair.
		Le premier qui vint &#224; terre
		Fut un jeune moussaillon,
		Le deuxi&#232;me, un vieux grand-p&#232;re,
		Puis un homme &#224; trois galons.
		Donnez-moi, &#244; capitaine,
		Du beau navire tout blanc
		Qui venait des mers lointaines,
		Un beau marin pour amant.
		Je l'attendrai sur la dune,
		L&#224;-bas, tout pr&#232;s de la mer.
		Au ciel brillera la lune.
		Dans mon c&#339;ur tout sera clair.
		Il est venu, magnifique,
		Avec une flamme en Dieu,
		Venant des lointains tropiques,
		Savait des mots merveilleux,
		Me piqua toute une bague,
		Me jura d'&#233;ternels serments
		Que se r&#233;p&#233;taient les vagues
		En clapotant doucement.
		Nous &#233;tions seuls sur la dune.
		Le vent caressait la mer.
		Dans le ciel riait la lune
		Et lui mordait dans ma chair.
		Il partit sur son navire,
		Son beau navire tout blanc
		Et partit sans me le dire,
		Un soir, au soleil couchant.

		J'entends toujours la sir&#232;ne
		Du bateau qui l'emporta.
		Sa voix hurla, inhumaine,
		"Tu ne le reverras pas!"
		Et, depuis lors, sous la lune,
		Je vais &#233;couter le vent
		Qui vient le soir, sous la dune,
		Me parler de mon amant.



J'suis mordue

Paroles: L. Carol, R. Delamare. Musique: J. Lenoir 1936

		Quand les copines parlent de mon p'tit homme,
		Disent: "Ah! c'qu'il est laid!
		Il est tatou&#233;, rid&#233; comme une vieille pomme.
		Il n'a rien qui pla&#238;t."
		C'que je me bidonne avec toutes leurs salades,
		Bobards &#224; la noix.
		Qu'est-ce que je peux rendre aux reines de la panade
		Qui b&#234;chent mon p'tit roi?
		S'il est simple, s'il a l'air d'un fauch&#233;.
		En douce, comment qu'il vous fait guincher.

		Avec sa face bl&#234;me,
		Son col caf&#233;-cr&#232;me,
		Quand il me dit "je t'aime",
		J'suis mordue!
		Ses grandes patoches blanches,
		Son corps qui se d&#233;hanche,
		C'est Dandy la planche:
		J'suis mordue!
		C'lui qui l'connait pas le prend pour un bon ap&#244;tre.
		Il sait si bien faire meilleur que les autres.
		Si je lui fais un 'vanne
		Avec ses tatanes,
		Oh! comment qu'il me d&#233;panne:
		J'suis mordue!

		Si on lui demande: "Qu'est-ce que tu fais dans la vie?"
		Il r&#233;pond froidement:
		"Je suis ch&#244;meur, j'mange mes &#233;conomies."
		C'est navrant, vraiment,
		Puis il exhibe sa carte de ch&#244;mage
		Et s'pla&#238;t d'ajouter:
		"&#199;a m'sert en plus 'pr&#232;s d'certains personnages
		D'carte d'identit&#233;."
		Puis sortant sa photo, il s'&#233;crie
		"Ah y a rien de mieux &#224; l'anthropom&#233;trie!"

		Avec sa face bl&#234;me,
		Son col caf&#233;-cr&#232;me,
		Quand il me dit "je t'aime",
		J'suis mordue!
		Toujours y m'resquille.
		Il me prend pour une bille
		Mais j'suis une bonne fille.
		J'suis mordue!
		Au billard russe, chaque soir, il s'exerce.
		"Faut bien", dit-il, "faire marcher le commerce."
		Il peut tout me faire.
		C'est l&#224; mon affaire.
		Il n'y a rien &#224; faire J'suis mordue!

		Quand je serai vieille, il me plaquera, j'en suis s&#251;re,
		A moins qu'il claque avant moi, &#231;a me rassure!
		Ah, c'est un ph&#233;nom&#232;ne.
		J'suis faite comme une reine,
		Mais d&#232;s qu'il s'am&#232;ne,
		J'suis mordue!



Je m'imagine

Paroles: Nita Raya. Musique: Marguerite Monnot 1960

		Je m'imagine ton enfance
		Avec tes grands yeux &#233;tonn&#233;s.
		Oh comme j'envie ceux que la chance
		A fait grandir &#224; tes c&#244;t&#233;s.
		J'aurais tant voulu te conna&#238;tre
		Depuis des ann&#233;es, des ann&#233;es.
		Tu serais devenu mon ma&#238;tre,
		Moi, ton esclave passionn&#233;e.
		J'aurais aim&#233; vivre dans l'ombre,
		Au moindre souffle intervenir
		Pour &#233;clairer tes heures sombres,
		Faire partie de tes souvenirs
		Mais parle-moi de ta jeunesse
		Que je veux suivre pas &#224; pas,
		Dans tes plaisirs, dans tes tristesses,
		Dans tes soucis et dans tes joies.
		Si tu savais comme je veux boire
		Les mots de ta bouche ador&#233;e.
		Tu me raconterais des histoires
		Sans jamais vouloir t'arr&#234;ter.

		Tu m'as dit que ta vie commence
		Depuis que tu m'as rencontr&#233;e
		Et que jamais tu ne repenses
		Aux &#233;v&#233;nements de ton pass&#233;

		R&#233;p&#232;te encore pour moi ces choses
		Qui p&#233;n&#232;trent au fond de mon c&#339;ur.
		Ah, mon amour, redis ces choses,
		Ces choses qui ressemblent au bonheur.
		Est-ce vrai que l&#224;, dans la t&#234;te
		Rien d'autre ne te fait envie
		Et que jamais tu ne regrettes
		D'&#234;tre mon homme pour la vie?



Je me souviens d'une chanson

Paroles: F&#233;lix Marten. Musique: J.-P. Moulin 1958

		Je me souviens d'une chanson,
		D'une chanson quand on s'aimait.
		Elle disait, cette chanson,
		Des mots d'amour.
		Je me souviens d'une chanson,
		D'une pauvre chanson d'amour
		Qui m'a fait pleurer, pleurer
		Quand on s'aimait

		Une guitare a r&#233;veill&#233;
		Une chanson presqu' endormie.
		Tu reviens, tu me fais r&#234;ver,
		Chanson d'amour en Italie.
		Douce guitare, tendre m&#233;moire,
		Raconte-moi la vieille histoire,
		Belle comme l'amour
		Au premier jour,
		Comme un c&#339;ur
		Au premier bonheur.

		Je me souviens d'une chanson,
		D'une chanson quand on s'aimait.
		Elle disait, cette chanson,
		Des mots d'amour.
		Je me souviens d'une chanson,
		D'une pauvre chanson d'amour
		Qui m'a fait pleurer, pleurer
		Quand on s'aimait



Je n'en connais pas la fin

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1939

		Depuis quelque temps l'on fredonne,
		Dans mon quartier, une chanson,
		La musique en est monotone
		Et les paroles sans fa&#231;on.
		Ce n'est qu'une chanson dus rues
		Dont on ne conna&#238;t pas l'auteur.
		Depuis que je l'ai entendue,
		Elle chante et danse dans mon c&#339;ur

{}

		Ha ha ha ha,
		&#212; mon amour,
		Ha ha ha ha,
		A toi toujours,
		Ha ha ha ha,
		Dans tes grands yeux,
		Ha ha ha ha,
		Rien que nous deux

		Avec des mots na&#239;fs et tendres,
		Elle raconte un grand amour
		Mais il m'a bien sembl&#233; comprendre
		Que la femme souffrait un jour.
		Si l'amant fut m&#233;chant pour elle,
		Je veux en ignorer la fin
		Et, pour que ma chanson soit belle,
		Je me contente du refrain

{au Refrain}

		Ils s'aimeront toute la vie.
		Pour bien s'aimer, ce n'est pas long.
		Que cette histoire est donc jolie.
		Qu'elle est donc belle, ma chanson.
		Il en est de plus po&#233;tiques,
		Je le sais bien, oui, mais voil&#224;,
		Pour moi, c'est la plus magnifique,
		Car ma chanson ne finit pas

{au Refrain}



Je sais comment

Paroles: Julien Bouquet. Musique: Robert Chauvigny, Julien Bouquet 1959

		Ecoute-moi, mon ami.
		Aimes-tu la libert&#233;?
		Voudrais-tu t'enfuir d'ici?
		Aimerais-tu t'&#233;vader?
		Veux-tu revivre &#224; la vie,
		Marcher sans cha&#238;nes &#224; tes pieds?
		Oh, r&#233;ponds-moi, mon ami,
		Aimerais-tu t'&#233;vader?

		Je sais comment
		Comment scier tous ces barreaux
		Qui sont l&#224; en guise de rideaux.
		Je sais comment
		Comment faire sauter les verrous
		Entre la libert&#233; et nous.
		Je sais comment
		Comment faire tomber en poussi&#232;re
		Ce mur &#233;norme d'&#233;normes pierres.
		Je sais commment
		Comment de sortir de ce cachot
		Ferm&#233; comme l'est un tombeau.
		Je sais comment revoir les fleurs
		Sous un ciel bleu.
		Je sais comment avoir le c&#339;ur
		Libre et heureux

		Tu ne dis rien, mon ami,
		Mais tu as au fond des yeux
		Plus de r&#234;ves que d'envie
		Pour voir ce coin de ciel bleu.
		Tu crois que je t'ai menti,
		Que je n'ai pas de secret.
		Pourtant, tes yeux l'ont compris
		C'est eux qui sont dans le vrai

		Je sais comment
		Comment faire tourner sur ses gonds
		La porte en fer de la prison.
		Je sais comment
		Comment faire voler en &#233;clats
		Les boulets qui g&#234;nent nos pas.
		Je sais comment
		Comment briser de nos mains nues
		Toutes ses entraves sans &#234;tre vus.
		Je sais comment
		Comment sortir de ce cachot
		Sans risquer d'y laisser la peau.
		Je sais comment revoir les fleurs
		Sous un ciel bleu.
		Je sais comment avoir le c&#339;ur
		Libre et heureux Dors!



Je suis &#224; toi

Paroles et Musique: Julien Bouquet 1960

		Un matin le printemps est sorti
		De son lit pour aller faire la vie
		Et pour repeindre en bleu tout le gris
		Qui tra&#238;nait sur les murs de Paris.
		Du gris, il y en avait dans ma vie,
		Mais ce jour-l&#224;, mais ce jour-l&#224;,
		D'un seul coup, tout fut repeint en bleu,
		Le ciel et les yeux des amoureux.
		Du coup, pour le Pont-Neuf et la Seine,
		Ce fut l'heure pour eux d'entrer en sc&#232;ne.
		Sur ce pont, nous nous sommes crois&#233;s.
		Moi, ce jour l&#224; j'allais tout droit,
		Droit devant moi, vers je ne sais quoi
		Rappelle-toi

		Des jonquilles, 'y en a eu par milliers.
		On savait o&#249; aller les chercher.
		Qu'ils sont chauds, les pr&#233;s au mois de mai.
		Qu'ils sont hauts, les bl&#233;s au temps d'aimer.
		Qu'ils sont beaux, les mots que tu disais:
		"Je suis &#224; toi Je suis &#224; toi."
		Ces mots-l&#224;, on ne s'en lasse jamais.
		Ils sont faits, semble-t-il, pour durer.
		J'aimais t'entendre les murmurer,
		D'autant plus que pour moi ils semblaient vrais.
		Pour moi-m&#234;me, ne t'ai-je pas cri&#233;:
		"Je suis &#224; toi Je suis &#224; toi
		Mais garde-moi et serre-moi tout contre toi"

		Un matin, l'&#233;t&#233; a fichu le camp
		En laissant en souvenir du printemps
		Des feuilles qui virevoltent au vent
		D'un automne qui ne prend pas de gants
		Pour venir me dire &#224; bout portant:
		"Je suis &#224; toi"
		Aujourd'hui, les beaux jours sont sortis.
		C'est fini, ils ont quitt&#233; Paris.
		L'hiver va revenir mettre en gris
		Tout le bleu que notre amour y avait mis.
		Du gris, mon Dieu, qu'y en a dans ma vie.
		Je suis &#224; toi Je suis &#224; toi
		Mais reviens-moi comme autrefois
		Je suis &#224; toi



Je t'ai dans la peau

Paroles: Jacques Pills. Musique: Gilbert B&#233;caud 1952

note: du film "Boum sur Paris"

		Toi
		Toujours toi
		Rien que toi
		Partout toi
		Toi toi toi
		Toi

		Je t'ai dans la peau,
		'y a rien &#224; faire.
		Obstin&#233;ment, tu es l&#224;.
		J'ai beau chercher &#224; m'en d&#233;faire,
		Tu es toujours pr&#232;s de moi.
		Je t'ai dans la peau,
		'y a rien &#224; faire.
		Tu es partout sur mon corps.
		J'ai froid, j'ai chaud.
		Je sens la fi&#232;vre sur ma peau.

		Apr&#232;s tout, je m'en fous de ce qu'on peut penser.
		Je n'peux pas m'emp&#234;cher de crier.
		Tu es tout pour moi, j' suis intoxiqu&#233;e
		Et je t'aime, je t'aime &#224; en crever.

		Je t'ai dans la peau,
		'y a rien &#224; faire.
		Obstin&#233;ment, tu es l&#224;.
		J'ai beau chercher &#224; m'en d&#233;faire,
		Tu es toujours pr&#232;s de moi.
		Je t'ai dans la peau,
		'y a rien &#224; faire.
		Tu es partout sur mon corps.
		J'ai froid, j'ai chaud.
		Je sens tes l&#232;vres sur ma peau.
		

		'y a rien &#224; faire, j' t'ai dans la peau



Jean et Martine

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

		Jean le routier roule sur la route.
		Il y a les arbres, il y a les champs,
		La pluie qui tombe &#224; grosses gouttes,
		'y a les virages, il y a le vent.
		Il y a le froid et le soleil.
		Il y a le jour, il y a la nuit
		Et la fatigue, et le sommeil
		Et les quinze tonnes, &#231;a fait du bruit
		Mais il y a aussi &#224; la maison
		Sa petite Martine et sa chanson.

		"Jean va rentrer de sa tourn&#233;e",
		Chante Martine dans sa cuisine.
		"Il sera s&#251;rement fatigu&#233;,
		Il aura sa pauvre petite mine
		Mais je pourrai le regarder
		Et l'embrasser pendant qu'il d&#238;ne
		Et le soigner, le cajoler
		Et me serrer sur sa poitrine.
		Plus tard quand il s'endormira
		Moi, je serai dans ses bras"

		Il y a du brouillard &#224; sa fen&#234;tre.
		Martine attend On a sonn&#233;
		C'est un monsieur avec une lettre.
		Il a l'air sombre et ennuy&#233;.
		" La Compagnie Condol&#233;ances
		Un accident Faut signer l&#224;
		Il y a les obs&#232;ques et l'assurance"
		Pourtant Martine ne comprend pas
		Ce n'est pas vrai Elle n'y croit pas.
		Dans cinq minutes il sera l&#224;

		"Jean va rentrer de sa tourn&#233;e",
		Chante Martine dans sa cuisine.
		"Il sera s&#251;rement fatigu&#233;
		Il aura sa pauvre petite mine.
		Je vais le soigner, le cajoler
		Et me serrer sur sa poitrine
		Plus tard quand il s'endormira
		Non! Non! NON!

		Jean Jean
		Oh! Jean!"



Jean l'Espagnol

Paroles et Musique: Georges Moustaki 1958

		Sur le chemin de Notre-Dame
		Il y avait Jean l'Espagnol
		Qui allait pour sauver son &#226;me
		Offrir un cierge &#224; la Madone
		Jean l'Espagnol n'aurait pas d&#251;
		Voler la corde du pendu

		Madame la Vierge Marie
		Si j'ai vol&#233;, si j'ai menti
		Pardonnez-moi je vous en prie
		J'ai d&#233;j&#224; tant et tant souffert
		M'envoyez pas en enfer

		Sur le chemin y avait une fille
		Qui s'en allait tout doucement
		C'est fou ce que le soleil brille
		Sur une bague de diamants
		Jean l'Espagnol, t'aurais pas d&#251;
		Toucher aux choses d&#233;fendues

		Madame la Vierge Marie
		Si j'ai vol&#233;, si j'ai menti
		Pardonnez-moi je vous en prie
		J'ai d&#233;j&#224; tant et tant souffert
		M'envoyez pas en enfer

		Sur le chemin de Notre-Dame
		Il y avait Jean l'Espagnol
		Qui marchait entre deux gendarmes
		Les fers aux pieds, le chanvre au col
		Toi l'Espagnol, t'aurais pas d&#251;
		C'est toi qui feras le pendu

		Madame la Vierge Marie
		Si j'ai vol&#233;, si j'ai menti
		Pardonnez-moi je vous en prie
		Mais si le ciel est ouvert
		M'envoyez pas en enfer



J&#233;rusalem

Paroles: M. Chabrier, musique: Jo Moutet, enr. 24 novembre 1960

		Seul
		Dans le d&#233;sert et br&#251;l&#233; par le soleil
		De J&#233;rusalem, de J&#233;rusalem
		Seul
		Un homme en blanc, au loin, assiste au r&#233;veil
		De J&#233;rusalem, de J&#233;rusalem.

		Dans Ses yeux, il y a bont&#233; du monde.
		Dans Son c&#339;ur, il y a tout l'amour du monde.
		Dans Ses mains, il y a la magie du monde.
		Tout l'univers est l&#224; gr&#226;ce &#224; Lui dans ce d&#233;sert.

		Et l'Homme seul,
		Transfigur&#233;, va, guid&#233; par l'oiseau blanc
		Vers J&#233;rusalem, vers J&#233;rusalem,
		L&#224;
		Il marche parmi les soldats et les gens
		De J&#233;rusalem, de J&#233;rusalem

		Dans les yeux, il y a la mis&#232;re du monde.
		Dans les c&#339;urs, il y a la douleur du monde.
		Dans leurs mains, il y a la col&#232;re du monde
		Mais l'Homme en blanc sourit,
		le regard pos&#233; sur eux.

		Le tambour bat
		Pour announcer que s'accomplit le destin
		De J&#233;rusalem, de J&#233;rusalem
		Car
		Un homme est tomb&#233; sur les pierres du chemin
		De J&#233;rusalem, de J&#233;rusalem.

		Dans Ses yeux, il y a le pardon du monde.
		De Son c&#339;ur, se r&#233;pand tout l'amour du monde.
		De Ses mains, a surgi la Lumi&#232;re du monde.
		C'est un soleil nouveau qui rena&#238;t dans le soleil

		De J&#233;rusalem
		De J&#233;rusalem



Jezebel

Paroles: Charles Aznavour. Musique: W. Shanklin 1951

autres interpr&#232;tes: Les Chaussettes Noires (1963)

		Jezebel Jezebel
		Ce d&#233;mon qui br&#251;lait mon c&#339;ur
		Cet ange qui s&#233;chait mes pleurs
		C'&#233;tait toi, Jezebel, c'&#233;tait toi.
		Ces larmes transperc&#233;es de joie,
		Jezebel, c'&#233;tait toi Jezebel, c'&#233;tait toi

		Mais l'amour s'est an&#233;anti.
		Tout s'est &#233;croul&#233; sur ma vie,
		&#201;crasant, pi&#233;tinant, emportant mon c&#339;ur,
		Jezebel Mais pour toi,
		Je ferais le tour de la terre,
		J'irais jusqu'au fond des enfers.
		O&#249; es-tu? Jezebel, o&#249; es-tu?

		Les souvenirs que l'on croit fan&#233;s
		Sont des &#234;tres vivants
		Avec des yeux de morts vibrants encore de pass&#233;
		Mais mon c&#339;ur est crev&#233; d'obsession.
		Il bat en r&#233;p&#233;tant
		Tout au fond de moi-m&#234;me
		Ce mot que j'aime,
		Ton nom
		Jezebel Jezebel

		Mais l'amour s'est an&#233;anti.
		Tout s'est &#233;croul&#233; sur ma vie,
		&#201;crasant, pi&#233;tinant, emportant mon c&#339;ur
		Jezebel Mais pour toi,
		Je ferais le tour de la terre,
		J'irais jusqu'au fond des enfers
		En criant sans r&#233;pit,
		Jour et nuit,
		Jezebel Jezebel
		JEZEBEL



Jimmy c'est lui

Paroles: Kamke. Musique: Walberg 1942

		Le ciel est blanc blanc
		Et d&#233;serte l'immensit&#233; blanche
		De neige blanche.
		Comme un point noir noir noir,
		Seul, erre, minuscule,
		Un n&#232;gre v&#234;tu de noir
		Et qui titube
		Et se lamente.

		Jimmy mon ami,
		D'o&#249; es-tu, oh oh oh.
		Tu es perdu, Jimmy.
		Tu es perdu, salaud.
		Le grand Jimmy g&#233;mit oh oh.
		La poudre blanche t'a br&#251;l&#233; les yeux Jimmy.
		T'as peur, maintenant.
		Jimmy, tu te sauveras.
		Tout n'est que brouillard,
		Ah mais l&#224;-bas, tiens, tu vois,
		Tu vois pr&#232;s de toi,
		Ah ah, s'approchant,
		Le soleil, les palmiers,
		L'oasis Takana.

		Jimmy, mon ami,
		Tu chantes oh oh oh.
		Tu es heureux, Jimmy.
		Tu es dans ton pays.
		Soleil oh oh te br&#251;le Jimmy.
		Le d&#233;lire est dans ton cerveau.
		Le noir est blanc v&#234;tu de blanc
		Et la neige met sa robe blanche
		Comme la balance.
		Dans ce d&#233;sert, d&#233;sert,
		Seul, perdu, minuscule,
		Le n&#232;gre tout recouvert.
		Plus de murmure
		Mais l'&#233;cho chante.

		Jimmy, mon ami,
		O&#249; es-tu oh oh?
		Tu t'es perdu, Jimmy.
		Tu t'es perdu, salaud.
		Le vent, salaud,
		Le vent, oh oh,
		La poudre blanche t'a ferm&#233; les yeux, Jimmy.
		Tu dors maintenant.
		Jimmy, qui te sauvera?
		Tout n'est que brouillard,
		Ah mais l&#224;-bas, tiens, tu vois,
		Tu vois pr&#232;s de toi,
		Ah ah, s'approchant,
		Ton soleil, les palmiers,
		L'oasis Takana.

		Jimmy, mon ami,
		Tu n'es plus ooh ooh.
		Tout est fini, Jimmy.
		Le monde t'a trahi.
		Le monde, salaud, te laisse crever.
		Tu n'as plus qu'&#224; foutre le camp
		L&#224;-haut.



Johnny, tu n'es pas un ange

Paroles: Francis Lemarque. Musique: Les Paul 1953

autres interpr&#232;tes: Catherine Sauvage (1954), Philippe-G&#233;rard (1956), Anny Gould, Vaya Con Dios (1988), Les Croquants (2004)

		Johnny, tu n'es pas un ange.
		Ne crois pas que &#231;a m'd&#233;range.
		Jour et nuit, je pense &#224; toi.
		Toi, te souviens-tu de moi
		Qu'au moment o&#249; &#231;a t'arrange?
		Et quand revient le matin,
		Tu t'endors sur mon chagrin.
		Johnny, tu n'es pas un ange!

		Johnny! Johnny!
		Si tu &#233;tais plus galant,
		Johnny! Johnny!
		Je t'aimerais toujours autant.

		Johnny, tu n'es pas un ange.
		Ne crois que pas que &#231;a m'd&#233;range.
		Si tu me r&#233;veilles la nuit,
		C'est pour dire que tu t'ennuies,
		Que tu veux une vie de rechange
		Mais, quand revient le matin,
		Tu t'endors sur mon chagrin.
		Johnny, tu n'es pas un ange!

		Johnny! Johnny!
		Si tu &#233;tais plus galant,
		Johnny! Johnny!
		Je t'aimerais tout autant.

		Johnny, tu n'es pas un ange.
		Entre nous, qu'est-ce que &#231;a change?
		L'homme saura toujours trouver
		Toutes les femmes du monde entier
		Pour lui chanter ses louanges.
		D&#232;s qu'il en sera lass&#233;,
		Elles seront vite oubli&#233;es.
		Vraiment, vous n'&#234;tes pas des anges.

		Johnny! Johnny!
		Depuis que le monde est n&#233;,
		Johnny! Johnny!
		Il faut tout vous pardonner.

		Ahhh! Johnny!



Kiosque &#224; journaux

		L'Humanit&#233;! Le Figaro! France-soir!
		Les travailleurs ont le droit de savoir?
		Carreaux, lorets, phosphate, rio, dicto,
		La princesse portait un nouveau chapeau,
		Zizi place dix-sept, gagnant vingt-deux

		Venez chercher les mots,
		Puisqu'il vous faut des mots,
		Et puis soyez heureux

		On pr&#233;cisait hier dans les couloirs
		Que l'Eminence grise serait pas noire.
		La France bat la Pologne par trois-z&#233;ro
		Gr&#226;ce &#224; Lopez, Kobarsky et Aszlo.
		La Princesse va faire couper ses cheveux.

		Venez chercher des mots,
		Puisqu'il vous faut des mots,
		Et puis soyez heureux

		Eclaircie passag&#232;re et temps couvert.
		Trois pi&#232;ces: cuisine, moquette, tr&#232;s bonne affaire
		Et la poitrine sera plus haute au printemps.
		Mon linge a vraiment la blancheur du blanc.
		Ma foi, ce sera un &#233;v&#233;nement heureux

		Venez chercher des mots,
		Puisqu'il vous faut des mots,
		Et puis soyez heureux



L'accord&#233;oniste

Paroles et Musique: Michel Emer 1942

autres interpr&#232;tes: Chim&#232;ne Badi (2005)

		La fille de joie est belle
		Au coin de la rue l&#224;-bas
		Elle a une client&#232;le
		Qui lui remplit son bas
		Quand son boulot s'ach&#232;ve
		Elle s'en va &#224; son tour
		Chercher un peu de r&#234;ve
		Dans un bal du faubourg
		Son homme est un artiste
		C'est un dr&#244;le de petit gars
		Un accord&#233;oniste
		Qui sait jouer la java

		Elle &#233;coute la java
		Mais elle ne la danse pas
		Elle ne regarde m&#234;me pas la piste
		Et ses yeux amoureux
		Suivent le jeu nerveux
		Et les doigts secs et longs de l'artiste
		&#199;a lui rentre dans la peau
		Par le bas, par le haut
		Elle a envie de chanter
		C'est physique
		Tout son &#234;tre est tendu
		Son souffle est suspendu
		C'est une vraie tordue de la musique

		La fille de joie est triste
		Au coin de la rue l&#224;-bas
		Son accord&#233;oniste
		Il est parti soldat
		Quand y reviendra de la guerre
		Ils prendront une maison
		Elle sera la caissi&#232;re
		Et lui, sera le patron
		Que la vie sera belle
		Ils seront de vrais pachas
		Et tous les soirs pour elle
		Il jouera la java

		Elle &#233;coute la java
		Qu'elle fredonne tout bas
		Elle revoit son accord&#233;oniste
		Et ses yeux amoureux
		Suivent le jeu nerveux
		Et les doigts secs et longs de l'artiste
		&#199;a lui rentre dans la peau
		Par le bas, par le haut
		Elle a envie de chanter
		C'est physique
		Tout son &#234;tre est tendu
		Son souffle est suspendu
		C'est une vraie tordue de la musique

		La fille de joie est seule
		Au coin de la rue l&#224;-bas
		Les filles qui font la gueule
		Les hommes n'en veulent pas
		Et tant pis si elle cr&#232;ve
		Son homme ne reviendra plus
		Adieux tous les beaux r&#234;ves
		Sa vie, elle est foutue
		Pourtant ses jambes tristes
		L'emm&#232;nent au boui-boui
		O&#249; y a un autre artiste
		Qui joue toute la nuit

		Elle &#233;coute la java
		 elle entend la java
		 elle a ferm&#233; les yeux
		 et les doigts secs et nerveux
		&#199;a lui rentre dans la peau
		Par le bas, par le haut
		Elle a envie de gueuler
		C'est physique
		Alors pour oublier
		Elle s'est mise &#224; danser, &#224; tourner
		Au son de la musique

		

		ARR&#202;TEZ!

		Arr&#234;tez la musique!



L'effet qu'tu m'fais

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marc Heyral 1953

		Y a des gens qui savent exprimer
		La grandeur de leurs sentiments.
		Moi je n'ai aucune facilit&#233;.
		C'est une question d' temp&#233;rament.

		Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais,
		Mais vrai: tu m' fais un dr&#244;le d'effet.
		&#199;a commence l&#224;, &#231;a passe par l&#224;,
		&#199;a continue, et &#231;a s'en va
		Je m'demande o&#249;, &#231;a je n' sais pas.
		Mais &#231;a revient, et &#231;a remet &#231;a.
		Il n'y a qu'un rem&#232;de pour calmer &#231;a,
		C'est quand tu me prends dans tes bras.

		T'as dans ta main ma ligne de chance
		Et dans tes yeux, mes jours heureux.
		On peut bien dire que l'existence
		A des moments si merveilleux
		Que je m' demande si l' paradis,
		Quoi qu'on en dise, est mieux qu'ici.
		Si j' pouvais dire l'effet qu' tu m' fais,
		Mais vrai: tu m' fais un dr&#244;le d'effet.

		Si tu veux savoir mon impression,
		Notre amour c'est comme un peu d' blanc.
		C'est beau l' blanc, mais c'est salissant,
		Aussi j'y fais tr&#232;s attention.

		Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais,
		Mais vrai: tu m' fais un dr&#244;le d'effet.
		&#199;a commence l&#224;, &#231;a passe par l&#224;,
		&#199;a continue, et &#231;a s'en va
		Je m' demande o&#249;, &#231;a je n' sais pas
		Mais &#231;a revient, et &#231;a remet &#231;a.
		Il n'y a qu'un rem&#232;de pour calmer &#231;a,
		C'est quand tu me prends dans tes bras.

		Crois-tu vraiment qu'on a d' la chance
		De nous aimer et d'&#234;tre heureux?
		Y a tant de gens dans l'existence
		Qui voudraient bien &#234;tre amoureux.
		T'as des fa&#231;ons de m' regarder.
		Vraiment, t'as pas besoin d' parler
		Et si j' te fais l'effet qu' tu m' fais,
		Ben vrai, on s' fait un dr&#244;le d'effet



L'escale

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Laisse un peu la f'n&#234;tre ouverte

		Le flot qui roule &#224; l'horizon
		Me fait penser &#224; un gar&#231;on
		Qui ne croyait ni Dieu ni Diable
		Je l'ai rencontr&#233; vers le nord
		Un soir d'escale sur un port
		Dans un bastringue abominable

		L'air sentait la sueur et l'alcool
		Il ne portait pas de faux-col
		Mais un douteux foulard de soie
		En entrant, je n'ai vu que lui
		Et mon coeur en fut &#233;bloui de joie

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Laisse un peu la f'n&#234;tre ouverte

		Il me prit la main sans un mot
		Il m'entra&#238;na hors du bistrot
		Tout simplement d'un geste tendre
		Ce n'&#233;tait pas un compliqu&#233;
		Il demeurait le long du quai
		Je n'ai pas cherch&#233; &#224; comprendre

		Sa chambre donnait sur le port
		Des marins so&#251;ls chantaient dehors
		Un bec de gaz, un halo bl&#234;me
		Eclairait le triste r&#233;duit
		Qu'il m'&#233;crasait tout contre lui!
		Je t'aime

		Le ciel est bleu, la mer est verte
		Oh laisse un peu la f'n&#234;tre ouverte!

		Son baiser me br&#251;le toujours
		Est-ce l&#224; ce qu'on dit l'amour
		Son bateau mouillait dans la rade
		Chassant les ombres de la nuit
		Au jour naissant il s'est enfui
		Pour rejoindre ses camarades

		Je l'ai vu monter sur le pont
		Et si je ne sais pas son nom
		Je connais celui du navire
		Un navire qui s'est perdu
		Quant au marin
		Nul n'en peut plus rien dire

		Le ciel est bas, la mer est grise
		Ferme la f'n&#234;tre &#224; la brise



L'&#233;tranger

		Il avait un air tr&#232;s doux,
		Des yeux r&#234;veurs un peu fous
		Aux lueurs &#233;tranges.
		Comme bien des gars du Nord,
		Dans ses cheveux un peu d'or,
		Un sourire d'ange.
		J'allais passer sans le voir
		Mais quand il m'a dit bonsoir
		D'une voix chantante,
		J'ai compris que, ce soir-l&#224;,
		Malgr&#233; la pluie et le froid,
		Je serais contente.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		D'o&#249; viens-tu? Quel est ton nom?
		Le navire est ma maison.
		La mer mon village.
		Mon nom, nul ne le saura.
		Je suis simplement un gars
		Ardent &#224; l'ouvrage
		Et si j'ai le c&#339;ur trop lourd,
		Donne-moi donc un peu d'amour,
		Espoir de caresses.
		Et moi, fille au c&#339;ur blas&#233;,
		J'ai senti, sous ses baisers,
		Une ardente ivresse.
		Il avait un regard tr&#232;s doux
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		Simplement, sans boniments,
		J'aimais mon nouvel amant,
		Mon &#233;poux d'une heure.
		Comme bien des malheureux,
		Il croyait lire en mes yeux
		La femme qu'on pleure
		Et, follement, j'esp&#233;rais
		Qu'au matin, il me dirait
		Suis-moi je t'emm&#232;ne.
		J'aurais dit oui, je le sens,
		Mais il a fui, me laissant
		Riv&#233;e &#224; ma cha&#238;ne.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		J'ai r&#234;v&#233; de l'&#233;tranger
		Et, le c&#339;ur tout d&#233;rang&#233;
		Par les cigarettes,
		Par l'alcool et le cafard,
		Son souvenir chaque soir
		M'a tourn&#233; la t&#234;te
		Mais on dit que, pr&#232;s du port,
		On a rep&#234;ch&#233; le corps
		D'un gars de marine
		Qui, par l'amour d&#233;laiss&#233;,
		Ne trouva pour le bercer
		Que la mer c&#226;line.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il s'en allait je ne sais o&#249;.



L'homme &#224; la moto

Paroles: Jean Dr&#233;jac. Musique: Mike Stoller amp; Jerry Leiber 1955

Titre original: "Black denim trousers and motorcycle Boots"

autres interpr&#232;tes: Juliette (1991), Fanny (1991)

note: Adaptation fran&#231;aise du titre de "The Cheers" (1955).


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		Il portait des culottes, des bottes de moto
		Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
		Sa moto qui partait comme un boulet de canon
		Semait la terreur dans toute la r&#233;gion.

		Jamais il ne se coiffait, jamais il ne se lavait
		Les ongles pleins de cambouis mais sur les biceps il avait
		Un tatouage avec un c&#339;ur bleu sur la peau bl&#234;me
		Et juste &#224; l'int&#233;rieur, on lisait: "Maman je t'aime"
		Il avait une petite amie du nom de Marie-Lou
		On la prenait en piti&#233;, une enfant de son &#226;ge
		Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout
		Sa chienne de moto bien davantage

{au Refrain}

		Marie-Lou la pauvre fille l'implora, le supplia
		Dit: "Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas"
		Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement
		Dans le bruit de la machine et du tuyau d'&#233;chappement
		Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux
		Au passage &#224; niveau, ce fut comme un &#233;clair de feu
		Contre une locomotive qui filait vers le midi
		Et quand on d&#233;barrassa les d&#233;bris

		On trouva sa culotte, ses bottes de moto
		Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
		Mais plus rien de la moto et plus rien de ce d&#233;mon
		Qui semait la terreur dans toute la r&#233;gion



L'homme au piano

Paroles: JC Darnal. Musique: H.Henning, Terington 1954

		Demandez &#224; l'homme au piano,
		Au piano, au piano,
		De frapper &#224; coups de marteau,
		Coups de marteau, coups de marteau.
		Qu'il frappe &#224; tire larigot,
		Larigot, juste ou faux.
		J'sais qu'ses doigts ne sont pas en bois,
		Mais, quand il les cassera,
		On les fera remplacer
		Le principal, c'est qu'il joue
		Comme une machine &#224; sous,
		Jusqu'au bout, sans arr&#234;t

		P't'&#234;tre que ton c&#339;ur entendra
		Un peu de tout ce fracas
		Et qu'alors tu comprendras
		Que le piano joue pour toi.
		Je dois chasser comme je peux
		Le fant&#244;me silencieux.
		Si le bonhomme fait du bruit,
		C'est que moi je lui crie
		De frapper comme un sourd.
		&#199;a ne sonnera jamais plus faux
		Que la chanson des mots
		Qui parlaient de notre amour

		Demandez &#224; l'homme au piano,
		Au piano, au piano,
		De frapper &#224; coups de marteau,
		Coups de marteau, coups de marteau
		Pour casser dans mon cerveau
		Mon amour en morceaux.
		M&#234;me s'il ne lui reste plus qu'un doigt,
		Qu'il tape avec les bras,
		Apr&#232;s tout, moi j' m'en fous:
		Le principal, c'est qu'il joue,
		Comme une machine &#224; sous,
		Jusqu'au bout, jusqu'au bout

		Demandez &#224; l'homme au piano
		Au piano, au piano
		au piano



L'homme de Berlin

Paroles: Mich&#232;le Vend&#244;me. Musique: Francis La&#239; 1963

		Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui,
		Sous la petite pluie qui tombait sur lui,
		Lui l'homme de Berlin
		Dans le vieux faubourg, au milieu de la nuit,
		Il se tenait l&#224;. Je n'ai vu que lui,
		Lui l'homme de Berlin
		Etrang&#232;re &#224; Berlin, o&#249; je venais d'arriver,
		Quand on n'attend plus rien,
		Quand on veut tout changer,
		Berlin vaut bien Berlin.
		Moi, il m'en faut peu pour croire, dans la vie,
		Que tout peut changer, et pourquoi pas lui?
		Lui l'homme de Berlin.
		J' me voyais d&#233;j&#224; l'aimer pour la vie.
		J' recommen&#231;ais tout, c'&#233;tait avec lui.
		Lui l'homme de Berlin

		Ne me parlez pas de hasard,
		De ciel, ni de fatalit&#233;,
		De prochains retours, ni d'espoir,
		De destin, ni d'&#233;ternit&#233;.
		Ne me parlez pas de Berlin
		Puisque Berlin n'est rien pour moi.
		Ne me parlez pas de Berlin,
		M&#234;me si Berlin, c'est tout pour moi.

		Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui,
		Sous la petite pluie qui tombait sur lui,
		Lui l'homme de Berlin
		J' l'ai pris pour l'amour, c'&#233;tait un passant,
		Une &#233;ternit&#233; de quelques instants,
		Lui l'homme de Berlin,
		Car lui, l'homme de Berlin, cherchait aussi l'oubli.
		Il est parti trop loin
		Car, pour user sa vie,
		Il n'y a pas que Berlin.
		Dans chaque visage, je ne vois que lui
		Et, dans chaque nuit, je dors avec lui,
		Lui l'homme de Berlin
		Sous quel ciel crasseux, passe-t-il sa vie
		Et dans quel Berlin tra&#238;ne-t-il sa vie,
		Lui l'homme de Berlin?

		Mais y a pas qu'un homme dans ce foutu pays!
		Ici ou ailleurs
		Il n'y a pas que lui
		Il n'y a pas que lui
		Il n'y a pas que lui
		Il n'y a pas que lui
		Il n'y a pas que lui
		Y a pas que lui que lui que lui



L'homme des bars

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

note: du film "Montmartre sur Seine"

		Dans un bar,
		Au comptoir,
		On peut apercevoir
		Un gar&#231;on aux yeux couleur de suie.
		Il boit sans s'arr&#234;ter.
		Il boit pour oublier
		Un mauvais tour que lui a jou&#233; la vie.
		Quand je viens pr&#232;s de lui,
		Tristement, il sourit
		Et, doucement, me dit:
		"On s'est aim&#233; pendant un an, foll'ment
		Et puis on s'est quitt&#233; comm' &#231;a b&#234;tement."

		Le cafard,
		Le brouillard,
		Sont aussi au comptoir
		Pour pouvoir lui tenir compagnie
		Et, quand vient le matin,
		Il emm&#232;ne son chagrin.
		C'est vraiment son seul copain dans la vie.
		Puis, quand revient le soir,
		On le voit au comptoir
		Racontant son histoire:
		"On s'est aim&#233; pendant un an, foll'ment
		Et puis on s'est quitt&#233; comm' &#231;a, b&#234;tement."

		Au comptoir,
		Un beau soir,
		On vient d'apercevoir
		Un fille aux yeux couleur de vie.
		Ell' vient de s'approcher,
		Ell' vient de lui parler,
		Elle a une voix tendre, elle est jolie
		Et c'est un autre amour
		Qui revient pour toujours.
		Ils partent dans le jour.
		Ils s'aimeront toute la vie, foll'ment.
		Foll'ment.



L'homme que j'aimerai

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

		L'homme que j'aimerai,
		'y a si longtemps que je l'aime.
		Lorsque je l'aurai,
		J' vous jure que j' le garderai,
		Du moins, j'essaierai
		Les hommes sont tous les m&#234;mes.
		En tout cas, nous deux,
		Nous essaierons d'&#234;tre heureux
		L'homme que j'aimerai,
		Je n' l'ai vu que dans mes r&#234;ves.
		D&#233;j&#224; l'douze avril.
		Mon amour, quand viendra-t-il?

		Il a de blanches mains immenses
		Qui ne vous caressent qu'apr&#232;s
		Un c&#339;ur de quatorze juillet,
		Plein de p&#233;tards et de romance,
		De petits vins blancs et de danse,
		Un c&#339;ur qui est fait pour s'y blottir
		Si grand qu' j'en pourrais pas sortir.

		L'homme que j'aimerai,
		'y a si longtemps que je l'aime.
		Quand il me verra,
		S&#251;r qu'il me reconna&#238;tra.
		Il murmurera:
		"Tu es bien toujours la m&#234;me"
		Alors, tous les deux,
		Nous serons peut-&#234;tre heureux
		Mais quand je l'aurai,
		Cet amoureux dont je r&#234;ve,
		Je ne penserai
		Qu'au jour o&#249; je le perdrai
		L'homme que j'aimerai



L'hymne &#224; l'Amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1949

autres interpr&#232;tes: Armand Mestral, Michel Chaineaud, Marcel Merk&#232;s, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday, Georgette Lemaire

		Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
		Et la terre peut bien s'&#233;crouler
		Peu m'importe si tu m'aimes
		Je me fous du monde entier
		Tant qu'l'amour inond'ra mes matins
		Tant que mon corps fr&#233;mira sous tes mains
		Peu m'importent les probl&#232;mes
		Mon amour puisque tu m'aimes

		J'irais jusqu'au bout du monde
		Je me ferais teindre en blonde
		Si tu me le demandais
		J'irais d&#233;crocher la lune
		J'irais voler la fortune
		Si tu me le demandais

		Je renierais ma patrie
		Je renierais mes amis
		Si tu me le demandais
		On peut bien rire de moi
		Je ferais n'importe quoi
		Si tu me le demandais

		Si un jour la vie t'arrache &#224; moi
		Si tu meurs que tu sois loin de moi
		Peu m'importe si tu m'aimes
		Car moi je mourrai aussi
		Nous aurons pour nous l'&#233;ternit&#233;
		Dans le bleu de toute l'immensit&#233;
		Dans le ciel plus de probl&#232;mes
		Mon amour crois-tu qu'on s'aime
		Dieu r&#233;unit ceux qui s'aiment



L'orgue des amoureux

Paroles: Francis Carco. Musique: Varel amp; Bailly 1949

autres interpr&#232;tes: Mouloudji (1959)

		Un vieil orgue de Barbarie
		Est venu jouer l'autre jour
		Sous ma fen&#234;tre, dans la cour
		Une ancienne chanson d'amour
		Et pour que rien, rien ne varie,
		Amour rimait avec toujours.
		En &#233;coutant cette romance
		Qui me rappelait le pass&#233;,
		Je crus que j'en avais assez
		Mais comme h&#233;las, tout recommence,
		Tout h&#233;las a recommenc&#233;,
		Tout h&#233;las a recommenc&#233;.

		Je t'ai donn&#233; mon c&#339;ur.
		Je t'ai donn&#233; ma vie
		Et mon &#226;me ravie,
		Malgr&#233; ton air moqueur,
		Reprenons tous en ch&#339;ur,
		Est &#224; toi pour la vie.

		C'est pourtant vrai, lorsque j'y pense,
		Que je l'aimais &#233;perduement
		Et que jamais aucun amant
		Ne m'a caus&#233; plus de tourments,
		Mais voil&#224; bien ma r&#233;compense
		D'avoir pu croire en ses serments.
		Il a suffi d'une aventure
		Plus banale en v&#233;rit&#233;
		Pour qu'un beau soir, sans h&#233;siter,
		Il ob&#233;it &#224; sa nature.
		Je ne l'avais pas m&#233;rit&#233;.
		Je ne l'avais pas m&#233;rit&#233;.

		Je t'ai donn&#233; mon c&#339;ur.
		Je t'ai donn&#233; ma vie
		Et mon &#226;me ravie,
		Malgr&#233; ton air moqueur,
		Reprenons tous en ch&#339;ur,
		Est &#224; toi pour la vie.

		Que pouvons-nous contre nous-m&#234;mes?
		Chacun de nous suit son chemin.
		C'est le sort de tous les humains
		Mais ceux qui vont main dans la main
		En se disant tout bas "je t'aime"
		Devraient songer aux lendemains
		Sur une triste ritournelle
		Dont l'&#233;cho s'est vite envol&#233;.
		L'orgue &#224; la fin s'en est all&#233;
		Et, pardonnant &#224; l'infid&#232;le,
		J'ai chant&#233; pour me consoler,
		J'ai chant&#233; pour me consoler.

		Je t'ai donn&#233; mon c&#339;ur.
		Je t'ai donn&#233; ma vie
		Et mon &#226;me ravie,
		Malgr&#233; ton air moqueur,
		Reprenons tous en ch&#339;ur,
		Est &#224; toi pour la vie.
		Je t'ai donn&#233; mon c&#339;ur, je t'ai donn&#233; ma vie



La belle histoire d'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1960

		Quand un homme vient vers moi,
		Je vais toujours vers lui.
		Je vais vers je-ne-sais-quoi.
		Je marche dans la nuit.
		Je cherche &#224; t'oublier
		Et c'est plus fort que moi:
		Je me fais d&#233;chirer.
		Je n'appartiens qu'&#224; toi

		Je n'oublierai jamais
		Nous deux, comme on s'aimait
		Toutes les nuits, tous les jours,
		La belle histoire d'amour
		La belle histoire d'amour
		Pourquoi m'as-tu laiss&#233;e?
		Je suis seule &#224; pleurer,
		Toute seule &#224; chercher
		Un jour o&#249; j'attendais,
		J'ai longtemps attendu.
		J'esp&#233;rais J'esp&#233;rais
		Tu n'es pas revenu.
		Je me suis r&#233;volt&#233;e.
		Je me suis r&#233;sign&#233;e.
		J'ai cri&#233;, j'ai pleur&#233;,
		J'ai ni&#233;, j'ai pri&#233;

		Je n'oublierai jamais
		Nous deux, comme on s'aimait
		Toutes les nuits, tous les jours.
		La belle histoire d'amour
		La belle histoire d'amour
		Pourquoi m'as-tu laiss&#233;e?
		Je suis seule &#224; pleurer,
		Toute seule &#224; chercher

		Quand un homme me pla&#238;t,
		J'fais des comparaisons.
		Je n'arrive jamais
		A lui donner raison.
		C'est ta voix que j'entends.
		C'est tes yeux que je vois.
		C'est ta main que j'attends.
		Je n'appartiens qu'&#224; toi

		Je n'oublierai jamais
		Nous deux, comme on s'aimait
		Toutes les nuits, tous les jours,
		La belle histoire d'amour
		La belle histoire d'amour
		Pourquoi m'as-tu laiss&#233;e?
		Je suis seule &#224; pleurer,
		Toute seule &#224; chercher

		J'esp&#232;re toujours en toi.
		Je sais que tu viendras.
		Tu me tendras les bras
		Et tu m'emporteras
		Et tu m'emporteras
		Et tu m'emporteras
		Et tu m'emporteras
		Et tu m'emporteras
		Et tu m'emporteras



La demoiselle du cinqui&#232;me

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943

		La demoiselle du cinqui&#232;me &#233;tage
		Nous chante &#224; plein c&#339;ur qu'ell' va se marier.
		Para&#238;t qu'ce s'ra un sacr&#233; mariage.
		Voil&#224; c'qu'on entend &#224; chaque palier.
		C'est dr&#244;l' l'amour, comm' &#231;a vous change,
		Ell' qui &#233;tait si triste avant.
		Maint'nant elle a d'la joie d'rechange
		Et des yeux clairs par tous les temps.
		Alors ell' croit que la vie est belle
		Et que les caresses &#231;a pousse partout,
		Que ses amours seront &#233;ternelles
		Et qu'elle a le droit de rir' jusqu'au bout.

		Lui et moi, c'&#233;tait pareil.
		Je croyais au P&#232;r' No&#235;l.
		Je l'aimais &#224; perdre haleine,
		C'&#233;tait pareil.

		Bien entendu, il y a eu maldonne.
		La bell' robe blanche est d&#233;command&#233;e.
		Le gars pr&#233;tend que la blague est bonne
		Car il a tout pris sans rien lui donner.
		L'amour, c'est comm' les ch'mises de soie:
		Deux chos's qui s'ach&#232;t'nt au printemps.
		On fait un rendu pour la soie
		Mais l'amour, c'est plus encombrant.
		Alors la gosse, laiss&#233;e pour compte,
		Ell' passe des nuits, des nuits &#224; pleurer
		Et dans le jour voil&#224; qu'ell' raconte
		La pein' que ses nuits ont mis de c&#244;t&#233;.

		Lui et moi, c'&#233;tait pareil.
		Je croyais au P&#232;r' No&#235;l.
		Je l'aimais &#224; perdre haleine,
		C'&#233;tait pareil.

		La demoisell', qui avait tant d'peine,
		C'&#233;tait &#224; pr&#233;voir, voulut se tuer.
		Elle a voulu se j'ter dans la Seine,
		Voulu ou du moins elle en a parl&#233;.
		Et puis elle a fait une affaire
		Avec le rire d'un grand gars.
		Un jour il lui f'ra des mis&#232;res
		Mais ell' s'en fout, ell'n'y pens' pas,
		Et la voil&#224;, tiens, qui recommence
		A chanter partout qu'ell' va se marier,
		Crier de joie et pleurer d'avance
		Voil&#224; c'qu'on entend &#224; chaque palier

		Toi et moi, c'est tout pareil.
		Il faut croire au P&#232;r' No&#235;l
		Et je t'aime &#224; perdre haleine,
		C'est tout pareil.



La f&#234;te continue

Paroles et Musique: Michel Emer 1949

		La f&#234;te bat son plein, musique et man&#232;ges,
		Nougats, carabines, voyantes, femmes nues.
		Du matin au soir, c'est un long cort&#232;ge:
		Chansons, balan&#231;oires, la f&#234;te continue

		A l'&#233;tage en-dessous, 'y a des gosses qui braillent.
		Le p&#232;re est malade, la m&#232;re est partie.
		Il fout des taloches &#224; toute la marmaille
		Mais le bruit d' la f&#234;te couvre tous leurs cris.
		Au-dessus, deux jeunes gens. Faut voir comme ils s'aiment,
		Oui, mais leurs parents ne veulent rien savoir.
		Ils ont d&#233;cid&#233; qu'ils s'aimeraient quand m&#234;me
		Et qu'ils se tueraient et c'est pour ce soir

		La f&#234;te bat son plein, musique et man&#232;ges,
		Nougats, carabines, voyantes, femmes nues.
		Du matin au soir, c'est un long cort&#232;ge:
		Chansons, balan&#231;oires, la f&#234;te continue

		Plus haut, c'est une veuve. Plus rien n' l'int&#233;resse.
		Elle n'avait qu'un fils, c'&#233;tait toute sa vie
		Il a disparu, emportant la caisse.
		Depuis ce temps-l&#224;, elle pleure jour et nuit.
		Le petit gar&#231;on qui sort de l'&#233;cole
		A eu un z&#233;ro, il sera puni
		Et dimanche prochain, c'est &#231;a qui l' d&#233;sole,
		Au lieu de la f&#234;te, il restera chez lui.

		La f&#234;te bat son plein, musique et man&#232;ges,
		Nougats, carabines, voyantes, femmes nues.
		Du matin au soir, c'est un long cort&#232;ge:
		Chansons, balan&#231;oires, la f&#234;te continue

		En face les p'tits vieux qui sont bien aimables
		Ont perdu leur fille depuis vingt-cinq ans.
		Ils n'ont qu'une marotte: faire tourner les tables.
		Esprit, es-tu l&#224;? Et ils sont contents
		Et moi comme tout le monde, j'assiste &#224; ces drames
		Mais je ferme les yeux, j' pense &#224; mon bonheur.
		Nous nous sommes donn&#233;s tout deux corps et &#226;me.
		On est trop heureux pour avoir du c&#339;ur

		La f&#234;te bat son plein, musique et man&#232;ges,
		Baisers, carabines, "Je t'aime", femme nues.
		Du matin au soir, c'est un long cort&#232;ge:
		Amour, balan&#231;oires, la f&#234;te continue



La foule

Paroles: Enrique Dizeo adapt fr: Michel Rivgauche. Musique: Angel Cabral 1953

Titre original: "Amore de mis amores"

autres interpr&#232;tes: Armand Mestral (1958) Paco (en espagnol 1988)

		Je revois la ville en f&#234;te et en d&#233;lire
		Suffoquant sous le soleil et sous la joie
		Et j'entends dans la musique les cris, les rires
		Qui &#233;clatent et rebondissent autour de moi
		Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
		&#201;tourdie, d&#233;sempar&#233;e, je reste l&#224;
		Quand soudain, je me retourne, il se recule,
		Et la foule vient me jeter entre ses bras

		Emport&#233;s par la foule qui nous tra&#238;ne
		Nous entra&#238;ne
		&#201;cras&#233;s l'un contre l'autre
		Nous ne formons qu'un seul corps
		Et le flot sans effort
		Nous pousse, encha&#238;n&#233;s l'un et l'autre
		Et nous laisse tous deux
		&#201;panouis, enivr&#233;s et heureux.

		Entra&#238;n&#233;s par la foule qui s'&#233;lance
		Et qui danse
		Une folle farandole
		Nos deux mains restent soud&#233;es
		Et parfois soulev&#233;s
		Nos deux corps enlac&#233;s s'envolent
		Et retombent tous deux
		&#201;panouis, enivr&#233;s et heureux

		Et la joie &#233;clabouss&#233;e par son sourire
		Me transperce et rejaillit au fond de moi
		Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
		Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras

		Emport&#233;s par la foule qui nous tra&#238;ne
		Nous entra&#238;ne
		Nous &#233;loigne l'un de l'autre
		Je lutte et je me d&#233;bats
		Mais le son de sa voix
		S'&#233;touffe dans les rires des autres
		Et je crie de douleur, de fureur et de rage
		Et je pleure

		Entra&#238;n&#233;e par la foule qui s'&#233;lance
		Et qui danse
		Une folle farandole
		Je suis emport&#233;e au loin
		Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole
		L'homme qu'elle m'avait donn&#233;
		Et que je n'ai jamais retrouv&#233;



La goualante du pauvre Jean

Paroles: Ren&#233; Rouzaud

		&#201;sgourdez rien qu'un instant
		La goualante du pauvre Jean
		Que les femmes n'aimaient pas
		Mais n'oubliez pas
		Dans la vie y a qu'une morale
		Qu'on soit riche ou sans un sou
		Sans amour on n'est rien du tout
		(On n'est rien du tout)

		Il vivait au jour le jour
		Dans la soie et le velours
		Il piaussait dans de beaux draps
		Mais n'oubliez pas
		Dans la vie on est peau de balle
		Quand notre coeur est au clou
		Sans amour on n'est rien du tout
		(On n'est rien du tout)

		Il bectait chez les barons
		Il guinchait dans les salons
		Et lichait tous les tafias
		Mais n'oubliez pas
		Rien ne vaut une belle fille
		Qui partage notre rago&#251;t
		Sans amour on n'est rien du tout
		(On n'est rien du tout)

		Pour gagner des picaillons
		Il fut un m&#233;chant larron
		On le saluait bien bas
		Mais n'oubliez pas
		Un jour on fait la pirouette
		Et derri&#232;re les verrous
		Sans amour on n'est rien du tout
		(On n'est rien du tout)

		&#201;sgourdez bien jeunes gens
		Profitez de vos vingt ans
		On ne les a qu'une fois
		Et n'oubliez pas
		Plut&#244;t qu'une cordelette
		Mieux vaut une femme &#224; son cou
		Sans amour on n'est rien du tout
		(On n'est rien du tout)

		Et voil&#224; mes brave gens
		La goualante du pauvre Jean
		Qui vous dit en vous quittant
		Aimez-vous



La java de C&#233;zigue

Paroles: Groffe. Musique: Eblinger 1936

		C&#233;zigue est un p'tit bonhomme
		Aux joues joufflues comme une pomme
		Qui joue l'accord&#233;on
		Le soir chez un bougnat de la rue d'Charenton.
		Hop!
		Faut l'voir avec sa casquette
		Mise &#224; la casseur d'assiettes
		Et son p'tit bout d'm&#233;got
		Qui l'fait sans arr&#234;t clignoter des carreaux.
		Moi, d'habitude, la musique,
		C'est rigolo, &#231;a me donne envie d'roupiller,
		&#199;a me rend neurasth&#233;nique
		Et j'me sens pas du tout pour gambiller.
		Ah oui, mais quand c'est l'p'tit C&#233;zigue
		En bras d'chemise qui fait l'zigue.
		Il tire des sons d'son accord&#233;on.
		&#199;a fiche le frisson.
		On vous corne dans les oreilles
		Que les javas sont toutes pareilles.
		Et ben ceux qui disent &#231;a
		C'est qu'ils connaissent pas
		C&#233;zigue et sa java. Hop!

		Quand l'C&#233;zigue a fait une touche,
		La m&#244;me n'attrape pas les mouches
		Et la carr&#233;e d'l'h&#244;tel
		Devient subitement la succursale du ciel
		Et puis apr&#232;s, le b&#233;guin s'tasse.
		Pour un mot qui n'est pas en place,
		C'est fini d'rigoler.
		C&#233;zigue s'est d&#233;guis&#233;
		En machine bossel&#233;e.
		Quand un monsieur ordinaire
		Corrige une dame parce qu'il a les nerfs agac&#233;s,
		&#199;a change de place la poussi&#232;re
		Et, cinq minutes apr&#232;s, tout est class&#233;.
		Ah! Ah oui, mais quand c'est l'p'tit C&#233;zigue
		En bras d'chemise qui fait l'zigue,
		Il fout des gnons,
		Oh cr&#233; nom de nom,
		Quelle distribution!
		On vous corne dans les oreilles
		Que les javas sont toutes pareilles.
		Eh ben ceux qui disent &#231;a,
		C'est qu'ils connaissent pas
		C&#233;zique et sa java. Hop!

		Vous pensez bien que C&#233;zigue
		Ne sort pas d'une caisse de piques
		Comme on le demande partout.
		Qu'il fasse n'importe quoi,
		C'est jamais pour des sous
		Ni pour &#234;tre tout comme les potes.
		On remet &#231;a &#224; la belote
		Ou bien sur un toquard
		Qui fait sur la pelouse
		De grands coups de Trafalguard.
		Mais non! Ah!
		Non pour une ann&#233;e &#224; la planque
		Sans avoir fait la Bugatti
		Comme un gigolo,
		Il a un compte &#224; la banque
		Et une belle petite cr&#232;che au bord de l'eau.
		Aussi, quand on voit C&#233;zigue
		En bras de chemise qui fait l'zigue
		Sans attiger,
		M&#234;me les &#233;trangers
		Disent: "Il sait nager".
		On vous corne dans les oreilles
		Que la vie n'est pas une merveille.
		Hah!
		Eh ben ceux qui disent &#231;a,
		C'est qu'ils connaissent pas
		C&#233;zigue et sa java.
		Hop!



La Julie jolie

Paroles: G.Cout&#233;. Musique: L.Daniderff 1936

		A la lu&#233;e de la Saint-Jean,
		Un fermier qui se raclait des rentes
		Dans le champ de mis&#232;re des pauvres gens
		Alla s'enqu&#233;rir d'une servante.
		Apr&#232;s avoir hoch&#233; longtemps
		Pour quatre paires de sabiots par an
		Avec la cro&#251;te, et puis le logement,
		Il fit embauche de la Julie,
		La Julie, qu'&#233;tait si jolie

		Il l'employa sans un brin de repos,
		Du fin matin &#224; la nuit grande,
		A mener p&#226;turer les bestiaux
		Dans l'herbe d&#233;leud&#233;e de la lande,
		Mais un soir qu'il &#233;tait tout joyeux
		D'avoir lich&#233; queuqu's coups d'vin,
		Il se sentit devenir amoureux
		Et sauta dans le lit de la Julie,
		La Julie, qu'&#233;tait si jolie

		Depuis c'jour-l&#224;, devenu fou d'amour,
		Il t'y paya des amusettes,
		Des affutiaux qu'l'orf&#232;v' du bourg
		Vous compte toujours des yeux d'la t&#234;te
		Puis vendit br&#234;maill's et gen&#234;ts,
		Vendit sa lande et son troupet
		A seule fin de s'faire des jaunets
		Pour mettre dans le bas blanc de la Julie,
		La Julie, qu'&#233;tait si jolie

		Si bien qu'un coup qu'il eut plus rien,
		Il eut vendu jusqu'&#224; sa ferme,
		A'l'mit dehors au vent du chemin
		Comme un gars qui pai' plus son terme,
		Mais ce jour-l&#224;, c'&#233;tait la Saint-Jean.
		Pour quatre paires de sabiots par an
		Avec la cro&#251;te et puis le logement,
		Il s'embaucha chez la Julie,
		La Julie, qu'&#233;tait si jolie



La p'tite marie

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1950

		Tout comme je traversais l'avenue,
		Quelqu'un s'est cogn&#233; dans ma vue
		Et qui m'a dit &#224; br&#251;le-pourpoint:
		"Vous connaissiez la p'tite Marie,
		Si jeune, et surtout si jolie?
		Ben, elle est morte depuis ce matin"
		"Mais comment &#231;a? C'est effroyable!"
		"C'est pire que &#231;a: c'est incroyable!"
		"Hier encore et aujourd'hui"
		"Eh oui, voil&#224; Tous est fini"
		Alors l&#224;, j'ai pens&#233; &#224; nous,
		Aux petites histoires de rien du tout,
		Aux choses qui prennent des proportions
		Rien que dans notre imagination.
		C'est pas grand chose, un grand amour.
		Ah non, vraiment, &#231;a ne p&#232;se pas lourd.
		Pour peu qu'on se quitte sur une dispute
		Et que la fiert&#233; entre dans la lutte,
		Qu'on s'en aille chacun de son c&#244;t&#233;,
		R'garde un peu ce qui peut t'arriver

		Je la revois, la p'tite Marie.
		Mon Dieu, comme elle &#233;tait jolie.
		'y a des coups vraiment malheureux.
		Elle avait tout pour &#234;tre heureuse.
		Bien s&#251;r, elle est pas malheureuse
		Mais lui qui reste, &#231;a c'est affreux.
		Qu'est-ce qu'il va faire de ses journ&#233;es
		Et de toutes ses nuits, et de ses ann&#233;es?
		Hier encore et aujourd'hui
		Leur belle histoire, elle est finie.
		Alors l&#224;, moi, je pense &#224; nous,
		Aux p'tites histoires de rien du tout,
		Aux choses qui prennent des proportions
		Rien que dans notre imagination.
		Comment t'ai-je quitt&#233; ce matin?
		On a voulu faire les malins.
		On s'est quitt&#233;s sur une dispute
		Et on a jou&#233; &#224; c&#339;ur qui lutte,
		Alors t'es parti de ton c&#244;t&#233;.
		Pourvu qu'il n'te soit rien arriv&#233;

		Mon Dieu, ayez piti&#233; de moi.
		Demandez-moi n'importe quoi,
		Mais lui, surtout, laissez-le moi

		Oh, mon ch&#233;ri, tu &#233;tais l&#224;
		Je parlais seule, comme tu le vois
		Mon amour, prends-moi dans tes bras.
		Non ne dis rien C'est &#231;a, tais-toi.
		Tu te souviens d' la p'tite Marie?
		La gosse qui aimait tant la vie
		Ben, elle est morte depuis ce matin.
		Oui, comme tu dis, c'est effroyable
		C'est pire que &#231;a, c'est incroyable
		Serre-moi plus fort tout contre toi
		Ch&#233;ri Comme je suis bien dans tes bras.



La petite boutique

Paroles: Rom&#233;o Carles. Musique: O. Hodeige 1936

		Je sais, dans un quartier d&#233;sert,
		Un coin qui se donne des airs
		De province aristocratique.
		J'y d&#233;couvris l'autre saison,
		Encastr&#233;e entre deux maisons,
		Une miniscule boutique.
		Un beau chat noir &#233;tait vautr&#233;
		Sur le seuil quand je suis entr&#233;e.
		Il leva sur moi ses prunelles
		Puis il eut l'air en me voyant
		De se dire: "Tiens! Un client
		Quelle chose sensationnelle!"

		Ce magazin d'antiquit&#233;s
		Excitait ma curiosit&#233;
		Par sa d&#233;su&#232;te apparence.
		Une clochette au son f&#234;l&#233;
		Se mit &#224; tintinnabuler.
		Dans le calme et ti&#232;de silence,
		Soudain, sorti je ne sais d'o&#249;,
		Un petit vieillard aux yeux doux
		Me fit un grand salut baroque
		Et j'eus l'&#233;trange sentiment
		De vivre un tr&#232;s ancien moment
		Fort &#233;loign&#233; de notre &#233;poque.

		Je marchandais un vieux bouquin
		Dont la reliure en maroquin
		Gardait l'odeur des chambres closes
		Lorsque, je ne sais trop comment,
		Je me mis, au bout d'un moment,
		A parler de tout autre chose
		Mais le vieux ne connaissait rien.
		Quel &#233;tonnement fut le mien
		De constater que le bonhomme
		Ne savait rien, &#233;videmment,
		Des faits et des &#233;v&#233;nements
		Qui passionnaient les autres hommes.

		Il ignorait tout de ce temps,
		Aussi bien les gens importants
		Que les plus c&#233;l&#232;bres affaires
		Et c'&#233;tait peut-&#234;tre cela
		Qui, dans ce tranquille coin-l&#224;,
		Cr&#233;ait cette &#233;trange atmosph&#232;re.
		J'acquis le bouquin poussi&#233;reux
		Et je partis le c&#339;ur heureux.
		Le chat noir, toujours impassible,
		Dans un petit clignement d'yeux
		Parut me dire, malicieux:
		"Tu ne croyais pas &#231;a possible!"

		Je m'en allai, et puis voil&#224;.
		Mon anecdote finit l&#224;
		Car cette histoire ne comprend
		Ni chute, ni moralit&#233;
		Mais quand je suis trop affect&#233;e
		Par le potins que l'on colporte,
		Par les scandales d&#233;go&#251;tants,
		Par les proc&#233;d&#233;s r&#233;voltants
		Des requins de la politique,
		Afin de mieux m'&#233;loigner d'eux
		Je vais passer une heure ou deux
		Dans cette petite boutique



La rue aux chansons

Paroles et Musique: Michel Emer 1951

		C'est la rue aux chansons.
		C'est la rue de la joie
		O&#249;, dans toutes les maisons,
		Sans rimes, ni raison,
		L'on chante &#224; pleine voix
		D&#232;s le lever du jour.
		Tout le monde est heureux
		Et chacun, &#224; son tour,
		Dans le gris des faubourgs,
		Invente le ciel bleu.
		L'on n'y rencontre pas
		Des amours malheureuses.
		On s'aime, on ne s'aime pas.
		On s'embrasse, on s'en va.
		On chante, et puis voil&#224;.
		Vous, les d&#233;senchant&#233;s
		Qui pleurez sans raison,
		Pour apprendre &#224; chanter
		Venez tous habiter
		Dans la rue aux chansons.

		On se serrera
		Un tout petit peu.
		'y en a pour trois
		Quand il y en a pour deux.
		Luxe et confort, &#231;a nous est bien &#233;gal.
		Pas besoin de &#231;a dans la rue aux cigales.

{2x l'ensemble}



La s&#233;r&#233;nade du pav&#233;

Paroles et Musique: Jean Varney 1894

autres interpr&#232;tes: Fragson (1895), Edith Piaf (BO film "French Cancan" 1954), Anny Flore (1965), Jack Lantier (1970)

note: dans BO film "French cancan"

		Si je chante sous ta fen&#234;tre,
		Ainsi qu'un galant troubadour
		Et si je veux t'y voir para&#238;tre,
		Ce n'est pas, h&#233;las, par amour.
		Que m'importe que tu sois belle,
		Duchesse, ou lorette aux yeux doux
		Ou que tu laves la vaisselle,
		Pourvu que tu jettes deux sous.

		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai si souvent chant&#233;.
		Ton offrande est la bienvenue.
		Fais-moi la charit&#233;.
		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai si souvent chant&#233;.
		Devant moi, devant moi, sois la bienvenue.

		L'amour, vois-tu, moi, je m'en fiche.
		Ce n'est beau que dans les chansons.
		Si quelque jour, je deviens riche,
		On m'aimera bien sans fa&#231;on.
		J'aurais vite une ch&#226;telaine
		Si j'avais au moins un ch&#226;teau
		Au lieu d'un vieux tricot de laine
		Et des bottines prenant l'eau.

		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai si souvent chant&#233;.
		Ton offrande est la bienvenue.
		Fais-moi la charit&#233;.
		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai si souvent chant&#233;.
		Devant moi, devant moi, sois la bienvenue.

		Mais ta fen&#234;tre reste close
		Et les deux sous ne tombent pas.
		J'attends cependant peu de choses.
		Jette-moi ce que tu voudras.
		Argent, pain sec ou vieilles hardes,
		Tout me fera plaisir de toi
		Et je prierai Dieu qu'il te garde
		Un peu mieux qu'il n'a fait pour moi.

		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai souvent chant&#233;.
		Ton offrande est la bienvenue.
		Fais-moi la charit&#233;.
		Sois bonne, &#244; ma ch&#232;re inconnue
		Pour qui j'ai si souvent chant&#233;.
		Devant moi, devant moi, sois la bienvenue



La valse de l'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951

		C'est la valse d'amour
		Qu'on chante dans les faubourgs.
		C'est la romance
		Que chacun danse
		En attendant l'amour.
		Il y a toujours un c&#339;ur
		Qui cherche un autre c&#339;ur,
		Alors commence
		Une romance.
		C'est la valse d'amour.

		Il habitait juste en face de chez elle.
		Elle habitait juste en face de chez lui.
		Il a pens&#233;: "Oh mon Dieu, qu'elle est belle!"
		Elle a pens&#233;: "Il n'y a pas mieux que lui."

		C'est la valse d'amour
		Qu'on chante dans les faubourgs.
		C'est la romance
		Que chacun danse
		En attendant l'amour.
		Il y a toujours un c&#339;ur
		Qui cherche un autre c&#339;ur,
		Alors commence
		Une romance.
		C'est la valse d'amour.

		Il y a toujours un gar&#231;on pour une fille.
		Il y a toujours une fille pour un gar&#231;on,
		Alors, pour peu que la fille soit gentille,
		L'histoire s'arrange d'une tendre fa&#231;on.

		C'est la valse d'amour
		Qu'on chante dans les faubourgs.
		C'est la romance
		Que chacun danse
		En attendant l'amour.
		Il y a toujours un c&#339;ur
		Qui cherche un autre c&#339;ur,
		Alors commence
		Une romance.
		C'est la valse d'amour.



La vie en rose

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1946

autres interpr&#232;tes: C&#233;line Dion, Dalida (1965), Diana Kroll, Donna Summer, Ella Fitzgerald amp; Louis Armstrong, Emilie Simon, Franck Pourcel, Grace Jones, Jacqueline Fran&#231;ois, Jos&#233;phine Baker, Marl&#232;ne Dietrich, Mireille Mathieu, Patachou, Patricia Kaas, Tohama, Yves Montand

note: Et encore beaucoup d'autres dont: Ute Lemper, Pascal Of Bollywood,

		Des yeux qui font baisser les miens
		Un rire qui se perd sur sa bouche
		Voil&#224; le portrait sans retouche
		De l'homme auquel j'appartiens

{}

		Quand il me prend dans ses bras,
		Il me parle tout bas
		Je vois la vie en rose,
		Il me dit des mots d'amour
		Des mots de tous les jours,
		Et &#231;a m'fait quelque chose
		Il est entr&#233; dans mon c&#339;ur,
		Une part de bonheur
		Dont je connais la cause,
		C'est lui pour moi,
		Moi pour lui dans la vie
		Il me l'a dit, l'a jur&#233;
		Pour la vie
		Et d&#232;s que je l'aper&#231;ois
		Alors je sens en moi
		Mon c&#339;ur qui bat

		Des nuits d'amour &#224; plus finir
		Un grand bonheur qui prend sa place
		Des ennuis, des chagrins s'effacent
		Heureux, heureux &#224; en mourir

{au Refrain}


{Nota: variante pour le dernier couplet:}

		Des nuits d'amour &#224; en mourir
		Un grand bonheur qui prend sa place
		Les ennuis, les chagrins s'effacent
		Heureux, heureux pour mon plaisir



La vie, l'amour

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Robert Chauvigny 1960

		La vie, la vie &#231;a se trouve
		Dans l'amour.
		L'amour, l'amour &#231;a se perd
		Dans la vie.
		La vie, la vie &#231;a se donne
		Par l'amour.
		L'amour, l'amour &#231;a se prend
		Par envie.
		La vie, la vie &#231;a r&#234;ve
		A l'amour.
		L'amour, l'amour s'&#233;veille
		A la vie,
		Car la vie, mais c'est l'amour.

		Oui la vie, c'est l'amour
		Et l'amour, c'est la vie.
		Pas de vie, sans amour.
		Pas d'amour, sans la vie.
		Notre vie pour l'amour,
		Notre amour pour la vie.
		Mon amour, tu es ma vie.

		La vie, la vie &#231;a chante
		Dans l'amour.
		L'amour, l'amour &#231;a crie
		Dans la vie.
		La vie, la vie nous donne
		Tout l'amour.
		L'amour, l'amour nous prend
		Toute la vie.
		La vie, la vie &#231;a meurt
		Pour l'amour.
		L'amour, l'amour &#231;a vit
		Pour la vie.
		C'est l'amour
		Et c'est la vie



La ville inconnue

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1960

		Dans la ville inconnue,
		Je n'aime rien.
		Je prends toujours des rues
		Qui vont trop loin,
		D'interminables rues
		O&#249; je me perds,
		Des quais, des avenues
		Et des boulevards d&#233;serts
		Puis, entre deux maisons,
		J'entends le tintamarre
		D'un long train sur un pont
		Qui s'en va quelque part.

		Dans la ville inconnue,
		Soir et matin,
		Comme ce chien perdu,
		Je vais et je reviens.
		Il y a les passants
		Qui ont l'air de vous fuir
		Et qui n'ont pas le temps
		De vous faire un sourire.

		Dans la ville inconnue,
		Quand vient la nuit,
		J'ai peur des murs tout nus,
		Des murs tout gris.
		J'ai peur de cet h&#244;tel
		Au lit trop froid
		Et du matin cruel
		Qui me r&#233;veillera,
		Car je voudrais dormir,
		Dormir m&#234;me le jour
		Avec mes souvenirs,
		Mes souvenirs d'amour.

		Dans la ville inconnue,
		Je pense &#224; toi,
		Mais toi, te souviens-tu
		Encore un peu de moi?



Le ballet des coeurs

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Norbert Glanzberg 1958

		Dans un coin de la ville,
		' y a un c&#339;ur bien tranquille
		Qui se balance, qui se balance.
		A l'autre bout de la cit&#233;,
		' y a un c&#339;ur isol&#233;
		Qui s'avance, qui s'avance.
		Ces deux c&#339;urs, on dirait
		Deux danseurs d'un ballet
		Qui s'&#233;lancent, qui s'&#233;lancent.
		Ils s'approchent, ils s'&#233;cartent,
		Ils se croisent, ils repartent
		Et ils dansent!

		Mais un jour,
		Sur la pointe des pieds, appara&#238;t,
		Et glissant comme sur du velours,
		Le plus grand des ma&#238;tres de ballet.
		C'est l'amour! C'est l'amour! C'est l'amour!

		Et l'amour r&#233;unit
		Les deux c&#339;urs &#233;panouis
		Qui s'&#233;lancent, qui s'&#233;lancent.
		Moulinets, battements,
		Pas de deux tout le temps,
		Comme ils dansent! Comme ils dansent!
		Les sourires et les joies
		Tambourinent chaque fois
		En cadence, en cadence,
		D&#233;cha&#238;n&#233;s, passionn&#233;s
		Martel&#233;s, affaiss&#233;s,
		Ils s'avancent

		C'est alors qu'un troisi&#232;me
		Appara&#238;t, et de m&#234;me
		Il s'avance, il s'avance
		On l'appelle "joli c&#339;ur".
		Il s&#233;pare les deux c&#339;urs
		En silence en silence
		Grand &#233;cart et d&#233;fi,
		Volte-face, jalousie
		Qui commence, qui commence
		Et puis tout recommence:
		' y a deux c&#339;urs qui s'&#233;lancent
		Dans la danse

		Possession, impatience
		Un c&#339;ur tu&#233;, pi&#233;tin&#233;
		Et puis tout recommence:
		' y a deux c&#339;urs qui s'&#233;lancent
		Dans la danse



Le billard &#233;lectrique

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

		"Pas la peine de suivre l'aiguille.",
		Dit le patron du bar,
		"&#199;a n'avance &#224; rien
		Elle est en retard!
		Va jouer aux billes
		&#199;a passe le temps et &#231;a fait du bien"

		Il met ses vingt balles dans la m&#233;canique
		Un d&#233;clic!
		Les billes sautent au garde-&#224;-vous!
		La premi&#232;re bondit comme une hyst&#233;rique.
		&#199;a cavale, &#231;a sonne, &#231;a s'allume partout!
		Ding! Ding! &#199;a cr&#233;pite comme une mitraillette
		Ding! Un &#339;il fait "tilt" Ding! Une bouche fleurit!
		Une pin-up s'&#233;claire des pieds &#224; la t&#234;te
		Au fond de la vitrine en verre d&#233;poli.
		Cent mille! C'est le ballet des nombres magiques!
		Deux cent! Re-ding-ding!!
		La bille n'&#233;coute pas
		Elle baisse dans le couloir comme prise de panique
		Zut! Rat&#233;! Huit heures
		Elle ne viendra pas

		"A quoi sert de guetter la porte?",
		Dit le patron du bar,
		"Faut pas s'&#233;nerver
		Vous &#234;tes beau gosse
		Elle, elle est pas morte!
		Une de perdue, dix de retrouv&#233;es"

		Il remet vingt balles dans la m&#233;canique.
		De ses doigts crisp&#233;s, il tend le ressort.
		La bille s&#232;me partout des flashes &#233;lectriques,
		Pas autant, pourtant,
		Qu' 'y en a dans son corps
		Ah! La sacr&#233;e garce! Elle ira quand m&#234;me
		Re-ding! Ding! &#199;a y est!
		Dans l'trou des cinq cent!!!
		Une partie &#224; l'&#339;il, il comprend le syst&#232;me
		Et ding! Et re-ding!! &#199;a devient angoissant
		Ding! Ding! Il s'agrippe, il secoue, il cogne
		Ding! Comme si c'&#233;tait
		"Hol&#224;! Faudrait voir!
		Il va tout casser", dit le patron qui rogne
		Zut! Le jeu s'&#233;teint! Neuf heures
		Plus d'espoir
		Il s'excuse, il s'en va livide,
		Les nerfs d&#233;tendus, mais le c&#339;ur si gros.
		"Il va jouer ailleurs",
		Dit le patron candide
		"Il va jouer ailleurs, ou bien se foutre &#224; l'eau"

		Ding! Cent mille! Ding! Ding! Deux cent mille!
		Trois cent! Quatre cent!
		Cinq cent mille!
		Ding! Ding! Ding! Re-ding! Ding! DING! TILT!!!



Le bleu de tes yeux

		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre le ciel
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		Mais c'est sensationnel,
		Tant de bleu."
		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre tes yeux
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		C'est vraiment merveilleux,
		Tant de bleu."

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi,
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.

		Si un jour tu devais t'en aller
		Et me quitter,
		Mon destin changerait tout &#224;-coup
		Du tout au tout.

		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.
		Plus noir que le noir de mon c&#339;ur,
		La terre en profondeur
		N'aurait pas sa noirceur.
		Plus vide que mes jours sans toi,
		Aucun gouffre sans fond
		Ne s'en approchera.
		Plus long que mon chagrin d'amour,
		M&#234;me l'&#233;ternit&#233;
		Pr&#232;s de lui serait court.
		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.

		On a tort de penser, je sais bien,
		Aux lendemains.
		A quoi bon se compliquer la vie
		Puisqu' aujourd'hui

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois que les r&#234;ves
		Que m'apportent tes yeux



Le bruit des villes

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

		Bam! Bam! V'l&#224; la vie,
		Bam! Bam! En batterie,
		Bam! Bam! En furie.
		V'l&#224; la vie qui m'fait peur!
		Bam! Bam! Le tapage
		Bam! Bam! De l'orage
		Bam! Bam! Qui soulage
		Le grand ciel en chaleur
		Bam! Bam! De l'usine
		Bam! Bam! De la mine
		Bam! Bam! Tambourinent
		Les marteaux du labeur.
		Bam! Bam! Dans les soutes
		Bam! Bam! Sur les routes
		Bam! Bam! Je l'&#233;coute,
		Ce Bam-Bam de malheur!

		Entre tes bras, dans le calme des nuits,
		J'ai tant besoin d'oublier tout ce bruit!
		D&#233;livre-moi de l'enfer de cette vie
		Fais-moi mon coin de paradis

		Bam! Bam! Qui s'ent&#234;te
		Bam! Bam! Dans ma t&#234;te,
		Bam! Bam! &#199;a temp&#234;te,
		Cr&#232;ve le mur du bonheur.
		Bam! Bam! &#199;a percute,
		Bam! Bam! &#199;a chahute,
		Bam! Bam! &#199;a culbute
		Tout ce que j'ai dans mon c&#339;ur.
		Bam! Bam! J'ai beau faire
		Bam! Bam! Et me taire,
		Bam! Bam! Sa col&#232;re
		Roule un bruit de tambour!
		Bam! Bam! Et je sombre
		Bam! Bam! Parmi l'ombre
		Bam! Bam! Des d&#233;combres,
		Sauve-moi mon amour

		Bam! Bam!
		Bam! Bam!
		Bam! Bam!



Le brun et le blond

		Dans ma p'tite vie y a deux gar&#231;ons
		Y en a un brun et puis un blond
		Qui m'aiment tous deux &#224; leur mani&#232;re
		Le brun a l'air triste et s&#233;rieux
		Et le blond rit de tous ses yeux
		J'crois bien qu'c'est l'brun que je pr&#233;f&#232;re
		Il est plus jeune, il est plus beau
		Il a une belle couleur de peau
		Un coeur tout pur, plein d'choses toutes belles

		Oui mais le blond n'a qu'&#224; s'amener
		Avec son air de rigoler
		C'est pour lui qu'j'ai envie d'&#234;tre belle
		Le brun me parle tr&#232;s gravement
		De son amour, de ses tourments
		Avec une belle voix qui chante
		Il dit qu'il se tuerait s&#251;rement
		Si je ne l'aimais pas tout l'temps
		Ou si un jour j'&#233;tais m&#233;chante
		Ca m'impressionne, &#231;a m'fait tout dr&#244;le
		C'est vraiment lui qui a l'beau r&#244;le
		Y a pas &#224; dire, c'est lui qui m'aime

		Quand j'parle au blond d'se suicider
		Y m'dit "Non, tu veux rigoler?"
		Mais j'aime bien l'embrasser quand m&#234;me
		Ca s'est pass&#233; en plein mois d'ao&#251;t
		On n'y a rien compris du tout
		Il &#233;tait v'nu boire de la bi&#232;re
		Quand il a eu vid&#233; son bock
		On a entendu un p'tit "toc"
		Ah, la patronne &#233;tait pas fi&#232;re!
		Il &#233;tait l&#224;, tranquille comme tout
		Avec au front un tout p'tit trou
		Mon Dieu, que cette histoire est b&#234;te

		C'&#233;tait mon blond qui &#233;tait parti
		En m'laissant un p'tit mot &#233;crit
		"J'ai assez ri. Salut p'tite t&#234;te".



Le chacal

Paroles: Raymond Asso, Charles Seider. Musique: Juel 1938

		On l'avait surnomm&#233; l'Chacal.
		C'&#233;tait un type ph&#233;nom&#233;nal,
		Un grand, aux &#233;paul's magnifiques,
		L'air d'un sauvagage, un peu cr&#226;neur.
		Il avait d&#233;croch&#233; mon c&#339;ur
		Comm' &#231;a, d'un sourire ironique,
		Le soir, &#224; l'heure de l'ap&#233;ro.
		Il s'amenait dans notr' bistro,
		Toujours tout seul, sans un copain
		En fredonnant un dr&#244;le de r'frain.

		Pan Pan l'Arbi C'est l'Chacal qu'est par ici.
		Y s'mettait au bout du comptoir,
		Le r'gard lointain comm' sans rien voir.
		J'attendais toujours qu'il me cause,
		Qu'y r'mue un peu, qu'y fasse qu&#233;qu'chose
		Mais il restait indiff&#233;rent
		Et sifflotait entre ses dents:
		Pan Pan l'Arbi C'est l'Chacal qu'est par ici.

		Personn' connaissait son boulot
		Et on parlait derri&#232;r' son dos.
		On disait: "Qu'est c'qu'y manigance?"
		Les homm's le r'gardaient par en d'ssous.
		Les femm's lui faisaient les yeux doux.
		Parfois y avait de grands silences.
		La peur montait dans les cervaux.
		"C'est p't'&#234;tre un flic, ce gars costaud?"
		Mais lui souriait avec d&#233;dain
		Et leur crachait toujours son refrain.

		Pan Pan l'Arbi C'est l'Chacal qu'est par ici.
		Les mains dans les poch's du veston,
		Y' semblait dir': "Venez-y donc!"
		J'attendais toujours qu'il leur cause,
		Qu'y r'mue un peu, qu'y fass' qu&#233;qu'chose
		Mais il restait indiff&#233;rent
		Et sifflotait entre ses dents:
		Pan Pan l'Arbi C'est l'Chacal qu'est par ici.

		Et puis un soir qu'il f'sait tr&#232;s chaud,
		Qu'les nerfs &#233;taient &#224; fleur de peau
		Et qu'&#231;a sentait partout l'orage,
		Comme il gueulait son sacr&#233; r'frain
		Un homm' sur lui leva la main,
		Alors il bondit pris de rage.
		Il s'est battu sans dire un mot
		Mais eux les l&#226;ch's, ils &#233;taient trop
		Et tout d'un coup, j'l'ai vu tomber
		Alors seul'ment il m'a parl&#233;:

		Pan Pan l'Arbi,
		Les salauds qu'est c'qu'ils m'ont mis
		Et puis il a ferm&#233; ses yeux
		En soupirant: "&#199;a vaut p't'&#234;tr' mieux."
		Moi, j'avais froid, comm' de la fi&#232;vre,
		Mais j'ai voulu go&#251;ter ses l&#232;vres
		Au moins un' fois, car je l'aimais!
		On a jamais su c'qu'il cherchait
		Pan Pan l'Arbi,
		Plus d'Chacal C'&#233;tait fini



Le chant d'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1963

		Si vous voulez bien &#233;couter,
		Je vais chanter un chant d'amour,
		Un chant d'amour banal &#224; souhait
		Pour deux amants qui s'adoraient.
		Si vous me laissez raconter
		L'histoire d'amour belle &#224; r&#234;ver,
		Alors, laissez-moi chanter

		Si vous me laissez raconter,
		Je vais pleurer leur chant d'amour
		Car h&#233;las on a s&#233;par&#233;
		Nos deux amants, nos fous d'amour.
		Ils en sont morts d'un m&#234;me chagrin.
		Je ne peux chanter le chagrin,
		Alors, laissez-moi pleurer

		Oui, mais ceux qui se sont aim&#233;s,
		Vraiment aim&#233;s, aim&#233;s d'amour,
		Ils se retrouveront un jour,
		L&#224; dans le temps, et pour toujours
		Et je suis s&#251;re que, maintenant,
		Ils sont ensembles nos amants,
		Alors, laissez-moi chanter

		La-la-la
		La-la
		
		Alors, laissez-moi chanter



Le chant du pirate

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

		Marchant par-dessus les temp&#234;tes,
		Courant dans la vague et le vent,
		Chassant les blanches go&#233;lettes,
		C'est nous &#231;a, les gaillards d'avant.
		C'est nous qui sommes les corsaires,
		Brigands tout comme &#233;taient nos p&#232;res.

{}

		Ho-hisse et Ho! Mis&#233;ricorde!
		Pour nous tenir au bout d'une corde,
		Faudra d'abord nous attraper,
		Faudra d'abord nous aborder
		Ho-hisse-ho! Pavillon noir!
		Ho-hisse-ho! Pavillon haut!
		Tant que le vent pousse la fr&#233;gate,
		'y a du bon temps pour les pirates.
		Tant que la mer est par-dessous,
		C'est le corsaire qui tient le bon bout!
		Ho-hisse-ho! Pavillon noir!
		Ho-hisse-ho! Pavillon haut!

		Tant pis pour les yeux de ta m&#232;re.
		Tant pis pour la reine et le roi.
		Tant mieux si tu deviens corsaire.
		J&#233;sus &#233;tait un hors-la-loi.
		Viens donc fr&#233;quenter les &#233;toiles.
		Dormir dans le ventre des voiles.

{Refrain}



Le chasseur de l'h&#244;tel

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		Aime d'un amour pauvre
		Une certaine mademoiselle
		Couverte de bijoux

		Elle habite au num&#233;ro vingt
		Une chambre avec salle de bains
		Et tra&#238;ne avec un petit chien,
		Un amant qui ne lui sert &#224; rien
		Et puis des tas d'admirateurs
		Qui lui envoient chaque jour des fleurs
		Des fleurs que porte le chasseur
		Et &#231;a lui fait bien mal au coeur

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		Quand il rentre chez lui
		R&#234;ve &#224; sa demoiselle
		Pendant toute la nuit

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		Qui n'a pas quatre sous
		Est, c'est bien naturel,
		Quatre fois plus jaloux

		Il n'en peut plus de voir toujours
		Ces inutiles singer l'amour
		Et un soir qu'il avait ses nerfs
		Il a sorti son revolver
		Mais l'autre a tir&#233; le premier
		A preuve qu'il fallait s'en m&#233;fier
		Surtout que par dessus l'march&#233;
		La brute, il avait bien vis&#233;

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		N'eut qu'&#224; fermer les yeux
		Pour arriver au ciel
		O&#249; vont les malheureux

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		Par les chemins du ciel
		Cherchait sa demoiselle
		Et s'ennuyait sans elle

		Or, un jour plein de merveilleux
		Le pauvre n'en crut pas ses yeux
		Car sa demoiselle &#233;tait l&#224;
		Sur un nuage de gala
		Et m&#234;me, elle semblait lui sourire
		Car maint'nant elle savait sourire
		Y a pas &#224; dire, y a un bon Dieu
		Un bon Dieu pour les amoureux

		Le chasseur de l'h&#244;tel
		La serra dans ses bras
		En remerciant le ciel
		Et puis, se r&#233;veilla.



Le chemin des forains

Paroles: Jean Dr&#233;jac. Musique: H.Sauguet 1955

		Ils ont trou&#233; la nuit
		D'un &#233;clair de paillettes d'argent.
		Ils vont tuer l'ennui
		Pour un soir dans la t&#234;te des gens.
		A danser sur un fil, &#224; marcher sur les mains,
		Ils vont faire des tours &#224; se briser les reins,
		Les forains

		Une musique en plein vent,
		Un petit singe savant
		Qui croque une noisette en r&#234;vant
		Sur l'&#233;paule d'un vieux musicien
		Qui, lui, ne r&#234;ve de rien.

		Ils ont trou&#233; la nuit
		D'un grand rire entrem&#234;l&#233; de pleurs.
		Ils ont tu&#233; l'ennui
		Par l'&#233;cho de leur propre douleur.
		Ils ont pris la monnaie dans le creux de leurs mains.
		Ils ont pli&#233; bagages et repris leur chemin,
		Les forains

		Leurs gestes d'enfants joyeux
		Et leurs habits merveilleux,
		Pour toujours, sont grav&#233;s dans les yeux
		Des badauds d'un village endormi
		Qui va r&#234;ver cette nuit

		Va r&#234;ver cette nuit
		D'un &#233;clair de paillettes d'argent
		Qui vient tuer l'ennui,
		Dans le c&#339;ur et la t&#234;te des gens,
		Mais l'ombre se referme au d&#233;tour du chemin
		Et Dieu seul peut savoir o&#249; ils seront demain,
		Les forains
		Qui s'en vont dans la nuit



Le chevalier de Paris

Paroles: A. Vannier. Musique: Philippe G&#233;rard 1950

		Le grand chevalier du c&#339;ur de Paris
		Se rappelait plus du go&#251;t des prairies.
		Il faisait la guerre avec ses amis
		Dedans la fum&#233;e,
		Dedans les m&#233;tros,
		Dedans les pav&#233;s,
		Dedans les bistrots.
		Il ne savait pas qu'il en &#233;tait sao&#251;l.
		Il ne savait pas qu'il dormait debout.
		Paris le tenait par la peau du cou.

{}

		Ah! Les pommiers doux,
		Rondes et ritournelles.
		J'ai pas peur des loups,
		Chantonnait la belle.
		Ils ne sont pas m&#233;chants
		Avec les enfants
		Qu'ont le c&#339;ur fid&#232;le
		Et les genoux blancs

		Sous un pommier doux, il l'a retrouv&#233;e,
		Croisant le soleil avec la ros&#233;e.
		Vivent les chansons pour les Bien-aim&#233;es.
		Je me souviens d'elle au sang de velours.
		Elle avait des mains qui parlaient d'amour
		Et tressait l'argile avec les nuages
		Et pressait le vent contre son visage
		Pour en exprimer l'huile des voyages.

{Refrain}

		"Adieu mon Paris", dit le chevalier.
		"J'ai dormi cent ans, debout sans manger
		Les pommes d'argent de mes doux pommiers."
		Alors le village a cri&#233; si fort
		Que toutes les filles ont couru dehors
		Mais le chevalier n'a salu&#233; qu'elle
		Au sang de velours, au c&#339;ur tant fid&#232;le,
		Chevalier fera la guerre en dentelles.

{Refrain}



Le ciel est ferm&#233;

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1950

		Fatigu&#233; des gens de la terre,
		Le Bon Dieu, qui est surmen&#233;,
		R&#233;fl&#233;chit entre deux myst&#232;res,
		Et d&#233;cida de d&#233;missionner.
		Il &#233;teignit quelques &#233;toiles,
		Ferma le ciel de haut en bas,
		Et d'un nuage, fit une voile
		Qui prit le vent et qui l'emporta.

		Et voil&#224; le soleil de travers
		Tous les hommes qui marchent la t&#234;te en bas
		Et la terre qui s'enroule &#224; l'envers
		Et la mer qui s'emb&#234;te et s'en va
		Mais les pri&#232;res
		Les pri&#232;res continuent &#224; monter
		Car tous les hommes
		Tous les hommes continuent &#224; prier

		Et c'est l&#224; qu'elles sont emb&#234;t&#233;es,
		Les pri&#232;res qui n'ont rien demand&#233;
		Et c'est l&#224; qu'on les voit faire la queue,
		Les pri&#232;res qui attendent le Bon Dieu
		Alors, comme elles n'ont rien &#224; faire
		Les pri&#232;res,
		Elles se font des confidences:
		Vous venez pourquoi, vous?
		Moi, je viens de la part d'un d&#233;nomm&#233;
		Rom&#233;o, et d'une certaine Juliette
		Qu'est-ce qu'on leur fait comme ennuis, sur cette terre?
		On veut pas les laisser s'aimer tranquilles?
		Pas commode d'arranger leur histoire Et vous?
		Moi, pour un gars qu'a de gros ennuis avec
		son percepteur J' vois d'ailleurs pas ce que
		j' peux faire pour lui! Mpfff! Enfin
		Et vous?
		Moi, secret professionnel!
		Et vous, l&#224;-bas?
		Moi, Hah! Je viens de la part d'un fou!
		Enfin, d'un po&#232;te C'est la m&#234;me chose!
		D'abord, ce qu'il demande avec la terre, c'est impossible!
		Et puis, pr&#234;cher la bont&#233;, &#231;a fait
		d&#233;mod&#233;
		Racontez-nous! C'est peut-&#234;tre dr&#244;le?!
		Si vous voulez! De toutes fa&#231;ons, &#231;a
		changera jamais rien! Alors, voil&#224;:

		"Je sais bien que je vous d&#233;range,
		Mais voil&#224;: j'ai besoin de vous!
		S'il vous pla&#238;t, pr&#234;tez-moi des anges!
		Il en faudrait un petit peu partout
		Pour le soleil un par personne!
		Et pour l'amour Oh! S'il vous pla&#238;t!
		Tout plein d'amour aux mains des hommes
		Pour qu'ils en fassent de grand bouquets"

		Et voil&#224; le Bon Dieu revenu.
		Le tonnerre a perdu son emploi.
		Le soleil est pass&#233; par-dessus
		Et voil&#224; que la terre marche droit.
		Ouvre les portes,
		Que l'on porte
		Le soleil dans les bl&#233;s,
		Que la terre,
		Toute la terre
		Tourne enfin sans trembler
		Et l'amour a pouss&#233; dans les champs
		Et les hommes le cueillaient en chantant.
		Les amants ne mourraient plus jamais
		C'est pour &#231;a que tout le monde s'aimait

		Quel dommage pour les filles, les gar&#231;ons
		Que tout &#231;a ne soit qu'une chanson



Le contrebandier

Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1936

		Il &#233;tait n&#233; sur la fronti&#232;re,
		L&#224;-haut dans le Nord o&#249; c'qu'y a du vent.
		Contrebandier tout comme son p&#232;re,
		Il avait la fraud' dans le sang.
		Il attendait les nuits sans lune
		Quand il fait sombre, on passe bien mieux. 
		Pour s'faufiler par les grandes dunes
		O&#249; l'vent de la mer nous pique les yeux.

		Oh&#233;, la douane!
		Oh&#233;, les gabelous!
		L&#226;chez tous les chiens
		Et puis planquez-vous
		Au fond de vos cabanes.
		Regardez sur la dune
		L'homme qui passe l&#224;-bas.
		Il est pourtant seul
		Mais vous n'l'aurez pas.
		Il s'fout d'la douane
		Au fond de vos cabanes,
		Allez, planquez-vous
		Et l&#226;chez les chiens.
		Oh&#233;, les gabelous!
		Oh&#233;, la douane!

		Quand il avait rien d'autre &#224; faire,
		Les nuits o&#249; qu'il faisait trop clair,
		Il changeait les poteaux fronti&#232;res
		Et foutait le monde &#224; l'envers
		Ou bien, d'autres fois, en plein passage,
		Quand il avait bu un bon coup,
		Il poussait de vrais cris sauvages
		Et v'l&#224; qu'je passe d&#233;p&#234;chez-vous.

		Oh&#233;, la douane!
		Oh&#233;, les gabelous!
		L&#226;chez tous les chiens
		Et puis planquez-vous
		Au fond de vos cabanes.
		Regardez sur la dune
		L'homme qui passe l&#224;-bas.
		C'est moi, moi tout seul,
		Mais vous n'm'aurez pas.
		J'me fous d'la douane
		Au fond de vos cabanes.
		Allez, planquez-vous
		Et l&#226;chez les chiens.
		Oh&#233;, les gabelous!
		Oh&#233;, la douane!

		Il pouvait pas s'mettre dans la t&#234;te
		Qu'la loi des hommes, c'est tr&#232;s s&#233;rieux.
		C'&#233;tait comme une sorte de po&#232;te
		Et ces types-l&#224;, c'est dangereux.
		Alors une nuit qu'y avait d'la lune,
		Qu'y baladait pour son plaisir,
		Ils l'ont &#233;tendu sur la dune
		A coup d'fusil pour en finir.

		Oh&#233;, la douane!
		Oh&#233;, les gabelous!
		Planquez tous vos chiens
		Et puis amenez-vous.
		Du fond de vos cabanes,
		C'est d'la belle ouvrage,
		Seulement, ce soir,
		Ce n'&#233;tait qu'un homme.
		Il travaillait pas.
		T'entends, la douane?
		Alors, fallait pas
		Et puis planquez-vous
		Au fond de vos cabanes.
		Oh&#233;, les gabelous!
		Oh&#233;, la douane!



Le d&#233;nicheur (2)

Paroles: L&#233;on Agel. Musique: L&#233;o Daniderff 1946

autres interpr&#232;tes: Georgette Plana (1959), Lucienne Delyle (1959), Edith Piaf (A la radio  1961), Patachou (1964), Mouloudji (1974), Tino Rossi (1976), Francis Lemarque (1988), Jean-Marc Thibault (1991), Jackie Sardou (1993)

note: Seconde version.


{Refrain:}

		On l'appelait le D&#233;nicheur
		Il &#233;tait rus&#233; comme une fouine
		C'&#233;tait un gars qu'avait du c&#339;ur
		Et qui d&#233;nichait des combines
		Il vivait comme un grand seigneur
		Et quand on rencontrait sa dame
		On r&#233;p&#233;tait sur toutes les gammes
		Voil&#224; la femme &#224; D&#233;nicheur

		Elle avait fait sa connaissance
		Dans un bar, un soir, simplement
		Ce fut le hasard d'une danse
		Qui le fit devenir son amant
		Il avait de jolies mani&#232;res
		Du tact et beaucoup d'instruction
		Sachant faire de bonnes affaires
		C'&#233;tait l&#224; toute sa profession.
		Comme elle avait un peu d'argent
		Ils se mirent en m&#233;nage tranquillement

{au refrain:}

		Les combines &#231;a dure ce que &#231;a dure
		La chance tourne et puis s'en va
		On perd le go&#251;t des aventures
		Quand le noir vous suit pas &#224; pas
		N'ayant plus confiance en lui-m&#234;me
		Un soir qu'il &#233;tait sans un sou
		Afin de r&#233;soudre le probl&#232;me
		Le D&#233;nicheur fit un sale coup
		Mais comme il rentrait au logis
		En pleurant son amie lui dit:

{Refrain:}

		On t'appelait le D&#233;nicheur
		Toi qu'&#233;tais rus&#233; comme une fouine
		Je croyais trouver le bonheur
		Pr&#232;s de toi, avec tes combines
		Adieu, c'est fini, pars sans peur
		Je saurai souffrir et me taire
		Malgr&#233; mon chagrin je pr&#233;f&#232;re
		Abandonner le D&#233;nicheur



Le diable de la Bastille

Paroles: Pierre Delano&#235;. Musique: Charles Dumont 1962

		C'est incroyable mais vrai,
		Invraisemblable mais vrai.
		C'est le diable qui dansait
		Au quatorze juillet,
		Place de la Bastille.
		C'est incroyable mais vrai,
		Invraisemblable mais vrai.
		Il savait bien, le malin,
		Qu'il tenait dans ses mains
		Le destin d'une fille
		Car il est joli gar&#231;on,
		Il conna&#238;t bien la chanson.
		A la flamme des lampions,
		Au son d' l'accord&#233;on,
		Il est m&#233;connaissable
		Et la fille n'a rien vu.
		Elle ne l'a pas reconnu.
		Tourbillonnant dans ses bras,
		Elle trouvait, ce soir-l&#224;,
		Que c'&#233;tait formidable.

		A dix-huit ans, on a le droit
		De se tromper &#224; ce point-l&#224;
		Tant le d&#233;mon a l'air si bon.
		On peut l'aimer sans se damner.

		C'est incroyable mais vrai,
		Invraisemblable mais vrai.
		C'est le diable qui dansait
		Au quatorze juillet,
		Place de la Bastille.
		C'est incroyable mais vrai,
		Invraisemblable mais vrai.
		Il savait bien, le malin,
		Qu'il tenait dans ses mains
		Le destin d'une fille.
		Vraiment, il se r&#233;galait,
		Il rigolait, rigolait.
		Puisque la vie &#233;tait belle,
		Elle trouvait naturel
		Qu'il ait envie de rire.
		Elle s'est abandonn&#233;e.
		C'&#233;tait vraiment bon march&#233;,
		C'&#233;tait vraiment trop facile,
		Une &#226;me aussi docile.
		'y avait pas de quoi rire.

		C'est incroyable mais vrai.
		C'est le diable qui dansait,
		C'est le diable qui riait,
		C'est le diable que j'aimais.
		Le diable que j'aimais
		Le diable que j'aimais
		Le diable que j'aimais



Le disque us&#233;

Paroles et Musique: Michel Emer 1945

		Impasse de la goutti&#232;re,
		Dans la ruelle aux mat'lots
		O&#249; n'entre pas la lumi&#232;re,
		Y a un vilain caboulot.
		La figure triste et p&#226;le,
		Une servante aux yeux bleus
		R&#234;ve aux plus belles escales
		Et &#224; des ciels merveilleux.
		Chaque sifflet des bateaux
		Lui dit: "Ton attente est vaine."
		Mais, dans un coin, un phono
		Chante sa vieille rengaine.

		"Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir.
		Vos d&#233;sirs, vos r&#234;ves
		Seront exauc&#233;s un soir.
		Avant que votre vie s'ach&#232;ve,
		Le bonheur viendra vous voir.
		Il faut l'attendre sans tr&#234;ve.
		Chassez les papillons noirs.
		Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir."

		Il &#233;tait beau comme un ange,
		Des cheveux blonds comm' le miel.
		Son regard &#233;tait &#233;trange,
		Plus bleu que le bleu du ciel.
		Il appela la servante
		Et lui dit: "Je te cherchais."
		Elle r&#233;pondit, tremblante:
		"Y a longtemps que j'attendais."
		Il l'a serr&#233;e dans ses bras,
		"Quand je serai capitaine"
		Et le vieux disque, tout bas,
		Chante sa vieille rengaine.

		"Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir.
		Vos d&#233;sirs, vos r&#234;ves
		Seront exauc&#233;s un soir.
		Avant que votre vie s'ach&#232;ve,
		Le bonheur viendra vous voir.
		Il faut l'attendre sans tr&#234;ve.
		Chassez les papillons noirs.
		Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir."

		Impasse de la goutti&#232;re,
		Dans la ruelle aux mat'lots
		O&#249; n'entre pas la lumi&#232;re,
		Y a un vilain caboulot.
		Elle attend, fi&#232;re et hautaine,
		Elle attend, depuis vingt ans,
		Elle attend son capitaine,
		Et son regard est confiant.
		Chaque sifflet des bateaux
		Lui dit: "Ton attente est vaine."
		Mais elle &#233;cout' le phono
		Raclant sa vieille rengaine.

		Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp
		Y a d'l'esp
		Y a d'l'esp
		Vos d&#233;sirs, vos r&#234;ves
		Seront exauc&#233;s un soir.
		Avant que votre vie s'ach&#232;ve,
		Le bonheur viendra vous voir.
		Il faut l'attendre sans tr&#234;ve.
		Chassez les papillons noirs.
		Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp
		Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp
		Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp



Le droit d'aimer

Paroles: Robert Nyel. Musique: Francis La&#239; 1962

		Qu'ils se l&#232;vent ou qu'ils meurent,
		Ces soleils rouges ou gris,
		Et que tournent les heures
		Et que passe la vie
		A la face des hommes,
		Au m&#233;pris de leurs lois,
		Jamais rien ni personne
		M'emp&#234;chera d'aimer.
		J'en ai le droit d'aimer.
		J'en ai le droit.
		A la face des hommes,
		Au m&#233;pris de leurs lois,
		Jamais rien ni personne
		M'emp&#234;chera d'aimer.

		A souhaiter des noces
		Comme celles des gosses
		En &#226;ge de l'amour
		Je l'ai voulu, ce droit!
		Par des matins d'ivresse
		Et des nuits de d&#233;tresse,
		Luttant pour cet amour,
		Je l'ai conquis, ce droit!
		Par la peur de tout perdre,
		Au risque de me perdre,
		Pour que vive l'amour,
		Je l'ai pay&#233;, ce droit!

		Bien que le temps n'efface
		Ni les deuils ni les joies,
		Quoi qu'on dise ou qu'on fasse,
		Tant que mon c&#339;ur battra,
		Quelle que soit la couronne,
		Les &#233;pines ou la croix,
		Jamais rien ni personne
		M'emp&#234;chera d'aimer
		J'en ai le droit d'aimer.
		J'en ai le droit
		A la face des hommes,
		Au m&#233;pris de leurs lois,
		Jamais rien ni personne
		M'emp&#234;chera d'aimer
		De t'aimer
		D'&#234;tre aim&#233;e D'&#234;tre aim&#233;e



Le fanion de la l&#233;gion

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf (1937)

		Tout en bas, c'est le Bled immense
		Que domine un petit fortin.
		Sur la plaine, c'est le silence,
		Et l&#224;-haut, dans le clair matin,
		Une silhouette aux quatre vents jette
		Les notes aigu&#235;s d'un clairon,
		Mais, un coup de feu lui r&#233;pond.

		Ah la la la, la belle histoire.
		Y a trente gars dans le bastion,
		Torse nu, r&#234;vant de bagarres,
		Ils ont du vin dans leurs bidons,
		Des vivres et des munitions.
		Ah la la la, la belle histoire.
		L&#224;-haut sur les murs du bastion,
		Dans le soleil plane la gloire
		Et dans le vent claque un fanion.
		C'est le fanion de la l&#233;gion!

		Les "salopards" tiennent la plaine,
		L&#224;-haut, dans le petit fortin.
		Depuis une longue semaine,
		La mort en prend chaque matin.
		La soif et la fi&#232;vre
		Dess&#232;chent les l&#232;vres.
		A tous les appels de clairon,
		C'est la mitraille qui r&#233;pond.

		Ah la la la, la belle histoire,
		Ils restent vingt dans le bastion,
		Le torse nu, couverts de gloire,
		Ils n'ont plus d'eau dans leurs bidons
		Et presque plus de munitions.
		Ah la la la, la belle histoire,
		Claquant au vent sur le bastion
		Et trou&#233; comme une &#233;cumoire,
		Il y a toujours le fanion,
		Le beau fanion de la l&#233;gion!

		Comme la nuit couvre la plaine,
		Les "salopards", vers le fortin
		Se sont gliss&#233;s comme des hy&#232;nes
		Ils ont lutt&#233; jusqu'au matin:
		Hurlements de rage,
		Corps &#224; corps sauvages,
		Les chiens ont eu peur des lions.
		Ils n'ont pas pris la position.

		Ah la la la, la belle histoire,
		Ils restent trois dans le bastion,
		Le torse nu, couverts de gloire,
		Sanglants, meurtris et en haillons,
		Sans eau ni pain, ni munitions.
		Ah la la la, la belle histoire,
		Ils ont toujours dans le bastion
		Mais ne peuvent crier victoire:
		On leur a vol&#233; le fanion,
		Le beau fanion de la l&#233;gion!

		Mais tout &#224; coup, le canon tonne:
		Des renforts arrivent enfin.
		A l'horizon, une colonne
		Se profile dans le matin
		Et l'echo r&#233;p&#232;te l'appel des trompettes
		Qui monte vers le mamelon.
		Un cri de l&#224;-haut lui r&#233;pond.

		Ah la la la, la belle histoire,
		Les trois qui sont dans le bastion,
		Sur leurs poitrines toutes noires
		Avec du sang cr&#233;nom de nom
		Ont dessin&#233; de beaux fanions.
		Ah la la la, la belle histoire,
		Ils peuvent redresser leurs fronts
		Et vers le ciel crier victoire.
		Au garde-a-vous sur le bastion,
		Ils gueulent "pr&#233;sent la l&#233;gion."



Le gitan et la fille

Paroles et Musique: Georges Moustaki

		Le gitan dit &#224; la fille:

		"Qu'importe le prix de l'amour:
		Pour toi, j'irai finir mes jours
		Derri&#232;re les grilles.
		J'irai piller les gens de la ville
		Pour t'offrir une robe de satin.
		Tu n'diras plus que j'suis un vaurien,
		Un inutile
		Mes mains, tout &#224; l'heure si fortes,
		Seront plus douces que le bois
		De la guitare qui joue pour toi
		Devant ta porte"

		Le gitan dit &#224; la fille:

		"Qu'importe le prix de l'amour:
		Pour toi, j'irai finir mes jours
		Derri&#232;re le grilles.
		J'irai tuer ceux qui te regardent
		Quand le doux soleil du matin
		Se glisse dans le creux de tes reins
		Et s'y attarde
		Et l&#224;, je te dirai "Je t'aime"
		Comme on dit le nom de J&#233;sus.
		Je le crierai dans la rue
		Comme un blasph&#232;me"

		Le gitan a dit &#224; la fille:

		"Qu'importe le prix de l'amour:
		Pour toi, j'irai finir mes jours
		Derri&#232;re les grilles.
		Autour de toi, je ferai l'ombre
		Pour &#234;tre le seul &#224; te voir,
		Pour &#234;tre seul sous ton regard
		Et m'y confondre
		Et quand la mort viendra d&#233;faire
		Les cha&#238;nes forg&#233;es par l'amour,
		Pour toi, j'irai finir mes jours
		Au fond de la terre"



Le grand voyage du pauvre n&#232;gre

Paroles: Raymond Asso. Musique: R.Clo&#235;rec 1937

		Soleil de feu sur la mer Rouge.
		Pas une vague, rien ne bouge.
		Dessus la mer, un vieux cargo
		Qui s'en va jusqu'&#224; Born&#233;o
		Et, dans la soute, pleure un n&#232;gre,
		Un pauvre n&#232;gre, un n&#232;gre maigre,
		Un n&#232;gre maigre dont les os
		Semblent vouloir trouer la peau.

		"Oh yo Oh yo
		Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil.
		Moi pas vouloir quitter pays.
		Moi vouloir voir le grand bateau
		Qui crach' du feu et march' sur l'eau
		Et, sur le pont, moi j'ai dormi.
		Alors bateau il est parti
		Et capitaine a dit comm' &#231;a:
		"N&#232;gre au charbon il travaill'ra."
		Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil.
		Moi pas vouloir quitter pays.
		Oh yo Oh yo"

		Toujours plus loin autour du monde,
		Le vieux cargo poursuit sa ronde.
		Le monde est grand Toujours des ports
		Toujours plus loin Encore des ports
		Et, dans la soute, pleure un n&#232;gre,
		Un pauvre n&#232;gre, un n&#232;gre maigre,
		Un n&#232;gre maigre dont les os
		Semblent vouloir trouer la peau.

		"Oh yo Oh yo
		Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil.
		Y'en a maint'nant perdu pays.
		Pays &#224; moi, tr&#232;s loin sur l'eau,
		Et moi travaille au fond bateau.
		Toujours ici comm' dans l'enfer,
		Jamais plus voir danser la mer,
		Jamais plus voir grand ciel tout bleu
		Et pauvre n&#232;gre malheureux.
		Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil,
		Moi pas vouloir quitter pays.
		Oh yo Oh yo"

		Au bout du ciel, sur la mer calme,
		Dans la nuit claire, il voit des palmes,
		Alors il crie: "C'est mon pays!"
		Et dans la mer il a bondi
		Et dans la vague chante un n&#232;gre,
		Un pauvre n&#232;gre, un n&#232;gre maigre,
		Un n&#232;gre maigre dont les os
		Semblent vouloir trouer la peau.

		Oh yo Oh yo
		Monsieur Bon Dieu, toi bien gentil,
		Ramener moi dans mon pays.
		Mais viens Bon Dieu Viens mon secours,
		Moi pas pouvoir nager toujours.
		Pays trop loin pour arriver
		Et pauvre n&#232;gre fatigu&#233;.
		&#199;a y est Fini! Monsieur Bon Dieu!
		Adieu pays Tout l'monde adieu
		Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil.
		Moi pas vouloir quitter pays.
		Oh yo Oh yo



Le mauvais matelot

Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936

		Dans le port de Marseille,
		Y a un joli bateau.
		Dans le port de Marseille,
		Y a un joli bateau.
		Dans l'vent, sur l'eau,
		Dans la cale du navire,
		Loin du ciel, tout au fond,
		Dans la cale du navire,
		Y a un mauvais gar&#231;on.
		Oh oh oh tout pr&#232;s de l'eau oh oh,
		La fille du capitaine
		Est descendue le voir.
		La fille du capitaine
		Est descendue le voir.
		"Comme il fait noir,
		Mon c&#339;ur a de la peine.
		Dis-moi joli gar&#231;on,
		Pourquoi, charg&#233; de cha&#238;nes,
		Es-tu l&#224;, tout au fond?
		Oh oh oh si pr&#232;s de l'eau oh oh oh"
		Je suis fils de la terre.
		Mon p&#232;re est laboureur.
		Je suis fils de la terre
		Et la mer me fait peur,
		Oh oh oui bien peur.
		Je suis dans la Marine
		Sans l'avoir demand&#233;.
		Je suis dans la Marine
		Et ne sais pas nager.
		Oh oh oh j'ai peur de l'eau oh oh.
		Je veux revoir ma m&#232;re
		Et les beaux champs de bl&#233;.
		Je veux revoir ma m&#232;re
		Et les beaux champs de bl&#233;
		Blonds et dor&#233;s.
		Faites tomber mes cha&#238;nes.
		Je vous &#233;pouserai.
		Faites tomber mes cha&#238;nes.
		Je vous emm&#232;nerai
		Oh oh oh bien loin de l'eau oh oh.
		Dans la cale du navire,
		Le capitaine en pleurs,
		Dans la cale du navire,
		Le capitaine en pleurs,
		Oh quel malheur!
		Il m'a vol&#233; ma fille,
		M'a d&#233;chir&#233; le c&#339;ur.
		Il m'a vol&#233; ma fille
		Et vol&#233; mon honneur,
		Oh oh oh, vilain matelot oh oh.
		Dans le port de Marseille,
		Y a un joli bateau.
		Dans le port de Marseille,
		Y a un joli bateau
		Dansant sur l'eau.
		Y a plus de capitaine.
		Le capitaine est mort.
		Trop grande fut sa peine,
		A saut&#233; par-dessus bord.
		Oh oh il dort dans l'eau oh oh.



Le m&#233;tro de Paris

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude L&#233;veill&#233;e 1960

		Des escaliers m&#233;caniques,
		Portillons automatiques,
		Couloirs de correspondance,
		Heures de pointe et d'affluence,
		Porti&#232;res en mosa&#239;que,
		Labyrinthe fantastique
		Et toujours, en courant,
		Des gens qui vont et viennent,
		Et encore, en courant,
		Les m&#234;mes gens qui reviennent
		Et le m&#233;tro qui fl&#226;nait sous Paris,
		Doucement s'&#233;lance et puis s'envole,
		S'envole sur les toits de Paris.

		Des midinettes qui trottinent,
		Des ouvriers qui cheminent,
		Des dactylos qui se pressent,
		Des militaires qui s'empressent,
		Des employ&#233;s qui pi&#233;tinent,
		Des amoureux qui butinent
		Et toujours, en courant,
		Des gens qui vont et qui viennent,
		Et encore, en courant,
		Le m&#234;mes gens qui reviennent
		Et le m&#233;tro qui fl&#226;nait sous Paris,
		Doucement s'&#233;lance et puis s'envole,
		S'envole sur les toits de Paris.

		Des escaliers m&#233;caniques,
		Portillons automatiques,
		Des bruits de pas qui r&#233;sonnent
		Dans les couloirs monotones,
		Basilique fantastique
		Dans le faubourg &#233;lectrique,
		Le m&#233;tro de Paris,
		Gigantesque ver luisant
		Sur les toits de Paris,
		A tiss&#233; des fils d'argent
		Et, doucement,
		Il s'&#233;tire sur les toits de Paris
		Et glisse, glisse, glisse, glisse, glisse



Le petit brouillard

Paroles: Jacques Plante. Musique: Francis La&#239; 1962

		Toujours ce sale petit brouillard,
		Toujours ce sale petit cafard
		Qui vous transperce jusqu'aux os
		Et qui se colle &#224; votre peau.

		Il me semble le voir encore,
		Le soir o&#249; son copain du port
		Lui apporta le faux passeport
		Et son visa pour Buenos Aires.
		J'ignore ce qu'il avait fait.
		Je n'avais compris qu'une chose:
		Que sa derni&#232;re chance &#233;tait
		Qu'il prenne ce navire &#224; l'aube
		Et quand vint l'heure du d&#233;part,
		Je re&#231;us son dernier regard
		Dans le petit matin blafard,
		D&#233;chir&#233; par les sir&#232;nes.

		Toujours ce sale petit brouillard,
		Toujours ce sale petit cafard
		Qui nous transperce jusqu'aux os
		Et qui se colle &#224; votre peau.

		La passerelle &#233;tait lev&#233;e
		Et c'est quand je l'ai cru sauv&#233;
		Que des hommes sont arriv&#233;s
		Et l'on fait redescendre &#224; terre.
		J'ignore ce qu'il avait fait
		Mais, pour ne pas me compromettre,
		Il passa menottes aux poignets
		Sans avoir l'air de me conna&#238;tre
		Et depuis qu'ils l'ont emmen&#233;,
		Je pense &#224; lui des jours entiers
		En regardant les longs courriers
		Diminuer et dispara&#238;tre.

		Toujours ce sale petit brouillard,
		Toujours ce sale petit cafard,
		Toujours ce sale petit brouillard,
		Toujours ce sale petit cafard,
		Toujours ce sale petit brouillard,
		Toujours ce sale petit cafard



Le petit homme

Paroles: Henri Content. Musique: Marguerite Monnot 1946

		Il y avait de tous les jours,
		Il y avait le chahut des carrefours
		Et puis les gens qui achetaient leurs journaux
		Et puis tous ceux qui prenaient le m&#233;tro,
		Il y avait la parade des boulevards,
		Les boniments du vieux camelot bavard
		Et se mirant dans l'eau sale des ruisseaux,
		Le ciel d'avril qui faisait le gros dos.

		Il y avait un petit homme
		Qui s'en allait &#224; pas compt&#233;s.
		Il avait l'air bien &#233;conome,
		Le petit homme
		Avec son vieux veston r&#226;p&#233;
		Mais il avait une ma&#238;tresse
		Qui lui co&#251;tait beaucoup d'argent.
		Elle lui vendait sa belle jeunesse
		Et des caresses
		Que le petit homme payait comptant
		Il y avait sa vie des samedis soirs.
		Il y avait l'escalier, le couloir.
		Il y avait la porte tout au bout
		Et puis deux bras attach&#233;s &#224; son cou.
		Il y avait des fleurs sur le piano.
		Il y avait la blancheur des rideaux
		Et puis des heures sur le grand divan bleu
		Et puis tout &#231;a qui le rendait heureux.

		Il y a eu la porte close
		Avec un mot pass&#233; dessous,
		Joli papier bord&#233; de roses
		Pour dire des choses
		Que l'on comprend du premier coup.
		Un petit homme qu'on abandonne
		Ne peut rien faire que s'en aller.
		Dans la rue froide o&#249; tout r&#233;sonne
		Et sans personne
		Tout &#224; fait seul, pour mieux pleurer.

		Il y avait la vie de tous les jours
		Qui continuait sa fanfare de toujours.
		Il y avait les valses des phonos
		Qui &#233;clataient en sortant des bistrots.
		Il y avait un gar&#231;on qui chantait.
		Il y avait une fille qui riait
		Et puis la ronde de l'amour merveilleux
		Et le petit homme
		Qui pleurait au milieu



Le petit monsieur triste

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1939

		Le petit monsieur triste
		Qui ne sort que la nuit
		A de tr&#232;s gros ennuis
		Mais c'est un &#233;go&#239;ste:
		Il les garde pour lui
		Et tous les gros ennuis
		Du petit monsieur triste
		Le suivent dans la nuit,
		Courent derri&#232;re lui,
		Galopent sur la piste
		Du petit monsieur triste
		Qui a des tas d'ennuis.

		Le petit monsieur triste
		A beaucoup de chagrin.
		Sa femme aimait Chopin.
		Lui n'&#233;tait pas pianiste
		Et le regrettait bien.
		Or, sa femme, un matin,
		Suivit un grand pianiste
		Qui jouait du Chopin
		Pour faire du chagrin
		Au petit monsieur triste
		Qui n'&#233;tait pas pianiste
		Et le regrettait bien.

		Alors, m&#233;lancolique
		Et le c&#339;ur tout meurtri,
		Il ramena chez lui
		Un piano m&#233;canique
		Pour calmer ses ennuis
		Et puis il revendit
		Cette bo&#238;te &#224; musique
		Qui faisait trop de bruit
		Et jouait dans la nuit
		Comme une m&#233;canique
		Des airs m&#233;lancoliques
		Qui doublaient ses ennuis.

		Le petit monsieur triste
		Qui ne sort que la nuit,
		Car le sommeil le fuit,
		Boit seul, en &#233;go&#239;ste,
		Pour noyer ses ennuis.
		Il boit toute la nuit,
		Le petit monsieur triste,
		Puis il rentre chez lui
		Et, seul, dans son grand lit,
		Le petit monsieur triste
		R&#234;ve qu'il est pianiste
		Et qu'il n'a plus d'ennuis.

		Il r&#234;ve d'un joli piano
		Sur lequel il ferait des gammes,
		De belles gammes pour sa femme:
		Do R&#233; Mi Fa Sol La Si Do.
		Dodo.



Le prisonnier de la tour

Paroles: Francis Blanche. Musique: Francis Blanche, G. Calvi 1949

		Le prisonnier de la Tour
		S'est tu&#233; ce matin,
		Grand-m&#232;re.
		Nous n'irons pas &#224; la messe demain.
		Il s'est jet&#233; de la Tour
		En me tendant les mains,
		Grand-m&#232;re.
		Il m'a sembl&#233; que j'avais du chagrin.

		Si le roi savait &#231;a, Isabelle,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a,
		A la robe de dentelle,
		Vous n'auriez plus jamais droit,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a.

		Le prisonnier de la Tour
		&#201;tait mon seul ami,
		Grand-m&#232;re.
		Nous n'irons pas &#224; la messe aujourd'hui.
		Il &#233;tait mon seul amour,
		La raison de ma vie,
		Grand-m&#232;re
		Et ma jeunesse est &#233;teinte avec lui.

		Si le roi savait &#231;a, Isabelle,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a,
		A la robe de dentelle,
		Vous n'auriez plus jamais droit,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a.

		Le prisonnier de la Tour,
		Chaque jour, m'attendait,
		Grand-m&#232;re.
		Nous n'irons plus &#224; la messe, jamais.
		C'est un p&#233;ch&#233; que l'amour
		Et le monde est mal fait,
		Grand-m&#232;re.
		On a tu&#233; mon amant que j'aimais.

		Si le roi savait &#231;a, Isabelle,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a,
		A la robe de dentelle,
		Vous n'auriez plus jamais droit,
		Isabelle, si le roi savait &#231;a.

		Le prisonnier de la Tour
		N'aura pas de linceul
		Et rien
		Rien qu'un trou noir o&#249; s'engouffrent les feuilles,
		Mais moi, j'irai chaque jour
		Pleurer sous les tilleuls
		Et rien,
		Pas m&#234;me le roi, n'emp&#234;chera mon deuil.

		Si le roi savait &#231;a, Isabelle,
		Il ne pourrait que pleurer avec toi
		Car il aimait une belle
		Qui n'&#233;tait pas pour un roi
		Et la belle, Isabelle, c'&#233;tait moi



Le rendez-vous

Paroles: Ren&#233; Rouzaud. Musique: Francis La&#239; 1962

		Qui se regardaient, les yeux fous.
		Ils &#233;taient trois au coin de la rue
		Mais l'un n'&#233;tait pas attendu.
		Ils &#233;taient trois qui savaient bien
		Que l'un d'eux tenait dans sa main
		De quoi faire d'un ciel de mai
		Un ciel de deuil &#224; tout jamais.

		Un de trop
		En ce court moment
		O&#249; un nouveau roman
		D'un autre prend la place,
		Un de trop
		Qu'un seul bras &#233;tendu
		Peut laisser &#233;tendu
		Parmi les gens qui passent.

		Ils &#233;taient trois au rendez-vous
		Qui se regardaient, les yeux fous.
		Ils &#233;taient trois qui savaient bien
		Que tout tenait dans une main.

		"Comme je l'aimais
		Comme elle m'aimait
		Que de belles heures"
		Songeait celui qui venait du pass&#233;.
		"Comme je l'aime
		Et comme elle m'aime
		Cela vaut bien qu'on meure"
		Songeait celui qui l'avait remplac&#233;,
		Mais elle Mais elle
		A quoi songeait-elle,
		En cet instant o&#249; tout peut s'effacer?

		Ils &#233;taient trois au rendez-vous
		Qui se regardaient, les yeux fous.
		Ils &#233;taient trois au coin de la rue,
		Mais l'un n'&#233;tait pas attendu.

		Et celui-l&#224; savait tr&#232;s bien
		Que le pass&#233; n'y pouvait rien,
		Que l'avenir est le plus fort,
		Plus fort que tout et que la mort.

		Et soudain le bras s'est baiss&#233;.
		Qui pouvait arr&#234;ter
		Un amour pr&#232;s de na&#238;tre?
		Le bonheur peut encore danser
		Et cette vie chanter,
		Qui pouvait ne plus &#234;tre

		Ils &#233;taient deux au rendez-vous
		Qui s'en allaient heureux et fous
		Vers leur soleil sans voir celui
		Qui revenait seul dans sa nuit



Le roi a fait battre tambour

Musique: Marc Herrand 1946

autres interpr&#232;tes: Guy B&#233;art (1967)

		1. Le roi a fait battre tambour
		Pour voir toutes ses dames
		Et la premi&#232;re qu'il a vue
		Lui a ravi son &#226;me

		2. Marquis dis-moi la connais-tu
		Qui est cette jolie dame?
		Le marquis lui a r&#233;pondu
		Sire roi, c'est ma femme

		3. Marquis, tu es plus heureux que moi
		D'avoir femme si belle
		Si tu voulais me la donner
		Je me chargerais d'elle

		4. Sire, si vous n'&#233;tiez le roi
		J'en tirerais vengeance
		Mais puisque vous &#234;tes le roi
		A votre ob&#233;issance.

		5. Marquis ne te f&#226;che donc pas
		T'auras ta r&#233;compense
		Je te ferai dans mes arm&#233;es
		Beau mar&#233;chal de France

		6. Adieu, ma mie, adieu, mon c&#339;ur!
		Adieu mon esp&#233;rance
		Puisqu'il nous faut servir le roi
		S&#233;parons-nous d'ensemble

		7. La reine a fait faire un bouquet
		De belles fleurs de lys
		Et la senteur de ce bouquet
		A fait mourir marquise.



Le roi Renaud (Complainte du)

XVe.

autres interpr&#232;tes: Yvette Guilbert, Yves Montand (1955), Edith Piaf, Cora Vaucaire, Colette Renard, Armand Mestral, Pierre Bensusan

note: cf. bas de page

		Le roi Renaud de guerre vint
		tenant ses tripes dans ses mains.
		Sa m&#232;re &#233;tait sur le cr&#233;neau
		Qui vit venir son fils Renaud.

		Renaud, Renaud, r&#233;jouis-toi!
		Ta femme est accouch&#233; d'un roi!
		Ni de ma femme ni de mon fils
		Je ne saurais me r&#233;jouir.

		Allez ma m&#232;re, partez devant,
		Faites-moi faire un beau lit blanc.
		Gu&#232;re de temps n'y resterai:
		A la minuit tr&#233;passerai.

		Mais faites-le moi faire ici-bas
		Que l'accouch&#233;e n'l'entende pas.
		Et quand ce vint sur la minuit,
		Le roi Renaud rendit l'esprit.

		Il ne fut pas le matin jour
		Que les valets pleuraient tous.
		Il ne fut temps de d&#233;jeuner
		Que les servantes ont pleur&#233;.

		Mais dites-moi, m&#232;re, m'amie,
		Que pleurent nos valets ici?
		Ma fille, en baignant nos chevaux
		Ont laiss&#233; noyer le plus beau.

		Mais pourquoi, m&#232;re m'amie,
		Pour un cheval pleurer ainsi?
		Quand Renaud reviendra,
		Plus beau cheval ram&#232;nera.

		Et dites-moi, m&#232;re m'amie,
		Que pleurent nos servantes ici?
		Ma fille, en lavant nos linceuls
		Ont laiss&#233; aller le plus neuf.

		Mais pourquoi, m&#232;re m'amie,
		Pour un linceul pleurer ainsi?
		Quand Renaud reviendra,
		Plus beau linceul on brodera.

		Mais, dites-moi, m&#232;re m'amie,
		Que chantent les pr&#234;tres ici?
		Ma fille c'est la procession
		Qui fait le tour de la maison.

		Or, quand ce fut pour relever,
		A la messe elle voulut aller,
		Et quand arriva le midi,
		Elle voulut mettre ses habits.

		Mais dites-moi, m&#232;re m'amie,
		Quel habit prendrai-je aujourd'hui?
		Prenez le vert, prenez le gris,
		Prenez le noir pour mieux choisir.

		Mais dites-moi, m&#232;re m'amie,
		Qu'est-ce que ce noir-l&#224; signifie?
		Femme qui rel&#232;ve d'enfant,
		Le noir lui est bien plus s&#233;ant.

		Quand elle fut dans l'&#233;glise entr&#233;e,
		un cierge on lui a pr&#233;sent&#233;.
		Aper&#231;ut en s'agenouillant
		La terre fra&#238;che sous son banc.

		Mais dites-moi, m&#232;re m'amie,
		Pourquoi la terre est rafra&#238;chie?
		Ma fille, ne puis plus vous le cacher,
		Renaud est mort et enterr&#233;.

		Renaud, Renaud, mon r&#233;confort,
		Te voil&#224; donc au rang des morts!
		Divin Renaud, mon r&#233;confort,
		Te voil&#224; donc au rang des morts!

		Puisque le roi Renaud est mort,
		Voici les clefs de mon tr&#233;sor.
		Prenez mes bagues et mes joyaux,
		Prenez bien soin du fils Renaud.

		Terre, ouvre-toi, terre fends-toi,
		Que j'aille avec Renaud, mon roi!
		Terre s'ouvrit, terre se fendit,
		Et ci fut la belle engloutie

Note: Ceci n'est qu'une des tr&#232;s nombreuses versions (environ 60) de cette chanson.

Son origine est assez complexe. Elle est issue de la greffe d'une

chanson du XIII&#232;me si&#232;cle qui raconte le retour du comte Renaud sur une

chanson du XVI&#232;me (le comte Redor) issue d'une l&#233;gende scandinave qui a

fait fureur en Europe et engendr&#233; de nombreux textes dans divers pays.

L'un de ces textes est "le Comte Redor" en Bretagne qui est sans

doute &#224; l'origine de la fusion (car il y a peut &#234;tre des versions d&#233;riv&#233;es).}



Le vagabond

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941

		J'ai l'air comm' &#231;a d'un' fille de rien
		Mais je suis un' personn' tr&#232;s bien.
		Je suis princesse d'un ch&#226;teau
		O&#249; tout est clair, o&#249; tout est beau.
		Un grand jardin rempli de fleurs.
		Dans le ciel bleu, plane mon c&#339;ur.
		Les fleurs aux arbres s'accrochant
		Sont toujours blanches comme au printemps.

		Mais un vagabond,
		Qui est joli gar&#231;on,
		Me chante des chansons
		Qui donnent le frisson.
		Il marche le long des routes
		En se moquant du temps.
		Il chante pour qui l'&#233;coute,
		Les cheveux dans le vent.
		C'est un vagabond
		Qui est joli gar&#231;on.
		Il chante des chansons.
		La la la la

		Il m'a dit: "Quitte ton ch&#226;teau.
		Contre mon c&#339;ur il fera chaud.
		Je te donnerai de l'amour
		Et nous nous aimerons toujours."
		S'il n'&#233;tait pas prince d'argent,
		Il &#233;tait mon prince charmant.
		Comm' je suis un' jeune fill' tr&#232;s bien,
		J'peux pas d'venir un' fill' de rien.

		C'est un vagabond
		Qui est joli gar&#231;on.
		Il chante des chansons
		Qui donnent le frisson.
		Il marche le long des routes
		En se moquant du temps.
		Il chante pour qui l'&#233;coute,
		Les cheveux dans le vent.
		C'est un vagabond
		Qui est joli gar&#231;on.
		Il chante des chansons.
		La la la la la la la la!

		Mais mon histoire n'est pas vraie.
		Ce n'est qu'un r&#234;ve que j'ai fait
		Et quand je me suis r&#233;veill&#233;e,
		L'soleil &#233;tait sur l'oreiller.
		Et chaque soir, quand je m'endors,
		Je cherche en vain mon r&#234;ve d'or.
		Cett' fois je quitt'rai mon ch&#226;teau
		Pour suivre mon prince si beau.

		C'est un vagabond
		Qui est joli gar&#231;on.
		Il chante des chansons
		Qui donnent le frisson
		Et je me vois sur la route
		En me moquant du temps,
		Et c'est mon c&#339;ur qu'il &#233;coute,
		Notre amour dans le vent.
		Nous somm's vagabonds.
		Nous chantons des chansons.
		Moi j'ai des frissons.
		La la la la la la la la!



Le vieux piano

Paroles: Henri Contet. Musique: Claude L&#233;veill&#233;e 1960

		Un piano est mort
		Et celle-l&#224; l'aimait
		Quand elle &#233;tait jeune
		et quand elle venait se sao&#251;ler l' dedans de path&#233;tique
		En se frottant au piano nostalgique,
		Qu'il &#233;tait beau, le piano, bon piano, vieux piano des copains.
		A l'&#233;poque des copains,
		Chez Bianco l'argentier,
		Vers trois heures du matin
		Quand elle buvait son demi d'oubli
		Et seule, maintenant,
		Elle pense au vivant
		De ce vieux piano mort.
		Elle voit, elle entend
		Les messes de ses vingt ans
		Tomber d'un accord
		Au bar, quand elle boit,
		C'est vrai qu'elle revoit
		Des mains sur l'ivoire blanc,
		Les mains de Bianco,
		Des mains qui lui font cadeau
		D'un peu du vieux temps
		Mais dans son jean,
		Un fant&#244;me en blue jean,
		Un deuxi&#232;me et puis vingt
		Qui discutent en copains
		D'un bistrot d&#233;mod&#233;
		D'un piano d&#233;mod&#233;.
		Elle a cri&#233;: "Moi je sais! Moi je sais!"
		Elle va raconter
		L'histoire enferm&#233;e
		Dans le vieux piano mort
		Et c'est l'aventure
		Qui bat la mesure
		De plus en plus fort.
		Au clair de la vie,
		Les mains des amis,
		Les yeux des lendemains,
		La vie devant nous,
		L'amour, et puis tout
		Et tout, et plus rien
		Ils sont tous morts
		Au milieu d'un accord.
		Ils sont morts dans Ravel,
		Dans un dr&#244;le d'arc-en-ciel.
		Un soldat est entr&#233;
		Un soldat est entr&#233;
		Un piano est mort, et celle-l&#224; l'aimait,
		Quand elle &#233;tait jeune
		et quand elle venait se sao&#251;ler l' dedans de path&#233;tique
		En se frottant au piano nostalgique



L&#233;gende

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert B&#233;caud 1955

		Il existe, dans les landes,
		Le ch&#226;teau des Quatre-Vents
		Et la fort belle l&#233;gende
		Pour les petits et les grands
		Il para&#238;t, quand minuit sonne,
		On entend dans les couloirs
		Les bruits de pas qui r&#233;sonnent
		Et des sanglots dans le noir.
		J'ai voulu savoir la cause
		De tous ces morts sans repos.
		On m'a racont&#233; des choses
		Qui m'ont fait froid dans le dos
		D&#232;s que minuit a sonn&#233;,
		Le bois se met &#224; craquer.
		Le vent sanglote au dehors.
		Le chiens hurlent &#224; la mort.
		Alors, parmi tous ces bruits,
		Une plainte monte, monte
		Une plainte qui raconte l'histoire d'amour qui suit:

		Il y avait 'y a longtemps
		Que s'aimaient deux amants
		Ne vivant que pour lui,
		Respirant que pour elle,
		L&#224;, dans ce m&#234;me lit.
		Oh Dieu, qu'elle &#233;tait belle
		Mais on ne voulut pas de moi.
		Je n'&#233;tais pas le fils d'un roi.
		On fit tout pour m'&#233;loigner d'elle.
		Jamais n'ai pu revoir ma belle.
		A la fin d'un beau jour,
		Elle est morte d'amour.
		Dieu n'a jamais permis
		De supprimer sa vie.
		Elle est morte pour moi.
		Moi, je suis mort pour elle.
		Il ne le fallait pas, il ne fallait pas.
		C'est en vain que j'appelle.
		Chaque nuit, je l'entends pleurer,
		Seule dans son &#233;ternit&#233;.
		Christine, Christine je t'aime,
		Christine, Christine je t'aime,
		Mais elle ne m'entend pas
		Et je ne la vois pas.
		Christine! Christine! Christine!!!

		Et l'irr&#233;el dispara&#238;t
		Aussit&#244;t que l'aube appara&#238;t.
		Est-ce un r&#234;ve, ou la r&#233;alit&#233;?
		L&#224;, ma l&#233;gende est termin&#233;e



Les amants

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1961

		Quand les amants entendront cette chanson
		C'est s&#251;r, ma belle, c'est s&#251;r qu'ils pleureront

		Ils &#233;couteront
		Les mots d'amour
		Que tu disais
		Ils entendront
		Ta voix d'amour
		Quand tu m'aimais
		Quand tu croyais que tu m'aimais
		Que je t'aimais, que l'on s'aimait

		Quand les amants entendront cette chanson
		C'est s&#251;r, ma belle, c'est s&#251;r qu'ils pleureront

		J'entends toujours j'entends ton rire
		Quand quelquefois je te disais:
		"Si un jour
		tu ne m'aimais plus,
		Si un jour
		on ne s'aimait plus"
		Tu r&#233;pondais: "C'est impossible!"
		Et tu riais tu riais
		Eh bien, tu vois, tu n'aurais pas d&#251; rire

		Quand les amants entendront cette chanson
		C'est s&#251;r, ma belle, c'est s&#251;r qu'ils pleureront

		Ils &#233;couteront
		Les mots d'amour
		Que tu disais
		Ils entendront
		Ta voix d'amour
		Quand tu m'aimais
		Quand tu croyais que tu m'aimais
		Que je t'aimais, que l'on s'aimait

		Quand les amants entendront cette chanson
		C'est s&#251;r, ma belle, c'est s&#251;r qu'ils pleureront



Les amants d'un jour

Paroles: Claude Delecluse amp; Michelle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1956

autres interpr&#232;tes: Simone Langlois, Lucette Raillat

		Moi j'essuie les verres
		Au fond du caf&#233;
		J'ai bien trop &#224; faire
		Pour pouvoir r&#234;ver
		Mais dans ce d&#233;cor
		Banal &#224; pleurer
		Il me semble encore
		Les voir arriver

		Ils sont arriv&#233;s
		Se tenant par la main
		L'air &#233;merveill&#233;
		De deux ch&#233;rubins
		Portant le soleil
		Ils ont demand&#233;
		D'une voix tranquille
		Un toit pour s'aimer
		Au c&#339;ur de la ville
		Et je me rappelle
		Qu'ils ont regard&#233;
		D'un air attendri
		La chambre d'h&#244;tel
		Au papier jauni
		Et quand j'ai ferm&#233;
		La porte sur eux
		Y avait tant de soleil
		Au fond de leurs yeux
		Que &#231;a m'a fait mal,
		Que &#231;a m'a fait mal

		Moi, j'essuie les verres
		Au fond du caf&#233;
		J'ai bien trop &#224; faire
		Pour pouvoir r&#234;ver
		Mais dans ce d&#233;cor
		Banal &#224; pleurer
		C'est corps contre corps
		Qu'on les a trouv&#233;s

		On les a trouv&#233;s
		Se tenant par la main
		Les yeux ferm&#233;s
		Vers d'autres matins
		Remplis de soleil
		On les a couch&#233;s
		Unis et tranquilles
		Dans un lit creus&#233;
		Au c&#339;ur de la ville
		Et je me rappelle
		Avoir referm&#233;
		Dans le petit jour
		La chambre d'h&#244;tel
		Des amants d'un jour
		Mais ils m'ont plant&#233;
		Tout au fond du c&#339;ur
		Un go&#251;t de leur soleil
		Et tant de couleurs
		Que &#231;a m'a fait mal,
		Que &#231;a m'a fait mal

		Moi j'essuie les verres
		Au fond du caf&#233;
		J'ai bien trop &#224; faire
		Pour pouvoir r&#234;ver
		Mais dans ce d&#233;cor
		Banal &#224; pleurer
		Y a toujours dehors
		 La chambre &#224; louer



Les amants de demain

		Les amants de demain,
		Le c&#339;ur ensoleill&#233;,
		Les yeux &#233;merveill&#233;s,
		Iront main dans la main.
		Les amants de demain,
		Les bras charg&#233;s d'amour,
		S'aimeront &#224; leur tour
		D&#232;s demain

		Les amants de demain
		S'aimeront d'un c&#339;ur pur,
		B&#233;nissant leurs blessures,
		&#201;perdus de s'aimer.
		Ils iront vers le feu
		Qui d&#233;vore les yeux
		Et r&#233;chauffe leurs mains,
		Les amants de demain

		Ils se rencontreront
		Autour d'une chanson
		Qui les aura vus na&#238;tre.
		Ils seront les plus beaux
		Et, sans dire un seul mot,
		Sauront se reconna&#238;tre

		Les amants de demain,
		Le c&#339;ur ensoleill&#233;,
		Les yeux &#233;merveill&#233;s,
		Iront main dans la main.
		Les amants de demain,
		Enferm&#233;s dans un c&#339;ur,
		B&#226;tiront leur bonheur
		D&#232;s demain

		Les amants de demain
		S'aimeront sans raison,
		D&#233;chir&#233;s d'&#234;tre heureux,
		Encha&#238;n&#233;s deux par deux.
		Ils iront vers le ciel
		En cort&#232;ge &#233;ternel
		Par le m&#234;me chemin,
		Les amants de demain



Les amants de Paris

Paroles: L&#233;o Ferr&#233;. Musique: L&#233;o Ferr&#233;, E. Marnay 1948

		Les amants de Paris couchent sur ma chanson.
		A Paris, les amants s'aiment &#224; leur fa&#231;on.
		Les refrains que je leur dis,
		C'est plus beau que les beaux jours.
		&#199;a fait des tas d'printemps et l'printemps fait l'amour.
		Mon couplet s'est perdu
		Sur les bords d'un jardin.
		On ne me l'a jamais rendu
		Et pourtant, je sais bien
		Que les amants de Paris m'ont vol&#233; mes chansons.
		A Paris, les amants ont de dr&#244;les de fa&#231;ons

		Les amants de Paris se font &#224; Robinson
		Quand on marque des points &#224; coups d'accord&#233;on.
		Les amants de Paris vont changer de saison
		En tra&#238;nant par la main mon p'tit brin de chanson.
		'y a plein d'or, plein de lilas
		Et des yeux pour les voir.
		D'habitude c'est comme &#231;a
		Que commencement les histoires.
		Les amants de Paris se font &#224; Robinson.
		A Paris, les amants ont de dr&#244;les de fa&#231;ons.

		J'ai la cha&#238;ne d'amour au bout de mes deux mains.
		'y a des millions d'amants et je n'ai qu'un refrain.
		On y voit tout autour les gars du monde entier
		Qui donneraient bien l'printemps pour venir s'aligner.
		Pour eux c'est pas beaucoup
		Car des beaux mois de mai,
		J'en ai coll&#233; partout
		Dans leurs calendriers
		Les amants de Paris ont us&#233; mes chansons.
		A Paris, les amants s'aiment &#224; leur fa&#231;on.

		
		Donnez-moi des chansons
		Pour qu'on s'aime &#224; Paris



Les amants de Teruel

Paroles: Jacques Plante. Musique: Mikis Th&#233;odorakis 1962

note: du film "Les amants de Teruel"

		L'un pr&#232;s de l'autre,
		Se tiennent, les amants
		Qui se sont retrouv&#233;s
		Pour cheminer c&#244;te &#224; c&#244;te.
		Retrouv&#233;s dans la mort
		Puisque la vie n'a pas su les comprendre,
		Retrouv&#233;s dans l'amour
		La haine n'ayant pas pu les atteindre.
		Les feuilles, les feuilles tombent
		Sur leur lit de noces.
		Que la terre soit douce,
		Soit douce aux amants de Teruel
		Enfin r&#233;unis dans l'ombre

		L'un pr&#232;s de l'autre,
		Ils dorment maintenant.
		Ils dorment, d&#233;livr&#233;s
		De l'appr&#233;hension de l'aube.
		Se tenant par la main,
		Dans l'immobilit&#233; de la pri&#232;re,
		Renouant leur serment
		Dans la tranquille &#233;ternit&#233; des pierres,
		La nuit leur ouvre ses portes.
		Tout rentre dans l'ordre.
		Leur &#233;treinte demeure,
		Demeure &#224; jamais suspendue
		Ainsi qu'une note d'orgue



Les amants de Venise

Paroles: Jacques Plante. Musique: Marguerite Monnot 1953

		Elle lui disait: "On se croirait &#224; Venise
		O&#249; les ruisseaux d&#233;bordaient d'une eau grise"
		Comme il pleuvait Comme il pleuvait
		Elle lui disait: "On se croirait en gondole,
		J'entends ton c&#339;ur qui joue sa barcarolle."
		Comme il pleuvait Comme il pleuvait

		Ils &#233;taient l&#224;, blottis dans leur roulotte
		Avec la nuit et l'orage &#224; la porte.

		Elle lui disait: "On se croirait &#224; Venise."
		Il r&#233;pondait: "Mais on est &#224; Venise!"
		Comme ils s'aimaient Comme ils s'aimaient
		Voici les feux scintillant par centaines,
		La jolie nuit bariol&#233;e de lanternes.
		Ferme les yeux
		Tu verras mieux

		Mais on ne voyait qu'un pauvre r&#233;verb&#232;re
		Qui n'&#233;clairait m&#234;me pas leur mis&#232;re
		Et tout l&#224;-bas, au coin de la rue,
		Une petite plaque d'un bleu p&#226;li,
		O&#249; l'on voyait, &#233;crit dessus:
		"Porte d'Italie"

		La-la-la



Les amants merveilleux

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence V&#233;ran 1960

		Dans la petite rue,
		La rue d&#233;serte et nue
		Qui sent le ciel mouill&#233;,
		Le pav&#233; du faubourg,
		J'ai vu deux amoureux
		Qui m'ont tellement &#233;mue,
		Deux amants merveilleux,
		&#201;merveill&#233;s d'amour.
		Ils marchaient lentement
		Avec les yeux mi-clos,
		Se tenant par la main
		Et sans dire un seul mot.
		Ils ne m'ont m&#234;me pas vue
		En passant pr&#232;s de moi
		Tant leur nuit &#233;tait belle
		Et constell&#233;e de joie.

		Les amants merveilleux,
		L'extase dans les yeux
		Marchaient comme s'ils portaient en eux
		Un tr&#233;sor fabuleux,
		Presque miraculeux:
		Cette immense fortune d'&#234;tre deux.
		On sentait leur amour
		Bien plus qu'aucun soleil
		Qui semblait illuminer le ciel.
		De voir tant de bonheur,
		J'en avais presque peur.
		Je ne croyais pas une chose pareille.

		Les amants merveilleux,
		L'extase dans les yeux,
		Au plus profond d'eux-m&#234;mes entendaient,
		Entendaient une musique,
		La musique path&#233;tique
		De leur c&#339;ur, de leurs c&#339;urs qui battaient.
		Oh, comme ils s'embrassaient,
		S'embrassaient dans la rue,
		La petite rue d&#233;serte et nue
		Puis ils ont disparu
		En marchant lentement
		Dans la nuit, effac&#233;s par le vent.

		Alors, tout &#233;perdue,
		J'ai couru, j'ai couru
		Vers ton c&#339;ur et vers tes bras tendus
		Et, contre toi, blottie,
		Mon amour, j'ai compris
		Que nous &#233;tions aussi
		Des amants merveilleux



Les bleuets d'azur

Paroles: Jacques Larue. Musique: Guy Magenta 1959

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Lucienne Delyle (1960), Christian Cardin (1960), Raymond Boisserie

		Les bleuets d'azur
		Dans les grands bl&#233;s murs
		Nous font des clins d'&#339;il
		Au bord du clocher
		La pie vient percher
		Sa robe de deuil
		Seul, le vent du mois d'ao&#251;t
		A les yeux si doux
		Qu'on en boirait bien
		Et l'herbe d'amour
		Se fait de velours
		Au creux de mes reins

{}

		Attention, mon gars!
		Ce n'est pas toujours
		Qu'on fait de l'amour
		Avec ces trucs-l&#224;!
		Attention, mon gars!
		Fais-toi des yeux bleus
		Autant que tu veux,
		Mais ne gamberge pas

		Dans tes cheveux bruns
		Je plonge mes mains
		Je vois le soleil
		C'est l'instant perdu
		Toujours attendu
		Mais jamais pareil
		Et tandis qu'au ciel
		Le silence est tel
		Qu'on l'entend crier
		Dans tes yeux qui battent
		La vie est si bath
		Que j'en suis noy&#233;e

{au Refrain}

		Pour voir si &#231;a va
		Patientons jusqu'&#224; dimanche prochain
		Les bleuets d'azur
		Dans les grands bl&#233;s murs
		Nous attendront bien
		Le vent du mois d'ao&#251;t
		Sera bien plus doux
		La deuxi&#232;me fois
		Et l'herbe d'amour
		Sera l&#224; toujours
		Quand on reviendra

		Mais, tu vois, mon gars,
		J'avais bien raison
		De faire attention
		Je gamberge d&#233;j&#224;!
		Qui peut dire, mon gars,
		Si l'on reviendra
		Si l'on reviendra
		Si l'on reviendra
		
		Si l'on reviendra



Les blouses blanches

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Marguerite Monnot 1960

		&#199;a fera bient&#244;t trois ann&#233;es,
		Trois ann&#233;es qu'elle est intern&#233;e,
		Oui, intern&#233;e avec les fous
		Avec les fous

		C'est &#224; cause d'eux si elle est l&#224;,
		Seulement voil&#224;, on ne la croit pas,
		Mais un jour &#231;a va &#233;clater: la V&#233;rit&#233;!
		Alors comme elle en a assez de pleurer,
		De toutes ses forces elle se met &#224; crier:
		"Mais puisque j'vous dis que j'suis pas folle,
		vous m'entendez?!
		J'suis pas folle! J'suis pas folle!! J'suis pas folle!!!"

		Et &#224; chaque fois y a les blouses blanches
		Encore et toujours les blouses blanches
		Elles lui disent: "Non, vous n'&#234;tes pas folle!"
		pas follepas folle

		Les blouses blanches
		Elle aussi, elle en a eu une blouse blanche,
		Ah non! C'&#233;tait une robe Une petite robe blanche
		Une petite robe blanche avec des fleurs,
		Y avait du soleil tout autour des fleurs,
		Et dans sa main &#224; elle, y avait une main:
		Une belle main avec des doigts qui chantaient
		Qui chantaient Qui chantaient

		Ah! Encore les blouses blanches!

		&#199;a fera bient&#244;t huit ann&#233;es
		Huit ann&#233;es qu'elle est intern&#233;e
		Oui, intern&#233;e avec les fous
		Avec les fous

		Un grand trait sur les huit ann&#233;es
		Tout comme si rien n's'&#233;tait pass&#233;
		Une nuit elle ira leur voler leurs huit ann&#233;es
		Tiens! V'l&#224; la main comme le jour d'la robe blanche
		Mais pourquoi qu'elle a mis toutes ces blouses blanches?
		Non! Puisque j'vous dis que j'suis pas folle,
		vous m'entendez?
		J'suis pas folle! Je suis pas folle!! J'suis pas folle!!!
		Vous voyez bien que c'&#233;tait vrai
		Moi je savais qu'elle reviendrait la main
		La belle main qui riait riait riait

		On s'aimera toujours
		Mon amour Aha!
		Toujours Aha!
		Mon amour Ahaha!!
		Toujours! Ahahaha!!!



Les croix

Paroles: Louis Amade. Musique: Gilbert B&#233;caud 1952

autres interpr&#232;tes: Gilbert B&#233;caud (1953), Edith Piaf (1953), Juliette Gr&#233;co (1955), Damia (1956), Claire Cl&#233;ment

		Mon Dieu, qu'il y en a des croix sur cette terre
		Croix de fer, croix de bois, humbles croix famili&#232;res
		Petites croix d'argent pendues sur des poitrines
		Vieilles croix des couvents perdues parmi les ruines

		Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la t&#234;te
		Immense croix de plomb vaste comme l'amour
		J'y accroche le vent, j'y retiens la temp&#234;te
		J'y prolonge le soir et j'y cache le jour

		Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la t&#234;te
		Un mot y est grav&#233; qui ressemble &#224; "souffrir"
		Mais ce mot familier que mes l&#232;vres r&#233;p&#232;tent
		Est si lourd &#224; porter que j'en pense mourir

		Mon Dieu qu'il y en a sur les routes profondes
		De silencieuses croix qui veillent sur le monde
		Hautes croix du pardon dress&#233;es vers les potences
		Croix de la d&#233;raison ou de la d&#233;livrance

		Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la t&#234;te,
		Immense croix de plomb vaste comme l'amour
		J'y accroche le vent, j'y retiens la temp&#234;te
		J'y prolonge le soir et j'y cache le jour

		Mais moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la t&#234;te
		Un mot y est grav&#233; qui ressemble &#224; "souffrir"
		Mais ce mot familier que mes l&#232;vres r&#233;p&#232;tent
		Est si lourd &#224; porter que j'en pense mourir



Les deux copains

		Y avait une fois deux bons copains
		Poil dans la main, rien dans la poche
		Mais des tas d'choses dans la caboche
		Qui s'en allaient par les chemins
		Y avait un p'tit et puis un grand
		Le p'tit avait l'intelligence
		Le grand il avait la puissance
		Dans les coups durs, y s'mettait d'vant
		Et tous les deux
		Le p'tit et l'grand
		Le coeur joyeux allaient chantant
		Bras d'ssus bras d'ssous comme des fous

		Tralalala, on s'en va
		Mais un jour on reviendra
		On aura beaucoup bu
		Et beaucoup retenu
		Rien qu'avec nos souv'nirs
		On pourra s'enrichir
		Tralalala, on s'en va
		Mais un jour on reviendra

		Ils eurent soif, ils eurent faim
		Crev&#232;rent de froid, firent naufrage
		S'remplirent la t&#234;te d'un tas d'mirages
		S'coll&#232;rent des ampoules plein les mains
		Ils s'en allaient tout droit d'vant eux
		Passant de l'Europe en Afrique
		Et puis de l&#224; en Am&#233;rique
		Les v'la un jour rev'nus chez eux
		Et tous les deux
		Le p'tit et l'grand
		Le coeur joyeux allaient chantant
		Bras d'ssus bras d'ssous comme des fous

		Tralalala, nous voil&#224;
		C'est assez roul&#233; comme &#231;a
		Approchez, les amis
		On a vu du pays
		Rien qu'avec nos souv'nirs
		On va vous enrichir
		Tralalala, nous voil&#224;
		C'est assez roul&#233; comme &#231;a

		Ils s'croyaient des types merveilleux
		Parce qu'ils savaient des tas d'histoires
		Mais personne ne voulait les croire
		On n'les prenait pas au s&#233;rieux
		Et, d&#233;go&#251;t&#233;s, les deux copains
		Froid dans le coeur, rien dans la poche
		Mais des tas d'choses dans la caboche
		Sont repartis par les chemins
		Et tous les deux
		Le p'tit et l'grand
		Pleurs dans les yeux, s'en vont gueulant
		Bras d'ssus bras d'ssous "bah, on s'en fout!"

		Tralalala, on s'en va
		Ces gens-l&#224; n'nous comprennent pas
		Y travaillent jusqu'au bout
		Pour finir dans un trou
		Sans rien &#224; s'raconter
		Quand y s'ront d'l'autre c&#244;t&#233;
		Tralalala, on s'en va
		V'l&#224; notre soleil qui brille l&#224;-bas
		Tralalala lalalala



Les deux m&#233;n&#233;triers (galop macabre)

Paroles: Jean Richepin. Musique: Lucien Durand 1924

autres interpr&#232;tes: Damia (1927), Edith Piaf (1936), Barbara, Armand Mestral

note: Chanson &#233;crite en 1891, parue en 1899 dans le recueil de Jean Richepin "La bombarde  Contes &#224; chanter".

		Sur les noirs chevaux sans mors,
		Sans selle et sans &#233;triers,
		Par le royaume des morts
		Vont deux blancs m&#233;n&#233;triers.
		Ils vont un galop d'enfer,
		Tout en raclant leur crincrin
		Avec des archets de fer,
		Ayant des cheveux pour crin.
		Au fracas des durs sabots,
		Au rire des violons,
		Les morts sortent des tombeaux.
		Dansons et cabriolons!

		Et les tr&#233;pass&#233;s joyeux
		S'en vont par bonds et soufflant,
		Avec une flamme aux yeux,
		Rouge dans leurs cr&#226;nes blancs.
		Et les noirs chevaux sans mors,
		Sans selle et sans &#233;triers
		Font halte et voici qu'aux morts
		Parlent les m&#233;n&#233;triers:

		Le premier dit, d'une voix
		Sonnant comme un tympanon:
		"Voulez-vous vivre deux fois?
		Venez, la Vie est mon nom!"
		Et tous, m&#234;me les plus gueux
		Qui de rien n'avaient joui,
		Tous, dans un &#233;lan fougueux,
		Les morts ont r&#233;pondu: "Oui!"

		Alors l'autre, d'une voix
		Qui soupirait comme un cor,
		Leur dit: "Pour vivre deux fois,
		Il vous faut aimer encor!
		Aimez donc! Enlacez-vous!
		Venez, l'Amour est mon nom!"
		Mais tous, m&#234;me les plus fous,
		Les morts ont r&#233;pondu: "Non!"

		Et leurs doigts d&#233;charn&#233;s,
		Montrant leurs c&#339;urs en lambeaux,
		Avec des cris de damn&#233;s,
		Sont rentr&#233;s dans leurs tombeaux.
		Et les blancs m&#233;n&#233;triers
		Sur leurs noirs chevaux sans mors,
		Sans selle et sans &#233;triers,
		Ont laiss&#233; dormir les morts.



Les deux rengaines

Paroles: Henri Contet. Musique: H. Bourtayre 1944

		Y a un refrain dans la ville,
		Un refrain sans domicile.
		Et c'est comme un fait expr&#232;s,
		Un air qui me court apr&#232;s.
		Il est fait de deux rengaines
		Qui ont m&#233;lang&#233; leur peine.
		La premi&#232;re a du chagrin
		Et la deuxi&#232;me n'a rien.

		C'est un air, Ah! Ah! aussi triste que mon amour.
		C'est un air, Ah! Ah! sans piti&#233; qui me tourne autour.
		D'un sixi&#232;me &#233;tage,
		Un phono s'enrage
		A le rab&#226;cher
		Et la farandole
		Des m&#234;mes paroles
		Entre sans frapper.
		C'est un air, Ah! Ah! qui se tra&#238;ne dans les faubourgs.
		C'est un air, Ah! Ah! aussi triste que mon amour.

		Mais la premi&#232;re rengaine,
		Qui avait tant de chagrin,
		Un jour, oublia ses peines,
		Et &#231;a fait qu'un beau matin,
		La chanson &#233;tait moins triste.
		Mon c&#339;ur n'en revenait pas
		Et mon voisin le pianiste
		En a fait une java.

		C'est un air, Ah! Ah! qui me donne le mal d'amour.
		C'est un air, Ah! Ah! sans piti&#233; qui me tourne autour.
		Le piano remplace
		Le phono d'en face
		Pour le rab&#226;cher
		Et la farandole
		Tourne, tourne et vole
		Comme un vent d'&#233;t&#233;.
		C'est un air, Ah! Ah! qui s'accroche sous l'abat-jour.
		C'est un air, Ah! Ah! qui me donne le mal d'amour.

		Puis la deuxi&#232;me rengaine,
		Qui n'avait que rien du tout,
		H&#233;rita, un jour de veine,
		D'un bonheur de quatre sous,
		Car le bonheur, &#231;a existe.
		C'est du travail &#224; fa&#231;on,
		Alors nous deux, mon pianiste,
		On a refait la chanson.

		C'est un air, Ah! Ah! aussi beau que mon bel amour.
		C'est un air, Ah! Ah! merveilleux qui me tourne autour.
		Tous les pianos dansent,
		Tous les phonos dansent.
		Qu'il fait bon danser,
		Et la farandole
		Tourne, tourne et vole,
		Tourne &#224; tout casser.
		C'est un air, Ah! Ah! qui s'envole vers le faubourg.
		C'est un air, Ah! Ah! aussi beau que mon bel amour.



Les flon-flons du bal

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

		Les flonflons du bal,
		A grands coups de cymbale,
		Et l'accord&#233;on
		Secouent ma chanson.
		Les flonflons du bal
		Donnent un festival
		En dessous de chez moi,
		Tous les soirs du mois.

		J'ai beau tourner ma cl&#233;,
		Ma cl&#233; &#224; triple tour,
		Ils sont toujours m&#234;l&#233;s
		A mes histoires d'amour.
		Les flonflons du bal,
		Le long des murs sales,
		Montent par bouff&#233;es
		Jusqu'&#224; mon grenier.

		Les flonflons du bal,
		A grands coups de cymbale,
		Et l'accord&#233;on
		Secouent ma chanson.
		Quand j'ai du chagrin,
		C'est le m&#234;me refrain.
		Qu'on soit presque mort,
		Ils jouent aussi fort.

		J'ai bien failli mourir
		Le jour o&#249; t'es parti
		Mais, pour les attendrir,
		Mon c&#339;ur n'a pas suffi.
		Les flonflons du bal,
		&#199;a leur est &#233;gal:
		Vous pouvez pleurer.
		Eux, ils font danser

		Eux, ils vendent la joie.
		C'est chacun pour soi.
		C'est tant mieux pour eux.
		C'est tant pis pour moi



Les gars qui marchaient

		Y avait des gars qui marchaient
		Y avait des gars qui chantaient
		On n'savait pas o&#249; ils allaient
		On n'savait pas ce qu'ils chantaient
		Mais la cadence de leur pas
		M&#234;l&#233;e au rythme des voix
		Ca vous flanquait &#224; tour de bras
		Un fameux coup dans l'estomac
		On n'osait pas s'en m&#234;ler
		On les r'gardait d&#233;filer
		Bon sang d'bonsoir que c'&#233;tait beau
		Tous ces hommes sans un drapeau

		Salut mon gars, salut, viens
		Dis-nous un peu d'o&#249; tu viens
		Je viens de l&#224; o&#249; j'ai souffert
		Et je m'en vais juste &#224; l'envers
		Alors mon gars, dis, allons-y
		On a souffert nous aussi
		Et si tu veux, on ira voir
		Ce que la vie cache dans ses tiroirs
		Et tous les gars qui marchaient
		Avec tous ceux qui suivaient
		Chanson derri&#232;re, chanson devant
		Ca bourdonnait comme un torrent

		Ils ont crev&#233; l'horizon
		Pour y planter leur chanson
		Ont abattu tous les vieux murs
		Et dit "bon Dieu, que l'air est pur"
		Profitons-en, tous les copains

		On va b&#226;tir &#224; sa place
		Vous d'bout les hommes auront le droit
		De vivre en paix si &#231;a leur va
		Et tous les hommes en cohue
		Et en venant ils ont vu
		Le ciel du feu qui s'&#233;clairait

		Pendant que tous ces gars chantaient



Les gens

Paroles: Mich&#232;le Vend&#244;me. Musique: Francis La&#239; 1963

		Comme ils nous regardaient, les gens.
		Nous, on ne voyait pas les gens.
		Pour nous, ils &#233;taient transparents.
		On ignorait les gens.
		On &#233;tait seuls au monde.
		Comme ils &#233;taient press&#233;s, les gens,
		Mais nous, on fl&#226;nait en r&#234;vant.
		Un soleil &#233;clatant
		Inondait notre monde

		Comme ils &#233;taient tristes, les gens
		Car ils ne savaient pas, les gens,
		Que des fleurs couvraient les pav&#233;s,
		Que le printemps naissait
		En plein c&#339;ur de l'automne.

		Comme ils &#233;taient surpris, les gens,
		Peut-&#234;tre un peu jaloux, les gens,
		Des amants qui disaient "toujours"
		Et qui parlaient d'amour
		Sans s'occuper des gens.

		Comme ils nous regardaient, les gens.
		Nous, en ne voyait pas les gens,
		On se regardait dans les yeux.
		C'&#233;tait vertigineux.
		C'&#233;tait le grand naufrage.
		Ils &#233;taient fascin&#233;s, les gens.
		Ils n'avaient jamais vu, les gens,
		Une telle folie, de tels amants,
		De tels indiff&#233;rents
		Aux gens et &#224; leur &#226;ge.

		Comme ils &#233;taient dr&#244;les, les gens.
		Comme ils baissaient les yeux, les gens,
		Quand, tous deux, on s'est enlac&#233;,
		Quand on s'est embrass&#233;
		En se disant "Je t'aime".

		Comme ils &#233;taient press&#233;s, les gens,
		Mais ils se retournaient, les gens,
		Pour voir encore ces deux amants
		Qui s'aimaient tellement
		A faire r&#234;ver les gens.

		Comme ils nous regardaient, les gens.
		Nous on ne voyait pas les gens.
		Comme ils &#233;taient press&#233;s, les gens.
		Nous on ne voyait pas les gens.
		Comme ils se retournaient, les gens
		Nous on ne voyait pas les gens



Les grognards

Paroles: Pierre Delano&#235;. Musique: Hubert Giraud 1957

		Ecoute, peuple de Paris:
		Tu n'as pas la fi&#232;vre.
		Ecoute ces pas qui marchent dans la nuit,
		Qui s'approchent de ton r&#234;ve.
		Tu vois des ombres qui forment une fresque gigantesque accroch&#233;e dans ton ciel.
		Ecoute, peuple de Paris:
		Regarde, peuple de Paris, ces ombres &#233;ternelles
		Qui d&#233;filent en chantant sous ton ciel.

		Nous les grognards, les grenadiers,
		Sans grenades, sans fusils ni souliers,
		Sans ennemis et sans arm&#233;e,
		On s'ennuie dans la nuit du pass&#233;.
		Nous les grognards, les grenadiers,
		Sans grenades, sans fusils, ni souliers,
		Ce soir nous allons d&#233;filer
		Au milieu de vos Champs-Elys&#233;es.
		Wagram, I&#233;na, Eylau, Arcole, Marengo Ca sonne bien.
		Quelles jolies batailles.
		Tout ce travail,
		C'&#233;tait pas pour rien
		Puisque les noms de rues,
		Les noms d'avenues
		O&#249; vous marchez,
		C'est avec le sang
		De nos vingt ans
		Qu'on les a grav&#233;s.
		Nous les grognards, les grenadiers,
		Sans grenades, sans fusils ni souliers,
		Sans ennemis et sans arm&#233;e,
		On s'ennuie dans la nuit du pass&#233;.
		Nous les grognards, les grenadiers,
		On est morts sur des champs &#233;trangers.
		On a visit&#233; la Russie
		Mais jamais nous n'avons vu Paris.
		On n'a pas eu le temps
		D'avoir un printemps
		Qui nous sourit.
		Nos pauvres amours
		Duraient un jour,
		Au revoir et merci.
		Roulez, roulez tambours.
		Dans le petit jour
		On s'en allait.
		Au son du clairon
		Et du canon,
		Notre vie dansait.
		Nous les grognards, les grenadiers,
		On nous a oubli&#233;s, oubli&#233;s
		Depuis le temps de nos combats,
		Il y a eu tant et tant de soldats
		Mais, cette nuit, vous nous verrez
		Sans grenades, sans fusils ni souliers,
		D&#233;filer au pas cadenc&#233;
		Au milieu de vos Champs-Elys&#233;es
		Sans grenades
		Sans fusils
		Ni souliers
		A Paris



Les hiboux

Paroles: E. Joullot. Musique: P. Dalbret 1936

		Il y en a qui viennent au monde veinards.
		D'autres, au contraire, toute leur vie sont bignards.
		Mon p&#232;re &#233;tait, paira&#238;t-il, un baron.
		Ma m&#232;re &#233;tait boniche dans sa maison.
		L'patron lui ayant fait du boniment
		Et, de plus, lui ayant fait un enfant,
		Ma pauv'baronne, par la patronne,
		Fut balanc&#233;e en vitesse, et comment!
		Pour me nourrir ma m&#232;re devint catin
		Et moi, depuis, j'suis d'venu un vaurien.

		C'est nous qui sommes les hiboux.
		Les apaches, les voyous,
		Ils en foutent pas un coup.
		Dans le jour, nous planquons nos mirettes,
		Mais le soir nous sortons nos casquettes.
		Nos femmes triment sur l'S&#233;basto
		Pendant qu'nous, chez l'bistrot, dans un coin, bien au chaud,
		On fait sa p'tite belote avec des mecs comme nous,
		Des coquins, des apaches, des hiboux.

		Faut pas s'tromper: nous ne sommes pas bons &#224; tout.
		On est des poisses, des copards, et c'est tout.
		On n'nous rencontre jamais sur les boulevards,
		Seulement le soir, pour chasser leur cafard.
		Les gens rupins et blas&#233;s, les vicieux,
		Avec leurs poules qui nous font les doux yeux,
		Viennent dans nos bouges boire du vin rouge
		Et en dansant, elles nous appellent Oh mon Dieu!
		On sent leur chaleur qui fr&#233;mit dans nos bras,
		Alors on serre en leur disant tout bas:

		C'est nous qui sommes les hiboux.
		Les apaches, les voyous,
		Ils en foutent pas un coup.
		Dans le jour, nous planquons nos mirettes,
		Mais le soir nous sortons nos casquettes.
		Nos femmes triment sur l'S&#233;basto
		Pendant qu'nous, chez l'bistrot, dans un coin, bien au chaud,
		On fait sa p'tite belote avec des mecs comme nous,
		Des coquins, des apaches, des hiboux.

		Y'en a qui croient &#234;tre des hommes affranchis.
		Aha! Y m'font marrer avec tous leurs chichis.
		Nous, on sait bien que &#231;a finira au grand air,
		Le cou serr&#233; dans l'truc &#224; m'sieur D&#233;bler,
		A moins qu'un soir, un mahoutin, un costaud,
		Nous r'file un coup d'son surin dans la peau.
		&#199;a finit vite, sans eau b&#233;nite.
		Nos h&#233;ritiers qui touchent tous des bigorneaux,
		Nous les toquards on claque dans un sale coup.
		Oh! Que ce soit l&#224; ou ailleurs, on s'en fout!

		C'est nous qui sommes les hiboux.
		Les apaches, les voyous,
		Il en co&#251;te pas un coup.
		Dans le jour, nous planquons nos mirettes,
		Mais, le soir, nous sortons nos casquettes.
		Ecoutez &#231;a, vous les rupins:
		Gare &#224; moi, le coquin, quand chacun fera son chemin.
		Si mon p&#232;re n'avait pas agi comme un voyou,
		Moi aussi, j's'rais p't'&#234;tre un homme comme vous



Les marins, &#231;a fait des voyages

Paroles: Raymond Asso. Musique: Mitty Goldin 1936

		Il m'avait dit seulement "je t'aime"
		Et ces mots-l&#224;, &#231;a compte tout de m&#234;me.
		On s'est aim&#233; huit jours tout plein
		Puis il m'a dit un beau matin:
		"V'l&#224; que j'm'en vais. N'aie trop d'peine.
		J'suis matelot, faut qu'tu comprennes."

		"Les marins &#231;a fait des voyages.
		On reste jamais pour bien longtemps.
		On part joyeux, on revient content.
		Des fois; bien s&#251;r; y a les naufrages,
		Mais les retours c'est tout plaisir
		Et nos amours peuvent pas mourir.
		On sait qu'on r'part, on n'a pas l'c&#339;ur
		De s'faire du mal &#224; son bonheur.
		Faut pas pleurer! Aie du courage!
		La mer est belle et puis dis-toi
		Qu'on n'y peut rien ni toi ni moi
		Et qu'les marins, faut qu'&#231;a voyage."

		J'l'ai vu partir sur son navire.
		Y m'faisait d'loin un beau sourire,
		Et d'un seul coup je n'l'ai plus vu
		Et puis l'bateau a disparu.
		La mer chantait d'une voix c&#226;line.
		On a parl&#233; comme des copines.

		Les marins &#231;a fait des voyages.
		&#199;a reste jamais pour bien longtemps.
		S'il revient joyeux, il repart content.
		Pour les aimer, faut du courage,
		Mais les retours c'est tout plaisir
		Et leurs amours peuvent pas mourir.
		Le voil&#224; qui part, mon pauvr'bonheur.
		Dessus la mer vogue mon c&#339;ur
		Mais v'l&#224; qu'je pense qu'y a des naufrages.
		Sois bonne, la mer: ne l'garde pas.
		Si tu veux bien, on partagera,
		Comme les marins, faut qu'&#231;a voyage.

		J'l'ai attendu pendant des s'maines,
		Et puis maint'nant c'est plus la peine.
		Il m'a fait dire par ses amis
		Qu'y r'viendrait plus, qu'c'&#233;tait fini.
		Il m'avait fait cadeau d'une bague.
		Je l'ai jet&#233;e au creux des vagues.

		Les marins &#231;a fait des voyages.
		On les esp&#232;re pendant longtemps.
		Y'en a qui r'viennent de temps en temps.
		D'autres s'font crocher l'c&#339;ur au passage.
		Y a plus d'retour, y a plus d'plaisir.
		Y a plus d'amour, y a qu'&#224; mourir.
		Celui qu'j'aimais, y r'viendra pas
		Et puis s'y r'vient, il recommenc'ra,
		Car les marins, faut qu'&#231;a voyage.
		&#199;a court toujours vers d'autres bonheurs
		Et &#231;a nous laisse avec notre c&#339;ur,
		Notre c&#339;ur fan&#233; pour tout partage.



Les m&#244;mes de la cloche

Paroles: Decaye. Musique: Vincent Scotto 1936

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf

		D'un bout &#224; l'autre de la semaine,
		Sur les boulevards, dans les faubourgs,
		On les voit tra&#238;ner par centaines,
		Leurs gu&#234;tres sales et leurs amours
		Dans des chemises de dix jours.
		Sous la lumi&#232;re des r&#233;verb&#232;res,
		Prenant des airs de Pompadour,
		Ce sont nos belles ferronni&#232;res,
		Ce sont nos poup&#233;es, nos guignols, nos pantins.
		&#201;coutez dans la nuit,
		Elles chantent ce refrain:

		"C'est nous les m&#244;mes, les m&#244;mes de la cloche,
		Clochards qui s'en vont sans un rond en poche.
		C'est nous les paum&#233;es, les pur&#233;es d'paum&#233;es
		Qui sommes aim&#233;es un soir n'importe o&#249;.
		Nous avons pourtant
		C&#339;ur pas exigeant
		Mais personne n'en veut.
		Eh ben tant pis pour eux.
		Qu'&#232;'qu'&#231;a fout,
		On s'en fout!
		Nul ne s'y accroche.
		Il n'y a pas d'amour
		Et l'on sera toujours
		Les m&#244;mes de la cloche!

		Mais comme elles n'ont pas les toilettes
		Qu'il faut pour les quartiers rupins,
		C'est pas aux Galeries Lafayette
		Qu'elles vont faire chaque soir leur turbin.
		Le long du canal Saint-Martin,
		Au S&#233;basto, &#224; la chapelle,
		On est toujours assez gandin
		Pour le monsieur qui vous appelle.
		D'l'article populaire, c'est pas du beau joujou.
		'y a pas d'poup&#233;es en soie
		Aux bazars &#224; trente sous.
		C'est nous les m&#244;mes, les m&#244;mes de la cloche,
		Clochards qui s'en vont sans un rond en poche.
		C'est nous les paum&#233;es, les pur&#233;es d'paum&#233;es
		Qui sommes aim&#233;es un soir n'importe o&#249;.
		Tout comme nos ribouis,
		Nous n'sommes pas vernies.
		Jamais l'on ira
		Sur la Riviera.
		Qu'&#232;'qu'&#231;a fout,
		On s'en fout!
		Quand l'argent nous fauche,
		On va faire quatre jours
		L&#224;-bas dans la Tour.
		Les m&#244;mes de la cloche,
		Elles ont vendu toutes leurs caresses.
		Elles furent pay&#233;es tant bien que mal,
		Puis un jour, plus rien dans la caisse,
		Vont se fiche dans l'canal
		Et sans avoir comme un cheval
		La piti&#233; des gens de la rue,
		On les emm&#232;ne &#224; l'h&#244;pital.
		La foule dit "ce n'est qu'une grue"
		Et voil&#224; comment nos poup&#233;es, nos pantins,
		Lorsqu'elles n'ont plus le sou
		S'en vont toutes &#224; Pantin.

		C'est nous les m&#244;mes, les m&#244;mes de la cloche,
		Clochards qu s'en vont sans amis, sans proches.
		C'est nous les paum&#233;es, les pur&#233;es d'paum&#233;es
		Qui s'en vont dormir dans l'horrible trou.
		Derri&#232;re not' convoi
		Jamais l'on ne voit
		Ni fleurs ni couronnes,
		Pas m&#234;me une personne
		Qu'&#232;'qu'&#231;a fout,
		On s'en fout!
		Quand la mort nous fauche,
		C'est not' plus beau jour.
		Cloches, sonnez pour
		Les m&#244;mes de la cloche!



Les mots d'amour

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1960

		C'est fou c' que j' peux t'aimer,
		C' que j' peux t'aimer, des fois,
		Des fois, j' voudrais crier
		Car j' n'ai jamais aim&#233;,
		Jamais aim&#233; comme &#231;a.
		&#199;a, je peux te l'jurer.
		Si jamais tu partais,
		Partais et me quittais,
		Me quittais pour toujours,
		C'est s&#251;r que j'en mourrais,
		Que j'en mourrais d'amour,
		Mon amour, mon amour

		C'est fou c' qu'il me disait
		Comme jolis mots d'amour
		Et comme il les disait
		Mais il ne s'est pas tu&#233;
		Car, malgr&#233; mon amour,
		C'est lui qui m'a quitt&#233;e
		Sans dire un mot.
		Pourtant des mots,
		'y en avait tant,
		'y en avait trop

		C'est fou c' que j' peux t'aimer,
		C' que j' peux t'aimer, des fois,
		Des fois, je voudrais crier
		Car j' n'ai jamais aim&#233;,
		Jamais aim&#233; comme &#231;a.
		&#199;a, je peux te l'jurer.
		Si jamais tu partais,
		Partais et me quittais,
		Me quittais pour toujours,
		C'est s&#251;r que j'en mourrais,
		Que j'en mourrais d'amour,
		Mon amour, mon amour

		Et voil&#224; qu'aujourd'hui,
		Ces m&#234;mes mots d'amour,
		C'est moi qui les redis,
		C'est moi qui les redis
		Avec autant d'amour
		A un autre que lui.
		Je dis des mots
		Parce que des mots,
		Il y en a tant
		Qu'il y en a trop

		C'est fou c' que j' peux t'aimer,
		C' que j' peux t'aimer des fois,
		Des fois, j' voudrais crier
		Car j' n'ai jamais aim&#233;,
		Jamais aim&#233; comme &#231;a.
		&#199;a, je peux te l'jurer.
		Si jamais tu partais,
		Partais et me quittais,
		Me quittais pour toujours,
		C'est s&#251;r que j'en mourrais,,
		Que j'en mourrais d'amour
		Mon amour, mon amour

		Au fond c' n'&#233;tait pas toi.
		Comme ce n'est m&#234;me pas moi
		Qui dit ces mots d'amour
		Car chaque jour, ta voix,
		Ma voix, ou d'autres voix,
		C'est la voix de l'amour
		Qui dit des mots,
		Encore des mots,
		Toujours des mots,
		Des mots d'amour

		C'est fou c' que j' peux t'aimer,
		C' que j' peux t'aimer, des fois
		Si jamais tu partais,
		C'est s&#251;r que j'en mourrais
		C'est fou c' que j' peux t'aimer,
		C' que j' peux t'aimer d'amour



Les neiges de Finlande

Paroles: Henri Contet, musique: Marguerite Monnot, enr. 2 septembre 1958

		Un r&#234;ve a fait le tour du monde
		Sur les &#233;paules d'un marin
		Un r&#234;ve a fait le tour du monde
		C'&#233;tait le mien
		Mon r&#234;ve a fait de beaux voyages
		Et m'en rapporte des cadeaux
		Entre les mains de mes nuages
		Il met le ciel de Born&#233;o

		Tout ce qu'il dit devient merveilleux
		Le monde est plein de bruits d'abeilles
		Et je le crois!
		Le m&#233;chant loup est un archange
		Les ogres mangent des oranges
		Et je le crois!
		Les cendrillons filent la laine
		Pour habiller Croque-Mitaine
		Et je le crois!
		Alors je dors sur des l&#233;gendes
		Et je peux voir de mon grenier
		Tomber les neiges de Finlande
		Sur les No&#235;ls d'Aubervilliers



Les prisons du roy

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: I.Gordon 1957

		Au fond des prisons du roy
		Tout au fond des prisons du roy
		Ils l'ont enferm&#233; dans les prisons du roy,
		Aha-a-a-a
		Messire, dites moi,
		Pourquoi ont-ils fait &#231;a?
		Aha-a-a-a
		Est-il vrai qu'il ne reviendra plus jamais,
		Jamais, plus jamais
		Parce qu'il a vol&#233; un diamant plein d'&#233;clat
		Le plus beau des diamants pour moi?

		Au fond des prisons du roy
		Tout au fond des prisons du roy
		Et je m'en souviens il m'avait dit un jour
		Aha-a-a-a
		"Tu seras plus riche que les dames de la cour."
		Aha-a-a-a
		Est-il vrai que je ne l'entendrai jamais
		Jamais, plus jamais
		Parce qu'il a vol&#233; un diamant plein d'&#233;clat
		Le plus beau des diamants pour moi?

		Au fond des prisons du roy
		Tout au fond des prisons du roy
		Messire, dites-moi,
		Est-il l&#224; pour longtemps?
		Aha-a-a-a
		Alors, jetez-moi en prison avec lui
		Aha-a-a-a
		Et rien ne nous s&#233;parera plus jamais
		Jamais, plus jamais
		Car moi j'ai vol&#233;, je l'avoue et sans peur,
		Oui messire, j'ai vol&#233; son c&#339;ur

		Au fond des prisons du roy
		O mon amour je viens vers toi!
		Tout au fond des prisons du roy



Les roses blanches

Paroles: Ch.L.Pothier. Musique: L&#233;on Raiter 1925

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Tino Rossi, Fred Gouin, Lucienne Delyle, Marie Jos&#233;, Georgette Plana, Nana Mouskouri, C&#233;line Dion

		C'&#233;tait un gamin, un gosse de Paris,
		Pour famille il n'avait qu' sa m&#232;re
		Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
		Par les chagrins et la mis&#232;re
		Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
		Et le cher bambin tous les dimanche
		Lui apportait de belles roses blanches,
		Au lieu d'acheter des joujoux
		La c&#226;linant bien tendrement,
		Il disait en les lui donnant:

		"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
		Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
		Va quand je serai grand, j'ach&#232;terai au marchand
		Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman"

		Au printemps dernier, le destin brutal,
		Vint frapper la blonde ouvri&#232;re
		Elle tomba malade et pour l'h&#244;pital,
		Le gamin vit partir sa m&#232;re
		Un matin d'avril parmi les promeneurs
		N'ayant plus un sous dans sa poche
		Sur un march&#233; tout tremblant le pauvre mioche,
		Furtivement vola des fleurs
		La marchande l'ayant surpris,
		En baissant la t&#234;te, il lui dit:

		"C'est aujourd'hui dimanche et j'allais voir maman
		J'ai pris ces roses blanches elle les aime tant
		Sur son petit lit blanc, l&#224;-bas elle m'attend
		J'ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman"

		La marchande &#233;mue, doucement lui dit,
		"Emporte-les je te les donne"
		Elle l'embrassa et l'enfant partit,
		Tout rayonnant qu'on le pardonne
		Puis &#224; l'h&#244;pital il vint en courant,
		Pour offrir les fleurs &#224; sa m&#232;re
		Mais en le voyant, une infirmi&#232;re,
		Tout bas lui dit "Tu n'as plus de maman"
		Et le gamin s'agenouillant dit,
		Devant le petit lit blanc:

		"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
		Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
		Et quand tu t'en iras, au grand jardin l&#224;-bas
		Toutes ces roses blanches, tu les emporteras"



Les trois cloches

Paroles et Musique: Gilles (Jean Villard) 1946

autres interpr&#232;tes: Gilles (Jean Villard) + Urfer, Les Classels, Tina Arena

		Village au fond de la vall&#233;e
		Comme &#233;gar&#233;, presque ignor&#233;
		Voici qu'en la nuit &#233;toil&#233;e
		Un nouveau-n&#233; nous est donn&#233;
		Jean-Fran&#231;ois Nicot il se nomme
		Il est joufflu, tendre et ros&#233;
		A l'&#233;glise, beau petit homme
		Demain tu seras baptis&#233;

		Une cloche sonne, sonne
		Sa voix, d'&#233;cho en &#233;cho
		Dit au monde qui s'&#233;tonne:
		"C'est pour Jean-Fran&#231;ois Nicot
		C'est pour accueillir une &#226;me
		Une fleur qui s'ouvre au jour
		A peine, &#224; peine une flamme
		Encore faible qui r&#233;clame
		Protection, tendresse, amour"

		Village au fond de la vall&#233;e
		Loin des chemins, loin des humains
		Voici qu'apr&#232;s dix-neuf ann&#233;es
		C&#339;ur en &#233;moi, le Jean-Fran&#231;ois
		Prend pour femme la douce Elise
		Blanche comme fleur de pommier
		Devant Dieu, dans la vieille &#233;glise
		Ce jour, ils se sont mari&#233;s

		Toutes les cloches sonnent, sonnent
		Leurs voix, d'&#233;cho en &#233;cho
		Merveilleusement couronnent
		La noce &#224; Fran&#231;ois Nicot
		"Un seul c&#339;ur, une seule &#226;me"
		Dit le pr&#234;tre, "et pour toujours
		Soyez une pure flamme
		Qui s'&#233;l&#232;ve et qui proclame
		La grandeur de votre amour"

		Village au fond de la vall&#233;e
		Des jours, des nuits, le temps a fui
		Voici qu'en la nuit &#233;toil&#233;e
		Un c&#339;ur s'endort, Fran&#231;ois est mort
		Car toute chair est comme l'herbe
		Elle est comme la fleur des champs
		Epis, fruits m&#251;rs, bouquets et gerbes
		H&#233;las, tout va se dess&#233;chant

		Une cloche sonne, sonne
		Elle chante dans le vent
		Obs&#233;dante et monotone
		Elle redit aux vivants:
		"Ne tremblez pas, c&#339;urs fid&#232;les
		Dieu vous fera signe un jour
		Vous trouverez sous son aile
		Avec la vie &#233;ternelle
		L'&#233;ternit&#233; de l'amour"



Madeleine qui avait du coeur

Paroles: Raymond Asso. Musique: M. d'Yresne 1936

		Elle avait l'&#226;me sereine
		Et des anges la candeur.
		On l'appelait Madeleine.
		Elle avait beaucoup de c&#339;ur.

		D&#233;j&#224;, le jour de sa naissance,
		Il pleuvait, le ciel &#233;tait bas.
		Elle eut une bien triste enfance
		Car ses parents ne l'aimaient pas.

		Elle priait avec innocence
		Comme ayant l'air de s'excuser.
		"Mon Dieu pardonnez notre enfance
		Et ceux qui nous ont enfant&#233;s."

		Elle avait l'&#226;me sereine
		Et des anges la candeur.
		On l'appelait Madeleine.
		Elle avait beaucoup de c&#339;ur.

		En grandissant, cette na&#239;ve
		Sentit grandir son c&#339;ur aussi.
		Ce sont des choses qui arrivent.
		Un bon c&#339;ur n'est jamais petit.

		En grandissant cette na&#239;ve,
		Connut des tas, des tas d'amants.
		Ce sont des choses qui arrivent
		Quand on a le c&#339;ur aussi grand.

		D'amour, son &#226;me &#233;tait pleine.
		Elle &#233;tait toute de candeur.
		On l'appelait Madeleine.
		Elle avait beaucoup de c&#339;ur.

		Elle &#233;tait fr&#234;le et docile
		Et ne savait rien refuser,
		Or elle avait le c&#339;ur fragile
		Et le c&#339;ur s'use &#224; trop aimer.

		Elle &#233;tait fr&#234;le et docile
		Et ne vivait que pour l'amour,
		Or ce grand c&#339;ur qu'&#233;tait fragile
		Il s'est arr&#234;t&#233; pour toujours.

		Sonnez cloches, Ding dong daine.
		Nuit du ciel fanent les fleurs.
		Elle est morte, Madeleine
		D'une maladie de c&#339;ur.



Margot coeur gros

Paroles: Mich&#232;le Vend&#244;me. Musique: Florence V&#233;ran 1963

		Pour faire pleurer Margot,
		Margot-c&#339;ur-tendre, Margot-c&#339;ur-gros,
		Il suffit d'un refrain,
		Air de guitare, pleurs d'arlequin.
		L'enfant du Paradis
		Vient l&#224; pour oublier sa vie.
		Plus c'est triste, plus c'est beau
		Et plus elle r&#234;ve, Margot c&#339;ur gros.

		Pour faire pleurer Margot,
		Margot-chagrin, Margot-sanglot,
		Il lui faut des regrets,
		De belles amours contrari&#233;es.
		L'enfant du Paradis
		Veut voir Colombine en folie
		Et voir l'ami Pierrot
		Pleurer avec Margot c&#339;ur gros.

		Pour faire pleurer Margot,
		Margot-soupir, Margot-m&#233;lo,
		Dans ma vie je n'ai rien
		Qu'un grand amour qui finit bien.
		L'enfant du Paradis
		S'ennuie quand les amants sourient.
		Tant pis pour le m&#233;lo.
		Je t'aime
		Tu m'aimes
		Salut, Margot!

		La-la-la



Mariage

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

note: du film "&#201;toile sans lumi&#232;re"

		Six heures, Place de la Trinit&#233;,
		Quand le coup de feu a claqu&#233;
		Juste en face du petit caf&#233;.
		La dame qui avait tir&#233;
		Regardait d'un air &#233;tonn&#233;
		L'homme en gris qui &#233;tait tomb&#233;.

		On ajouta un num&#233;ro
		Sur le registre de bureau
		Du commissariat de police.
		La dame, elle ne veut pas parler
		Et quand le juge est fatigu&#233;,
		Elle bavarde avec son pass&#233;
		Dire que tout &#231;a a commenc&#233;
		En m&#234;me temps qu'un soleil d'&#233;t&#233;
		Qui avait l'air fait pour durer
		Et le soleil s'&#233;tait pos&#233;
		Sur un jeune homme en gris fonc&#233;
		Qui avait l'air fait pour danser.
		Alors, bien s&#251;r, elle a vals&#233;
		Et puis apr&#232;s, l'a embrass&#233;
		Il n'en faut pas plus pour aimer.

		On ajouta un num&#233;ro
		Sur le registre de bureau
		De la mairie du quatorzi&#232;me.
		Alors, tout devient merveilleux.
		Dans les beaux r&#234;ves, on ne fait pas mieux.
		La dame, elle en ferme les yeux.
		Elle revoit, elle revoit
		Le seul jour de da vie, je crois
		O&#249; elle a fait un signe de croix
		Car tout &#233;tait miraculeux.
		L'&#233;glise chantait rien que pour eux
		Et m&#234;me le pauvre &#233;tait heureux.
		C'est l'amour qui faisait sa tourn&#233;e
		Et, de l&#224;-haut, &#224; toutes vol&#233;es
		Les cloches criaient: "Vive la mari&#233;e!"

		Sonnez, sonnez, carillonnez!
		S'il a jur&#233; fid&#233;lit&#233;,
		Il a menti, le bien-aim&#233;.
		Sonnez, sonnez, carillonnez!
		Il a jur&#233; fid&#233;lit&#233;
		Il a menti, le bien-aim&#233;
		Carillonnez!



Marie la Fran&#231;aise

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe G&#233;rard 1956

		Oh, mon Paname, que tu es loin
		Pour les filles de mauvaise vie,
		Et que la Seine &#233;tait jolie
		Sous le soleil du mois de juin,
		Sous le soleil du mois de juin.

		Au fond du vieux Sidney,
		Sous le pont du chemin de fer,
		On vient de faire son affaire
		A Marie la fran&#231;aise.
		Faut pas s'en &#233;tonner
		Car, avec les matafs,
		D&#232;s qu'ils sont un peu pafs
		Vaut mieux planquer son p&#232;se.
		Quatre-vingt-cinq dollars,
		&#199;a s' claque un soir de bringue
		Quand on vient d'accoster.
		Apr&#232;s deux mois sans femmes
		Ils n' pouvaient pas savoir
		Qu'elle &#233;tait assez dingue
		De mettre &#231;a d' c&#244;t&#233;
		Pour revoir Notre-Dame.

		Oh, mon Paname, que tu es loin
		Pour les filles de mauvaise vie
		Et que la Seine &#233;tait jolie
		Sous le soleil du mois de juin,
		Sous le soleil du mois de juin.

		Au cimeti&#232;re de Sidney,
		Un pasteur, en passant,
		Marmonne avec d&#233;dain
		Une pri&#232;re anglaise.
		Faut pas s'en &#233;tonner:
		Chez les gens bien pensants,
		Tout le monde se fout bien
		De Marie la fran&#231;aise.
		Seule une petite vieille
		Continuera de croire
		Qu'avec un homme tr&#232;s chic
		Sa fille est mari&#233;e
		Et les jours de soleil,
		Dans sa rue Rochechouart,
		Pensera qu'aux Am&#233;riques
		Marie l'a oubli&#233;e

		Oh, mon Paname, que tu es loin
		Pour les filles de mauvaise vie
		Et que la Seine &#233;tait jolie
		Sous le soleil du mois de juin,
		Sous le soleil du mois de juin.



Marie-trottoir

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

		Marie-Trottoir, bonsoir Marie,
		Marie, bonsoir.
		Toi qui n'attend personne
		Et un peu tout le monde,
		Perch&#233;e sur tes talons,
		Sur tes trop hauts talons,
		Marie qui vend du r&#234;ve
		A ceux qui ont envie d'espoir,

		Tu as d'ailleurs
		De quoi plaire &#224; certains r&#234;veurs.
		Tu es assez fard&#233;e.
		Tu es un peu trop blonde
		Et puis tu as aussi
		Aussi un parapluie,
		Marie qui pense &#224; tout,
		M&#234;me &#224; vous mettre &#224; l'abri.

		Marie-Trottoir, bonsoir Marie.
		Marie, bonsoir.
		Toi qui n'attend personne
		Et un peu tout le monde,
		Marie n&#233;e &#224; Angers,
		A Nice, ou &#224; Saint-Di&#233;,
		Marie qui vend du r&#234;ve
		A ceux qui ont besoin d'aimer,
		Bonsoir, Marie-Trottoir.
		Tu fais rien dans le noir.
		Ne parle pas, souris, vas-y,
		Joue les Jocondes,
		Marie qui a toujours
		Pour tous les sans amour,
		Marie qui a un c&#339;ur,
		Grand comme une roue de secours.

		Marie-Trottoir, bonsoir Marie,
		Marie, bonsoir



Mea culpa

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Hubert Giraud 1954

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf

		Mea Culpa! Mea Culpa!

		J'ai p&#233;ch&#233; par orgueil
		De t'avoir tout &#224; moi
		Dans un simple clin d'&#339;il.
		Mea culpa!

		J'ai p&#233;ch&#233; par envie
		De me donner &#224; toi
		En te donnant ma vie.
		Mea culpa!

		Et puis par gourmandise,
		Illumin&#233;e par l'&#233;clat de tes yeux,
		J'ai vu ta bouche et je me sentais grise
		[J'ai bu sans fin &#224; tes l&#232;vres exquises]?
		 et je buvais du feu!

		J'ai p&#233;ch&#233; par paresse
		Quand j'ai connu tes bras,
		Berceau de mes caresses.
		Mea culpa!

		Que ceux qui n'ont jamais p&#233;ch&#233;
		Me jettent la premi&#232;re pierre.
		Que ceux qui n'ont jamais aim&#233;
		Me refusent une pri&#232;re.

		J'ai p&#233;ch&#233; par col&#232;re
		Contre toi, contre moi,
		Contre toute la terre.
		Mea culpa!

		J'ai p&#233;ch&#233; par luxure,
		Chaque soir, dans tes bras,
		Mais mon &#226;me &#233;tait pure.
		Mea culpa!

		Et puis par avarice,
		Je t'ai cach&#233; dans le fond de mon c&#339;ur
		Pour mieux t'y adorer avec d&#233;lice
		A l'abri des voleurs.

		Ainsi donc, tu le vois,
		J'ai p&#233;ch&#233; les sept fois
		Rien qu'&#224; cause de toi.
		Mea culpa!

		Mais un jour,
		Si tu me le demandais,
		Oh! mon amour!
		 Je recommencerais.
		Mea culpa! Mea culpa!



Milord

Paroles: Georges Moustaki. Musique: Marguerite Monnot 1959

		Allez venez! Milord
		Vous asseoir &#224; ma table
		Il fait si froid dehors
		Ici, c'est confortable
		Laissez-vous faire, Milord
		Et prenez bien vos aises
		Vos peines sur mon c&#339;ur
		Et vos pieds sur une chaise
		Je vous connais, Milord
		Vous ne m'avez jamais vue
		Je ne suis qu'une fille du port
		Une ombre de la rue

		Pourtant, je vous ai fr&#244;l&#233;
		Quand vous passiez hier
		Vous n'&#233;tiez pas peu fier
		Dame! le ciel vous comblait
		Votre foulard de soie
		Flottant sur vos &#233;paules
		Vous aviez le beau r&#244;le
		On aurait dit le roi
		Vous marchiez en vainqueur
		Au bras d'une demoiselle
		Mon Dieu! qu'elle &#233;tait belle
		J'en ai froid dans le c&#339;ur

		Allez venez! Milord
		Vous asseoir &#224; ma table
		Il fait si froid dehors
		Ici, c'est confortable
		Laissez-vous faire, Milord
		Et prenez bien vos aises
		Vos peines sur mon c&#339;ur
		Et vos pieds sur une chaise
		Je vous connais, Milord
		Vous ne m'avez jamais vue
		Je ne suis qu'une fille du port
		Une ombre de la rue

		Dire qu'il suffit parfois
		Qu'il y ait un navire
		Pour que tout se d&#233;chire
		Quand le navire s'en va
		Il emmenait avec lui
		La douce aux yeux si tendres
		Qui n'a pas su comprendre
		Qu'elle brisait votre vie
		L'amour, &#231;a fait pleurer
		Comme quoi l'existence
		&#199;a vous donne toutes les chances
		Pour les reprendre apr&#232;s

		Allez venez! Milord
		Vous avez l'air d'un m&#244;me
		Laissez-vous faire, Milord
		Venez dans mon royaume
		Je soigne les remords
		Je chante la romance
		Je chante les milords
		Qui n'ont pas eu de chance
		Regardez-moi, Milord
		Vous ne m'avez jamais vue
		Mais vous pleurez, Milord
		&#199;a, j' l'aurais jamais cru.

		+parl&#233;:

		Eh! bien voyons, Milord
		Souriez-moi, Milord
		Mieux que &#231;a, un p'tit effort
		Voil&#224;, c'est &#231;a!
		Allez riez! Milord
		Allez chantez! Milord
		Ta da da da
		Mais oui, dansez, Milord
		Ta da da da
		Bravo! Milord
		Encore, Milord
		Ta da da da



Mis&#233;ricorde

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe G&#233;rard 1955

		Plus jamais ne prierai,
		Plus jamais ne rirai
		Avec leurs boniments.
		Ils ont tu&#233; mon amant.
		Le bourdon peut sonner,
		Le cur&#233;, marmonner.
		C'est pas &#231;a qui le fera
		Revenir dans mes bras.
		D'un petit air r&#233;fl&#233;chi
		Et la voix d&#233;cid&#233;e,
		Il a dit: "Allons-y!
		Faut d&#233;fendre ses id&#233;es!"
		Mais, malgr&#233; sa grande gueule
		Et ses yeux qu'il planquait,
		Je n'&#233;tais pas toute seule
		A chi&#226;ler sur le quai

		Mis&#233;ricorde!
		Mis&#233;ricorde!
		Les petites croix blanches
		Ont des dimanches
		Qui ne sont pas gais.

		Le ciel bleu d'un petit bal
		Du c&#244;t&#233; de Bougival
		Dans mes yeux &#233;tonn&#233;s
		Continue de tourner

		Rien qu'&#224; voir les p&#233;niches,
		On r&#234;vait de voyager.
		Pour ceux qui ne sont pas riches,
		Il suffit de r&#234;ver:
		Le jardin qu'on aurait
		Serait plein de lilas
		Et le gosse qu'on aurait
		S'appellerait Jean-Fran&#231;ois
		Les beaux r&#234;ves sont gratuits.
		Moi, le seul qui me reste,
		C'est l'odeur de sa veste
		Quand je dansais contre lui.

		'y a plus que &#231;a qui me rapproche
		De celui que j'adorais
		Mais la vie est si moche
		Que m&#234;me &#231;a, je l'oublierai

		Mis&#233;ricorde!
		Mis&#233;ricorde!
		Mis&#233;ricorde!



Mon amant de la coloniale

Paroles: Raymond Asso. Musique: Juel 1936

		Il &#233;tait fort et puis si tendre
		Que, d&#232;s notre premi&#232;re nuit,
		Je sentais que je ne pourrais plus me reprendre,
		Et pour toujours, j'&#233;tais &#224; lui.
		Je voyais toutes les femmes lui sourire.
		Moi, je me cramponnais &#224; son bras
		Et je les regardais comme pour leur dire:
		"Il est &#224; moi, et je l'l&#226;che pas!"

		C'&#233;tait un gars de la Coloniale.
		Il avait l&#224;, partant du front
		Et descendant jusqu'au menton,
		Une cicatrice en diagonale,
		Des cheveux noirs, des yeux si p&#226;les,
		La peau br&#251;l&#233;e par le soleil.
		J'en ai plus jamais vu de pareils
		A mon amant de la Coloniale.

		Des fois, quand il avait la fi&#232;vre,
		Il parlait trop et j'avais peur.
		Je mettais la main sur ses l&#232;vres
		Pour pas conna&#238;tre le fond de son c&#339;ur
		Car je sentais que, dans son &#226;me,
		Y avait des larmes et du cafard.
		Longtemps, j'ai cru que c'&#233;tait une femme.
		Quand j'ai compris, c'&#233;tait trop tard

		Lorsque j'ai connu ma rivale,
		Alors j'ai serr&#233; fort mes bras
		Pour que cette grande garce de la Coloniale
		Lui foute la paix et ne me le vole pas
		Et lui, il m'avait dit: "Je reste"
		Mais un beau jour, il est reparti
		Vers ce pays que je d&#233;teste
		Dont il r&#234;vait souvent la nuit.

		C'&#233;tait un gars de la Coloniale.
		Il portait l&#224;, partant du front
		Et descendant jusqu'au menton,
		Une cicatrice en diagonale.
		Je reverrai plus ses beaux yeux p&#226;les,
		Ses yeux qui n'ont pas leur pareil.
		Il est reparti vers son soleil,
		Mon bel amant de la Coloniale



Mon ami m'a donn&#233;

Paroles: Raymond Asso. Musique: C.Val&#233;ry 1952

		Mon ami m'a donn&#233; une fleur,
		Une fleur que j'ai mise &#224; mon c&#339;ur,
		Sur mon c&#339;ur plein de lui.
		Que la rose &#233;tait belle.
		Dans mon c&#339;ur plein de lui,
		Le bonheur a fleuri.

		Mon ami m'a donn&#233; un baiser,
		Pr&#232;s du c&#339;ur, doucement l'a pos&#233;.
		A mon c&#339;ur plein d'amour,
		Que sa l&#232;vre &#233;tait douce.
		Ce baiser plein d'amour,
		L'ai donn&#233; &#224; mon tour.

		Mon ami m'a donn&#233; un serment,
		Le serment de m'aimer si longtemps,
		Si longtemps que les fleurs
		Pousseront sur la terre,
		Si longtemps que la fleur
		Restera sur mon c&#339;ur.

		Mon ami m'a donn&#233; du pleurer,
		Du pleurer que n'ai pas m&#233;rit&#233;.
		Pour essuyer mes pleurs,
		J'ai pris la rose blanche,
		J'ai pris la rose fleur
		Qui &#233;tait sur mon c&#339;ur.

		Mon ami viendra me voir demain.
		Plus de fleurs et beaucoup de chagrin.
		J'irai voler des fleurs
		Dans les jardins du monde.
		J'irai voler des fleurs
		La plus belle &#224; mon c&#339;ur.

		En prison, si l'on veut me jeter,
		Je dirai &#224; qui va me juger:
		"Faites battre tambours
		Et dressez la potence.
		Plut&#244;t que perdre amour,
		Je volerai la France
		Et le roi dans sa cour
		Plut&#244;t que perdre amour"



Mon ap&#233;ro

Paroles: Robert Malleron. Musique: Robert Juel 1936

		On peut donner des le&#231;ons d' morale
		Quand on poss&#232;de bonne soupe et bon feu
		Mais quand on ne poss&#232;de que peau d' balle
		On prend son plaisir o&#249; on peut
		Dans le quartier, on me blague
		Je suis un pilier d' bistrot
		C'est vrai qu'avec les pochards, j' divague
		Chaque fois qu' j'ai le c&#339;ur trop gros
		D'autres cherchent des trucs compliqu&#233;s
		Mais comme j'ai horreur du chiqu&#233;
		Moi, c'est au bord du comptoir
		Que je prends tous les soirs
		Mon ap&#233;ro

		J' discute avec le patron
		J' l'appelle par son p'tit nom
		Oh, c'est un bon gros
		Comme les m&#226;les j' lui dis: Arthur, vas-y!
		Et j' te lui joue la tourn&#233;e au zanzi
		Le phono pousse une java
		L'ennui doucement s'en va
		Tout me semble beau
		Et j' noie mon ennui profond
		Pour une heure, tout au fond
		D'un ap&#233;ro

		Sur mes seize ans, comme j'&#233;tais belle gosse
		Tous les gars m' faisaient du boniment
		Alors, je m' suis mise &#224; faire la noce
		C'est venu, je n' sais pas comment
		Y m' payaient tout sans rien dire
		J'avais voiture et h&#244;tel
		Mais il me fallait toujours sourire
		Le c&#339;ur barbouill&#233; de fiel
		Et j' r&#234;vais d'un petit m&#233;cano
		Qui n' m'offrirait que des b&#233;cots

		Alors, pour chasser le noir
		J' buvais dans tous les bars
		Des ap&#233;ros
		Grimp&#233;e sur un tabouret
		Trempait dans mon gobelet
		Un chalumeau
		Et devant l'air fatigu&#233; des danseurs
		Je m' sentais prise par les chasses du chauffeur
		Plus que moi riche d'amour
		Il embrassait chaque jour
		Une dactylo
		Et j' n'avais pour m' consoler
		Mon c&#339;ur si d&#233;sol&#233;
		Qu' les ap&#233;ros

		Mais les cocktails me tournaient la t&#234;te
		Alors j'ai bient&#244;t plaqu&#233; l' m&#233;tier
		Me r'voil&#224;, bon Dieu que la vie est b&#234;te!
		Revenue dans mon vieux quartier
		La r'voil&#224;, ma p'tite &#233;glise
		Et chez moi rien n'a chang&#233;, rien!
		Rien sinon mon c&#339;ur, cette prison grise
		&#192; qui tout reste &#233;tranger
		H&#233;las, le bonheur n'a qu'un temps
		Voyant que l'amour foutait l' camp
		Je suis rev'nue au comptoir
		O&#249; l'on m' payait le soir
		Des ap&#233;ros

		Je n' crois plus &#224; rien du tout
		"Patron, encore un coup
		Et du costaud!"
		C'est en baissant l' nez que j' revois les cieux
		Et dans mon verre, je p&#234;che des r&#234;ves bleus
		Affam&#233;e par les coups durs
		J'ai pas mis la main sur
		Le bon num&#233;ro
		Et mon c&#339;ur vide d'amour
		N'a plus d' tendresse que pour
		Les ap&#233;ros



Mon Dieu

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

		Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu!
		Laissez-le-moi
		Encore un peu,
		Mon amoureux!
		Un jour, deux jours, huit jours
		Laissez-le-moi
		Encore un peu
		A moi

		Le temps de s'adorer,
		De se le dire,
		Le temps de se fabriquer
		Des souvenirs.
		Mon Dieu! Oh ouimon Dieu!
		Laissez-le-moi
		Remplir un peu
		Ma vie

		Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu!
		Laissez-le-moi
		Encore un peu,
		Mon amoureux.
		Six mois, trois mois, deux mois
		Laissez-le-moi
		Pour seulement
		Un mois

		Le temps de commencer
		Ou de finir,
		Le temps d'illuminer
		Ou de souffrir,
		Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu!
		M&#234;me si j'ai tort,
		Laissez-le-moi
		Un peu
		M&#234;me si j'ai tort,
		Laissez-le-moi
		Encore



Mon homme

Paroles: Albert Willemetz, Jacques-Charles. Musique: Maurice Yvain 1920

autres interpr&#232;tes: Arletty, Annie Duparc, Edith Piaf, Patachou, Colette Renard

		Sur cette terr', ma seul' joie, mon seul bonheur
		C'est mon homme.
		J'ai donn&#233; tout c'que j'ai, mon amour et tout mon c&#339;ur
		&#192; mon homme
		Et m&#234;me la nuit,
		Quand je r&#234;ve, c'est de lui,
		De mon homme.
		Ce n'est pas qu'il est beau, qu'il est riche ni costaud
		Mais je l'aime, c'est idiot,
		I'm'fout des coups
		I'm'prend mes sous,
		Je suis &#224; bout
		Mais malgr&#233; tout
		Que voulez-vous

		Je l'ai tell'ment dans la peau
		Qu'j'en d'viens marteau,
		D&#232;s qu'il s'approch' c'est fini
		Je suis &#224; lui
		Quand ses yeux sur moi se posent
		&#199;a me rend tout' chose
		Je l'ai tell'ment dans la peau
		Qu'au moindre mot
		I'm'f'rait faire n'importe quoi
		J'tuerais, ma foi
		J'sens qu'il me rendrait inf&#226;me
		Mais je n'suis qu'un' femme
		Et, j'l'ai tell'ment dans la peau

		Pour le quitter c'est fou ce que m'ont offert
		D'autres hommes.
		Entre nous, voyez-vous ils ne valent pas tr&#232;s cher
		Tous les hommes
		La femm' &#224; vrai dir'
		N'est faite que pour souffrir
		Par les hommes.
		Dans les bals, j'ai couru, afin d'l'oublier j'ai bu
		Rien &#224; faire, j'ai pas pu
		Quand i'm'dit: "Viens"
		J'suis comme un chien
		Y a pas moyen
		C'est comme un lien
		Qui me retient.

		Je l'ai tell'ment dans la peau
		Qu'j'en suis dingo.
		Que cell' qui n'a pas aussi
		Connu ceci
		Ose venir la premi&#232;re
		Me j'ter la pierre.
		En avoir un dans la peau
		C'est l'pir' des maux
		Mais c'est conna&#238;tre l'amour
		Sous son vrai jour
		Et j'dis qu'il faut qu'on pardonne
		Quand un' femme se donne
		&#192; l'homm' qu'elle a dans la peau



Mon l&#233;gionnaire

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Serge Gainsbourg

		Il avait de grands yeux tr&#232;s clairs
		O&#249; parfois passaient des &#233;clairs
		Comme au ciel passent des orages.
		Il &#233;tait plein de tatouages
		Que j'ai jamais tr&#232;s bien compris.
		Son cou portait: "Pas vu, pas pris."
		Sur son c&#339;ur on lisait: "Personne"
		Sur son bras droit un mot: "Raisonne".

{}

		J'sais pas son nom, je n'sais rien d'lui.
		Il m'a aim&#233;e toute la nuit,
		Mon l&#233;gionnaire!
		Et me laissant &#224; mon destin,
		Il est parti dans le matin
		Plein de lumi&#232;re!
		Il &#233;tait minc', il &#233;tait beau,
		Il sentait bon le sable chaud,
		Mon l&#233;gionnaire!
		Y avait du soleil sur son front
		Qui mettait dans ses cheveux blonds
		De la lumi&#232;re!

		Bonheur perdu, bonheur enfui,
		Toujours je pense &#224; cette nuit
		Et l'envie de sa peau me ronge.
		Parfois je pleure et puis je songe
		Que lorsqu'il &#233;tait sur mon c&#339;ur,
		J'aurais d&#251; crier mon bonheur
		Mais je n'ai rien os&#233; lui dire.
		J'avais peur de le voir sourire!

{Refrain}

		On l'a trouv&#233; dans le d&#233;sert.
		Il avait ses beaux yeux ouverts.
		Dans le ciel, passaient des nuages.
		Il a montr&#233; ses tatouages
		En souriant et il a dit,
		Montrant son cou: "Pas vu, pas pris"
		Montrant son c&#339;ur: "Ici, personne."
		Il ne savait pasJe lui pardonne.

		J'r&#234;vais pourtant que le destin
		Me ram&#232;n'rait un beau matin
		Mon l&#233;gionnaire,
		Qu'on s'en irait seuls tous les deux
		Dans quelque pays merveilleux
		Plein de lumi&#232;re!
		Il &#233;tait minc', il &#233;tait beau,
		On l'a mis sous le sable chaud
		Mon l&#233;gionnaire!
		Y avait du soleil sur son front
		Qui mettait dans ses cheveux blonds
		De la lumi&#232;re!



Mon man&#232;ge &#224; moi

Paroles: Jean Constantin. Musique: Norbert Glanzberg 1958

autres interpr&#232;tes: Les Gar&#231;ons de la Rue (1958), Etienne Daho

		Tu me fais tourner la t&#234;te
		Mon man&#232;ge &#224; moi, c'est toi
		Je suis toujours &#224; la f&#234;te
		Quand tu me tiens dans tes bras

		Je ferais le tour du monde
		&#199;a ne tournerait pas plus que &#231;a
		La terre n'est pas assez ronde
		Pour m'&#233;tourdir autant que toi

		Ah! Ce qu'on est bien tous les deux
		Quand on est ensemble nous deux
		Quelle vie on a tous les deux
		Quand on s'aime comme nous deux

		On pourrait changer de plan&#232;te
		Tant que j'ai mon c&#339;ur pr&#232;s du tien
		J'entends les flons-flons de la f&#234;te
		Et la terre n'y est pour rien

		Ah oui! Parlons-en de la terre
		Pour qui elle se prend la terre?
		Ma parole, y a qu'elle sur terre!!
		Y a qu'elle pour faire tant de myst&#232;res!

		Mais pour nous y a pas d'probl&#232;mes
		Car c'est pour la vie qu'on s'aime
		Et si y avait pas de vie, m&#234;me,
		Nous on s'aimerait quand m&#234;me

		Car
		Tu me fais tourner la t&#234;te
		Mon man&#232;ge &#224; moi, c'est toi
		Je suis toujours &#224; la f&#234;te
		Quand tu me tiens dans tes bras

		Je ferais le tour du monde
		&#199;a ne tournerait pas plus que &#231;a
		La terre n'est pas assez ronde
		Mon man&#232;ge &#224; moi, c'est toi!



Mon vieux Lucien

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961

		Quelle chance que t'as
		D'avoir, Lucien,
		Un vieux copain
		Comme moi.
		Moi, tu m' connais.
		J'aime rigoler
		Et m'amuser,
		Pas vrai?
		Alors ce soir,
		Histoire de rire,
		Et tu peux m' croire
		Sans r&#233;fl&#233;chir,
		Comme &#231;a pour voir
		Et sans pr&#233;venir
		J'ai dit aux copains:
		"On va chez Lucien."

		Quelle chance que t'as
		D'avoir, Lucien,
		Un vieux copain
		Comme moi.
		Tu peux t' vanter,
		Lorsque j'y pense,
		D'avoir d' la chance,
		Tu sais!
		Mais tu n' dis rien.
		Tu m' laisses parler.
		J' te connais bien.
		Tu m' fais marcher.
		Moi &#231;a n' fait rien.
		Tu peux y aller,
		Mais maintenant, &#231;a va
		Et dis-moi pourquoi
		Tu fais cette t&#234;te-l&#224;
		Comme &#231;a?
		Mais Regarde-moi
		T'as les yeux gonfl&#233;s.
		Je t'ai r&#233;veill&#233;?
		Ah non! T'&#233;crivais &#224; ta Bien-aim&#233;e
		Qu'est-ce que tu caches l&#224;?
		L&#224;dans ton tiroir
		Eh ben, quoi, fais voir!
		
		Tu voulais m' faire peur?!
		AhHa! C' que t'es blagueur!

		Quelle chance que t'as
		D'avoir, Lucien,
		Un vieux copain
		Comme moi.
		Mai j' te connais
		Mieux que personne.
		C'est c' qui t'&#233;tonne,
		Pas vrai?
		Un autre que moi
		N' comprendrait pas
		Mais moi j' devine
		Que tu m' taquines.
		Tu veux peut-&#234;tre
		Finir ta lettre
		J' vais l' dire aux copains,
		Et puis, tu nous rejoins

		Quelle chance que t'as.
		C'est pas pour dire
		Que j'aime bien rire,
		Crois-moi!
		Un autre que moi
		Aurait march&#233;
		A ton cin&#233;.
		Pas moi!
		Allez, au revoir.
		A tout &#224; l'heure.
		T'en fais une t&#234;te, sacr&#233; farceur!
		Ah non! Bien s&#251;r que j'ai pas peur!
		Toi 'y a pas d' danger
		De te voir un jour
		Souffrir et mourir
		D'amour

		Lucien!
		Eh bien quoi, Lucien!
		Donne-moi c' que t'as dans la main!
		Ah! C' t'agr&#233;able, d'&#234;tre ton copain!
		Ah non, Lucien!
		Allez
		Viens!



Monsieur Ernest a r&#233;ussi

Paroles et Musique: Michel Emer 1945

		Je suis vestiaire au restaurant
		Du "Lion d'Or" et de "l'&#201;cu d'France".
		Monsieur Ernest y vient souvent
		Et chaqu'fois il m'fait des avances.
		Il m'a si bien entortill&#233;e,
		Parl&#233; de "c&#339;ur" et de "chaumi&#232;re",
		Qu'un jour enfin, j'ai accept&#233;,
		Pour lui, de quitter mon vestiaire.

		Monsieur Ernest a r&#233;ussi.
		On est parti un soir de f&#234;te.
		Il m'a si bien tourn&#233; la t&#234;te
		Qu'on ne s'est pas quitt&#233; d'la nuit.
		Depuis ce jour, je vis chez lui,
		Dans sa petit' chambre au septi&#232;me.
		On n'a pas un sou mais je l'aime.
		Monsieur Ernest a r&#233;ussi.

		Monsieur Ernest est ent&#234;t&#233;.
		Monsieur Ernest est arriviste.
		Quand il veut qu&#232;qu'chos', c'est gagn&#233;.
		Faut dir' c'qui est, rien n'lui r&#233;siste.
		Il a pari&#233; que dans un an,
		Il serait au moins millionnaire.
		Il gagn' maintenant tell'ment d'argent
		Qu'il ne sait m&#234;me plus qu'en faire.

		Monsieur Ernest a r&#233;ussi.
		Il a maintenant tell'ment d'affaires
		Qu'il a besoin d'trois secr&#233;taires.
		Il traite avec tous les pays
		Dans son h&#244;tel d'la rue d'Passy.
		Il travaill' tant qu'il se surm&#232;ne.
		Il vient m'voir un'fois par semaine.
		Mon Ernest a r&#233;ussi.

		Monsieur Ernest m'a dit l'autr' jour:
		"J'ai trouv&#233; un' riche h&#233;riti&#232;re.
		Naturell'ment c'est pas d'l'amour,
		Mais il y va de ma carri&#232;re.
		Tiens, prends toujours un peu d'argent.
		Cela te permettra d'attendre
		Et si tu trouves un autre amant,
		Il n'y a qu'&#224; moi qu'j'pourrai m'en prendre."

		Monsieur Ernest a r&#233;ussi.
		Il n'a pas bris&#233; sa carri&#232;re.
		Moi, j'ai retrouv&#233; mon vestiaire.
		Y a rien &#224; faire, c'est la vie.
		Monsieur Ernest est v'nu l'autr' soir.
		Il &#233;tait m&#234;me avec sa dame.
		Moi, j'avais peur qu'&#231;a n'fass' des drames.
		Il m'a fil&#233; cent sous d'pourboir'.
		Monsieur Ernest a r&#233;ussi.



Monsieur et madame

Paroles et Musique: Michel Emer 1952

		Monsieur, Madame son rentr&#233;s de voyage.
		Ils on f&#234;t&#233; vingt ans de mariage.
		Il sort un pyjama de ses bagages
		Tandis qu'elle met du gras sur son visage.
		Monsieur se couche, ferme les yeux,
		Baille un grand coup: "Bonsoir, ch&#233;rie."
		Madame &#233;teint: "Pousse-toi un peu!"
		Elle vient s'&#233;tendre pr&#232;s de lui.

		Mais dans le noir, il ne dort pas.
		Tout seul il retourne l&#224;-bas:
		Il r&#234;ve &#224; la fille aux yeux bleus.
		Il r&#234;ve &#224; sa bouche sensuelle.
		Il pense &#224; son corps merveilleux,
		Ses mains si petites et si belles.
		Il entend sa voix et son rire.
		Il pousse un soupir malheureux.
		Monsieur ne dort pas, il s'&#233;tire.
		Il r&#234;ve &#224; la fille aux yeux bleus

		Madame non plus, dans son p'tit coin,
		Ne peut dormir, elle est bien loin:
		Elle r&#234;ve au gar&#231;on aux yeux bleus.
		Elle r&#234;ve &#224; sa bouche sensuelle.
		Elle pense &#224; son corps merveilleux,
		Ses mains si puissantes et si belles.

		Monsieur prend Madame dans ses bras.
		Ils ferment les yeux tous les deux.
		Ils disent: "Je t'aime" tout bas
		Et vivent un r&#234;ve merveilleux.
		Monsieur et Madame sont heureux
		Il y a des m&#233;nages curieux



Monsieur Incognito

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence V&#233;ran 1963

		Monsieur Incognito,
		Qu'est-ce que vous faites ici ce soir
		A vous promener dans le noir
		Devant ma station de m&#233;tro?
		Monsieur Incognito,
		N'est-ce pas vous &#224; ce qu'il para&#238;t
		Qui donnez l'amour, les baisers
		Comme &#231;a &#224; tout propos?

		Laisser-moi un peu vous regarder.
		Votre costume couleur d'automne,
		Vos chaussures noires bien cir&#233;es,
		Vous ressemblez aux autres hommes
		Monsieur Incognito,
		Vous avez l'air plut&#244;t gentil
		Avec votre air en cheveux gris
		Et sans dire un seul mot,
		Puisqu'on est l&#224; rien que tous les deux,
		On peut parler et s'expliquer.
		Je vous le dis droit dans les yeux:
		J'y crois pas, &#224; votre conte de f&#233;es.
		Quand j'&#233;tais seule, d&#233;sesp&#233;r&#233;e,
		Pas trace de vous dans ma vie.
		Maintenant que tout est arrang&#233;,
		Faudrait peut-&#234;tre que je vous remercie!

		Monsieur Incognito,
		Qu'est-ce que vous faites ici ce soir
		A vous promener dans le noir
		Devant ma station de m&#233;tro?
		Monsieur Incognito,
		N'est-ce pas vous, &#224; ce qu'il para&#238;t,
		Qui donnez l'amour, les baisers
		Comme &#231;a &#224; tout propos?

		Je n'aime pas votre petit sourire,
		Votre costume, ni votre voix,
		Votre regard qui semble dire
		"Au revoir, &#224; la prochaine fois"
		Monsieur Incognito,
		Partez, vous n'avez pas de veine
		Car avec moi, 'y a pas de prochaine,
		D'au revoirs, ni de bient&#244;ts.
		Monsieur Incognito,
		Vous me regardez secouant la t&#234;te
		Dr&#244;lement avant de dispara&#238;tre.
		Soudain, j'ai froid dans le dos

		PARTEZ!



Monsieur Lenoble

Paroles et Musique: Michel Emer 1948

		Monsieur Lenoble est tr&#232;s triste
		Depuis que sa femme l'a quitt&#233;
		Avec un tout jeune artiste
		Qu'elle a connu cet &#233;t&#233;
		Et monsieur Lenoble &#233;coute
		La m&#233;lodie qu'elle aimait,
		Ces quelques notes, goutte &#224; goutte,
		L'empoisonnent &#224; jamais,
		La-la-la

		T'as pas profit&#233; de ta chance,
		Mon ami, mon ami.
		Tu avais trop de confiance.
		C'est fini, c'est fini.
		T'avais une femme merveilleuse,
		Si jolie, si jolie.
		T'as pas su la rendre heureuse.
		T'es tout seul, elle est partie

		Monsieur Lenoble raisonne.
		Il pense &#224; tout ce qu'il a fait.
		Ses intentions &#233;taient bonnes
		M&#234;me s'il n'&#233;tait pas parfait.
		Peut-&#234;tre pas tr&#232;s bon caract&#232;re,
		Il s'emportait pour un rien,
		Mais au bureau, ses confr&#232;res
		Le trouvaient un homme tr&#232;s bien,
		Tr&#232;s bien tr&#232;s bien tr&#232;s bien

		T'as pas profit&#233; de ta chance,
		Mon ami, mon ami.
		Tu avais trop de confiance.
		C'est fini, c'est fini.
		T'avais une femme merveilleuse,
		Si jolie, si jolie.
		T'as pas su la rendre heureuse.
		T'es tout seul, elle est partie

		Monsieur Lenoble se mouche,
		Met sa chemise de nuit,
		Ouvre le gaz et se couche.
		Demain, tout sera fini
		Et monsieur Lenoble pense
		A celle qu'il adorait,
		Et monsieur Lenoble pense
		A celle qu'il adorait

		T'as pas profit&#233; de ta chance,
		Mon ami.
		Tu avais trop de confiance.
		C'est fini
		T'avais une femme merveilleuse,
		Si jolie
		T'as pas su la rendre heureuse.
		Tu avais trop de confiance
		Trop de confiance trop de confiance
		Confiance Confiance



Monsieur Saint-Pierre

Paroles: Henri Contet. Musique: J. Hess 1943

		Y a pas &#224; dire, j'aime bien la vie
		Et un peu trop les beaux gar&#231;ons.
		Moi, j'ai un c&#339;ur qui s'multiplie
		Et &#231;a m'fait de dr&#244;l's d'additions
		Et j'arrive pas &#224; avoir honte.
		J'suis tranquill'ment un fill' de rien,
		Mais quand faudra rendre des comptes,
		Je m'demand' si tout s'pass'ra bien
		Et &#231;a m'fait peur, car on m'a dit
		Qu'on m'prendrait pas au paradis.

		&#212; mon bon monsieur Saint-Pierre,
		Moi, j'vous cause &#224; ma mani&#232;re.
		Vous pouvez m'passer un savon
		Et me traiter de tous les noms,
		Vous pouvez m'fair' perdre mon sac,
		Celui qu'j'ai vol&#233; rue du Bac,
		Mais retenez ma place au paradis.
		On m'a tell'ment dit que c'&#233;tait joli.
		Regardez-moi bien.
		Je suis si pauvre.
		Regardez mes mains,
		Des mains de pauvre
		Et regardez tous mes p&#233;ch&#233;s
		Et mon vieux c&#339;ur las de tricher.
		Y a des tas d'noms &#233;crits dessus.
		C'est pas d'ma faute, ils m'ont tous plu.
		&#212; mon bon monsieur Saint-Pierre,
		Je n'sais pas fair' de pri&#232;re
		Mais on dit qu'vous &#234;tes si gentil.
		Ret'nez ma place au paradis.

		Y a pas &#224; dir', j'aimais la vie,
		Mais maint'nant &#231;a m'avance &#224; quoi.
		Me v'l&#224; tout' froide et tout' raidie
		Entre quatre planches de bois.
		Vraiment, mon &#226;me n'est pas fi&#232;re
		Devant la porte de cristal
		O&#249; j'entrevois derri&#232;r' Saint-Pierre
		Une &#233;ternit&#233; d'id&#233;al.
		Je n'suis qu'une &#226;m' de rien du tout,
		Je n'sais m&#234;m' pas me mettre &#224; g'noux.

		&#212; mon bon monsieur Saint-Pierre,
		Moi j'vous cause &#224; ma mani&#232;re.
		Vous pouvez m'enl'ver mes d&#233;sirs,
		Me priver de tous mes souv'nirs
		Et m&#234;m' me confisquer mon clip,
		Celui qu'm'a pay&#233; l'beau Philippe,
		Mais donnez-moi ma place au paradis.
		On m'a tell'ment dit que c'&#233;tait joli.
		Regardez-moi bien.
		Je suis si pauvre.
		Regardez mes mains,
		Des mains de pauvre
		Et regardez tous mes p&#233;ch&#233;s
		Et mon vieux c&#339;ur las de tricher.
		De tous les noms &#233;crits dessus,
		Y'en a plus qu'un, celui d'J&#233;sus.
		&#212; mon bon monsieur Saint-Pierre,
		Je n'sais pas fair' de pri&#232;re,
		Alors mettons que j'n'ai rien dit
		Mais gardez-moi au paradis.



Musique &#224; tout va

Paroles: Ren&#233; Rouzeau. Musique: Francis La&#238; 1962

		Si je vous dis que, derri&#232;re &#231;a,
		Derri&#232;re cette musique &#224; tout va,
		'y a le pass&#233; dans ses haillons
		Qui vient mendier &#224; ma chanson,
		Si je vous dis que, derri&#232;re &#231;a,
		'y a vos p&#233;ch&#233;s qui n'oublient pas
		Et vos anciens r&#234;ves d'amour
		Qui battent, battent le tambour,
		Regardez-les monter sur sc&#232;ne.
		Ce sont vos joies, ce sont vos peines
		Et ces remords qui font la cha&#238;ne
		Pour qu'on tr&#233;buche sur leurs pas.
		Si je vous dis que, derri&#232;re &#231;a,
		Derri&#232;re cette musique &#224; tout va,
		'y a ce qu'on tue et ne meurt pas,
		Oh! S&#251;r, que vous ne me croirez pas

		Si je vous dis que, devant &#231;a,
		Devant cette musique &#224; tout va,
		Tout ce pass&#233; soudain rena&#238;t
		De la poussi&#232;re, des regrets,
		Si je vous dis que, devant &#231;a,
		Comme une arm&#233;e de p'tits soldats,
		'y a des 'je t'aime' qui vont dansant
		Et des baisers de vingt printemps,
		Allez, ne bercez plus la t&#234;te.
		Rien ne demeure et ce qu'on jette,
		Il reste &#224; vivre d'autres f&#234;tes
		Qui flamberont en feux de joie.

		Si je vous dis que, devant &#231;a,
		Devant cette musique &#224; tout va,
		Je vois ces choses qu'on ne voit pas,
		Oh! S&#251;r, que vous ne me croirez pas
		Mais je les vois, mais je les vois,
		Oui je les vois, oui je les vois,
		Devant cette musique &#224; tout va,
		Ahahaha



N'y vas pas, Manuel

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

		Il n'avait que dix ans mais il &#233;tait d&#233;j&#224;
		Bagarreur, insolent, plein de violence.
		Il voulait &#234;tre un dur tout comme au cin&#233;ma
		Et partout, c'est lui qui menait la danse.
		Il passait ses journ&#233;es &#224; courir dans les rues,
		Ne pensant qu'&#224; se battre, qu'&#224; cogner
		Sa m&#232;re d&#233;sesp&#233;r&#233;e et qui n'en pouvait plus
		Passait tout son temps &#224; supplier:

		"N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas.
		'y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas
		Et plus tard, tu le regretteras.
		N'y vas pas! N'y vas pas!
		Quand enfin un jour tu comprendras
		Que vraiment t'as eu tort de faire &#231;a,
		Il sera bien trop tard, n'y vas pas.
		Manuel, n'y vas pas."

		C'est maintenant un monsieur qui n'aime pas les agents.
		Il veut pas qu'on se m&#234;le de ses affaires.
		Pour avoir la belle vie, il faut beaucoup d'argent
		Et pour &#231;a, 'y pas trente-six mani&#232;res.
		Le travail, &#231;a l'ennuie et puis, c'est fatiguant.
		Il se d&#233;brouille tr&#232;s bien sans trop d'effort.
		Sa femme qu'il g&#226;te beaucoup mais qui n'en demande pas tant
		Lui r&#233;p&#232;te tous les soirs quand il sort:

		"N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas.
		'y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas
		Et plus tard, tu le regretteras
		N'y vas pas! N'y vas pas!
		Quand enfin un jour tu comprendras
		Que vraiment t'as eu tort de faire &#231;a,
		Il sera bien trop tard, n'y vas pas.
		Manuel, n'y vas pas."

		Mais de tous leurs sermons, Manuel se fout bien.
		Ce soir, il fait un coup magnifique.
		Ce sera le dernier car, d&#232;s demain matin,
		Il va faire peau neuve en Am&#233;rique.
		D'un pas souple et l&#233;ger il s'en va tranquillement
		Vers l'endroit o&#249; ils ont rendez-vous.
		Tout est calme et pourtant, il entend vaguement
		Une voix qui vient on ne sait d'o&#249;:

		"N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas
		'y des choses dans la vie qu'on ne fait pas
		Et plus tard, tu le regretteras
		N'y vas pas! N'y vas pas!
		Attention, Manuel, sois prudent! Attention,
		Manuel, n'y vas pas!
		Manuel, ATTENTION MA-NU-EL!
		ohhh! Manuel!"



Ne m'&#233;cris pas

Paroles: Lucien Lagarde, Jean Rodor. Musique: Ren&#233; Clo&#235;rec 1937

		Alors, tu t'en vas en voyage
		Le train est l&#224;, pr&#234;t &#224; partir
		Allons m'amour, prends tes bagages
		File au soleil pour te r&#244;tir
		C'est le joli temps des vacances
		Et moi, je dois rester ici. Bah, c'est la vie!
		Au fait je pense, &#233;coute-moi bien mon ch&#233;ri

{}

		Ne m'&#233;cris pas, cela me para&#238;t inutile
		Je ne veux pas de mots futiles
		Ne m'&#233;cris pas la lettre jet&#233;e en vitesse
		"Il fait beau, baisers de bien loin"
		Ou la lettre de politesse, je n'en veux point
		&#192; ton retour, tu parleras
		Mais de l&#224;-bas, ne m'&#233;cris pas

		C'est emb&#234;tant, c'est monotone
		Que d'&#233;crire ainsi chaque jour
		Quand, dans les bois, l'&#233;cho fredonne
		Pour t'amuser des chants d'amour
		Profite donc de tes vacances
		Ton stylo, tu dois le briser
		Quinze jours de libre existence
		Sache bien les utiliser

{au Refrain}

		Je dis &#231;a parce que je songe
		&#192; ton bonheur, &#224; ta sant&#233;
		Comment dis-tu? C'est un mensonge?
		Tu veux savoir la v&#233;rit&#233;?
		C'est vrai, je me cachais peut-&#234;tre,
		De te mentir j'avais grand soin
		Mais j'ai peur, au fond de tes lettres,
		De voir que tu m'aimes un peu moins

{au Refrain}



Non, je ne regrette rien

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

autres interpr&#232;tes: Nicole Martin, Isabelle Boulay

		Non! Rien de rien
		Non! Je ne regrette rien
		Ni le bien qu'on m'a fait
		Ni le mal tout &#231;a m'est bien &#233;gal!

		Non! Rien de rien
		Non! Je ne regrette rien
		C'est pay&#233;, balay&#233;, oubli&#233;
		Je me fous du pass&#233;!

		Avec mes souvenirs
		J'ai allum&#233; le feu
		Mes chagrins, mes plaisirs
		Je n'ai plus besoin d'eux!

		Balay&#233;es les amours
		Et tous leurs tr&#233;molos
		Balay&#233;s pour toujours
		Je repars &#224; z&#233;ro

		Non! Rien de rien
		Non! Je ne regrette rien
		Ni le bien, qu'on m'a fait
		Ni le mal, tout &#231;a m'est bien &#233;gal!

		Non! Rien de rien
		Non! Je ne regrette rien
		Car ma vie, car mes joies
		Aujourd'hui, &#231;a commence avec toi!



Non, la vie n'est pas triste

Paroles: Edith Piaf. Musique: Claude L&#233;veill&#233;e 1960

		Non, la vie n'est pas triste
		Et le bonheur existe.
		Il suffirait de tendre la main.
		Tu trouverais combien de copains.
		Il suffirait d'un tout petit rien
		Et tu verrais, tout irait tr&#232;s bien.

		Mais voil&#224;,
		Tu te plais comme &#231;a.
		Tu te plais, c'est &#231;a,
		A te d&#233;chirer
		Et tu veux te laisser guider.
		Tu peux tout changer,
		Toi, le tourment&#233;.

		Vois, dans les yeux des filles,
		Vois, comme le soleil brille.
		Ecoute-moi et puis tu verras,
		Ecoute-moi et tout changera.
		Regarde bien, tu seras surpris
		Car jusqu'alors tu n'as rien compris.

		Tant d'amour
		Et tant de beaux jours
		Sont tout pr&#232;s de toi
		Mais tu restes sourd
		Et tes yeux
		Ne voient pas le bleu,
		Ne voient pas le ciel
		Ni les amoureux,
		Mais, essaie donc quand m&#234;me.
		Aime, si tu veux qu'on t'aime.



Notre-Dame de Paris

Paroles: E. Marnay. Musique: Marc Heyral 1952

		Dans le Paris de Notre-Dame,
		De Notre-Dame de Paris,
		'y a un clochard qu'en a plein le dos
		De porter Notre-Dame sur son dos.
		Il se prend pour Quasimodo.
		Regarde en l'air, la vie qui grouille
		Au lieu de faire des ronds dans l'eau.
		Tu peux pas vivre comme une grenouille,
		Moiti&#233; sur terre, moiti&#233; sur l'eau.
		Moi, je pr&#233;f&#232;re rester l&#224;-haut.

		Dans le jardin de Notre-Dame
		O&#249; l'on se fait de bons amis,
		'y a qu'&#224; se promener chaque matin,
		Un peu de ma&#239;s au creux des mains.
		Les pigeons, moi, je les aime bien.
		Les p&#233;niches
		Se fichent
		Des pigeons de la Cit&#233;,
		Go&#233;lettes,
		Mouettes,
		Elles n'ont que &#231;a dans l'id&#233;e.

		Oui, mais autour de Notre-Dame,
		'y a des voyages &#224; bon march&#233;
		Et ces petits coins o&#249; le bonheur
		Emp&#234;che les maisons de pousser.
		On l'appelle "March&#233; aux fleurs"
		Henri Quatre
		Verd&#226;tre
		Aime sous son verre de gris
		La vieille fl&#232;che
		Qui l&#232;che
		Le plafond gris de Paris

		Et toi, sous le pont de Notre-Dame,
		Regarde en l'air, tu comprendras
		Que si tout le monde faisait comme toi,
		Dans ton pina' y aurait de la pluie.
		M&#234;me les ponts, &#231;a se construit
		Car, pour aller &#224; Notre-Dame,
		De Notre-Dame jusqu'&#224; Paris
		Il a bien fallu se mettre au boulot
		Et porter de pierres sur son dos
		Pour passer par-dessus l'eau.

		Voil&#224; pourquoi Paris s'enroule,
		S'enroule comme un escargot,
		Pourquoi la terre s'est mise en boule
		Autour des cloches du parvis
		De Notre-Dame de Paris



On cherche un Auguste

Paroles: Robert Gall. Musique: Charles Dumont 1962

		"On cherche un Auguste"
		Pancarte en plein vent
		Ecrite &#224; la craie.
		On cherche un Auguste
		Je suis l&#224; devant,
		Sous le ciel mouill&#233;.
		J'ai pouss&#233; le rideau
		Du cirque en plein air
		Qui fait le gros dos
		Sous le vent d'hiver.

		On cherche un Auguste
		J'ai demand&#233; le patron
		Qui dormait au fond.
		Il m'a dit "C'est juste",
		Rajustant son melon.
		"Si tu veux, causons.
		Pour ce que vous cherchez,
		Je ferais bien votre affaire.
		Je connais des histoires.
		J'amuse les copains.
		J' suis un boute-en-train,
		Comme disait ma m&#232;re,
		Et puis j'aimerais bien
		Voyager au loin.

		On cherche un Auguste
		Mais faut pas, mon gar&#231;on,
		Te faire d'illusions
		Car la place d'un Auguste,
		Comme situation,
		C'est pas le vrai filon.
		Les habits frip&#233;s,
		La figure bl&#234;me,
		Les claques sur le nez,
		Jamais de "Je t'aime".
		Pour les grands voyages,
		On fait dans l'ann&#233;e
		La Li&#232;vre et la Lier
		Et pour toute fortune,
		T'as le clair de lune
		Et les poches trou&#233;es.
		Eh! L'homme!
		Ben, ne t' sauves pas comme &#231;a"

		On cherche un Auguste



On danse sur ma chanson

Paroles: Raymond Asso. Musique: L. Poll 1940

		Ja voulu finir la chanson
		Qu'au printemps j'avais commenc&#233;e
		Mais tu n'es plus &#224; la maison
		Et les fleurs sont tout's fan&#233;es.
		J'aurais d&#251; chanter comm' les po&#232;tes
		Avec de grands mots notre bel amour
		Mais je n'ai pas su, ma chanson est faite
		De tout petits mots, ceux de tous les jours.

		J'ai pris tout ce que tu disais
		Amour, serment, toujours, jamais,
		Tendresse,
		Sur la splendeur de nos matins
		Et sur la douceur de tes mains
		Caresses,
		J'ai construit de beaux souvenirs
		Avec le go&#251;t de mes d&#233;sirs.
		Quand, fier de ton sourire vainqueur
		Et ton regard un peu moqueur,
		Quand tu posais l&#224; sur mon c&#339;ur
		Tes l&#232;vres.

		Oui, j'ai d&#251;, sur un vieux piano
		Chercher l'air que j'aimais entendre
		Et qui pleurait comme un sanglot,
		Mais personne n'a d&#251; comprendre,
		Car cette chanson que je croyais faite
		Pour chanter l'amour qui fut si doux,
		Je l'entends partout comme un air de f&#234;te
		Et les gens ont l'air de rire de nous.

		Car, sur les mots qui tu disais:
		Amour, serment, toujours, jamais,
		On danse.
		Sur la splendeur de nos matins
		Et sur la douceur de tes mains,
		On danse.
		Sur les plus jolis souvenirs
		Et sur le go&#251;t de mon d&#233;sir,
		On danse,
		Et sur ton sourire vainqueur,
		Sur ton regard un peu moqueur,
		Et sur la peine de mon c&#339;ur,
		On danse.

		Puisque, sur l'air que j'aimais tant,
		Que tu chantais si tristement,
		On danse,
		Puisque personne n'a compris
		Que, sur les mots que tu m'as dit,
		On danse,
		C'est que cet amour si profond
		Ne valait pas une chanson,
		Je pense
		Alors, j'ai voulu t'oublier.
		Quelqu'un m'a appris &#224; danser
		Et maintenant sur le pass&#233;,
		Je danse,
		Je danse



Opinion publique

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1957

		Son histoire a commenc&#233;
		Par marcher derri&#232;re son dos
		Et rentrer dans les caf&#233;s
		En parlant &#224; demi-mots
		Et, pendant qu'il buvait,
		Son histoire s'en allait
		En laissant comme pourboire
		Des "on dit" sur les comptoirs

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		A fait ceci, a fait cela
		Et qu'il a dit &#231;a

		Les maisons de sa ville
		Ont les yeux de rideaux,
		Blancs regards qui le filent
		Et se clouent dans son dos.
		C'est la ronde assassine
		Qui l'&#233;touffe et l'efface,
		Met son c&#339;ur en vitrine
		Et son nom sur la glace.

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		A fait ceci, a fait cel&#224;
		Et qu'il a dit &#231;a
		Non! Il a dit &#231;a?
		Oui, il a dit &#231;a!

		Et le monde l'a couch&#233;
		Dans le lit des malfaisants,
		L'a bord&#233; d'un d&#233;bauch&#233;
		D'un tricheur, d'un impuissant.
		Son histoire continue
		A parler dans les rues,
		Lui fabrique une vie
		Qu'on affiche &#224; la mairie

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		A fait ceci, a fait cela
		Et qu'il a dit &#231;a

		Un couteau de m&#233;fiance
		Est plant&#233; parce que
		On l'ach&#232;ve en silence
		Avec des "parce que".
		En quatre, on d&#233;coupe.
		On le pend sur la place.
		On le br&#251;le, on le coupe
		En morceaux de grimaces

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		A fait ceci, a fait cela
		Et qu'il a dit &#231;a
		Non! Il a dit &#231;a?
		Oui, il a dit &#231;a!

		Mais c'est dur &#224; supporter,
		Un salaud pr&#233;fabriqu&#233;
		Qu'on habille de votre peau
		Et qui porte vos chapeaux.
		Un beau jour, il s'est mis
		Au milieu des "on dit"
		Sur la place du march&#233;
		De sa ville endimanch&#233;e.

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		Il a cri&#233;: "Mais c'est pas vrai!"
		C'est pas vrai! C'est pas vrai!

		Ils ont fait la pirouette
		Et, la main dans la main,
		Leur esprit de girouette
		A chang&#233; de refrain.
		Ils avaient un coupable.
		Ils en font un m&#233;c&#232;ne.
		Le voil&#224; formidable
		Mais les mots sont les m&#234;mes:

		On dit qu'il a
		On dit qu'il est
		On dit qu'il a fait
		A fait ceci, a fait cela
		Et qu'il a dit &#231;a
		Non! Il a dit &#231;a? Oui, il a dit &#231;a!
		Il a dit &#231;a, il a dit &#231;a, il a dit &#231;a
		Il a dit &#231;a, il a dit &#231;a, il a dit &#231;a
		Il a dit &#231;aOui, il a dit &#231;a!
		Non!!! Oui!



O&#249; sont-ils, tous mes copains?

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

		O&#249; sont-ils, tous mes copains
		Qui sont partis un matin
		Faire la guerre?
		O&#249; sont-ils, tous mes p'tits gars
		Qui chantaient: "On en r'viendra,
		Faut pas s'en faire."
		Les tambours et les clairons
		Accompagnaient leur chanson
		Dans l'aube claire.
		O&#249; sont-ils, tous mes copains
		Qui sont partis un matin
		Faire la guerre?

		Je connaissais des p'tits gars de Saint-Cloud.
		Je connaissais des gars de la Villette.
		Je connaissais des gars d'un peu partout.
		Pas un de ceux-l&#224; n'a fait la mauvaise t&#234;te.
		Y'en avait d'M&#233;nilmontant.
		Y'en avait des gars d'vingt ans.
		Tous ont r&#233;pondu: "Pr&#233;sent!"
		Et sont partis en chantant

		Je connaissais un p'tit gars de Saint-Cloud.
		Ses yeux rieurs m'avaient tourn&#233; la t&#234;te.
		Il &#233;tait grand et me plaisait beaucoup.
		Quand je l'ai connu, pour moi ce fut ma f&#234;te.
		Comm' les gars d'M&#233;nilmontant,
		Il a r&#233;pondu: "Pr&#233;sent".
		Lui aussi avait vingt ans,
		Il est parti en chantant:

		O&#249; est-il, mon p'tit copain
		Qui est parti un matin
		Faire la guerre?
		C'&#233;tait un gentil p'tit gars
		Qui chantait: "On en r'viendra,
		Faut pas s'en faire."
		Les tambours et les clairons
		Accompagnaient sa chanson
		Dans l'aube claire.
		O&#249; est-il mon p'tit copain,
		Qui est parti un matin
		Faire la guerre?

		Je sais qu'un jour, les p'tits gars de Saint-Cloud,
		Je sais qu'un jour, les gars de la Villette,
		Je sais qu'un jour, les gars d'un peu partout,
		Reviendront: Alors, ce sera jour de f&#234;te.
		Tous les gars d'M&#233;nilmontant
		Ram&#232;neront leurs vingt ans,
		Tous ensembl' crieront: "Pr&#233;sent!"
		Et reviendront en chantant:

		Les voil&#224; mes p'tits copains
		Qui sont partis un matin
		Faire la guerre.
		Les voil&#224; tous ces p'tits gars
		Qui chantaient: "On en r'viendra,
		Faut pas s'en faire."
		On entendra les gar&#231;ons
		Chanter de belles chansons.
		Tout sera clair,
		Le voil&#224; mon petit copain,
		Qui est parti un matin
		Faire la guerre.

		{Coda:} Le voil&#224;! Les voil&#224;!



Ouragan

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude L&#233;veill&#233;e 1960

		Toi
		Rien que toi
		Oui, que toi
		Encore toi
		Toujours toi
		Partout toi
		Tout pour toi
		Tout par toi
		Tout de toi
		Tout en toi
		Tout &#224; toi
		Avec toi
		Rien que toi
		Oui, que toi
		Encore toi
		Toujours toi

		Un ouragan de toi
		Se d&#233;cha&#238;ne sur moi,
		Et moi, pleurant de joie,
		Baign&#233;e de soleil,
		Je vois un arc-en-ciel
		Ciel tout sem&#233; d'&#233;toiles
		Toile entre terre et ciel
		Mais ton souffle se l&#232;ve,
		Balayant le temps
		Et, jett&#233;e sous le r&#234;ve,
		Moi je crie d'amour,
		Mon amour
		Aaaah!Les vagues de toi
		Qui d&#233;ferlent sur moi,
		Aaaah!L'oc&#233;an de joie
		Qui m'emporte avec toi



Padam Padam

Paroles: Henri Contet. Musique: Norbert Glanzberg 1951

autres interpr&#232;tes: Les Castafiores

		Cet air qui m'obs&#232;de jour et nuit
		Cet air n'est pas n&#233; d'aujourd'hui
		Il vient d'aussi loin que je viens
		Tra&#238;n&#233; par cent mille musiciens
		Un jour cet air me rendra folle
		Cent fois j'ai voulu dire pourquoi
		Mais il m'a coup&#233; la parole
		Il parle toujours avant moi
		Et sa voix couvre ma voix

		Padampadampadam
		Il arrive en courant derri&#232;re moi
		Padampadampadam
		Il me fait le coup du souviens-toi
		Padampadampadam
		C'est un air qui me montre du doigt
		Et je tra&#238;ne apr&#232;s moi comme un dr&#244;le d'erreur
		Cet air qui sait tout par c&#339;ur

		Il dit: "Rappelle-toi tes amours
		Rappelle-toi puisque c'est ton tour
		'y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas
		Avec tes souvenirs sur les bras
		" Et moi je revois ceux qui restent
		Mes vingt ans font battre tambour
		Je vois s'entrebattre des gestes
		Toute la com&#233;die des amours
		Sur cet air qui va toujours

		Padampadampadam
		Des "je t'aime" de quatorze-juillet
		Padampadampadam
		Des "toujours" qu'on ach&#232;te au rabais
		Padampadampadam
		Des "veux-tu" en voil&#224; par paquets
		Et tout &#231;a pour tomber juste au coin d'la rue
		Sur l'air qui m'a reconnue
		
		&#201;coutez le chahut qu'il me fait
		
		Comme si tout mon pass&#233; d&#233;filait
		
		Faut garder du chagrin pour apr&#232;s
		J'en ai tout un solf&#232;ge sur cet air qui bat
		Qui bat comme un c&#339;ur de bois



Paris

Paroles et Musique: A.Bernheim 1949

		On se rappelle les chansons.
		Un soir d'hiver, un frais visage,
		La sc&#232;ne &#224; marchands de marrons,
		Une chambre au cinqui&#232;me &#233;tage,
		Les caf&#233;s cr&#232;mes du matin,
		Montparnasse, le Caf&#233; du D&#244;me,
		Les faubourgs, le Quartier latin,
		Les Tuileries et la Place Vend&#244;me.

		Paris, c'&#233;tait la gaiet&#233;, Paris,
		C'&#233;tait la douceur aussi.
		C'&#233;tait notre tendresse.
		Paris, tes gamins, tes artisans,
		Tes camelots et tes agents
		Et tes matins de printemps,
		Paris, l'odeur de ton pav&#233; d'oies,
		De tes marronniers, du bois,
		Je pense &#224; toi sans cesse.
		Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
		On se retrouvera tous les deux,
		Mon grand Paris.

		&#201;videmment, il y a parfois
		Les heures un peu difficiles
		Mais tout s'arrange bien, ma foi.
		Avec Paris, c'est si facile.
		Pour moi, Paris, c'est les beaux jours
		Les airs l&#233;gers, graves ou tendres.
		Pour moi, Paris, c'est mes amours
		Et mon c&#339;ur ne peut se reprendre.

		Paris, tu es ma gaiet&#233;, Paris.
		Tu es ma douceur aussi.
		Tu es toute ma tendresse.
		Paris, tes gamins, tes artisans,
		Tes camelots et tes agents
		Et tes matins de printemps,
		Paris, l'odeur de ton pav&#233; d'oies,
		De tes marronniers, du bois.
		Je pense &#224; toi sans cesse.
		Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux.
		On se retrouvera tous les deux,
		Mon grand Paris.



Paris-M&#233;diterran&#233;e

Paroles: Raymond Asso. Musique: Ren&#233; Clo&#235;rec 1937

autres interpr&#232;tes: Serge Hureau (1995)

		C'est une aventure bizarre.
		Comme le train quittait la gare,
		L'homme a bondi dans le couloir
		Et, le front contre la porti&#232;re,
		Il regardait fuir la lumi&#232;re
		De Paris mourant dans le soir.
		Un train dans la nuit vous emporte.
		Derri&#232;re soi, des amours mortes,
		Mais l'on voudrait aimer encor.
		La banlieue triste qui s'ennuie
		D&#233;filait morne sous la pluie
		Il regardait toujours dehors.

		Le train roulait dans la nuit sombre.
		L'homme, d&#233;j&#224;, n'&#233;tait qu'une ombre,
		Et d'&#234;tre seule j'avais froid.
		S'il a parl&#233; qu'a-t-il pu dire?
		Je ne revois que son sourire
		Quand il vint s'asseoir pr&#232;s de moi.
		Un train dans la nuit vous emporte.
		Derri&#232;re soi, des amours mortes,
		Et dans le c&#339;ur un vague ennui.
		Alors sa main a pris la mienne,
		Et j'avais peur que le jour vienne
		J'&#233;tais si bien tout contre lui.

		Lorsque je me suis &#233;veill&#233;e
		Dans une gare ensoleill&#233;e,
		L'inconnu sautait sur le quai.
		Alors des hommes l'entour&#232;rent
		Et, t&#234;te basse, ils l'emmen&#232;rent.
		Tandis que le train repartait,
		J'ai regard&#233; par la porti&#232;re
		Comme en un geste de pri&#232;re.
		L'homme vers moi tendait les mains.
		Le soleil redoublait ma peine
		Et faisait miroiter des cha&#238;nes
		C'&#233;tait peut-&#234;tre un assassin.

		Il y a des gens bizarres
		Dans les trains et dans les gares.



Pleure pas

Paroles: Henri Contet. Musique: A.Barelli 1949

		Pleure pas.
		T'as les yeux trop beaux pour &#231;a.
		Pleure pas,
		Ou bien moi, je pleure avec toi.
		Pleure pas.
		Mon pauvre grande, j'peux pas voir &#231;a!
		Tais-toi.
		T'as le c&#339;ur qui m'&#233;clate dans les bras.
		Mon amour! Mon amour!
		Parle-moi!
		Raconte-moi!
		Et d'abord, &#224; mon tour,
		Tu vas voir, je pleure mieux que toi!
		Pleure pas.
		T'as les yeux trop beaux pour &#231;a.
		Pleure pas.
		Quand tu pleures, je suis sur ma croix.
		Tu vois,
		Tu me fais mal, et t'as pas le droit.
		Pleure pas! Pleure pas!

		Mon grand bonhomme, mais qu'est-ce qui se passe?
		Tu n'as pas le c&#339;ur &#224; la m&#234;me place
		Je le vois bien
		Et si tu pleures, qu'est-ce que je vais faire?
		T'as du chagrin.
		Mon Dieu! Mis&#232;re!
		Et je n'y peux rien
		Pleure pas.
		T'as les yeux trop beaux pour &#231;a.
		Pleure pas.
		Souris-moi au moins une fois une fois
		Et apr&#232;s t'as tous les droits.
		Voil&#224;!
		Tu as dit ce qu'il ne fallait pas
		Mon amour! Mon amour!
		C'est donc &#231;a
		Tu ne m'aimes plus.
		On n'avait qu'un amour
		Et ton c&#339;ur l'a perdu.
		Pleure pas.
		On change tout.
		&#199;a vient, &#231;a va
		Pleure pas.
		Tu verras, tout s'arrangera.
		Pourquoi?
		Mais pourquoi? Puisque tu vois
		Je pleure pas, moi!
		Je pleure pas



Plus bleu que tes yeux

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1951

note: cr&#233;&#233; par Piaf, repris par Aznavour en 1964 album "La mamma"

		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre le ciel
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		Mais c'est sensationnel,
		Tant de bleu."
		Lorsque je l&#232;ve les yeux,
		Je rencontre tes yeux
		Et je me dis: "Mon Dieu,
		C'est vraiment merveilleux,
		Tant de bleu."

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi,
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.

		Si un jour tu devais t'en aller
		Et me quitter,
		Mon destin changerait tout-&#224;-coup
		Du tout au tout.

		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.
		Plus noir que le noir de mon c&#339;ur,
		La terre en profondeur
		N'aurait pas sa noirceur.
		Plus vide que mes jours sans toi,
		Aucun gouffre sans fond
		Ne s'en approchera.
		Plus long que mon chagrin d'amour,
		M&#234;me l'&#233;ternit&#233;
		Pr&#232;s de lui serait court.
		Plus gris que le gris de ma vie,
		Rien ne serait plus gris,
		Pas m&#234;me un ciel de pluie.

		On a tort de penser, je sais bien,
		Aux lendemains.
		A quoi bon se compliquer la vie
		Puisqu'aujourd'hui

		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois rien de mieux,
		M&#234;me le bleu des cieux.
		Plus blond que tes cheveux dor&#233;s
		Ne peut s'imaginer,
		M&#234;me le blond des bl&#233;s.
		Plus pur que ton souffle si doux,
		Le vent, m&#234;me au mois d'ao&#251;t,
		Ne peut &#234;tre plus doux.
		Plus fort que mon amour pour toi
		La mer, m&#234;me en furie,
		Ne s'en approche pas.
		Plus bleu que le bleu de tes yeux,
		Je ne vois que les r&#234;ves
		Que m'apportent tes yeux



Polichinelle

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962

		Tire les ficelles,
		Tire les ficelles.
		Ton polichinelle
		Te tendras les bras.
		Tourne la baguette
		Et ta marionnette
		Penchera la t&#234;te
		Et te sourira.
		Tant que tes doigts lestes
		Commandent mes gestes,
		Tu te fous du reste
		&#199;a ne compte pas.
		Tire les ficelles
		Et Polichinelle,
		Aussit&#244;t, fera
		Ce que tu voudras.

		Tire les ficelles,
		Tire les ficelles.
		Ton polichinelle
		Fera mille tours.
		Te dira "Je t'aime",
		Cachera ses peines,
		Cachera sa haine
		Sous les mots d'amour.
		J'irai dans le monde
		Pour que toi, dans l'ombre,
		Tu aies le triomphe
		Auquel tu as droit.
		Ton polichinelle
		Fera tant de z&#232;le
		Que, d&#232;s qu'on nous verra,
		On t'applaudira.

		Sais-tu seulement
		Si j'ai un c&#339;ur?
		Sais-tu seulement
		Si j'ai une &#226;me?
		C'est pas pr&#233;vu dans ton programme
		De prestidigitateur.

		Tire les ficelles,
		Tire les ficelles
		De Polichinelle,
		Mais prends garde &#224; toi
		Car il est possible
		Que je me d&#233;livre
		Des fils invisibles
		Qui m'attachent &#224; toi.
		En brisant le charme,
		Je retrouve une &#226;me,
		Je redeviens femme,
		Je redeviens moi
		Faut que t'en profites.
		On se lasse vite
		Et le jour viendra
		O&#249; &#231;a cassera
		O&#249; &#231;a cassera
		O&#249; &#231;a cassera



Pour moi toute seule

Paroles: F. Monod. Musique: G. Lafarge, M. Philippe G&#233;rard 1949

		Des murs fan&#233;s,
		Des jours sans joie,
		Rideau pass&#233;,
		Un lit trop froid,
		Un c&#339;ur par ci,
		Un c&#339;ur par l&#224;
		Et des soucis,
		Des embarras
		Heureusement l'on dort

		Pour moi tout' seule,
		La nuit vient de tomber.
		Pour moi tout' seule,
		Le r&#234;ve a commenc&#233;.
		Il finira demain matin,
		Je le sais bien,
		Mais je suis bien,
		Bien, bien, bien
		Je me parle tout bas.
		Ne me d&#233;rangez pas!

		Huit heures, un tiret,
		Un sale boulot,
		Les traits tir&#233;s,
		Un sale bistrot,
		Un sale hiver,
		Un sale m&#233;tro,
		Un fait divers
		Dans les journaux
		Heureusement l'on dort

		Pour moi tout' seule,
		La nuit vient de tomber.
		Pour moi tout' seule,
		Le r&#234;ve a commenc&#233;.
		Il finira demain matin,
		Je le sais bien,
		Mais je suis bien,
		Bien, bien, bien
		Je me parle tout bas.
		Ne me d&#233;rangez pas!

		De la chaleur
		Dans mon hiver,
		Un nom qui chante
		Dans ma maison,
		Un c&#339;ur par ici,
		Un c&#339;ur par l&#224;,
		Plus de soucis,
		Plus d'embarras

		Pour moi tout' seule,
		L'amour vient d'arriver.
		Pour moi tout' seule,
		Le r&#234;ve a commenc&#233;.
		Qu'arrivera-t-il demain matin?
		Je n'en sais rien
		Mais je suis bien,
		Bien, bien, bien
		Et je l'aime tout bas.
		Ne nous d&#233;rangez pas!



Pour qu'elle soit jolie, ma chanson

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1942

note: du film "Boum sur Paris" # duo: Edith Piaf amp; Jacques Pills

		Il y a des chansons qui font un grand succ&#232;s.
		C'est parce que la musique en est tr&#232;s populaire

		"Quand il me prend dans ses bras"
		Quelque chose dans ce genre-l&#224;

		Oui, voil&#224;! C'est pas mal &#231;a
		Il y a des chansons qui font un grand succ&#232;s
		C'est parce que les paroles ne sont pas ordinaires

		"Et &#231;a gueule &#231;a, madame"

		Tiens! J'ai entendu &#231;a quelque part

		Il y a des chansons qui font un grand succ&#232;s.
		C'est parce que l'interpr&#232;te est extraordinaire.

		"C'est presque toujours &#231;a"

		Mais la mienne n'a pas tout &#231;a.
		Je vais vous expliquer pourquoi:

		Pour qu'elle soit jolie, ma chanson,
		Il faut avant tout &#234;tre deux.
		Il y a bien s&#251;r un gar&#231;on
		Et une fille pour le rendre heureux.
		Si vous me pr&#234;tiez votre voix
		Pour chanter avec moi
		Cette chanson d'amour,
		Mais elle n'a rien d'original
		C'est tout &#224; fait normal
		Qu'elle rime avec "toujours".

		Je regrette pour la chanson
		Mais il y manque un je-ne-sais-quoi
		Et vous pourrez dire au gar&#231;on
		Que cette chanson n'est pas pour moi!

		Je vois bien ce qu'il vous faut:
		Un port et un matelot,
		Des bagarres dans un bar,
		Rien que des trucs sinistres
		Un pauvr' type que l'on pend,
		Des gens qui parlent haut,
		Un monsieur distingu&#233;,
		Un accord&#233;oniste
		J'ai m&#234;me entendu dire
		C'est par trop fantaisiste!
		Que vous chantiez un clown
		Eh bien! Bravo pour le clown!

		Non! Non, mais dites donc!
		Vous m'engueulez!

		Oh! Excusez-moi!
		Je me suis laiss&#233; un p'tit peu emporter

		Alors, &#224; votre avis, cette chanson serait pour moi?

		Mais oui!

		Eh bien! re-chantez-la moi!
		Pour qu'elle soit jolie, ma chanson,
		Il faut avant tout &#234;tre deux.
		Il y a bien s&#251;r un gar&#231;on
		Et une fille pour le rendre heureux.
		Si vous me pr&#234;tiez votre voix
		Pour chanter avec moi
		Cette chanson d'amour,
		Mais elle n'a rien d'original.
		Tout compte fait, c'est pas mal
		Qu'elle rime avec "toujours".

		Et une fille pour le rendre heureux.
		Voil&#224;! Je vous pr&#234;te ma voix
		Pour chanter avec vous
		Cette chanson d'amour,
		Mais elle n'a rien d'original
		Tout compte fait, c'est pas mal
		Qu'elle rime avec "toujours".

		Qu'elle est donc jolie, ma chanson,
		Car je la chante malgr&#233; moi
		Et vous pourrez dire au gar&#231;on
		Que cette chanson est bien pour moi!



Qu'as-tu fait, John?

Paroles et Musique: Michel Emer 1947

		Dans le c&#339;ur de la Louisiane,
		John, sous un soleil de plomb,
		Travaille pr&#232;s de La Savane
		Dans un grand champ de coton.
		Il transpire &#224; grosses gouttes.
		Il a chaud, il n'en peut plus
		Lorsque soudain, sur la route,
		Une foule est accourue.
		Vers le pauvre John qui tremble,
		Margaret l&#232;ve le doigt.
		A la foule qui se rassemble,
		Elle a dit: "Il s'est jet&#233; sur moi!"

		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		Il s'est jet&#233; sur une femme blanche.
		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		Il avait trop bu dimanche,
		Ivre comme un porte-paix.
		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?

		On emm&#232;ne John au village
		A la maison du sheriff.
		Tous les blancs, hurlant de rage,
		R&#233;clament un jugement h&#226;tif.
		"C'est un salaud: qu'on le pende!
		Pour leur donner une le&#231;on!"
		John gigote sous la branche.
		Un frisson, puis c'est fini.
		Les hommes blancs, les femmes blanches
		Vont se coucher dans la nuit.

		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		Faut pas toucher aux femmes blanches.
		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		T'as l'air fin au bout de la branche!
		T'es pendu et c'est bien fait.
		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?

		Sur la maison qui sommeille,
		Margaret frappe &#224; grands coups.
		Le sheriff qui se r&#233;veille
		Lui demande: "Que voulez-vous?
		C'est moi qui voulais le n&#232;gre",
		Dit-elle. "Je viens m'accuser.
		C'est moi qui aimais le n&#232;gre,
		Puis John m'a refus&#233;e."
		Le sheriff est en col&#232;re:
		"Oh! Que d'histoires pour un noir!
		Allons, faut pas vous en faire!
		Bonsoir, Margaret! Bonsoir!"

		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		Refuser une femme blanche!
		Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait?
		Te v' l&#224; pendu &#224; une branche.
		Une voix r&#233;pond dans le vent:
		"Il est plus heureux qu'avant
		John est au paradis
		O&#249; les pauvres n&#232;gres y prient.
		John est maintenant joueur."
		Il est &#224; la bo&#238;te du Bon Dieu.



Qu'il &#233;tait triste, cet Anglais

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

		C'&#233;tait le d&#233;cor attendu
		D'un bar de la Tamise
		Avec son ennui r&#233;pandu
		Comme une fum&#233;e grise,
		Son frisson de journaux froiss&#233;s,
		Son tintement de verres
		Et les murmures &#233;touff&#233;s
		De ses clients s&#233;v&#232;res.

		Qu'il &#233;tait triste, cet Anglais
		Dont la main du temps n'avait fait
		Qu'estomper doucement les traits
		De son visage.
		Tout seul, immobile et muet,
		Debout pr&#232;s du bar, il buvait.
		On aurait dit qu'il revenait
		D'un long voyage.

		Quand il e&#251;t trop bu, tout &#224; coup,
		De ses yeux, deux larmes gliss&#232;rent.
		Quelqu'un a dit: "Voil&#224; qu'il est so&#251;l!"
		Et puis des secondes pass&#232;rent

		Pourtant, moi qui le regardais,
		&#199;a me serrait, &#231;a me serrait.
		Je m&#234;lais &#224; ses pleurs secrets
		La terre enti&#232;re
		Car je n'avais pas bien compris
		Ce qu'il disait rien que pour lui:
		"My beloved stayed in Paris"

		Peut-&#234;tre avait-il &#233;puis&#233;
		Toutes les aventures
		Ou tra&#238;nait-il un c&#339;ur us&#233;
		Par une vie trop dure.
		Avait-il le spleen du marin
		Pour les terres promises
		Ou faisait-il un grand chagrin
		D'une simple b&#234;tise?

		Qu'il &#233;tait triste, cet Anglais
		Que, chaque soir, je retrouvais,
		Portant le poids de son secret
		Imp&#233;n&#233;trable.
		Tout seul, immobile et muet,
		Debout pr&#232;s du bar, il buvait.
		Le m&#234;me jeu recommen&#231;ait
		A chaque table.

		Certains le guettaient en dessous
		Et les larmes les faisaient rire.
		J'entendais: "Voil&#224; qu'il es so&#251;l!".
		C'est tout ce qu'ils trouvaient &#224; dire.

		Mais quand je m'approche de lui,
		Il me confia d'un air surpris:
		"My beloved stayed in Paris
		Stayed in Paris"
		S'il vous pla&#238;t, barman, qu'est-ce qu'il a?
		Et le barman me r&#233;pondit:
		"Sa bien-aim&#233;e est &#224; Paris
		morte, peut-&#234;tre"
		"my beloved stayed in Paris
		My beloved stayed in Paris
		In Paris In Paris"



Quand m&#234;me

Paroles: J. Mario, L. Poterat. Musique: J. Wiener 1936

		Le bonheur quotidien,
		Vraiment, ne me dit rien.
		La vertu n'est que faiblesse
		Qui voit sa fin dans le ciel.
		Je pr&#233;f&#232;re la promesse
		Des paradis artificiels.

		Je sais qu'&#224; la porte d'un bar
		O&#249; j'aurai bu jusqu'&#224; l'extr&#234;me,
		On ramassera quelque part
		Mon corps br&#251;l&#233; sur un brancard.
		Je bois quand m&#234;me
		Que sous la drogue lentement,
		D'extase en extase supr&#234;me,
		Je m'approche implacablement
		Du sombre asile des d&#233;ments.
		J'en prends quand m&#234;me
		Je sais qu'en la femme fatale,
		Dans les bras d'un amant trop bl&#234;me,
		S'infiltrera l'horrible mal
		Dont on cr&#232;ve au lit d'h&#244;pital.
		J'aime quand m&#234;me

		Mes sens inapais&#233;s,
		Cherchant pour se griser
		L'aventure des nuits louches,
		Apportez-moi du nouveau.
		Le d&#233;sir crispe ma bouche.
		La volupt&#233; br&#251;le ma peau.

		Je sais qu'&#224; la porte d'un bar
		O&#249; j'aurai bu jusqu'&#224; l'extr&#234;me,
		On ramassera quelque part
		Mon corps br&#251;l&#233; sur un brancard.
		Je bois quand m&#234;me
		Que sous la drogue lentement,
		D'extase en extase supr&#234;me,
		Je m'approche implacablement
		Du sombre asile des d&#233;ments.
		J'en prends quand m&#234;me
		Je sais qu'en la femme fatale,
		Dans les bras d'un amant trop bl&#234;me,
		S'infiltrera l'horrible mal
		Dont on cr&#232;ve au lit d'h&#244;pital.
		J'aime quand m&#234;me



Quand tu dors

Paroles: Jacques Pr&#233;vert. Musique: Claude Verger 1961

		Toi, tu dors la nuit.
		Mai, j'ai de l'insomnie.
		Je te vois dormir.
		&#199;a me fait souffrir.
		Tes yeux ferm&#233;s,
		Ton grand corps allong&#233;,
		C'est dr&#244;le, mais &#231;a me fait pleurer.
		Et soudain, voil&#224; que tu ris.
		Tu ris aux &#233;clats en dormant.
		O&#249; donc es-tu en ce moment?
		O&#249; donc es-tu parti vraiment?
		Peut-&#234;tre avec une autre femme,
		Tr&#232;s loin, dans un autre pays,
		Et qu'avec elle, c'est de moi que tu ris

		Toi, tu dors la nuit.
		Moi, j'ai de l'insomnie.
		Je te vois dormir.
		&#199;a me fait souffrir.
		Lorsque tu dors,
		Je ne sais pas si tu m'aimes.
		T'es tout pr&#232;s, mais si loin quand m&#234;me.
		Je suis toute nue, serr&#233;e contre toi
		Mais c'est comme si j'&#233;tais pas l&#224;.
		J'entends pourtant ton c&#339;ur qui bat.
		Je ne sais pas s'il bat pour moi.
		Je ne sais rien, je ne sais plus.
		Je voudrais qu'il ne batte plus, ton c&#339;ur,
		Si jamais un jour tu ne m'aimais plus

		Toi, tu r&#234;ves la nuit.
		Mai, j'ai de l'insomnie.
		Je te vois r&#234;ver.
		&#199;a me fait pleurer.
		Voil&#224; le jour et soudain, tu t'&#233;veilles
		Et c'est &#224; moi que tu souris.
		Tu souris avec le soleil
		Et je ne pense plus &#224; la nuit.
		Tu dis des mots toujours pareils:
		"As-tu pass&#233; une bonne nuit?"
		Et je r&#233;ponds comme la veille:
		"Oui mon ch&#233;ri, j'ai bien dormi!
		Et j'ai r&#234;v&#233; de toi comme chaque nuit"



Quatorze juillet

Paroles: Jacques Plante. Musique: Mikis Th&#233;odorakis 1962

note: du film "Les amants de Teruel"

		Il me vient par la fen&#234;tre
		Des musiques de la rue.
		Chaque estrade a son orchestre.
		Chaque bal a sa cohue.
		Ces gens-l&#224; m'ont pris ma f&#234;te.
		Je ne la reconnais plus.

		Dans ma chambre, je me chante
		L'air que nous avons vals&#233;.
		Je regarde la toquarde
		O&#249; tes doigts se sont pos&#233;s.

		Tu m'as dit: "Tu es si belle."
		Et tu as, l'instant d'apr&#232;s,
		Ajout&#233;: "La vie est b&#234;te.".
		J'ai compris que tu partais.
		Si tu ne reviens jamais,
		Il n'y aura plus de quatorze juillet.

		Il me vient par la fen&#234;tre
		Un murmure qui s'&#233;teint,
		Les chansons d'une jeunesse
		Attard&#233;e dans le matin.
		N'allez pas troubler mon r&#234;ve.
		Allez rire un peu plus loin.

		Que m'apporte, que m'apporte
		Cette joie de quelques heures?
		Je suis morte, je suis morte
		Et je t'ai d&#233;j&#224; rejoint
		Et mon corps est pr&#232;s du tien
		Mais personne n'en sait rien



Regarde-moi toujours comme &#231;a

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1942

		Il avait l'air de rien plant&#233; sur le trottoir
		&#192; toucher son chapeau en me disant bonsoir
		Et sans plus s&#233;par&#233;, m'a si bien regard&#233;e
		Que je me suis sentie comme un peu caress&#233;e
		Et beaucoup d&#233;sir&#233;e
		Regarde-moi toujours comme &#231;a
		J'en suis malade, un c&#339;ur qui bat
		&#199;a m'fait pareil j'sais pas pourquoi
		Que la musique de l'Ave Maria
		T'as des yeux sans mani&#232;res
		Et qui r'gardent tout haut
		T'as gard&#233; les paupi&#232;res
		Et j'comprends qu'tu es beau
		Quand j'suis noy&#233;e dans ces yeux l&#224;
		Toi qui m'rep&#234;che entre tes bras
		Pour me faire dire tout bas tr&#232;s bas
		Regarde-moi toujours comme &#231;a

		Y a des soirs pleins d'amour
		Et pas faits pour dormir
		Alors tes yeux commandent
		Et j'aime leur ob&#233;ir
		Sous ton chaud regard bleu
		J'suis toute ensoleill&#233;e
		T'as des fa&#231;ons &#224; toi d'&#233;clairer nos veill&#233;es
		Ah qu'il est &#233;merveill&#233;

		Regarde-moi toujours comme &#231;a
		J'en suis malade un c&#339;ur qui bat
		&#199;a m'fait pareil j'sais pas pourquoi
		Que la musique de l'Ave Maria
		T'as des yeux sans mani&#232;res
		Et qui r'gardent tout haut
		T'as gard&#233; les paupi&#232;res
		Et j'comprends qu'tu es beau
		Quand j'suis noy&#233;e dans ces yeux l&#224;
		Toi qui m'rep&#234;che entre tes bras
		Pour me faire dire tout bas tr&#232;s bas
		Regarde-moi toujours comme &#231;a

		Parl&#233;:
		Regarde-moi toujours comme &#231;a
		Aussi longtemps que tu l'pourras
		Et tant que notre amour vivra
		Regarde-moi toujours, toujours, toujours comme &#231;a.



Reste

Paroles: J.Simonot, P.Bayle. Musique: W.Leardy 1936

		On s'&#233;tait quitt&#233;s tous les deux
		Et, brusquement, l&#224;, c'est curieux,
		On se retrouve face &#224; face.
		On croyait ne plus se revoir
		Puisqu'apr&#232;s une sc&#232;ne, un soir,
		Je t'ai dit: "Pars! Que tout s'efface!"
		Maintenant que tout est bien fini
		Et que nos c&#339;urs se sont repris,
		Ne pensons plus qu'aux jolis gestes.
		Causons en amis, simplement.
		Non! Ne pars pas! Rien qu'un moment
		Allons, voyons, je t'en prie
		Reste

		Reste, que nous parlions un peu
		Du temps o&#249; nous &#233;tions heureux,
		Car nous le f&#251;mes, j'imagine.
		En cet instant mon c&#339;ur &#233;mu,
		Vraiment, ne se rappelle plus
		Que de nos minutes divines.
		Le mal que nous nous sommes fait,
		Petit &#224; petit, dispara&#238;t.
		Lorsque j'&#233;voque tout le reste,
		Ta main fr&#233;mit entre mes doigts
		Tu te rappelles alors pourquoi
		Vouloir t'en aller d&#233;j&#224;?
		Reste

		Reste! A moins qu'au fond de ton c&#339;ur,
		Plus rien existe, j'en ai peur.
		Ta vie serait-elle &#224; une autre?
		Oui? Alors, tu ne me m'aimes plus!
		Un nouvel amour est venu
		Remplacer la trace du n&#244;tre.
		Ah! Tu vas la retrouver ce soir
		Aussi, quel d&#233;sir, quel espoir
		En toi soudain se manifestent.
		Oh non! Pas encore! Je ne veux pas!
		Tu n'iras pas entre ses bras!
		Tu n'iras pas, entends-tu?
		Reste!

		Reste! Oh pardon! Je souffre trop!
		Je suis l&#224; et je dis des mots
		Qui te laissent voir ma d&#233;tresse
		Sans toi, chaque nuit je pleurais
		Et, te retrouvant, j'esp&#233;rais
		Au moins un &#233;lan de tendresse
		Mais quoi? Des larmes dans tes yeux?
		Est-ce un remords, est-ce un adieu?
		Vois, je n'ai plus qu'un dernier geste,
		Et c'est de t'offrir mon pauvre c&#339;ur
		O&#249; survit tout notre bonheur
		Oh! Ch&#233;ri! Tu restes! Tu restes



Retour

Paroles: Jean Marie. Musique: J. Heyne, G. Masset 1954

		Tu retournes au pays, camarade
		Et la paix va rena&#238;tre pour toi.
		Laisse-l&#224; ton fusil, tes grenades.
		On t'esp&#232;re en te tendant les bras.
		Pense &#224; nous, qui restons &#224; la guerre,
		Les soirs calmes o&#249; ton c&#339;ur aimera
		Et va dire &#224; mon p&#232;re, &#224; ma m&#232;re
		Qu'&#224; No&#235;l, peut-&#234;tre, on reviendra

		Ne leur dit rien du front.
		Ne parle pas du feu
		Et mens quand il faudra mentir.
		Dis-leur que nous chantions
		Quand tu as d&#251; partir
		En buvant tous le verre d'adieu.

		Tu retournes au pays, camarade
		Et la paix va rena&#238;tre pour toi.
		Laisse-l&#224; ton fusil, tes grenades.
		On t'esp&#232;re en te tendant les bras.
		Pense &#224; nous, qui restons &#224; la guerre,
		Les soirs calmes o&#249; ton c&#339;ur aimera
		Et va dire &#224; mon p&#232;re, &#224; ma m&#232;re
		Qu'&#224; No&#235;l, peut-&#234;tre, on reviendra



Rien de rien

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1951

		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!
		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!

		Du matin &#224; l'heure o&#249; je me couche,
		Tout ici est calme et banal.
		J'aimerais qu' 'y s'passe quequ' chose de louche,
		De la prime ou du pas normal.

		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!

		Voici un couple qui murmure
		Et dans une chambre veut se glisser
		Je devine une tendre aventure
		Mais ils vont chacun d'leur c&#244;t&#233;!

		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!
		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien!
		Il ne se passe jamais rien!
		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!

		Deux hommes parlent &#224; voix basse,
		Discutant pleins d'animation.
		Pour &#233;couter, je change de place,
		Mais h&#233;las, je n'entends que "oui, non".

		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Je me demande pourquoi!
		Rien! Rien! Rien!
		Il ne se passe jamais rien!

		Ce qu'y s'passe pas, j'aimerais qu'&#231;a s'passe,
		Que &#231;a s'passe ne serait-ce que pour moi,
		Comme &#231;a je verrais ce qu'y s'passe
		Et je pourrais dire qu'&#231;a s'passe pas!

		Rien de rien
		Il ne se passe jamais rien pour moi.
		Et je me demande pourquoi!
		Rien
		Il ne se passe jamais rien!



Roulez tambours

Paroles: Edith Piaf. Musique: Francis Lai 1962

		Allez, roulez, roulez tambours
		Pour ceux qui meurent chaque jour,
		Pour ceux qui pleurent dans les faubourgs,
		Pour Hiroshima, Pearl Harbor,
		Allez, roulez, roulez. Tambours
		Ont roul&#233; pour Napol&#233;on,
		Au son des fifres et des clairons.
		Ils ont roul&#233; pour tant de guerres
		Et roulent sur la terre enti&#232;re.
		Ils roulent, roulent nuit et jour.
		Quand rouleront-ils pour l'amour?
		Allez, roulez, roulez tambours

		J'ai vu, j'ai vu tant de mis&#232;re
		Et tant souffrir autour de moi
		Que je ne me rappelle gu&#232;re
		Si la douleur &#233;tait pour moi.
		J'ai souvent vu trembler ma m&#232;re.
		Je crois bien que c'&#233;tait pour moi.
		J'ai presque vu trembler mon p&#232;re.
		Il ne m'a jamais dit pourquoi

		Allez, roulez, roulez tambours
		Pour ceux qui meurent chaque jour,
		Pour ceux qui pleurent dans les faubourgs,
		Pour Hiroshima, Pearl Harbor,
		Allez, roulez, roulez. Tambours
		Ont roul&#233; pour Napol&#233;on,
		Au son des fifres et des clairons.
		Ils ont roul&#233; pour tant de guerres
		Et roulent sur la terre enti&#232;re.
		Ils roulent, roulent nuit et jour.
		Quand rouleront-ils pour l'amour?
		Allez, roulez, roulez tambours

		Entendez sonner les trompettes.
		Elles partent de J&#233;richo.
		Elles r&#233;sonnent dans ma t&#234;te
		Pour sangloter dans un &#233;cho.
		Moi, je voudrais bien qu'elles chantent
		Pour le gar&#231;on qui va m'aimer,
		Pour mes amis dans la tourmente
		Et pour ceux qui l'ont m&#233;rit&#233;

		Allez, roulez, roulez tambours
		Pour ceux qui naissent chaque jour,
		Pour ceux qui rient dans les faubourgs,
		Pour Hiroshima mon amour
		Allez, roulez, roulez tambours.
		Vous roulerez sous les chansons
		Au rythme des accord&#233;ons.
		Pour l'heure et pour la fin des guerres,
		Roulerez sur la terre enti&#232;re
		Et moi je jouerai du tambour,
		Et moi je chanterai l'amour,
		Et moi je chanterai l'amour,
		Et moi je chanterai l'amour



Salle d'attente

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Marguerite Monnot 1957

		L'un pr&#232;s de l'autre, ils &#233;taient l&#224;,
		Tous deux assis, comme endormis
		Au bord de la banquette en bois
		Dans la salle d'attente.
		A travers la vitre, on voyait
		Le vieux man&#232;ge qui grin&#231;ait
		Et sa musique tourbillonnait
		Dans la salle d'attente,
		Et cette musique semblait pousser
		La grande aiguille de la pendule
		Avec un bruit d&#233;mesur&#233;,
		D&#233;mesur&#233; et ridicule
		Et cette pendule les obs&#233;dait,
		Cette pendule qui les regardait,
		Cette pendule qui tourbillonnait
		Dans la salle d'attente,
		Et dans leur t&#234;te &#231;a glissait,
		Man&#232;ge, musique, pendule
		La pendule devenait man&#232;ge,
		Le man&#232;ge devenait pendule,
		Et leurs souvenirs, en cort&#232;ge,
		Remontaient, d&#233;filaient, s'envolaient

		L'un pr&#232;s de l'autre ils &#233;taient l&#224;,
		Tous deux assis, comme endormis
		Au bord de la banquette en bois
		Dans la salle d'attente
		Et quand le train est arriv&#233;,
		Tous deux, ils se sont regard&#233;s
		Et sans un mot se sont lev&#233;s,
		Dans la salle d'attente,
		Et dans leur t&#234;te, &#231;a glissait:
		Pr&#233;sent, pass&#233;, man&#232;ge
		Les souvenirs devenaient pr&#233;sents.
		Le pr&#233;sent devenait souvenir
		Et leurs paroles, en cort&#232;ge,
		H&#233;sitaient, se troublaient, s'envolaient.
		Quand, dans le train, il est mont&#233;,
		C'est elle qui s'en est aper&#231;u
		Et en courant est revenue
		Dans la salle d'attente
		Mais le train avait disparu

		Vous n' trouvez pas que c'est idiot,
		Une femme qui marche dans la rue
		Avec une musette et un calot?
		C't' idiot!
		C't' idiot!
		C't' idiot!



Si si si

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

note: duo: Edith Piaf amp; Eddie Constantine # de l'op&#233;rette " La P'tite Lily "

		Mademoiselle, mon amour
		Est aussi sage que le jour
		De ma premi&#232;re communion.
		Mademoiselle, mon bonheur
		Est &#233;trange comme une fleur
		Dont on ne saurait pas le nom.
		Mademoiselle, mon avenir
		Est tendre comme un souvenir,
		Aussi joli qu'une chanson.

		Elle peut pas &#234;tre aussi bien qu' tout &#231;a!
		Si, si, si, si!
		'y faut s'y conna&#238;tre, tu n' t'y connais pas!
		Si, si, si, si!
		Une fille aussi belle n'est pas sage aussi!
		Si, si, si, si!
		Elles sont pas fid&#232;les, les filles d'ici
		Si, si, si, si!
		A ta place, je m' ferais du souci
		Car elle te tient &#224; sa merci!

		Mademoiselle, mon avenir
		Est tendre comme un souvenir,
		Un gant qu'a gard&#233; son parfum.
		Mademoiselle, mon bonheur
		Est aussi rare qu'un trotteur
		Qu'on touche &#224; quarante contre un.
		Mademoiselle, mon amour
		Est aussi simple que le jour,
		Le jour o&#249; deux ne font plus qu'un.

		Elle peut pas &#234;tre aussi bien qu' tout &#231;a!
		Si, si, si, si!
		'y faut s'y conna&#238;tre, tu n' t'y connais pas!
		Si, si, si, si!
		Une fille aussi belle n'est pas sage aussi!
		Si, si, si, si!
		Elles sont pas fid&#232;les, les filles d'ici
		Si, si, si, si!
		Tu m'emb&#234;tes! J'ai assez ri!
		Sois heureux avec ta souris!



Si tu partais

Paroles et Musique: Michel Emer 1947

		Notre bonheur est merveilleux.
		Notre amour fait plaisir &#224; Dieu.
		Il est plus pur, il est plus clair
		Que l'eau limpide des rivi&#232;res.
		Mon c&#339;ur &#233;touff' quand tu es l&#224;.
		Ne touche pas &#224; tout cela!

{}

		Si un jour,
		Tu brisais notre amour,
		Si un jour,
		Tu partais pour toujours,
		Tout sombrerait dans la nuit.
		Les oiseaux, dans leurs nids,
		Ne chanteraient plus
		Leurs chants &#233;perdus.
		Si un jour,
		Tu brisais notre amour,
		Si un jour,
		Tu partais sans retour,
		Les fleurs perdraient leur parfum
		Et ce serait la fin de toute joie.
		Reste avec moi.
		Crois-moi, c'est vrai:
		J'en mourrais si tu partais.

		Tes yeux pour moi sont bien plus beaux
		Qu'un rayon de lune dans l'eau.
		Lorsque tu pars quelques instants,
		C'est comme la neige au printemps.
		Tu reviens, tu me tends les bras.
		Ne touche pas &#224; tout cela!

{Refrain}



Simple comme bonjour

Paroles: Rom&#233;o Carl&#232;s. Musique: Louiguy 1936

		C'est une histoire si banale,
		Vraiment si peu originale.
		Je ne sais pas pourquoi, en v&#233;rit&#233;,
		On me la fait toujours r&#233;p&#233;ter.
		Ell's ont &#233;t&#233; plus qu'une copine.
		C'&#233;tait pour moi presqu'une frangine
		Mais l'aventure tient en quelques mots concis
		Et l'on peut la r&#233;sumer ainsi.

		La blonde et la brune
		S'entendaient depuis toujours.
		L'amour en prit une.
		Tout &#231;a est simple comme bonjour

		Car un beau jour, il est venu un gars
		Dont les grands yeux &#233;taient pleins de tendresse
		Mais elle &#233;tait bien plus belle que moi
		Et c'est la blonde qui fut sa ma&#238;tresse.

		C'est une histoire si banale.
		Elle n'est gu&#232;re originale.
		A travers un voile de pleurs dans les yeux,
		Je les ai vus partir tous les deux.

		Chacun disait qu'elle &#233;tait belle.
		Ces mots, comme une ritournelle,
		Dansaient dans ma t&#234;te
		Et y dansent depuis,
		Sans pr&#233;venir, les jours et les nuits.

		La blonde et la brune,
		Jadis, riaient de l'amour.
		L'amour en prit une.
		Tout &#231;a est simple comme bonjour.

		Le gars parti, la fille avec lui,
		Je suis rest&#233;e avec pour seul ami
		Ma lourde peine et, chaque jour, l'ennui
		Emplit mon c&#339;ur et plane sur ma vie.

		Mon Dieu, que l'histoire est banale
		Et qu'elle est peu originale!
		&#199;a finirait l&#224; qu'on en parlerait plus
		Mais le hasard ne l'a pas voulu.

		Chacun disait qu'elle &#233;tait belle.
		Ah, l'obs&#233;dante ritournelle!
		Alors, quand j'l'ai vue,
		Toute seule au fond du bois
		Mais tout &#231;a ne regarde que moi.

		La blonde et la brune
		Sont s&#233;par&#233;es pour toujours.
		Il n'en reste qu'une.
		Tout &#231;a est simple comme bonjour.



Soeur Anne

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

		S&#339;ur Anne, ne vois-tu rien venir?

		Je vois des soldats couverts d'armes,
		Tout pr&#234;ts &#224; mourir et &#224; tuer.
		Partout, je ne vois que des larmes.
		Le monde semble s'y habituer.
		Je vois, plus violente que la peste,
		La haine couvrir l'horizon.
		Les hommes se d&#233;chirent, se d&#233;testent.
		Fronti&#232;res, mitrailleuses, prisons,
		L'amour, qui n'a plus rien &#224; faire,
		Viens de nous quitter &#224; son tour.
		Sur terre, il &#233;tait solitaire.
		L'amour a besoin de l'amour.

		S&#339;ur Anne, ne vois-tu rien venir?

		Je vois des enfants sans leur leur m&#232;re.
		Je vois des parents sans enfants
		Et des paysans sans leurs terres.
		Je vois des terres sans paysans.
		Je vois des grandes maisons vides
		Et de grands vides dans les maisons,
		Des gens au visage livide
		Qui marchent sans chanter de chansons,
		Des hommes qui essaient de sourire,
		Des femmes au regard si peureux,
		Des vieux qui ne savent plus rire,
		Des jeunes qui sont d&#233;j&#224; vieux.

		S&#339;ur Anne, ne vois-tu rien venir?

		Je vois une grande lumi&#232;re
		Qui semble venir de tr&#232;s loin.
		Je vois un enfant et sa m&#232;re.
		Mon Dieu, qu'ils sont loin, qu'ils sont loin
		Voici qu'ils s'approchent de la terre.
		L'enfant a grandi, je le vois.
		Il vient partager nos mis&#232;res.
		D&#233;j&#224;, il apporte sa croix.
		Bient&#244;t, sa divine col&#232;re,
		Chassera le d&#233;mon pour toujours.
		Bient&#244;t reviendra sur la terre
		La vie, la piti&#233; et l'amour.

		S&#339;ur Anne, quand va-t-il revenir?



Soudain une vall&#233;e

Paroles: Jean Dr&#233;jac. Musique: B.Jones, C.Meyer 1956

		Vous avez parcouru le monde.
		Vous croyiez n'avoir rien trouv&#233;
		Et soudain, une vall&#233;e
		S'offre &#224; vous pour la paix profonde.

		Vous aviez d&#233;pens&#233; vos r&#234;ves
		Au hasard des bonheurs vol&#233;s
		Et soudain, une vall&#233;e
		O&#249; la voix d'un ami s'&#233;l&#232;ve.

		Marchant sous un nuage,
		Perdus dans votre nuit,
		Tout seuls au c&#339;ur de l'orage,
		Balay&#233;s par la pluie,
		Vous trainiez des regrets immenses,
		Des envies, des remords voil&#233;s
		Et soudain, une vall&#233;e
		Vous apprend que la vie commence.

		Le ciel tout grand s'&#233;claire
		D'amour et de bont&#233;,
		Soleil pour la vie enti&#232;re
		Et pour l'&#233;ternit&#233;.
		Vous r&#234;viez d'un bonheur immense
		Sans espoir de jamais trouver
		Et soudain, une vall&#233;e
		O&#249; l'espoir et l'amour commencent.

		Et soudain une vall&#233;e
		O&#249; l'espoir et l'amour sont n&#233;s



Sous le ciel de Paris

Paroles: Jean Dr&#233;jac. Musique: Hubert Giraud 1951

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf (1954)

note: du film " La Seine coule &#224; Paris"

		Sous le ciel de Paris
		S'envole une chanson
		Hum Hum
		Elle est n&#233;e d'aujourd'hui
		Dans le c&#339;ur d'un gar&#231;on
		Sous le ciel de Paris
		Marchent des amoureux
		Hum Hum
		Leur bonheur se construit
		Sur un air fait pour eux

		Sous le pont de Bercy
		Un philosophe assis
		Deux musiciens quelques badauds
		Puis les gens par milliers
		Sous le ciel de Paris
		Jusqu'au soir vont chanter
		Hum Hum
		L'hymne d'un peuple &#233;pris
		De sa vieille cit&#233;

		Pr&#232;s de Notre Dame
		Parfois couve un drame
		Oui mais &#224; Paname
		Tout peut s'arranger
		Quelques rayons
		Du ciel d'&#233;t&#233;
		L'accord&#233;on
		D'un marinier
		L'espoir fleurit
		Au ciel de Paris

		Sous le ciel de Paris
		Coule un fleuve joyeux
		Hum Hum
		Il endort dans la nuit
		Les clochards et les gueux
		Sous le ciel de Paris
		Les oiseaux du Bon Dieu
		Hum Hum
		Viennent du monde entier
		Pour bavarder entre eux

		Et le ciel de Paris
		A son secret pour lui
		Depuis vingt si&#232;cles il est &#233;pris
		De notre Ile Saint Louis
		Quand elle lui sourit
		Il met son habit bleu
		Hum Hum
		Quand il pleut sur Paris
		C'est qu'il est malheureux
		Quand il est trop jaloux
		De ses millions d'amants
		Hum Hum
		Il fait gronder sur nous
		Son tonnerr' &#233;clatant
		Mais le ciel de Paris
		N'est pas longtemps cruel
		Hum Hum
		Pour se fair' pardonner
		Il offre un arc en ciel



Sur une colline

		Je voudrais &#234;tre sur une colline
		O&#249; l'on respire un air miraculeux
		O&#249; le vent ti&#232;de, en passant, vous c&#226;line
		O&#249; l'horizon se confond dans le bleu

		Ici tout est fum&#233;e
		Tout est gris, tout est maisons
		Et les douleurs pass&#233;es
		Stagnent toutes en ma prison
		Chaque pierre raconte une histoire
		Une histoire triste &#224; mourir
		Et de tout petits drames sans gloire
		O&#249; l'on pleure des souvenirs

		Je voudrais &#234;tre sur une colline
		O&#249; l'on respire un air miraculeux
		O&#249; le vent ti&#232;de, en passant, vous c&#226;line
		O&#249; l'horizon se confond dans le bleu

		J'inscris des chiffres tristes
		Sur un grand registre blanc
		Et dans ce d&#233;cor triste
		Il y en a qui sont contents
		Mais mon coeur y connait le martyre
		J'ai besoin d'espace a&#233;r&#233;
		Et le bruit des machines &#224; &#233;crire
		Me tourmente jusqu'&#224; pleurer

		Je voudrais &#234;tre pr&#232;s d'une rivi&#232;re
		O&#249; le soleil fait des reflets tremblants
		Sur l'herbe verte au bord d'une clairi&#232;re
		Tandis qu'au ciel passent des flocons blancs

		Je sais que l'on peut vivre
		Loin des villes, loin des rues
		J'ai lu dans bien des livres
		Ce que je n'ai pas connu
		Je voudrais qu'une fi&#232;vre m'emporte
		Et m'emm&#232;ne pour quelque temps
		Et parfois je voudrais &#234;tre morte
		Enterr&#233;e, au milieu des champs

		Je voudrais &#234;tre sur une colline
		Ame sans corps dans l'air miraculeux
		Flottant au gr&#233; de la brise c&#226;line
		Vers l'horizon qui se fond dans le bleu



T'es beau, tu sais

Paroles: Henri Contet. Musique: Georges Moustaki 1959

		T'es beau, tu sais
		Et &#231;a s'entend lorsque tu passes.
		T'es beau, c'est vrai.
		J'en suis plus belle quand tu m'embrasses.
		Je te dessine du bout du doigt:
		Ton front, tes yeux, tes yeux, ta bouche.
		Comment veux-tu dessiner &#231;a?
		La main me tremble quand j'y touche
		T'es beau, mon grand,
		Et moi, vois-tu, je suis si petite.
		T'es beau tout le temps
		Que &#231;a me grandit quand j'en profite.

		Reste l&#224;, ne bouge pas.
		Laisse-moi t'imaginer.
		T'as l'air d'&#234;tre l'&#233;t&#233;,
		Celui qui pleut jamais.
		Reste l&#224;, bouge pas.
		Laisse-moi quand m&#234;me t'aimer.
		Je ne peux m&#234;me pas penser
		Que je te m&#233;ritais.

		T'es beau, tu sais.
		&#199;a m'impressionne comme les &#233;glises.
		T'es beau, c'est vrai,
		Jusqu'&#224; ta m&#232;re qu'en est surprise.
		Tu me r&#233;chauffes et tu m'endors.
		Tu fais soleil, tu fais colline.
		Viens contre moi, il pleut dehors.
		Mon c&#339;ur &#233;clate dans ma poitrine.
		T'es beau partout.
		C'est trop facile d'&#234;tre sinc&#232;re.
		T'es beau, c'est tout.
		T'as pas besoin de lumi&#232;re.

		Il &#233;tait beau et c'&#233;tait vrai
		Mais la gosse ne le voyait pas,
		Ses yeux perdus &#224; tout jamais.
		Il en pleurait
		Quand il guidait ses pas.

		T'es beau, tu sais.
		T'es beau, c'est vrai.
		T'es beau, tu sais.
		T'es beau, c'est vrai



T'es l'homme qu'il me faut

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1960

		T'es l'homme qu'il me faut.
		T'en fais jamais trop.
		J'ai eu beau chercher,
		Je n'ai rien trouv&#233;,
		Pas un seul d&#233;faut.
		T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme,
		T'es l'homme qu'il me faut.

		T'aimes bien t'amuser.
		T'aimes bien rigoler
		Mais tu deviens s&#233;rieux,
		Ah, c'est merveilleux.
		T'en fais jamais trop.
		T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme,
		T'es l'homme qu'il me faut.

		Quand je sors avec toi,
		J' m'accroche &#224; ton bras.
		Les femmes, elles te voient.
		Toi, tu ne les vois pas.
		Heureusement pour moi,
		Pour toi, pour toi, pour toi,
		Il n'y a que moi.

		J'aime aussi ta voix.
		Parle, parle-moi.
		Parle-moi de nous.
		Parle-moi de tout.
		Je me sens si bien,
		Si bien, si bien, si bien,
		Ah oui, vraiment bien.

		T'es l'homme qu'il me faut.
		T'en fais jamais trop.
		Tu es les beaux jours.
		Tu es notre amour.
		Tu es ma lumi&#232;re,
		Ma vie, ma vie, ma vie,
		Ma vie toute enti&#232;re.

		Tu es la tendresse.
		T'es toutes les caresses.
		T'es tous les "je t'aime".
		C'est inou&#239;, quand m&#234;me.
		T'en fais jamais trop.
		T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme,
		T'es l'homme qu'il me faut.

		Tu es mon probl&#232;me.
		Je ne comprends pas
		Car, malgr&#233; tout &#231;a,
		Moi aussi,
		Moi aussi,
		Mai aussi,
		Je t'aime



Tant qu'il y aura des jours

		Tant qu'il y aura des jours,
		On se dira "je t'aime"
		Et les serments d'amour
		Seront toujours les m&#234;mes,
		Car, pour parler d'amour,
		Il n'a pas d' probl&#232;me.
		On redira toujours:
		"Oh mon amour, je t'aime."

		Et depuis que la terre est la terre,
		Il n'y a rien &#224; faire, rien &#224; faire
		C'est ainsi, c'est la vie
		Mais tant mieux pour les amoureux.

		Tant qu'il ya aura des jours,
		On se dira "je t'aime"
		Et les serments d'amour
		Seront toujours les m&#234;mes,
		Car, pour parler d'amour,
		Il n'y a pas d' probl&#232;me.
		On redira toujours:
		"Oh mon amour, je t'aime."

		 Car, pour parler d'amour,
		Il n'y a pas d' probl&#232;me.
		On redira toujours:
		"Oh mon amour, je t'aime."



Tatave

Paroles: A. Siminin. Musique: Henri Crolla 1958

		La venue au monde, c'est un vrai char.
		'y a de p&#233;riodes pour les veinards
		Puis d'autres o&#249; ne naissent que des cloches.
		Tac tacatactac  tsoin tsoin.

		Tatave, c'est l&#224; qu'il s'est trouv&#233;.
		Il a tir&#233;, tir&#233;
		A la loterie de l'existence
		La s&#233;rie des ceu'ze qu'ont pas de chance,
		Des pas beaux gosses et des paum&#233;s,
		Des ceu'ze qui bectent &#224; la cuisine,
		Qui marchent &#224; c&#244;t&#233; de leurs bottines
		Et qui doivent jamais la ramener.

		Tatave! Tatave!
		Il &#233;tait pas g&#226;t&#233;!

		Dans ces cas-l&#224;, sans h&#233;siter,
		La raison commande de chercher,
		Sans tarder une consolation.
		Tac tacatactac  tsoin tsoin.

		Tatave, dans le pi&#232;ge, il est tomb&#233;.
		Il a tir&#233;, tir&#233;
		Au jeu de l'amour, une mauvaise br&#232;me,
		Un de ces lots qui disent "comme on s'aime"
		Juste &#224; la veille de vous doubler,
		De ces filles ardentes et si belles
		Que rien semble assez beau pour elles
		Tant on craint de les voir se tirer.

		Tatave! Tatave!
		Cette m&#244;me, elle t'a quimp&#233;e!

		D&#232;s qu'il e&#251;t connu cette souris,
		Tatave alla chercher le grisby
		Indispensable pour la g&#226;ter.
		Tac tacatactac  tsoin tsoin.

		Tatave, &#224; ce truc-l&#224;, s'est mouill&#233;.
		Il a tir&#233;, tir&#233;
		Sur l'employ&#233; qui faisait de la rebiffe,
		Tir&#233; sur deux mecs de la renifle
		Qui surgissaient, enfouraill&#233;s,
		Pas press&#233;s de mourir, les perdreaux
		A cette pomme, ont pas fait de cadeau.
		Tatave su' l'tas il est tomb&#233;.

		Tatave! Tatave! Tatave, il t'a repass&#233;!
		Tatave! Tatave! Le jeu &#233;tait truqu&#233;
		Pauvre Tatave.



T&#233;l&#233;gramme

Paroles et Musique: Michel Emer 1951

		C'est un t&#233;l&#233;gramme pour Marie Belage,
		Dans la cour, escalier B, cinqui&#232;me &#233;tage,
		Troisi&#232;me porte &#224; gauche, deux marches &#224; descendre,
		Frapper fort pour qu'elle puisse vous entendre.

		Le p'tit facteur grimpe quatre &#224; quatre.
		Un vieille demoiselle vient ouvrir.
		D'une voix dure et acari&#226;tre,
		Elle dit "merci" puis se retire.
		Elle ouvre en tremblant la d&#233;p&#234;che.
		En g&#233;n&#233;ral, on n'aime pas &#231;a.
		Elle lit tout haut, la gorge s&#232;che,
		Puis elle relit dix fois tout bas.
		"Serai Orly  huit heures  deux mai 
		Suis impatient  suis fou de joie 
		Je vous adore plus que jamais 
		Amour  baisers  sign&#233; -Fran&#231;ois"

		Elle retourne vingt ans en arri&#232;re.
		Comme ils s'aimaient, il y a vingt ans,
		Mais ses parents h&#233;las, le refus&#232;rent.
		Il n'avait pas un sou vaillant.
		"Je reviendrai fortune faite."
		Lui a-t-il dit. "Je t'attendrai.
		Je veux aussi que tu promettes
		Que tu ne m'oublieras jamais."
		Il est parti  les mois, les ann&#233;es passent.
		Elle est toute seule devant la vie.
		Beaut&#233;, fra&#238;cheur, jeunessetout s'efface
		Et plus d'argent, donc plus d'amis

		Les voyageurs arrivant du Mexique,
		Ah le voil&#224;! Comme il est grand!
		Ses tempes grises lui donnent l'air po&#233;tique.
		Il est plus beau qu'il y a vingt ans.
		Elle est toute p&#226;le et ses mains br&#251;lent.
		Comme il bat fort son pauvre c&#339;ur.
		Il vient vers elle, il la bouscule.
		"J'vous demande pardon! Dites-moi, porteur!
		Je cherche une dame &#233;l&#233;gante et tr&#232;s belle.
		De grands yeux bleus, des cheveux blonds,
		Plut&#244;t petite Attendez! J'crois que c'est elle
		Ah! Non, ce n'est pas elle
		J'vous demande pardon!"

		Vous n'auriez pas vu une dame blonde 
		El&#233;gante  tr&#232;s belle 
		Vous n'auriez pas vu une dame blonde 
		El&#233;gante  tr&#232;s belle 
		Vous n'auriez pas vu



Toi qui sais

Paroles et Musique: Michel Emer 1956

		Tu m'as dit: "Reprenons notre libert&#233;.
		C'est fini, il vaut beaucoup mieux nous quitter
		Et refaire sa vie chacun de son c&#244;t&#233;.
		Voici la fin d'un long po&#232;me"
		Je t'ai dit: "C'est bien! Mais il faut m'aider:
		'y a quelqu'un qui m'aime et m'attend &#224; c&#244;t&#233;.
		Il ne veut pas croire que je peux l'aimer,
		L'aimerautant qu'il m'aime"

		Toi qui sais comment je suis quand je suis amoureuse,
		Dis-lui
		Toi qui sais comment je suis lorseque je suis heureuse,
		Dis-lui
		Rassemble tous nos souvenirs
		Et puis va-t-en lui dire
		Comme nous avons pu rire
		Ensemble
		Toi qui sais combien je suis fid&#232;le &#224; mon amour,
		Dis-lui

		Va lui dire comment aimer ce grand amour,
		Va lui dire que ce fut le plus beau des jours.
		Raconte-lui comment tu m'avais fait la cour
		Et que c'&#233;tait un beau dimanche.
		Va lui dire l'&#233;blouissement de nos matins
		Et comment nous vivions, la main dans la main.
		Nos baisers qui ne connaissaient pas de fin
		Et puis nos folles nuits blanches

		Toi qui sais comment je suis quand le printemps est l&#224;,
		Dis-lui
		Toi qui sais comment je suis quand tu es dans mes bras,
		Dis-lui
		Insiste! Dis-lui notre vie
		Et puis surtout, dis-lui
		Que loin de toi, je suis triste

		Toi qui sais que mon amour pour toi
		Jamais ne finira
		Ne lui dis pas
		Je t'en supplie
		Ou bien dis-lui



Toi, tu l'entends pas

Paroles: Pierre Delano&#235;. Musique: Charles Dumont 1962

		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas
		Cette f&#234;te
		Dans ma t&#234;te.
		Toi, tu les vois pas,
		Tous ces millions de chandelles
		Qui br&#251;lent dans ma cervelle.
		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas.
		C'est trop b&#234;te,
		C'est trop b&#234;te.
		Toi, tu n'entends pas
		Cet orchestre gigantesque
		Puisque il ne joue que pour moi.

		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas
		Cette foule
		Qui me so&#251;le
		De ses cris de joie,
		Qui dansent carmagnole
		Et chantent des choses folles.
		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas
		La vacarme
		Qui s'acharne
		Tout au fond de moi.
		Il m'envahit corps et &#226;me
		Mais toi, tu ne l'entends pas.

		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas
		Les musiques
		Et les cirques
		Et les op&#233;ras,
		La garde r&#233;publicaine,
		La grande f&#234;te foraine.
		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas
		Mon c&#339;ur battre,
		Se d&#233;battre,
		Se battre pour toi.
		Il fait du bruit comme quatre
		Mais toi, tu ne l'entends pas.

		Toi, tu n'entends pas,
		Toi, tu n'entends pas.
		C'est trop b&#234;te,
		C'est trop b&#234;te.
		Toi, tu n'entends pas
		Ces millions de po&#232;mes
		Pour chaque rime est "je t'aime".
		Tu les entendras.
		Tu les entendras.
		Quand tu m'aimes,
		Quand tu m'aimes,
		Quand tu m'aimeras,
		Tu entreras dans ma ronde
		Le jour o&#249; tu m'aimeras.
		Tu entreras dans ma ronde
		Le jour o&#249; tu m'aimeras



Toujours aimer

Paroles: Nita Raya. Musique: Charles Dumont 1961

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf

		On n'a pas dans le c&#339;ur de quoi toujours aimer,
		Et l'on verse des pleurs en voulant trop aimer.
		On croit &#234;tre sinc&#232;re, on croit avoir trouv&#233;
		Le seul &#234;tre sur terr' qu'on ne peut remplacer,
		On n'a pas dans le c&#339;ur de quoi toujours aimer,
		Et l'on verses des pleurs en voulant trop aimer,
		Un jour on se r&#233;veill', ce n'est plus tout &#224; fait
		Le rayon de soleil qui nous embellissait.

		On regrette le temps o&#249; l'on pouvait s'aimer,
		On regrette le temps o&#249; le c&#339;ur s'emballait,
		Il ne nous reste plus que quelques souvenirs
		De pauvres souvenirs qu'on cherche &#224; retenir.

		Mais moi, j'ai dans le c&#339;ur de quoi toujours aimer.
		J'aurai toujours assez de larmes pour pleurer.
		J'aurai toujours assez de rir's pour effacer
		Les tristes souvenirs accroch&#233;s au pass&#233;.
		Mais moi, j'ai dans le c&#339;ur de quoi toujours aimer,
		J'aurai toujours assez de larmes pour pleurer,
		Je veux toujours aimer, je veux toujours souffrir.

		Si je n'dois plus aimer, mois je pr&#233;f&#232;' mourir.
		Mais, moi, j'ai dans le c&#339;urs de quoi toujours aimer,
		Aimer Aimer



Tous les amoureux chantent

Paroles: J. Jeepy. Musique: Marguerite Monnot 1950

		Dans la rue,
		Tous les amoureux chantent,
		Tous les amoureux chantent
		Des chansons de la rue.
		Par-dessus,
		Le soleil les inonde
		Et la foule et le monde
		Les noient dans la cohue.

		Dans la rue, Suzon avec Jean-Pierre
		Chantent &#224; leur mani&#232;re
		Des chansons de la rue.
		Elle est si blonde
		Aussi blonde qu'un rayon de soleil.
		Ses boucles vagabondent,
		D&#233;coupent sur le ciel
		Des aur&#233;oles rondes
		Et lui
		Un p'tit gars de chez nous,
		C'est tout.
		Ils n'ont pas quarante ans &#224; eux deux.
		Vivent les amoureux de la rue!

		Dans la rue,
		Tous les amoureux chantent,
		Tous les amoureux chantent
		Des chansons de la rue.
		Par-dessus,
		Le soleil les inonde
		Et la foule et le monde
		Les noient dans la cohue.

		Mais qu'y a-t-il dans la cohue,
		Dans la cohue de la rue?
		C'est Suzon qui court &#233;perdue
		Sans Jean-Pierre sans Jean-Pierre
		Eperdue
		Dans la rue,
		Suzon pleure, pleure son amour.
		Attention
		Autos, v&#233;los klaxonnent.
		On sonne, on siffle, on crie Attention!
		Un coup de freins

		Dans la rue,
		Tous les amoureux pleurent,
		Tous les amoureux pleurent
		Dans la rue.
		Par-dessus,
		Le soleil et la ronde,
		La folle ronde,
		De monde qui rit
		Car la cohue se moque des amoureux
		Qui meurent,
		Qui meurent dans la rue



Tout fout l'camp

Paroles: Raymond Asso. Musique: Juel 1939

autres interpr&#232;tes: Edith Piaf, Juliette (1998), Entre 2 Caisses (2000)

		Nous sommes ma&#238;tres de la Terre
		Nous nous croyons des presque Dieu
		Et pan! Le nez dans la poussi&#232;re
		Qu'est-ce que nous sommes? Des pouilleux

{}

		Et l&#224;-haut les oiseaux
		Qui nous voient tout petit, si petits
		Tournent, tournent sur nous
		Et crient: "Au fou! Au fou!"

		Nous nageons tous dans la b&#234;tise
		Et l'on invente des drapeaux
		On met des couleurs aux chemises
		Sous les chemises y a la peau

{au Refrain}

		Ecoutez le monde en folie
		Vive la mort, vive la fin
		Pas un ne crie: "Vive la vie!"
		Nous sommes tous des assassins

{au Refrain}

		C'est toute la Terre qui gronde
		Bonne saison pour les volcans
		On va faire sauter le monde
		Cramponnez-vous, tout fout l'camp!

		Et l&#224;-haut les corbeaux
		Qui nous voient tout petit, si petits
		Tournent comme des fous
		Et crient: "A nous! A nous!"

		La vie pourrait &#234;tre si belle
		Si l'on voulait vivre d'abord
		Pourquoi se creuser la cervelle
		Quand y a du bon soleil dehors?

		{Variante Edith Piaf}
		Et pourtant les filles sont belles
		Et y a du beau soleil dehors
		Pourquoi se creuser la cervelle
		Au diable tout, vivons d'abord!

		Et l&#224;-haut les corbeaux
		Qui nous voient tout petit, si petits
		Crient: "Les hommes sont fous
		Ils se foutent de nous!"



Traqu&#233;

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence V&#233;ran 1963

		Voyez cet homme qui court, qui court
		Parmi la ville et les avenues.
		Voyez cet homme qui court, qui court
		Parmi la ville, &#224; c&#339;ur perdu.

		Mais qu'a-t-il fait?
		A-t-il vol&#233;?
		A-t-il tu&#233;?
		Nul ne sait, nul ne sait, nul ne sait
		Est-il traqu&#233;
		Par son pass&#233;
		Qui court apr&#232;s?
		Moi je sais, moi je sais, moi je sais

		Il court, il court en bousculant
		Sur son passage m&#234;me les enfants
		Et toute la ville et tous les gens
		Lui montrent le poing en passant.

		Voyez cet homme qui court, qui court
		Parmi les rues et les avenues.
		Voyez cet homme qui court, qui court
		Parmi la ville, &#224; c&#339;ur perdu.

		Ce qu'il a fait:
		Il a tu&#233;
		Pour qui? Pourquoi?
		Moi je sais, moi je sais, moi je sais
		Il est traqu&#233;
		Et c'est chez moi
		Qu'on est venu le chercher, le chercher, le chercher

		Sa seule chance est de partir
		Et, comme un fou, il va s'enfuir.
		Jusqu'&#224; la fin,
		Il va courir.
		Peut-&#234;tre bien
		Jusqu'&#224; mourir
		Jusqu'au grand fleuve
		Qui coule l&#224;-bas,
		Jouant sa vie &#224; pile ou face,
		Et puis, mon Dieu, que le temps passe
		Mais cette histoire ne regarde que moi
		Que moi
		Que moi
		Que moi
		Que moi



Tu es partout

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

note: Chanson tir&#233;e du film "Montmartre-sur-Seine".

		Nous nous aimions bien tendrement
		Comme s'aiment tous les amants
		Et puis un jour tu m'as quittee
		Depuis je suis desesperee
		Je te vois partout dans le ciel
		Je te vois partout sur la terre
		Tu es ma joie et mon soleil
		Ma nuit, mes jours, mes aubes claires

		Tu es partout car tu es dans mon coeur
		Tu es partout car tu es mon bonheur
		Toutes les choses qui sont autour de moi
		Meme la vie ne represente que toi
		Des fois je reve que je suis dans tes bras
		Et qu'a l'oreille tu me parles tout bas
		Tu dis des choses qui font fermer les yeux
		Et moi je trouve ca merveilleux

		Peut-etre un jour tu reviendras
		Je sais que mon coeur t'attendras
		Tu ne pourras pas oublier
		Les jours que nous avons passes
		Mes yeux te cherchent sans arret
		Ecoute bien mon coeur t'appelle
		Nous pourrons si bien nous aimer
		Tu verras la vie sera belle

		Tu es partout car tu es dans mon coeur
		Tu es partout car tu es mon bonheur
		Toutes les choses qui sont autour de moi
		Meme la vie ne represente que toi
		Des fois je reve que je suis dans tes bras
		Et qu'a l'oreille tu me parles tout bas
		Tu dis des choses qui font fermer les yeux
		Et moi je trouve ca merveilleux



Un coin tout bleu

		Voil&#224; l'printemps les fleurs jolies
		Tout l'monde a l'air d'aimer la vie
		J'crois bien qu'y a qu'moi qu'aim' pas l'soleil
		C'est pas d'ma faute il m'donne sommeil

		A quoi qu'&#231;a sert l'soleil qui brille
		Puisque l'hiver il s'&#233;parpille
		Madame la pluie vient l'remplacer
		S&#251;r'ment qu'il doit &#234;tre fatigu&#233;

		Mais j'ai trouv&#233; dans tes grands yeux
		Un coin d'espoir un coin tout bleu
		Mais ce coin l&#224; n'est pas pour moi
		Puisque ton c&#339;ur n'est plus &#224; toi

		Et quand le mien est malheureux
		Il va tout seul dans son coin bleu
		Tu as cach&#233; dans tes grands yeux
		Un ciel d'amour un ciel tout bleu

		Mais un beau jour rempli d'&#233;toiles
		Mon coin tout bleu sera sans voile
		J'entendrai les pleurs du printemps
		Crier l'amour &#224; tous les vents

		Adieu les cieux couverts de pluie
		D'un coup s'&#233;claircira ma vie
		C'est que mon c&#339;ur sera en joie
		Puisque le tien viendra vers moi

		Je t'attendrai dans mon coin bleu
		Qui se cache dans tes grands yeux
		Tu verras comme c'est merveilleux
		Tous les amants y sont heureux

		En attendant ce jour heureux
		Je t'attendrai dans mon coin bleu



Un &#233;tranger

Paroles: R.Malleron. Musique: Juel, Marguerite Monnot 1934

		Il avait un air tr&#232;s doux,
		Des yeux r&#234;veurs un peu fous
		Aux lueurs &#233;tranges.
		Comme bien des gars du Nord,
		Dans ses cheveux un peu d'or,
		Un sourire d'ange.
		J'allais passer sans le voir
		Mais quand il m'a dit bonsoir
		D'une voix chantante,
		J'ai compris que, ce soir-l&#224;,
		Malgr&#233; la pluie et le froid,
		Je serais contente.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		D'o&#249; viens-tu? Quel est ton nom?
		Le navire est ma maison.
		La mer mon village.
		Mon nom, nul ne le saura.
		Je suis simplement un gars
		Ardent &#224; l'ouvrage
		Et si j'ai le c&#339;ur trop lourd,
		Donne-moi donc un peu d'amour,
		Espoir de caresses.
		Et moi, fille au c&#339;ur blas&#233;,
		J'ai senti, sous ses baisers,
		Une ardente ivresse.
		Il avait un regard tr&#232;s doux
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		Simplement, sans boniments,
		J'aimais mon nouvel amant,
		Mon &#233;poux d'une heure.
		Comme bien des malheureux,
		Il croyait lire en mes yeux
		La femme qu'on pleure
		Et, follement, j'esp&#233;rais
		Qu'au matin, il me dirait
		Suis-moi je t'emm&#232;ne.
		J'aurais dit oui, je le sens,
		Mais il a fui, me laissant
		Riv&#233;e &#224; ma cha&#238;ne.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il venait de je ne sais o&#249;.

		J'ai r&#234;v&#233; de l'&#233;tranger
		Et, le c&#339;ur tout d&#233;rang&#233;
		Par les cigarettes,
		Par l'alcool et le cafard,
		Son souvenir chaque soir
		M'a tourn&#233; la t&#234;te
		Mais on dit que, pr&#232;s du port,
		On a rep&#234;ch&#233; le corps
		D'un gars de marine
		Qui, par l'amour d&#233;laiss&#233;,
		Ne trouva pour le bercer
		Que la mer c&#226;line.
		Il avait un regard tr&#232;s doux.
		Il s'en allait je ne sais o&#249;.



Un grand amour qui s'ach&#232;ve

Paroles: Edith Piaf. Musique: Edith Piaf, Marguerite Monnot 1955

		Un grand amour qui s'ach&#232;ve,
		&#199;a fait pleurer tous vos r&#234;ves
		Et quand tu disais que tu m'aimais,
		Mon amour tu le croyais.
		Bah! Si ton c&#339;ur est boh&#232;me,
		On n'y peut rien, c'est la vie.
		On est si fou quand on s'aime,
		Ma mie

		T'en souviens-tu comme tu riais
		Quand, quelquefois, je te disais
		Que p't'&#234;tre un jour comme tant d'autres,
		Tu partirais avec un autre?
		T'en souviens-tu comme tu riais?
		Et bien, tu vois, tu n'aurais pas d&#251; rire
		Peut-&#234;tre un jour, tu reviendras
		Mais je ne serai plus l&#224;
		Et toi, tout seul, tu pleureras
		De tout ce qui t'aura fait rire.

		Un grand amour qui s'ach&#232;ve,
		&#199;a fait pleurer tous vos r&#234;ves
		Et quand tu disais que tu m'aimais,
		Mon amour tu le croyais.
		Il se pourrait que j'en meure.
		On n'y peut rien, c'est la vie.
		Je ne veux pas que tu pleures,
		Ma mie



Un homme comme les autres

Paroles: Edith Piaf. Musique: Pierre Roche 1947

		A l' voir comme &#231;a, un homme c'est rien,
		Mais pour peu qu'il vous int&#233;resse,
		&#199;a tient d' la place, cr&#233; nom d'un chien.
		Celui pour qui j'ai des faiblesses
		N'est pas tellement joli gar&#231;on
		Mais il ressemble &#224; ma chanson.

		Un homme comme les autres,
		Un homme parmi tant d'autres
		Et pourtant
		Personne n'a sa voix,
		Personne n'a ses yeux.
		Quand je l'aper&#231;ois,
		J'en ai plein les yeux
		Et je l'aime
		Un homme comme les autres,
		Un homme parmi tant d'autres
		Et pourtant
		Nous avons des nuits
		Toutes remplies d'amour,
		Serr&#233;e contre lui
		Jusqu'au petit jour
		O&#249; l'on s'aime
		Un homme comme les autres,
		Un homme parmi tant d'autres.

		Voil&#224; des mois qu'il est parti.
		Les gens m'ont dit: "On s'en console."
		Probable qu'ils avaient menti.
		J'ai l'impression que j' deviens folle.
		Jamais, jamais je ne l'oublierai.
		Jusqu'&#224; la fin, je l'attendrai.

		Un homme comme les autres,
		Un homme parmi tant d'autres
		Et pourtant
		En fermant les yeux,
		Je revois soudain
		Quand, dans mes cheveux,
		Il glissait ses mains
		Et je l'aime
		Un homme comme les autres,
		Un homme parmi tant d'autres
		Et pourtant
		Dans mes souvenirs,
		Je nous vois danser,
		Je vais me blottir,
		Lui va m'emporter.

		Et je l'aime
		
		Un homme parmi tant d'autres



Un jeune homme chantait

Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Poll 1937

		Sur la route, la grand'route,
		Un jeune homme va chantant.
		Sur la route, la grand'route,
		Une fille va r&#234;vant,
		Une fleur &#224; son corsage
		Et des yeux pleins de douceur,
		Une fleur &#224; son corsage
		Et des r&#234;ves plein le c&#339;ur.

{}

		Un jeune homme chantait
		Ha ha ha ha ha ha
		Une fille r&#234;vait
		Hum hum hum

		Sur la route, la grand'route,
		Quand ils se sont aper&#231;us,
		Sur la route, la grand'route,
		L'un vers l'autre ils ont couru.
		Dans ses bras, il l'a tenue,
		Il a dit: "Que tu me plais."
		Dans ses bras il l'a tenue,
		Elle a dit: "Je t'esp&#233;rais.'

{Refrain}

		Il a d&#233;fait son corsage
		Puis a dit: "Je suis heureux."
		Il a d&#233;fait son corsage,
		Elle a dit: "Toujours Nous deux."
		Tandis qu'au loin sur la route
		Un jeune homme va chantant.
		Sur le bord de la grand'route
		Une fleur meurt doucement.

		Un jeune homme chantait
		Ha ha ha ha ha ha
		Une fille pleurait
		Hum hum hum



Un monsieur me suit dans la rue

Paroles: Jean-Paul Le Chanois. Musique: Jacques Besse 1942

autres interpr&#232;tes: Barbara (1972), Juliette (1998)

		J'&#233;tais une petite fille
		Du moins je le croyais
		Portais des espadrilles
		J'avais encore mes jouets
		Mais un jour dans la rue
		En sortant de l'&#233;cole
		Je vois un inconnu
		Qui, &#224; mes pas, se colle.

		Un monsieur me suit dans la rue.
		J'en avais r&#234;v&#233; bien souvent
		Et fus d'avance tout &#233;mue.
		Qu'est-ce qui va s'passer maint'nant?
		Quand on m'a suivie dans la rue
		J'pensais que &#231;a s'rait &#233;patant.
		Quand on m'a suivie dans la rue, dans la rue
		Ce n'&#233;tait qu'un vieux d&#233;go&#251;tant.

		Le c&#339;ur a ses myst&#232;res:
		Je suis prise de passion
		Pour un homme, un gangster
		Qu'a d'la conversation
		Et quand je vais chez lui
		Il faut faire attention.
		Je sais qu'on le poursuit
		Pour le mettre en prison.

		Voil&#224; qu'on me suit dans la rue
		Gros soulier qui marche en criant.
		Pourvu qu'on n'm'ait pas reconnue!
		J'ai peur que ce soit des agents.
		J'enfile des rues et des rues.
		Mon Dieu, &#231;a devient effrayant.
		On me suit toujours dans la rue, dans la rue
		Ils approchent leurs mains en riant.

		Je suis tomb&#233;e malade
		Dans un grand lit tout blanc
		Le c&#339;ur en marmelade
		Mon pauvre front br&#251;lant.
		Un pr&#234;tre me demande:
		"Voulez-vous le Bon Dieu?"
		Moi je pr&#233;f&#232;re attendre
		Des fois que j'irais mieux.

		Voil&#224; qu'on me suit dans la rue.
		Les hommes saluent, d&#233;f&#233;rents.
		C'est pour moi, j'l'aurais jamais cru
		Que les femmes se signent en passant.
		Comme je passe &#224; travers les rues
		J'arr&#234;te la vie et le mouv'ment.
		Tout le monde me suit dans la rue, dans la rue
		Tout en noir, &#224; mon enterr'ment.



Un refrain courait dans la rue

Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1946

		Dans un amour, faut d'la fiert&#233;,
		Pouvoir se taire, de la dignit&#233;,
		Savoir partir au bon moment,
		Cacher son mal en souriant,
		Et je me disais en marchant
		Que j'avais su partir &#224; temps.
		Si mon c&#339;ur est d&#233;sesp&#233;r&#233;,
		Il ne m'aura pas vu pleurer.

		Un refrain courait dans la rue,
		Bousculant les passants,
		Qui s'faufilait dans la cohue
		D'un p'tit air engageant.
		J'&#233;tais sur son passage.
		Il s'arr&#234;ta devant moi
		Et me dit d'&#234;tre sage.
		"Tu es triste, mon Dieu, pourquoi?
		Viens, et rentre dans ma chanson.
		Il y a de beaux gar&#231;ons
		Jette ton chagrin dans le ruisseau
		Et tourne-lui le dos"

		Il faut que ton couplet soit gai,
		Alors parlons du mois de mai,
		Des arbres en robe, de lilas
		Et de l'&#233;t&#233; qui pousse en tas.
		'y a des violettes, un balcon.
		Un vieux po&#232;te chante une chanson.
		Ma robe est tach&#233;e de soleil.
		Je le garde pour mes r&#233;veils.

		Un refrain courait dans la rue,
		Bousculant les passants,
		Qui s'faufilait dans la cohue
		D'un p'tit air engageant.
		Les gens sur son passage,
		Se regardaient l'air surpris,
		Cessaient leurs bavardages:
		"Quel est donc ce malappris?"
		Oui, mais l'air &#233;tait entra&#238;nant
		Et les mots engageants
		Et surtout, il y avait dedans
		Du rire &#224; bout portant

		Si cet air qui court dans la rue
		Peut chasser vos tourments,
		Alors entrez dans la cohue.
		'y a d'la place en poussant



Une dame

Paroles et Musique: Michel Emer 1956

		Une dame
		Se prom&#232;ne en riant dans la rue
		Ensoleill&#233;e,
		Une dame
		Que tout le monde a toujours vue
		En train de pleurer.
		Une flamme
		Danse au fond de ses yeux pleins de joie,
		Couleur de ciel,
		Une flamme
		Que personne n'avait jamais connue
		Chez elle

		Car l'homme qu'elle avait aim&#233;
		L'a abandonn&#233;e depuis des ann&#233;es
		Et, seule,
		Cette dame
		Passait toutes ses journ&#233;es &#224; pleurer
		Comme une Madeleine.
		Pauvre dame!
		Qui semblait ne pouvoir oublier
		Sa peine.

		Comme tout est beau!
		Comme le ciel est bleu!
		Comme tout le monde est heureux!
		Comme tout est beau!
		Comme le ciel est bleu!
		Comme tout le monde est heureux!

		Et la dame
		Porte une robe claire, un chapeau
		Avec des fleurs.
		Cette dame
		Semble avoir quelque chose de nouveau
		Dans le c&#339;ur,
		Dans son &#226;me.
		Elle se retrouve tout d'un coup ses vingt ans
		Et ses printemps,
		Cette dame
		Qui se prom&#232;ne dans la rue ses beaux r&#234;ves
		D'enfant.

		On vient de lui raconter
		Qu'il a voulu se tuer
		Parce que l'autre femme l'avait quitt&#233;.

		Une dame
		Qui s'en va lib&#233;r&#233;e pour toujours
		D'un pauvre amour,
		Une dame
		Rit aux anges et fredonne le refrain
		Du jour.

		Comme tout est beau!
		Comme le ciel est bleu!
		Comme tout le monde est heureux!
		Comme tout est beau!
		Comme le ciel est bleu!
		Comme tout le monde est heureux



Une enfant

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Robert Chauvigny 1951

		Une enfant, une enfant de seize ans,
		Une enfant du printemps
		Couch&#233;e sur le chemin

		Elle vivait dans un de ces quartiers
		O&#249; tout le monde est riche &#224; crever.
		Elle avait quitt&#233; ses parents
		Pour suivre un gar&#231;on, un boh&#232;me
		Qui savait si bien dire "je t'aime".
		&#199;a en devenait bouleversant,
		Et leurs deux c&#339;urs ensoleill&#233;s
		Partirent sans laisser d'adresse,
		Emportant juste leur jeunesse
		Et la douceur de leur p&#233;ch&#233;.

		Une enfant, une enfant de seize ans,
		Une enfant du printemps
		Couch&#233;e sur le chemin

		Leurs c&#339;urs n'avaient pas de saisons
		Et ne voulaient pas de prison.
		Tous deux vivaient au jour le jour,
		Ne restant jamais &#224; la m&#234;me place.
		Leurs c&#339;urs avaient besoin d'espace
		Pour contenir un tel amour.
		Son pr&#233;sent comme son futur,
		C'&#233;tait cet amour magnifique
		Qui la ber&#231;ait comme d'un cantique
		Et perdait ses yeux dans l'azur.

		Une enfant, une enfant de seize ans,
		Une enfant du printemps
		Couch&#233;e sur le chemin

		Mais son amour &#233;tait trop grand,
		Trop grand pour l'&#226;me d'une enfant.
		Elle ne vivait que par son c&#339;ur
		Et son c&#339;ur se faisait un monde,
		Mais Dieu n'accepte pas les mondes
		Dont il n'est pas le Cr&#233;ateur.
		L'amour &#233;tant leur seul festin,
		Il la quitta pour quelques miettes.
		Alors, sa vie battit en retraite
		Et puis l'enfant connut la faim.

		Une enfant, une enfant de seize ans,
		Une enfant du printemps
		Couch&#233;e sur le chemin
		 morte!
		Aaaah



Une valse

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962

		Une valse,
		Une &#233;trange valse
		Tient toute la place
		Dans ma r&#234;verie
		Et dans ma vie,
		Elle &#233;voque
		Une lointaine &#233;poque,
		Un d&#233;cor baroque,
		L'ancienne Russie
		Et ses folies
		Et j'invente
		Une ville immense
		Qui chante et qui danse
		Le Saint-P&#233;tersbourg
		Des nuits blanches.

		Je m'&#233;vade,
		Roul&#233;e dans ces vagues,
		Touch&#233;e par la gr&#226;ce.
		Je ferme les yeux.
		C'est merveilleux

		Et ma valse
		Tourne dans les glaces
		De tout un palace
		D'or et de cristal,
		Ces soirs de bal.
		Robe longue,
		Envol de colombe,
		La lumi&#232;re et l'ombre,
		Tout tourne &#224; la fois
		Autour de moi.
		J'ai la fi&#232;vre
		De sang sur mes l&#232;vres
		Le feu de la f&#234;te.
		Je ne sais plus bien
		Si je r&#234;ve

		Et je danse
		Dans ma robe blanche,
		Deux doigts sous la manche
		D'un jeune aspirant.
		J'ai dix-sept ans.

		Cette valse,
		Ce n'est que la valse
		Que l'orchestre en face,
		Dans ce cabaret,
		Joue sans arr&#234;t.
		Mon beau prince
		N'est ni grand, ni mince.
		Dans le froid qui pince,
		Il fait son m&#233;tier.
		C'est le portier
		Du ciel p&#226;le.
		Une neige sale
		Descend en rafales
		Et tombe sans bruit
		Sur Pigalle

		Les enseignes
		En lettres qui saignent
		S'allument et s'&#233;teignent
		Au c&#339;ur de Paris
		H&#244;tel de Russie
		H&#244;tel de Russie
		H&#244;tel de Russie



Va danser

Paroles: G.Cout&#233;. Musique: M.Legay 1936

		Au mois d'ao&#251;t, en fauchant les bl&#233;s,
		On crevait de soif dans la plaine.
		Le c&#339;ur en feu je suis all&#233;e
		Boire &#224; plat ventre &#224; la fontaine.
		L'eau froide m'a glac&#233; les sangs
		Et je meurs par ce temps d'automne
		O&#249; l'on danse devant la tonne
		Durant les beaux jours finissants.

{}

		J'entends les violons,
		Marie.
		Va, petiote que j'aime bien.
		Moi, je n'ai plus besoin de rien.
		Va-t-en danser &#224; la prairie.
		J'entends les violons,
		Marie.

		Rentre dans la ronde gaiement
		Et choisis un beau gars dans la ronde
		Et donne-lui ton c&#339;ur aimant
		Qui resterait seul en ce monde.
		Oui, j'&#233;tais jaloux, cet &#233;t&#233;,
		Quand un autre t'avait suivi
		Mais on ne comprend bien la vie
		Que sur le point de la quitter.

{Refrain}

		Et plus tard, tu te marieras,
		Et tant que la moisson sera haute,
		Avec ton amour et deux bras,
		Moissonnant un jour c&#244;te &#224; c&#244;te,
		Vous viendrez peut-&#234;tre &#224; parler,
		Emus de piti&#233;, graves et sobres,
		D'un gars qui mourut en octobre,
		D'un mal pris en fauchant les bl&#233;s.

{Refrain}



Y a pas d'printemps

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1944

		Jamais d'repos.
		Toujours courir.
		M&#233;tro, bureau
		Et repartir.
		Quand vient le dimanche, il faut faire des affaires,
		Laver, repasser, repriser sa mis&#232;re
		Et c'est pareil,
		Jour apr&#232;s jour.
		Jamais d'soleil
		Et pas d'amour.

		Y a pas d'printemps le long d'ma vie.
		Je n'crois pas aux calendriers.
		J'ai beau faire des &#233;conomies,
		L'printemps je n'peux pas m'le payer.
		Le mois de mai passe et m'oublie
		Et le bonheur en fait autant.
		P't'&#234;tre que j'suis pas assez jolie
		Mais dans ma vie y a pas d'printemps.

		Mais le destin m'a fait une farce
		Et l'vingt et un du mois de mars,
		Quand le printemps chante &#224; pleine voix sa naissance
		Avec un beau gars m'a fait faire connaissance.
		Il m'a dit: "Viens".
		Il m'a souri
		Et dans mon coin,
		Tout a fleuri.

		Y a du printemps le long d'ma vie
		Et j'me moque des calendriers
		Car maintenant, c'est d'la folie,
		J'en ai m&#234;me au mois de janvier.
		J'ai plus besoin d'&#233;conomies.
		Mon c&#339;ur et moi, on est content.
		P't'&#234;tre que j'suis pas jolie, jolie
		Mais dans ma vie y a plein d'printemps.



Y avait du soleil

Paroles et Musique: J. Lenoir 1936

		Dans tout le raffut des musiques
		Des pianos m&#233;caniques,
		Des man&#232;ges &#233;lectriques,
		Un jour, &#224; la f&#234;te de Saint-Cloud,
		Dans un tir, je vois un grand type
		Avec toute une &#233;quipe.
		Pan, l'&#339;uf et pan, la pipe
		Et la fille faisait mouche &#224; tout coup.
		Tout autour, on s'marrait
		Et comme j'&#233;tais tout pr&#232;s,
		Il m'a offert du nougat, du surpain.
		Du premier coup on &#233;tait deux copains.

		Y avait du soleil ce jour-l&#224;.
		Je revois tout &#231;a, c'est loin d&#233;j&#224;
		Mais &#231;a me tourne encore la t&#234;te.
		Il riait, m&#234;me sortant de la f&#234;te,
		Un p'tit porto, deux doigts d'&#233;cho.
		Demain on se reverra coco!
		Je voulais pas tomber dans ses bras,
		Oui, mais voil&#224;
		Y avait du soleil, ce jour-l&#224;!

		Je revois nos balades de premi&#232;re
		Sur ma moto, p&#233;p&#232;re.
		Lui devant, moi derri&#232;re.
		Comme &#231;a gazait, la joie au c&#339;ur,
		Surtout notre premier dimanche,
		Arr&#234;t&#233;s sous les branches,
		Il avait carte blanche
		Pour me donner tous les bonheurs.
		Le plafond, c'&#233;tait le ciel,
		Alors, tout naturel,
		Dans l'herbe tendre on a cueilli d'abord
		Des fleurs, et puis l'amour encore, encore

		Y avait du soleil, ce jour-l&#224;,
		Et les lilas, je revois tout &#231;a.
		Comme il riait sur l'herbe &#233;paisse,
		M&#234;me son rire c'&#233;tait une caresse.
		&#199;a chantait partout dans les nids.
		Moi je soupirais: "C'est le paradis.
		Dis-moi que jamais on ne se quittera
		Tant que tu voudras"
		Y avait du soleil, ce jour-l&#224;!

		La-la-la
		Dis-moi que jamais on ne se quittera
		Tant que tu voudras
		Y avait du soleil, ce jour-l&#224;!



Y en a un d'trop

		Voila l'printemps, les fleurs jolies
		Tout l'monde a l'air d'aimer la vie
		J'crois bien qu'y a qu'moi qu'aime pas l'soleil
		C'est pas d'ma faute, y m'donne sommeil

		A quoi qu'&#231;a sert l'soleil qui brille?
		Puisque l'hiver y sait partir
		Madame la pluie vient l'remplacer
		S&#251;rement qu'y doit &#234;tre fatigu&#233;

		L'&#233;t&#233;, l'hiver c'est emb&#234;tant
		Partir, rester c'est &#233;nervant
		Qu'y fassent qu&#233;qu'chose mais qu'y s'd&#233;cident
		Y en a un d'trop, ben qu'y s'suicide!

		C'est comme les hommes, c'est monotone
		Moi, j'en ai deux &#224; qui je m'donne
		Y en a un qui m'rendra marteau
		L'autre, c'est lui qui m'a dans la peau

		C'est compliqu&#233; cette existence
		Et dans mon coeur, deux hommes dansent
		Je sais que j'devrais m'en aller
		Mais j'peux pas voir un homme pleurer

		L'amour, les fleurs c'est emb&#234;tant
		Partir, rester c'est &#233;nervant
		Qu'y fassent qu&#233;qu'chose mais qu'y s'd&#233;cident
		Y en a un d'trop, ben qu'y s'suicide!

		Mon ciel est tout couvert de pluie
		J'commence &#224; d&#233;tester la vie
		Pourquoi qu'j'aime celui qu'y faut pas?
		J'me demande comment &#231;a finira

		L'&#233;t&#233;, l'soleil, l'hiver, la pluie
		L'amour, les fleurs et puis la vie
		Je n'en peux plus, j'en ai assez
		J'voudrais dormir pour plus penser

		Mais pour s'coucher, c'est emb&#234;tant
		Sommeil, r&#233;veil, c'est &#233;nervant
		La vie et moi, faut qu'on s'd&#233;cide
		J'crois qu'elle est d'trop, qu'elle se suicide!





